Penelopegate : une justice détournée au profit d’intérêts politiques ?

Quel que soit l’avis que l’on peut avoir sur l’affaire du Penelopegate, la culpabilité formelle de François Fillon est-elle si évidente ?

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Penelopegate : une justice détournée au profit d’intérêts politiques ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 12 février 2017
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Quel que soit l’avis que l’on puisse avoir sur l’affaire du Penelopegate, la culpabilité formelle de François Fillon est-elle si évidente ? Pas pour l’un de nos auteurs, à l’avis fort différent de celui de Pierre-Marie Meeringen.

Penelopegate : une justice détournée au profit d'intérêts politiques ?
By: European People’s PartyCC BY 2.0

Par Patrick Aulnas.

La démocratie suppose le respect du principe de la séparation des pouvoirs. Les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire sont indépendants l’un de de l’autre. Une immixtion du judiciaire dans le législatif constituerait donc une violation d’un principe fondateur de la démocratie. Cette question se pose dans l’affaire Fillon en ce qui concerne l’emploi de collaborateurs parlementaires. Par contre, elle ne se pose pas pour les autres volets : l’emploi de Pénélope Fillon par la Revue des Deux Mondes et les activités de la société de conseil 2F de l’ancien Premier ministre.

Pouvoir législatif et pouvoir judiciaire : une séparation indispensable

Deux constitutionnalistes réputés, Jean Gicquel et Pierre Avril, ont récemment rappelé dans un article du Figaro les caractéristiques juridiques du statut d’assistant parlementaire. Ils indiquent en particulier que « la nature de l’activité du collaborateur n’est pas définie par les textes : elle est ce que le parlementaire juge utile à l’exercice de son mandat. » Le parlementaire définit donc discrétionnairement le contenu des tâches de son collaborateur. Il en résulte que la justice n’a pas compétence pour apprécier l’effectivité des tâches, sauf à violer le principe de la séparation des pouvoirs.

Peut-elle cependant apprécier la finalité des tâches de l’assistant parlementaire ? Autrement dit, déterminer si ces tâches relèvent bien de l’exercice du mandat de parlementaire. Les deux constitutionnalistes répondent : « On peut émettre un doute sérieux, de nature proprement constitutionnelle, sur la régularité d’une telle appréciation, parce qu’elle porterait directement sur l’exercice du mandat parlementaire lui-même. » Le judiciaire s’immiscerait donc dans le législatif au mépris du principe de la séparation des pouvoirs.

Pouvoir législatif et pouvoir exécutif

Au stade actuel de la procédure, seul le parquet national financier (PNF) est saisi. Or, le PNF a le pouvoir de se saisir lui-même et dépend hiérarchiquement du Garde des Sceaux. Il n’a pas l’indépendance statutaire des magistrats du siège. Le problème de l’indépendance du pouvoir législatif par rapport au pouvoir exécutif se pose donc également en ce qui concerne le contrôle par le PNF des contrats de travail des collaborateurs parlementaires.

Maître Dupond-Moretti considérait récemment sur France 5 que « selon le droit parlementaire, c’est au bureau de l’Assemblée nationale de se saisir de cette affaire et d’enquêter. » Seule cette solution garantit en effet le respect du principe de la séparation des pouvoirs. Dans une affaire similaire concernant Marine Le Pen, députée européenne, c’est bien le bureau du Parlement européen qui a demandé une enquête de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF).

Les deux autres volets de l’affaire Fillon

Ils ne concernent pas l’exercice du mandat de parlementaire et tombent donc probablement sous la compétence du PNF. L’emploi de Pénélope Fillon par la Revue des Deux Mondes est-il fictif ? Il s’agit d’un problème entre l’employeur et la salariée n’impliquant pas directement François Fillon. La société de conseil 2F a-t-elle conclu des contrats avec certains clients (assureur Axa, FIMALAC) justifiant la qualification de conflit d’intérêts ? Ce problème complexe suppose qu’une personne soit confrontée à des intérêts divergents, l’intérêt général et son intérêt particulier. En l’espèce, le soupçon de certains organes de presse et de députés de gauche réside dans l’utilisation du mandat de député de François Fillon pour agir contre rémunération au profit d’entreprises privées. Il faut évidemment en apporter la preuve, ce qui est long et aléatoire.

