Et maintenant, des congés paternité obligatoires

Il faut rendre obligatoire les congés paternité pour qu'enfin les hommes subissent les mêmes périodes d'inactivité que les femmes et soient autant payés !
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Et maintenant, des congés paternité obligatoires

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 janvier 2017
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La lutte pour l’égalité des femmes et des hommes et contre les stéréotypes se poursuit jusque dans les chiottes oh pardon et c’est donc sans surprise que de nouvelles propositions voient le jour pour couler dans le béton cimenter la société autour de ces valeurs bisoucratiques indispensables à un avenir radieux : l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) s’est donc très logiquement penché sur les congés parentaux et à force de se pencher, a fini par tomber sur une proposition qui va bousculer du poney.

Pour ce magnifique Observatoire à la fois indépendant comme il le clame lui-même et tout à fait subventionné par l’État (ce qui lui assure une liberté de parole totale vis-à-vis de ce dernier, n’en doutons pas), l’égalité entre les femmes et les hommes passe notamment par la réduction de l’écart salarial entre ces derniers.

Bien évidemment, il n’est pas ici question de remettre en cause ce dogme maintenant claironné à longueur d’année par toute la classe jacassante. Peu importe que toutes les études statistiques sérieuses montrent assez clairement que cet écart n’existe pas une fois redressées les variables liées aux parcours professionnels des hommes et des femmes, aux choix des uns et des autres (dans la négociation salariale, dans le type de poste), et une fois pris en compte les interruptions de carrière, les horaires différents et les risques supportés par les deux populations dans leurs métiers.

Eh oui, cet écart salarial est bel et bien un mythe que j’avais précédemment évoqué et qui amènera toujours une question à laquelle tout le monde s’empresse de ne surtout pas répondre : puisqu’il semble de notoriété publique que les femmes touchent systématiquement moins que les hommes à travail égal, pourquoi diable les patrons continuent-ils d’employer des hommes, plus chers ? Les employeurs seraient donc assez malins pour discriminer activement les femmes et les empêcher d’accéder aux postes mieux rémunérés, mais trop sots pour le faire avec les hommes. Sauf à entrer dans le mécanisme intellectuel douteux du complot mondial, on n’explique guère un tel comportement.

De ce point de vue, l’OFCE a trouvé une solution : l’écart constaté provient en partie de la maternité qui ralentit notoirement le parcours de carrière des femmes (la biologie, cette construction bourgeoise néo-fasciste, refuse toujours d’admettre que les hommes devraient, à leur tour, tomber enceints). Pire, nos sociétés, évidemment patriarcales et évidemment dirigées par des « hommes blancs cis dominateurs », ne font rien qu’à obliger les femmes à prendre ces congés maternité, actuellement de 42 jours calendaires. Or, à côté de ça, les hommes bénéficient d’un congé paternité qui est actuellement limité à 11 jours et qu’ils n’ont pas l’obligation de prendre.

Quand on y réfléchit vraiment très très fort, c’est carrément insupportable ! Cette société, toujours aussi patriarco-centrée et bien trop permissive, a donc décidé de pousser l’injustice sociale à son comble non seulement en donnant un congé à ces larves masculines inutiles, mais en plus, en leur laissant le choix de le prendre ou pas et, dans ce dernier cas (ultime affront !) de parader devant tout le monde pour bien montrer à quel point ils peuvent continuer à travailler, à progresser dans leur carrière et donc dans leur salaire en écrasant sous cape toute la gent féminine qu’ils méprisent de façon presque ostentatoire (et ne discutez pas, on sait que c’est comme ça que ça se passe).

Bref, le petit Français profite assez ignoblement des lois en vigueur pour jeter sa mâlitude aux yeux des femmes, et va jusqu’à ne pas prendre son congé paternité : seuls 70% d’entre eux profitent des 11 jours qui leur sont accordés.

L’OFCE a fait des petits calculs et tout est limpide : si l’on veut que ce paramètre n’influe plus sur le parcours de carrière des femmes, on peut au choix empêcher les femmes de faire des lardons (option A), imposer aux hommes de tomber enceints (option B), interdire le congé maternité complètement (option C) ou rendre le congé paternité obligatoire (option D) à condition bien sûr d’en amener la durée aux 42 jours actuellement en vigueur pour les femmes.

