Pourquoi la révolution des MOOCs n’a-t-elle pas eu lieu ?

Le MOOC ou cours en ligne, a fait son apparition en 2013 et s’est présenté comme une véritable révolution. Quel est le bilan, plus de trois années après son apparition ? Cette innovation a-t-elle encore de beaux jours devant elle ? Décryptage.

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Pourquoi la révolution des MOOCs n’a-t-elle pas eu lieu ?

Publié le 17 mars 2017
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Par Mathieu Espaze.

Ils se développent à vitesse grand V. Depuis plusieurs années, dans le monde, les MOOCs se multiplient. Ces cours en ligne sont lancés par des écoles, des universités ou même des sociétés souhaitant partager leur savoir. Ils peuvent toucher des thèmes très variés tels que le management, l’éducation, le sport, l’histoire, etc. Et la plupart sont entièrement gratuits.

Une véritable révolution ?

A priori, oui, puisque les MOOCs donnent la possibilité à tous de se former en regardant des vidéos, tutoriels et fournissent l’accès à un certain nombre de ressources pédagogiques en ligne. Pourtant, en France, le concept n’a pour l’instant pas décollé.

Pire, certains étudiants ne sont même pas encore familiers du terme : « Je savais qu’il existait des cours et autres vidéos en ligne, mais on ne m’avait encore jamais parlé des MOOCs », avoue Vincent, 23 ans, en troisième année de licence d’Histoire. D’ailleurs, Vincent n’est pas le seul dans cette situation. Un sondage datant d’il y a plusieurs mois révélait que seuls 5% des étudiants affirment savoir ce que sont les cours en ligne gratuits et massifs.

« Une révolution silencieuse » ?

Pourquoi cette méconnaissance ?

Le désintérêt des Français est-il réel ? Ou faut-il plus de temps ?

Pour Wally Bordas, journaliste éducation pour Diplomeo, « Le MOOC est une révolution silencieuse ». Selon lui, « les MOOCs ont encore de beaux jours devant eux. Aux États-Unis, presque toutes les écoles et universités en proposent, et presque tous les étudiants en ont déjà suivi. En France, le concept met plus longtemps à véritablement exploser, mais il y a des avancées notables », exprime-t-il.

En effet, si seulement 3% des universités françaises proposaient des cours en ligne fin 2013, le chiffre est beaucoup plus élevé aujourd’hui. Ainsi, la plateforme France Université Numérique, qui regroupe des centaines de MOOCs, précisait fin 2015 qu’elle avait atteint le million d’inscrits.

En outre, si toutes les universités n’ont pas encore adopté le concept, les écoles de commerce sont très nombreuses à s’être lancées. HEC Paris, l’ESSEC, l’EM Lyon, Toulouse Business School, Audencia : quasiment toutes les grandes écoles de commerce proposent désormais des MOOCs. Ces cours en ligne permettent, par exemple, aux élèves qui étudient à distance, de suivre les cours sans avoir besoin de s’y rendre, et de faire des tests directement en ligne.

Une multiplication des plateformes de MOOCs

« Je crois beaucoup en l’avenir des MOOCs, expose Wally Bordas. D’abord, parce qu’ils ont une utilité publique : partager le savoir et offrir des ressources pour se former. Ensuite, parce que j’observe que depuis plusieurs années, les plateformes françaises proposant des MOOCs sont de plus en plus nombreuses : OpenClassRoom, France Université Numérique, France TV Éducation, Flot Sillage, etc. Les mentalités changent petit à petit, et de plus en plus de personnes se forment en autodidacte grâce au numérique. Si les étudiants sont encore une minorité à utiliser les MOOCs, les jeunes actifs sont eux de plus en plus nombreux à suivre des cours en ligne, en parallèle de leurs activités professionnelles », ajoute-t-il.

D’ailleurs, les offres payantes sont désormais nombreuses sur le web. Les MOOCs ne sont maintenant plus seulement formateurs, ils sont certifiants. Et d’ici quelques années, les certificats délivrés par les MOOCS pourraient bien faire concurrence aux diplômes.

C’est en tout cas l’avis de Dominique Boullier, professeur de sociologie à Sciences Po Paris. Selon lui, « les certificats délivrés par les MOOCs représentent une potentielle machine de guerre contre les diplômes, qui contiennent 80% de choses inutiles pour l’entreprise. »

Un avenir en pointillés ?