Droit et politique

Le droit ne pèse pas très lourd pour un candidat déclaré à une élection présidentielle. Le scrutin a lieu dans quelques semaines, mais si la justice doit se prononcer, elle ne le fera pas avant des mois, voire des années. Les subtiles distinctions développées précédemment n’intéressent qu’une minorité statistiquement peu significative. L’image du candidat, déterminante électoralement, est ternie par des soupçons d’irrégularités relayés complaisamment par les médias. La versatilité de l’opinion publique permettra-t-elle d’inverser la tendance ? Il faudrait pour cela que l’image des autres prétendants se dégrade elle aussi.

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  • Les « chapeaux à plume » de Les Républicains doivent exiger que François FILLON se retire pour Bruno RETAILLEAU. C’est son bras droit et chef de campagne. Il est le seul capable de défendre et d’appliquer son programme. Il a exercé des responsabilités dans le privé avec DE VILLIERS qui a été son patron et l’a lancé dans la politique, il n’est pas énarque, et connait bien les entreprises. Il est Président des Pays de Loire et des Républicains au Sénat. Il a le profil qu’il faut. Les Républicains confirmeraient ce choix par Internet. François FILLON est disqualifié. Pour lui j’ai distribué des tracts sur les marchés et dans les boîtes aux lettres. Je ne pourrai plus le faire maintenant j’aurais honte et peur d’être insulté.

    • Désolé mais j’ai voté pour Fillon à la primaire et je ne donne à personne l’autorisation de reporter mon vote sur un autre nom.
      Je ne crois pas aux turpitudes dont on l’accuse: si elles étaient aussi répréhensibles qu’on le prétend, pourquoi ne pas les avoir dévoilées avant qu’il ne gagne la primaire ?

      • « …pourquoi ne pas les avoir dévoilées avant qu’il ne gagne la primaire ? »

        Je vous fiche mon billet que si les révélations du Canard enchaînée étaient apparues avant la primaire de la droite, les mêmes qui hurlent aujourd’hui au complot l’auraient fait également à l’époque.

        On l’a bien compris : pour les groupies fillonesques, ce n’est jamais le moment d’enquêter sur les agissements illégaux plausibles de leur champion.

        • « Je vous fiche mon billet que si les révélations du Canard enchaînée étaient apparues avant la primaire de la droite, les mêmes qui hurlent aujourd’hui au complot l’auraient fait également à l’époque. »

          Oh le magnifique homme de paille !

      • @hubedi: Vous préférez perdre le programme pour l’homme, avec la plus grande probabilité de tout perdre ?
        Dois-je vous rappeler les propos même de Fillon affirmant que son programme fut essentiel à sa victoire.

        La proposition de Marchand Bernard est réaliste, alors que la plupart des fillonistes sont dans une phase hallucinatoire sur l’unique solution que serait Fillon. Pourtant, Ils oublient que le Président aura besoin d’un PM, chargé de mener la politique du gouvernement. Voudriez vous que Fillon soit Président et simultanément PM ?

        Les alternatives existent, il faut les envisager.

      • « .. [les] turpitudes dont on l’accuse: si elles étaient aussi répréhensibles qu’on le prétend, pourquoi ne pas les avoir dévoilées avant qu’il ne gagne la primaire ? »
        C’est simple : imaginez que vous êtes un adversaire sérieux de LR. Soit dans le camp adverse, soit dans le même camp mais en faveur d’un autre candidat.
        Vous avez des dossiers sur tout le monde (facile, vous avez eu des années pour préparer tout ça).
        Publier vos données avant la primaire ne changera pas grand-chose : il faudrait balancer sur tous les candidats crédibles de ladite primaire, ce qui dénaturerait votre action.
        Donc, le mieux est d’attendre le résultat de cette primaire, idéalement attendre celui de la primaire du camp adverse (mais ce n’est pas obligatoire) et vous lancez votre pavé à la presse avide de scandales politiques.
        Votre adversaire n’a aucune chance de se sortir de ce pétrin dans les temps nécessaire à l’élection, vous faussez le débat électoral un peu plus et vous avez une chance que votre candidat soit élu.
        DSK a été éliminé avec des procédés similaires.
        Peu importe la réalité juridique de la chose, ou même sa réalité morale : seule la vindicte médiatique compte dans cette affaire.