La biologie (chienne réactionnaire imperméable aux idéaux progressistes pourtant louables de nos belles âmes calculatrices) élimine d’emblée de sa main froide l’option B, on l’a vu, mais aussi l’option A (qui aboutirait à une disparition rapide de la race humaine, semble-t-il) et, pour différentes raisons, l’option C dont la mise en pratique provoquerait des effets de bords sociaux indésirables, avec des cris et des grincements de dents. Seule l’option D semble praticable, d’autant que, calculs à l’appui, elle ne coûterait qu’un misérable petit 1,54 milliard d’euros, une misère par les temps qui courent de Quantitative Easing, de taux bas et d’impression d’euros à tire-larigot.

Selon l’OFCE, l’impact d’une bonne grosse obligation des familles serait donc bénéfique : cela « rééquilibrerait entre les deux parents l’impact d’une naissance sur une carrière ».

Délicieuse façon d’envisager les choses que celle où la naissance n’est pas vue comme autre chose qu’un incident de parcours dans une carrière ! Magnifique exemple de raisonnement affûté sur les plus beaux sophismes de la justice sociale où ce qui est vu comme un enquiquinement problématique pour un sexe doit rapidement être imposé à l’autre afin que tout le monde subisse les mêmes pertes, aussi putatives soient-elles !

Accessoirement, l’OFCE s’est probablement foulé un poignet ou deux en calculant le milliard et demi d’euros que coûterait la mise en place de cette nouvelle obligation et de l’allongement de la durée de congé paternité, mais il ne semble pas avoir calculé l’effet de bord négatif que la société toute entière subira de cette nouvelle période d’indisponibilité d’une force de travail sur le marché. En toute logique, si le congé maternité est, au moins en partie, responsable d’une perte de salaire de près de 25% pour les femmes, l’application des mêmes recettes aux hommes devrait provoquer un alignement des salaires de ces derniers… vers le bas, dans les mêmes proportions.

Je ne suis pas certain que la société française ait actuellement besoin d’une diminution de salaire d’une partie de sa population (et peu importe son sexe, ici). Je ne suis pas certain qu’imposer une diminution du temps de travail, comme jadis les 35 heures, soit le gage d’une société plus juste, plus câline et plus bisou. J’aurais même tendance à constater qu’après plus d’une décennie de réduction effective du temps de travail un peu partout, on constate surtout des dommages sociétaux et économiques, plus de 3 millions de chômeurs (5, si l’on compte vraiment correctement), et un niveau de vie qui n’a guère évolué là où les petits flutiaux socialistes de l’époque nous pipeautaient des lendemains chantant, avec plus de congés et plus de youplaboum concentré.

Enfin, si l’on pousse au bout le raisonnement finalement assez consternant de l’OFCE, force est de constater que les femmes vivent plus longtemps que les hommes et que, touchant une retraite sur de bien plus longues périodes, elles finissent par largement rattraper l’écart salarial constaté auparavant. On s’étonne de ne pas trouver, en toute logique, une proposition pour améliorer cette enquiquinante inégalité en mettant harmonieusement fin à la pénible déchéance féminine après un certain âge.

Ah, mais j’oubliais : l’égalité est un concept fluide qui ne peut être manipulé que par d’habiles esthètes et de fins scientifiques du seul Camp du Bien. N’appartenant pas à ce camp, je me trompe évidemment : le congé paternité obligatoire de 42 jours, c’est super, vous verrez.
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  • ☺ Je serai pour le congé paternité si celui-ci envisageait qu’un père peut être père de plusieurs enfants simultanément, de plusieurs mères, et donc des modalités spéciales d’application dans ce cas. ☺

  • Maiiiisiiiieuuuuh, 42 c’est pourtant LA réponse !

  • Les élites et l’Etat pensent qu’hommes et femmes travaillent pour une multinationale Kapitaliste ou sa filiale, dans un immeuble bien isolé derrière des bureaux et que lorsque une femme est incommodée par la mise au monde d’un autre être humain, ses collègues masculins, tels des hyènes, vont s’élever dans la hiérarchie ou gagner quelques points de salaire au détriment de cette pauvre mère.
    Les exemples imagés de H16 n’existent pas pour cette caste.
    Evidemment, cette « obligation » sera impraticable pour les petits patrons de TPE, les artisans et tous ceux qui « cotisent » au RSI, lequel daigne servir à quelque chose après 90 jours.

