Tracfin, le summum de l’inquisition fiscale

Ministère des Finances à Bercy (Crédits : Pline, licence CC-BY-SA 3.0), via Wikimedia.

Tracfin c’est la forme ultime de l’inquisition fiscale.

Par Henri Dumas.

Tracfin, tout juste adolescent, s’invite dans la campagne électorale.

Nous vivons l’aboutissement d’une société idéologique qui ne peut que piétiner les libertés individuelles, surveiller chaque homme et chaque femme de ce pays, les tenir à sa merci, les soumettre, évidemment avec comme motif fallacieux avancé le bien du pays.

Comment les Français peuvent-ils accepter cette inquisition sans descendre dans la rue ? C’est la question que je me pose.

Tracfin : c’est toujours « pour les autres »

Qu’est devenue la liberté dans ce pays qui en revendique la découverte ?

La réponse est que la majorité des Français pense ne pas être concernée par Tracfin. Ils croient que ceux qui sont espionnés le méritent, comme les Allemands de l’Est ont longtemps cru que ceux que la Stasi persécutait le méritaient.

Je me permets de vous inciter à aller voir ce qu’est Tracfin sur le net.

Cette officine n’hésite pas à menacer vos prestataires pour le cas où ils ne vous dénonceraient pas, ou pas suffisamment. Ainsi votre banquier, votre notaire doivent nommer un référent qui sera en contact privilégié avec Tracfin, à qui il devra dénoncer tout ce qui l’intrigue chez vous, mais aussi évidemment répondre à toutes les questions que pourrait poser Tracfin sur vous.

Chaque centime que vous dépensez est connu de Tracfin. On comprend combien cela est nécessaire pour lutter contre le terrorisme, largement plus que le travail de terrain. Car, c’est bien connu, dès qu’ils touchent un peu d’argent les terroristes vont ouvrir un compte à la Caisse d’Epargne….

Une structure bureaucratique qui va se développer

Vous ne maniez pas ou peu d’argent, vous êtes convaincu de ne rien avoir à faire avec Tracfin ? C’est sans compter sur le développement naturel de toute structure bureaucratique.

Aujourd’hui Tracfin c’est quelques centaines de personnes, demain elles seront des milliers.  Elles « affineront » leurs informations, alors vous serez dans les mailles du filet, vos cadeaux de Noël seront analysés, vos sorties, vos déplacements, vos centres d’intérêt, vos préférences, votre couleur politique, etc…

Tracfin c’est la fin de la vie en société, c’est la dictature de l’idéologie, un cycle parfaitement connu. Et pourtant…. nul ne se révolte.

 

Tracfin est l’aboutissement de la propagande de Bercy.

Les honnêtes gens de ce pays ont la nausée, ils ont du mal à en définir l’origine, je le comprends. Ce n’est pas évident, lorsque l’on est soumis à une propagande de tous les instants, de voir ce qui se cache derrière. Pensez au message de Sakharov avertissant l’Occident de ne jamais tomber dans les travers de l’URSS… Trop tard ? Peut-être pas.

Tracfin c’est la forme ultime de l’inquisition fiscale, c’est en réaction contre elle que les Français ont été régicides. C’était sans doute un défi plus difficile à l’époque que celui qui nous attend aujourd’hui.

Après tout, nous sommes en démocratie, nous pouvons liquider Tracfin quand nous le voulons. La chose est simple, demandons à Tracfin ce qu’il exige de nous : la transparence. La suite devrait aller vite.