        • En l’occurrence ça venait de l’intérieur, c’est la Rachida Dati qui n’était pas contente de son éviction de la députation à Paris. Quoiqu’il arrive mieux vaut être clean avant de s’engager dans ce genre d’élection, et c’est tant mieux, surtout si on mise sa campagne sur le thème de la réduction des dépenses publiques.

          • Non, c’est trop bien ficelé pour quelqu’un comme elle. Cela a été fait par une équipe de pro avec des moyens importants.

            • Macron aurait effacé une dette de 3,5 millions du Canard Enchaîné quand il était à Bercy. Le Directeur du Canard Enchaîné a voulu lui renvoyer l’ascenseur en attaquant Fillion quand Macron était accusé de détournement de fonds de Bercy pour financer sa campagne. Étonnamment les déclarations fiscales de Fillon ont été communiqués au Canard dans les 3 heures. Pour info, Bercy avait mis 3 mois pour sortir le dossier de Cahuzac? Chercher l’erreur ou, plus exactement, chercher à qui profite le crime.
              Cela dit, j’ai, personnellement, l’impression que Hollande est en train de se livrer à une ultime manipulation des Français pour permettre à son poulain Macron de venir au pouvoir. Il suffit de voir tous les « pique-assiette » du hollandisme qui viennent lécher les bottes de Macron, au lieu de défendre le bilan de leur champion. Elle est belle, la France.
              J’espère que les Français se ressaisiront afin que F. Fillion soit élu pour nous éviter un prolongement de 5 ans de hollandisme.
              En ce qui me concerne, c’est décidé. Si Fillion saute, je voterai FN bien que je n’ai jamais donné ma voix à ce parti. Et je souhaite que le FN batte le socialiste qui sera au second tour.

              • « Macron aurait effacé une dette de 3,5 millions du Canard Enchaîné quand il était à Bercy. »

                Tiens… une rumeur non sourcée… qui sent bon un hoax des familles… Amusant de vous voir poster ce ridicule commentaire un peu partout sur le net.

                « …chercher à qui profite le crime… »

                Très concrètement, dans l’affaire Fillon, si crime il y a, il a profité à Penelope et son candidat de mari.

          • Non, comme Liam : Quand on a des infos aussi précises, on ne les « gâche » pas par vengeance.
            D’abord on les utilise comme élément de négociation et on les fait connaître à l’autre parti.
            Mais qu’il accepte de se soumettre ou résiste, le parti est au courant est se met en ordre de combat.

            Dans le cas Fillon, sa première défense a été lamentable, preuve qu’il ne s’agit pas d’une négociation interne au parti.

    • Tout est dit.
      Juridiquement, ce sont des arguties très subtiles. Politiquement, il s’est disqualifié. Je crains qu’il ne s’en remette pas. Il porterait alors une écrasante responsabilité.

    • La pusillanimité des français est particulièrement impressionnante. Il suffit d’une petite cabale sans aucun fondement pour les détourner du seul candidat dont le programme, bien que très modéré, n’a pas l’agrément de l’oligarchie. Il m’apparait clairement que les français refusent obstinément le changement et que ce vacarme médiatique leur fournit un prétexte pour se soumettre à nouveau à l’oligarchie et ses chimères socialistes. Quel contraste avec le peuple américain qui a soutenu jusqu’au bout un candidat pourtant infiniment moins probant que François Fillon et dont le programme est bien improbable.