Alors les MOOCs vont-ils subsister ? Une autre innovation va-t-elle les remplacer ? Ou vont-ils exploser, comme cela fut notamment le cas aux États-Unis ?  Pour l’instant, rien n’est moins sûr.

Dans tous les cas, il faudra attendre encore quelques années pour tirer un constat définitif. « Aujourd’hui, de plus en plus de lycéens révisent leur bac avec des vidéos sur internet, les étudiants de leur côté vont regarder des conférences et s’instruire sur Youtube.  La nouvelle génération est très sensibilisée à l’éducation par le web. C’est pour moi l’un des éléments qui font qu’en France, les MOOCs ont de l’avenir », conclut Wally Bordas.

 

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  • Est ce que les MOOC remplaceront les écoles et universités « Bricks and Mortars » ? Pas si sûr dans un avenir proche. Par contre ils pourront être des outils complémentaires, voir de substitution à certains cours au sein même d’une formation.
    Le MOOC est très intéressant pour dispenser des cours magistraux à un très grand nombre d’étudiants, vidant ainsi des amphithéâtres.
    Plutôt qu’une concurrence, une symbiose qui va entrainer une mutation de l’enseignement « présentiel » et « in situ ».

  • Les MOOCs sont à l’enseignement traditionnel ce que les médias en ligne sont aux médias classiques, papier, TV ou radio.
    L’avenir est déjà là mais l’immobilisme des forces en place est puissant.
    Un jour prochain, l’enseignement en vis-à-vis, en amphi ou en salle de TD sera le complément des MOOCs.
    Et on s’étonnera qu’il ait fallu du temps pour en arriver là !

  • Tout nouveau tout beau..,sauf que je me souviens qu’il y a 50 ans la teloche à tubes nous offrait déjà des cours de l’AFPA …….

  • C’est le principe de l’Open University fondée en 1969 en Grande-Bretagne, dont le succès ne se dément pas et qui a des étudiants dans de nombreuses parties du monde.

  • Hé bien, comme dit dans l’article, assez vite ils sont devenus payants, pour les plus intéressants. Pour les certifiants, c’est utile seulement pour ceux sortis du cursus d’enseignement et qui veulent compléter leur formation, une sorte de formation continue. Mais dont la valeur n’est aucunement intégrée en entreprise. Enfin, beaucoup sont des équivalents cours magistraux réduits, faisant la promo d’un ou plusieurs experts en charge de cours, ce qui n’a pas une grande utilités quant aux bases des MOOCs.

    • Certains sont payants, mais pour une fraction du prix d’un cursus normal.

      Mais le vrai problème, c’est comme vous le dites, que leur valeur, n’est pas reconnue en entreprise.

      Un effort sérieux sur un Mooc sérieux apporte une réelle compétence, mais quel intérêt si les RH ne le reconnaissent pas?

      • Un livre coute une fraction encore plus réduite et est plus efficace.

        Rendre carré une roue n’a aucune intérêt. Les MOOCs en sont l’exemple.

        • jusqu’à présent, je n’ai jamais vu un livre qui corrigeait mes exercices, sauf à filer la solution sur un simple exercice proposé. un mooc permet d’aller beaucoup plus loin (projet perso).

          • Vous ne devez pas avoir lu beaucoup de livres d’exercices corrigés. Un MOOC ne va pas du tout plus loin puisqu’il ne propose pas de solutions personalisées comme peut le faire un professeur.

            En l’occurence, les MOOCs prennent le pire des deux mondes. D’un coté, ils figent l’information comme les livres et ne permettent pas de la personnaliser. De l’autre, ils sont aussi inefficient (d’un point de vue temps) qu’un cours.

            Rien ne remplacera jamais un bon livre (ou article) bien écrit et un bon professeur pour expliquer ce qu’il reste à expliquer après une bonne lecture (en général : cela se limite à pas grand chose).

            • Drôle d’argument, si il y a de bons livres il en a aussi plein de mauvais tout comme les MOOCS.
              Le MOOC apporte le multimédia, l’échange possible entre les « élèves » via un forum, et ils peuvent être améliorées à chaque saison via un retour d’expérience beaucoup plus rapidement qu’un livre.
              Il n’y a rien fondamentalement qui empêcherait un suivi personnalisé sur un MOOC, le modèle gratuit ne le rend pas rentable , c’est tout.

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