C’est toujours l’État qui est à l’origine des crises financières

Prétendre qu’il faut toujours que l’État intervienne dans la politique monétaire est absurde et une invention intéressée des banquiers centraux et des économistes keynésiens.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Crise (Image libre de droits, crédits cc0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

C’est toujours l’État qui est à l’origine des crises financières

Publié le 29 décembre 2016
- A +

Par David Stockman.

Crise (Image libre de droits, crédits cc0)

Les étatistes keynésiens de la Fed pensent que les crises financières dévastatrices que nous avons connues depuis 1987 sont dues à trop d’exubérance de la part des investisseurs, trop de dérégulation, une frénésie immobilière, sans compter l’avidité et la corruption de Wall Street.

Parmi les raisons les plus tirées par les cheveux récemment avancées pour expliquer les deux plus importantes crises financières de ce siècle, la première est le conte à dormir debout raconté par Alan Greenspan et Ben Bernanke : les travailleurs chinois – qui gagnent moins de un dollar l’heure – épargnaient trop d’argent, entraînant par là-même des taux d’emprunt au niveau mondial trop bas et une bulle immobilière aux États-Unis !

Il va sans dire que toutes ces raisons sont complètement fausses, tout comme l’est la logique qui sous-tend la planification centrale monétaire keynésienne.

Prétendre que le capitalisme libéral est instable de manière chronique et destructrice et que le cycle économique nécessite une gestion et un stimulus constants de la part de l’État et son bras armé, la banque centrale – tout ceci est démenti par les faits historiques.

Chaque échec économique des temps modernes, y compris les événements fondateurs de la crise de 1929, ont pour origine l’État. Le catalyseur était soit un financement de guerre inflationniste, soit une expansion du crédit alimentée par la banque centrale – et non les déficiences ou l’instabilité inhérente du capitalisme de marché.

Le modèle de la Fed vole les millions de travailleurs, d’entrepreneurs, d’investisseurs et d’épargnants qui forment le socle de l’économie ; elle fausse les milliards de transactions relatives au travail et au capital, à travers lesquels ils interagissent et finalement génèrent de la production, des revenus et de la richesse. A la place, la Fed se concentre sur les agrégats macroéconomiques pour répondre à un prétendu double mandat de stabilité des prix et de plein emploi.

Une économie n’est pas une baignoire géante

Au fond, pour ces gens-là, les États-Unis sont une économie fermée ressemblant à une baignoire géante. A la poursuite du « plein emploi », le job de la banque centrale est de la garder pleine à ras bord de « demande agrégée ». Mais les agrégats macroéconomiques sur l’emploi et l’inflation d’un pays ne peuvent être mesurés de façon précise et pertinente.

Certes, il semble que ces outils keynésiens de gestion de la demande agrégée ont fonctionné pendant plusieurs décennies avant l’arrivée du pic de la dette. Mais ce n’était qu’une entourloupe monétaire. Les ménages et les autres acteurs économiques ont été à plusieurs reprises encouragés à s’endetter via des cycles périodiques de stimulus par l’argent bon marché.

Cela a un peu boosté la « demande agrégée » — mais uniquement de manière temporaire et artificielle. C’est-à-dire que la dette des ménages, en constante augmentation, n’a fait que prendre sur l’activité économique du futur ; les dépenses n’ont pas généré de richesse nouvelle et durable. Et à présent, le stimulus monétaire ne fonctionne plus parce les ménages sont surendettés.

La « demande agrégée » est contraire à la loi de Say

Toutefois, cette réalité est complètement ignorée par les banquiers centraux. Pourquoi ? Parce qu’ils sont esclaves de l’idée primitive émise par J.M. Keynes lui-même : le cycle économique capitaliste finit toujours par manquer d’une composante économique fondamentale qu’on appelle « demande agrégée ».

Cette dernière est une quantité indépendante de « dépenses » des ménages et des entreprises qui seraient générées avec l’utilisation totale des capacités de travail et de commerce du pays. Il convient d’insister sur le terme « indépendant »

Selon la loi de l’économiste Say, l’offre crée sa propre demande. La production vient d’abord. La demande agrégée n’est pas indépendante ; elle est dérivée de la production et du revenu. C’est ce que les ménages et les entreprises choisissent de dépenser, plutôt que d’épargner.

Avant que des confusions ne soient introduites par John Maynard Keynes, la plupart des économistes comprenaient la proposition de bon sens selon laquelle la production est première. Dans une économie honnête et stable, c’est encore le cas. En conséquence de quoi, la véritable « demande agrégée » n’a jamais besoin d’aucune aide de l’État, ni de la banque centrale.