    • Vous croyez que c’est si simple, çar qui est Retailleau? Personne ne le connaît . La question qu’il faut se poser est la suivante : devons-nous laisser la gauche prendre le pouvoir? Par la gauche il faut entendre : Macron, Mélenchon, Le Pen, Hamon. La situation est préoccupante. Ne pas soutenir Fillon c’est manquer de courage politique. L’article ci-dessus peut vous aider à trouvera des arguments pour le défendre, et faire la distinction entre le droit et la morale

    • C’est quoi, le « profil qu’il faut » ?

    • Le problème, dans cette affaire, ce n’est pas F. Fillon mais toutes les girouettes qui gravitent autour, qui baissent les bras et quittent le navire à la première vaguelette, au lieu de rester derrière le capitaine. C’est malheureux et ça ne sera pas avec des mauviettes que Fillon gagnera la bataille.

  •  » Les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire sont indépendants l’un de de l’autre. » Théorie difficile à démontrer en réalité !
     »… la justice n’a pas compétence pour apprécier l’effectivité des tâches.. » Parlez-en aux Prud’hommes !
    ‘… sauf à violer le principe de la séparation des pouvoirs. » Relisez la Constitution et ses applications jurisprudentielles !
    Bref, tout se laisse écrire.

  • Patrick AULNAS s’interroge sur la nécessité de respecter la séparation des pouvoirs dans une véritable démocratie.
    On serait tenté de répondre par l’affirmative.
    Mais, la France est elle une démocratie au sens imaginé par Montesquieu ?
    Si la réponse est non, il est normal que les magistrats qui sont sensés rendre la « justice », agissent en fonction des consignes du pouvoir en place.
    Les français refusent de voir la réalité d’un monde qui change . Notre pays est, depuis trop longtemps, dirigé par des imposteurs – de droite et de gauche – qui cultivent l’art de reporter les échéances…
    L’objectif de beaucoup de nos concitoyens ne consiste pas à évoluer vers une véritable démocratie participative mais, au contraire, de déléguer leurs prérogatives de citoyens à des messies guidés par des comètes…

    • Je crois au contraire que la France devient de plus en plus une démocratie, c’est à dire une usine à fabriquer des scandales et des lynchages publics.

      Elle s’achemine effectivement vers une démocratie participative, c’est à dire une société où la corruption et la magouille seront mille fois plus importantes qu’actuellement car généralisées.

    • Stéphane, Vous décrivez là le lupanar de la Vème République.
      La démocratie c’est quelque chose d’autre qui, de surcroît, a fait ses preuves ailleurs…

      • L’évocation de son nom agace le lectorat de CONTREPOINT.
        Pour vous mettre sur la voie, il s’agit du pays ayant le PIB le plus élevé d’Europe, au salaire moyen équivalent au double du salaire moyen français et, où l’on est proche d’une situation de plein emploi. Un pays ou les citoyens sont appelés souvent à participer à des « votations ». Je me refuse à vous en dire plus..

        • Lol, les votations Suisses, le fantasmes des gauchistes : 30% de participation, 5 votations par an, 90% de votations obtiennent « non »

          Si c’est par cela que vous expliquez le taux bas de corruption dans ce pays, vous feriez mieux de constater la réalité : la Suisse n’est pas une démocratie participative, mais un Etat fédéral, avec séparation des pouvoirs – exactement le contraire du fantasme de la « démocratie participative »

          Ah oui, discours du président de la confédération : « Il n’y a encore pas si longtemps, la corruption ne constituait guère un sujet de discussion en Suisse. Dans ce domaine également, nous nagions dans un océan de béatitude … Entre-temps, nous avons dû déchanter »

          Essayez autre chose

          • « 90% de votations obtiennent « non » »

            C’est le but, mon cher. C’est le but.

            • Peut être, mais c’est alors doublement ridicule de citer les votations suisses comme fleuron politique.

              • Justement si.

                Toutes les inepties qui passent à l’AN et au Sénat ne passeraient certainement pas dans leur grande majorité avec des votations à la Suisse. Le grand malheur de nos fausses démocraties actuelles est bien plus l’inflation législative que l’immobilisme. Le jour où vous aurez compris cela, vous aurez fait un grand pas en avant.