  • Très bel article, révélateur de la c… de l’élite qui nous gouverne (si l’on peut dire)

  • Personne ne proteste non plus au sujet de la population carcérale pourtant il y a 97% d’hommes en prison !
    Sachant qu’il y a la parité pour les récompenses (légion d’honneur et cie), je m’étonne qu’il n’y ait pas la parité aussi pour les sanctions.
    Ça veut quand même dire que dans notre société, un homme a 30 fois plus de chances d’être condamné qu’une femme mais il a autant de chances d’être récompensé ! On est là dans un cas de discrimination flagrante !

  • Bien évidemment les hommes devront prendre des substitues pour pouvoir allaiter leurs rejetons. La société change, je n’y comprends plus rien. Quand je vois qu’il y a aussi débat sur l’IGV, animé par de jeunes femmes qui n’ont connu l’avant Simone Veil, je me dis que l’imbécilité intégriste reste à combattre.

  • Quel triste pays où l’idéologie égalitariste est en train de détruire les libertés individuelles, les consciences, les traditions séculaires, …
    Le carnage !!!
    Nous étions pourtant la nation de la liberté (mais c’etait il y a longtemps …).

  • très insuffisante cette proposition. Elle ne tient pas compte, par exemple, des célibataires ou des couples sans enfants.
    On devrait imposer un congé de non maternité, ainsi qu’une corvée complementaire de garde d’enfants à la sortie du travail, en compensation égalitaire.

  • Vu un doc sur les pilotes de cargo au port de marseille.
    Ya une femme, une passionées, qui fait ca pour pas avoir a partir 6 mois en mer, mais 24h…

    Il y a des choix, et les hommes prennent parfois les même que les femmes, mais pas toujours…
    Imaginer le mineur qui dit a sa femme qu’il va garder les enfants et la laisser faire égoutiere.

  • Dans le foyer c’est ma femme qui prends le congé maternité, et non moi, car c’est purement financier que l’on regarde. On a tout les 2 un travail ou l’on gagne plus ou moins la meme chose, mais la différence c’est que j’ai un deuxième travail permet de faire vivre ma famille. Si je venais à devoir prendre se conger beh, on serai dans l’obligation de vendre la maison car plus les moyens de payer le crédit. Si bcp de femme prennent le congé c’est, comme dans mon entourage, purement financier.

  • 42 jours ! Super pour aller à la chasse ou à la pêche ! Ou faire du vélo … C’est vrai que ces 9 mois de grossesse et l’accouchement c’est déprimant pour les hommes et qu’ils sont épuisés (physiquement et mentalement).
    Et l’allaitement, vous vous rendez compte?
    Ceci étant un grand nombre de pères (mais pas les 70% qui prennent leurs 11 jours ) profitent de leur congé de paternité pour aider leur épouse pendant son hospitalisation et à son retour à la maison, pour s’occuper des autres enfants, faire en sorte que leur nouvelle vie démarre au mieux et faire face à tous les aléas qu’engendre leur nouveau-né.
    11 jours c’est bien, restons-en là…
    Au nom de l’égalité notre gouvernement socialiste a déjà pondu une belle ânerie pour le congé parental. Ce congé qui pouvait être de trois ans pour l’un ou l’autre parent ou partagé entre les deux ne peut plus être que de 2 ans et demi maximum pour l’un (la mère en grande majorité) et l’autre parent peut prendre les six mois restants.
    Vous connaissez beaucoup de pères qui vont s’arrêter six mois pour s’occuper de leurs enfants et de la maison ?
    Donc, conclusion : on nous annonce un progrès social et il s’agit en fait d’une régression au nom d’une idéologie des plus sottes. Mais combien de nos décideurs politiques connaissent la VRAIE vie des Français ?
    Quant au côté économique, ils ignorent tout de la vie d’une entreprise, donc comment pourraient-ils mesurer l’impact néfaste de ce projet sur le fonctionnement de l’entreprise et ses finances. On oublie volontairement toujours de soulever le problème du financement quasi exclusif de notre système social par les entreprises françaises et les salariés, et du poids exhorbitant de cette charge sur leur rentabilité, d’où la disparition d’entreprises qui ne peuvent se battre contre les entreprises étrangères, d’où le chômage grandissant ( même si on nous affirme le contraire…) etc…
    Tout le monde ne peut pas devenir salarié de l’ Etat … quoi que… le revenu universel? Pauvre France !

  • Les commentaires sont fermés.

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