                • Je n’y crois pas une seule seconde : le problème n’est ni l’inflation législative, ni l’immobilisme, mais le clientélisme. L’inflation législative (et l’immobilisme) ne sont que des conséquence de la démocratie : pourquoi se prendre la tête à faire les bonnes choses, alors qu’il est bien plus simple de ne faire que se qui permet de se faire réélire ?

                  Les hommes politiques ne sont pas en poste pour leur compétences, leur programme, leurs résultats … mais uniquement pour leur capacité à être au pouvoir en rassemblant des électeurs.

                  Pour paraphraser Adam Smith 😉

                  Ce n’est pas sur la compétence de l’homme politique que nous misons notre vote, mais plutôt du soin qu’il apporte à la promesse de contenter notre propre intérêt. Nous ne nous en remettons pas à notre humanité, mais à notre égoïsme.

                  • Votre énorme problème est de croire qu’il existe un homme capable de contenter votre intérêt. La seule personne capable de contenter votre intérêt : c’est vous. Arrêter d’attendre, comme un béat, qu’un homme vous sauve de je ne sais quoi. Débrouillez vous vous même. Je ne vous citerai pas Ronald Reagan sur la question avec ses mots les plus effrayants de la langue anglaise. Ou même Friedman sur la même question. Un bon homme politique est un homme politique qui n’existe pas.

                    Ainsi, il n’y a pas donc pas de bons ou de mauvais hommes politiques. Il n’y a que des hommes politiques qui poursuivent leurs propres intérêts avec des pouvoirs extraordinaires (ce qu’on pourrait rapprocher de l’imperium romain). Le problème étant que la poursuite de leur propre intérêt n’est nullement le votre puisqu’ils ne jouent pas par les règles de la coopération volontaire. Ils font leurs propres règles telle une mafia.

                    Contrairement à ce qu’on retrouve dans le marché et l’échange volontaire où l’égoïsme du commerçant à poursuivre son intérêt permet de faire progresser le votre. Pourquoi ? Parce que la politique ne possède pas les caractéristiques du marché décrit par Adam Smith, il est donc absurde et ridicule d’en parler ici. L’objectif de votre commerçant est de gagner de l’argent. Pour cela, il doit faire en sorte, dans le cadre d’un échange volontaire, à ce que vous veniez dépenser votre argent chez lui. Si vous ne le faites pas, il fait faillite. Pour que vous le fassiez, il doit vous contenter.
                    Maintenant, si le commerçant est un mafieux et qu’il vous pète les deux genoux pour prendre votre bien par la force : la poursuite de son intérêt égoiste ne va pas dans le sens du votre. Il n’a aucun intérêt à vous contenter pour obtenir un échange volontaire étant donné qu’il peut prendre ce qu’il veut par la force. De la même manière, le politicien n’a aucun intérêt à vous contenter personnellement puisqu’il lui suffit de ne contenter que sa clientèle (dans sa définition romaine) pour continuer à être élu. Cela est analogue au parrain qui doit contenter ses hommes et non ses victimes. On retrouve une situation identique avec les monopoles légaux : la sécu doit-elle vous contenter ? Non puisqu’elle vous rackette légalement. Vous contentez est le dernier de ses soucis.

                    Votre propos serait pertinent dans un monde où tout un chacun aurait le droit d’arrêter de payer ses impôts et de s’affranchir des lois votés par les politiciens qu’il ne reconnait pas. Dans la démocratie représentative, non, la poursuite égoïste de l’intérêt du politicien n’est pas synonyme que votre intérêt sera protégé (c’est même le contraire si vous bossez et que vous n’entendez pas vivre comme un parasite) et n’est donc pas bénéfique.

                    Dans votre absurdité qui n’a rien à voir avec la pensée et les propos d’Adam Smith : l’homme politique optimal, en démocratie, est le dictateur (encore une fois dans sa définition romaine) qui réduit en esclavage 49% de la population pour obtenir à coup sûr la voix des 51% restant en leur offrant le fruit du vol moins sa commission qui tend vers 0. Ni plus, ni moins. Aussi, vous ne paraphrasez pas le moins du monde : vous faites dire à Smith ce qu’il n’a jamais pensé.

        • Stéphane,
          A mon avis si en Suisse la corruption n’est pas un sujet de discussion c’est qu’elle n’existe pas ou que l’on essaie pas de la prouver par des « révélations » sujettes à caution de journaux satiriques.
          Mais restons en France; nous avons la chance d’élire tous les 5 ans un monarque républicain qui dispose de pouvoirs importants lui évitant de consulter les français avant de décider de ce qui lui semble bon pour la République.
          S’il arrive que l’on décide de procéder par référendum, il est possible de passer outre au vote des français.
          Il est encore possible de faire la guerre en Libye et en Syrie en informant avec parcimonie les français qui en perçoivent ensuite les conséquences au niveau des mouvements migratoires…
          Idem pour l’utilisation du 49-3 pour passer outre à une grogne parlementaire.

          • La majorité des pays d’Europe occidentales sont des monarchies ou des Etats fédéraux. Les autres pays (France, Italie, Irlande, Portugal, Grèce …) sont bizarrement les pays avec les dettes publiques les plus importantes,les niveaux de corruptions les plus hauts, les libertés économiques les plus basses …

            Les pouvoirs du « monarque » républicain sont à la fois ridicules et complétement incontrôlés : ils ne sont que le résultat d’une hypocrisie : celle du « peuple souverain ». Les hommes politiques passent leur temps à s’occuper de démocratie : se faire réélire, faire campagne, tisser des réseaux, soudoyer …

            Mettez la démocratie au niveau du citoyen et vous verrez le résultat : copinage, dénonciation, groupes de pressons, corruption, menaces etc… Au lieu d’avoir ce bazar restreint à quelques un, vous allez juste le généraliser.

            • Stéphane,
              « Mettez la démocratie au niveau du citoyen et vous verrez le résultat….. »
              Mais alors vos propos de « démocrate » deviennent-ils inquiétants ?
              Oui et non car, vous êtes dans l’état d’esprit de beaucoup d’électeurs désorientés par les rappeurs professionnels de la politique qui sont prêts à jouer n’importe quelle partition pour pérenniser ou conquérir le pouvoir…
              Quant à votre tirade sur « l’hypocrisie du peuple souverain » on croirait entendre Emmanuel MACRON après son intronisation….
              Je pense que les français auront encore besoin de recevoir beaucoup de coups de pied au cul pour évoluer vers une VIème République respectueuse des droits du citoyen !!!!

              • Moi démocrate ? Ah bon, c’est nouveau …

                Ca fait 5 fois que l’on essaie la « République », la première fois, ca c’est terminé dans un bain de sang, la seconde fois dans une tartufferie, la troisième fois dans une pitoyable débâcle et la quatrième fois dans une impasse…

                C’est comme le communisme : ca rate lamentablement, donc il faut recommencer !

                L’Angleterre a le même régime politique depuis plus de 300 ans. En France, quand ca ne marche pas, on dit que c’est de la faute des politiciens, et ont recommence les mêmes erreurs en pire.

                La démocratie est un rêve romantique d’adolescent attardé et borderline (Rousseau) que l’on nous vend comme étant un idéal magnifique, plein de bisounours et de chattons mignons….

                Ce pays est foutu.

                • « Ce pays est foutu… » : Beaucoup en conviennent..!
                  Il ne nous manquerait plus que MACRON couronné et rencontrant des problèmes de gouvernance, ne nous fasse alors le coup du 18 brumaire …!!

  • Maître Dupond-Moretti considérait récemment sur France 5 que « selon le droit parlementaire, c’est au bureau de l’Assemblée nationale de se saisir de cette affaire et d’enquêter. En clair on reste entre soi, ils ne vont pas se tirer une balle dans le pied, mais rester assis sur le couvercle !!!!

    • Pas plus scandaleux au fond que quand un Ordre professionnel juge ses propres membres, ou qu’un syndicat fait appliquer aux salariés de certains secteurs (presse, distribution de la presse, dockers, gaziers, électriciens, cheminots, etc.) sa propre vision de la justice sociale…

  • non, si ces affaires ne sont pas sorties avant c’est que Fillon n’intéressait personne à l’époque et que les sortir n’aurait eu aucun effet médiatique. Il était beaucoup plus vendeur de les sortir après la primaire s’il était choisi, ou pas du tout (ou alors dans une période creuse quelconque) dans le cas contraire.

  • Concernant l’affaire Fillon, s’il y a délit, c’est en effet de la compétence de la justice.
    Mais, mettre sur la place publique des informations provenant de Bercy en piétinant le devoir de réserve, le devoir de discrétion, le secret professionnel auxquels sont astreint les agents publics et ce à quelques semaines d’échéances électorales capitales est également un délit qui peut entraîner la nullité de ces « preuves ».
    Instrumentaliser une juridiction qui est sous les ordres du Parquet en la laissant se saisir immédiatement d’une affaire avant de savoir si cela relève de sa compétence (séparation des pouvoirs, prééminence du bureau de l’Assemblé) est une grave entorse au droit.
    Organiser des fuites à charge qui contreviennent à la présomption d’innocence en cours d’enquête préliminaire, alors que les avocats n’ont pas accès au dossier et que seuls police et magistrats détiennent ces informations est également un délit qui en démocratie devrait entrainer, de fait, le dépaysement judiciaire.
    Ralentir la procédure alors que la nature des faits est établie, que les pièces sont saisies et que les auditions ont été effectuées, nuit à la sérénité de l’instruction et relève de la seule volonté d’entretenir le trouble et la confusion dans l’esprit des citoyens électeurs.
    L’usage qu’a fait M. Fillon de l’enveloppe destinée à ses Attachés Parlementaires est peu glorieux (certes il y a mis fin en 2013). Sa façon d’utiliser sa position afin de favoriser les siens est également choquante lorsque l’on promeut les pratiques vertueuses.
    Alors oui, Le contrôle, la clarté, la traçabilité des sommes allouées aux élus qu’elles soient à usage privé ou public doivent être encadrés avec la plus grande rigueur.
    Si l’on considère qu’il y a faute éthique cela relève de l’appréciation personnelle de chacun et la sanction que chaque citoyen peut apporter au caractère immoral de certaines pratiques doit être appréciée en notre âme et conscience, en tenant compte de ce qui constitue l’essence de cet homme, c’est-à-dire l’ensemble des actes de sa vie privée et politique, la nature de ses engagements, la structure de son projet, la singularité de sa vision et surtout le poids des enjeux futurs.
    Mais tordre le droit pour faire passer une faute morale en un délit afin de peser sur le destin d’un pays est une perversion judiciaire infiniment plus grave. Ceux qui orchestrent ou cautionnent de façon volontaire ou inconsciente cette démarche sont complices de pratiques abjectes, antidémocratiques et préjudiciables à tous !

  • En optimisant un système – tout en restant dans la légalité – Fillon a montré qu’il n’était pas l’homme politique catholique provincial qu’on pouvait craindre, mais aussi un homme politique à qui la recherche d’efficience ne fait pas peur. Finalement en n’étant pas complètement lisse il n’en est que plus estimable, et rassurant pour tenir ferme les rênes de l’Etat dans la tempête mondiale.
    Conclusion : la Morale avec une majuscule ça n’existe pas, tout est affaire de point de vue, en quoi les assertions morales ne sont qu’une autre manière de combat politique.

    • « …rassurant pour tenir ferme les rênes de l’Etat dans la tempête mondiale… »

      C’est une manière de voir… Il est vrai qu’un vieux roublard de la politique sans scrupule aucun, hypocrite, cynique et au fait de tous les rouages du système qu’il peut détourner à son avantage – tout en n’ayant jamais généré un seul euro de richesse pour son pays – peut avantageusement représenter la France face à ses interlocuteurs internationaux de même acabit.

      • Votre argument « ne pas avoir généré un seul euro de richesse pour le pays » ne me paraît pas valable : depuis l’aube des civilisations une superstructure – l’Etat – existe pour reguler, ordonnancer les hommes et femmes. Cette ponction sur les richesses qu’il fait pour fonctionner est un fait inéluctable d’une part, et d’autre part il n’est pas dit qu’une bonne administration ne génère pas, indirectement, des richesses, et c’est précisément le choix d’une meilleure administration favorisant davantage l’économie- ou lui nuisant moins- qui est l’enjeu politique fondamental d’une élection nationale comme celle qui arrive en mai 2017.
        Et donc une manière de voir est de privilégier ce choix, plutôt que le sujet qui agite tout le monde et qui peut légitimement etre considéré comme secondaire.

    • « un homme politique à qui la recherche d’efficience ne fait pas peur »

      Le cambrioleur recherche également l’efficience : prendre pour ne pas s’ennuyer à produire. Dois-je lui confier mes clés pour autant ?

      => Sincèrement, mon cher « Eric n », plus je vous lis plus je me dis que vous êtes un fin troll anti-Fillon. Si c’est le cas, je vous tire mon chapeau parce que j’y ai vraiment cru ! Dans tous les cas, vous êtes magique. Vraiment.

      • Finalement je me rends compte à la lecture des uns et des autres que le libéralisme est aussi, profondément, un idéalisme hors sol, tel que vécu par beaucoup. Je lui préfère définitivement l’utilitarisme matérialiste.

  • ce que je trouve halucinant c’est que personne ne fassent le liens avec les afaires de sarko qui etaient paru une semaine avant le comptage des temps de parole grace aujuge Gentil qui avait déterré des affaire déjà classé. ..

  • ce qui est le pire avec Fillon c’est qu’il nous laisse à croire qu’il a bénéficié d’un système dont il n’est pas responsable alors que pendant 40 ans lui et ses semblables ont peaufiné la machine à s’engraisser . les sommes qui lui sont confiées au titre de l’Indemnité parlementaire de représentation ont bel et bien un statut , ce sont des fonds publics et c’est là que Fillon est bel et bien responsable . népotisme à l’intérieur , clientélisme à l’extérieur . cette recette gagnante à tous les coups est rejetée par les citoyens qui comprennent aussi le droit à l’aune de leur feuille d’impôt et des ponctions qu’y réalisent allègrement , cyniquement , sans retenue des politiciens truands , aux résultats de plus nuls , mais vrais assassins de la République .

  • C’est évidemment un complot, en plus le pov Fillon a promu au grade de l’Ordre National du Mérite, la redoutable juge du PNF, Eliane Houlette, celle là même qui a condamné Cahuzac (un autre complot), en 2010, alors qu’il était premier ministre.
    Quand ça veut pas, ça veut pas.

  • A ceux qui pensent que FF doit démissionner :

    L’affaire du penelopegate est la première résistance au programme de FF.

    Vous pensiez qu’un programme aussi libéralement ambitieux, pour la France néo-marxiste, n’allait pas engendrer de très fortes résistances ? Vous pensiez qu’il suffisait d’une belle victoire à la primaire pour que les résistances s’estompent ? Nous avons là les premières résistances politiques et médiatiques, s’en suivront les résistances corporatistes si il est élu. L’application de son programme se fera dans la résistance et la persévérance, pas dans la fuite.

    Alors quand je lis toutes ces personnes qui a la première difficulté venue veulent changer de candidat, je me dis que la France n’est pas prête de sortir du chiraco-hollandisme dans lequel elle est empêtrée. A la première difficulté : Courage fuyons le combat !.

    Oui il faut que FF tienne le coup. C’est le seul moyen de garder un espoir de pouvoir appliquer son programme. Sauf bien sur si vous voulez Baroin le clone de chirac…. un clone de chirac ou un clone de hollande…. ça vous fait envie ? Pas moi. Je garde espoir en FF pour changer le pays.

    « Ce qui ne tue pas rend plus fort ». FF na pas été tué !

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