La véritable source d’augmentation de la demande agrégée est l’augmentation des heures de travail et l’amélioration de la productivité, l’augmentation de l’effort entrepreneurial, une hausse de l’épargne et des investissements, et une augmentation des innovations et des inventions technologiques.

A l’inverse, les banquiers centraux actuels, qui tendent vers les théories keynésiennes, sont des étatistes. Ils affirment savoir que le niveau réel de la « demande agrégée », issue de la production et de l’épargne courants, est incorrect et chroniquement déficient.

Par conséquent, le boulot de l’État — les autorités budgétaires dans l’incarnation initiale keynésienne des années 1960, et la banque centrale essentiellement depuis Greenspan — est d’offrir cette « demande agrégée » chroniquement manquante.

La loi de Say de l’offre est donc remplacée par la prétendue plus grande sagesse des banquiers centraux. Ayant deviné le niveau correct de « demande agrégée », la banque centrale est ensuite chargée de compenser ce qui manque.

On parvient à cette augmentation des dépenses en réduisant les taux d’intérêt ou en monétisant la dette publique afin d’encourager l’emprunt, augmentant par là les dépenses dérivées de la production courante avec les produits additionnels des crédits majorés.

A la fin, selon les textes keynésiens, la baignoire économique du pays est bien remplie à ras bord avec juste le montant adéquat de « demande agrégée ». En conséquence, on a le plein emploi, l’industrie fonctionne à 100% de sa capacité, les coffres de l’État sont remplis et les licornes gambadent gaiement dans la prairie.

Le modèle de la baignoire de « PIB potentiel » et le « plein emploi » qui y est associé sont de pures idioties : un ensemble d’indicateurs montés de toutes pièces, totalement dénués de sens dans l’économie actuelle mondialisée, fluide et technologiquement dynamique.

Une dangereuse illusion qui ignore le revenu réel

Cela signifie également que la « demande agrégée » théorique, qui est l’objectif de la politique de la Fed, est une illusion, contrairement à la véritable demande agrégée dérivée de la production et du revenu actuel réel.

En fait, ces références de « PIB potentiel » et de « plein emploi » ne sont en aucune façon déterminées de façon scientifique ; elles sortent juste des gribouillages économétriques des théoriciens keynésiens. Les résultats sont tellement stupides, primitifs, si logiquement superficiels qu’ils soulèvent une question simple : si la financiarisation massive et l’argent bon marché n’étaient pas si commodes pour Wall Street et pour Washington, des personnes véritablement adultes prendraient-elles au sérieux nos banquiers centraux keynésiens ?

Je ne le pense pas. Les liquidités pour Wall Street, de même que la monétisation de la dette publique pour Washington, sont le voile de complaisance qui permet à nos planificateurs monétaires centraux d’opérer sans pratiquement aucune restriction.

Trois exemples concrets : simulateur de vol, Uber, Airbnb

Voyons cela de plus près. Tout le monde sait que nous sommes dans une économie de services. Comment alors peut-on mesurer la production potentielle d’un simulateur de vol et si ses instructeurs, ses équipements et ses infrastructures sont employés à 100% ? Ce calcul devrait-il être fait sur cinq ou sept jours par semaine ? Et sur une, deux ou huit heures d’enseignement par jour ? Ou autre chose ?

Et quelles sont les unités de production : sessions en solo, en duo, en groupe d’une heure ou plus ou moins ?

Qu’en est-il des flottes de limousines et de leurs chauffeurs ? A présent qu’Uber est arrivé dans tant de villes avec des services numériques à la demande, les flottes de véhicules ne passent plus la moitié du temps à attendre le client. Une énorme capacité de flotte latente a ainsi été libérée par la technologie. Autre exemple, quelle est la capacité hôtelière dans un monde avec Airbnb ?

C’est toujours les obstacles du côté de l’offre qui provoquent la baisse de la croissance

Tout cela pour dire que « l’utilisation de la capacité » est une notion fluide et changeante dans une économie moderne mondialisée, technologiquement dynamique et centrée sur les services. L’idée même de mesurer la production potentielle est un retour stupide aux années 1950, lorsque des élèves fraîchement diplômés des théories keynésiennes cherchaient une excuse pour mettre en pratique leurs compétences mathématiques.

L’affirmation des échecs des cycles économiques et du besoin d’interventions constantes de la politique monétaire sur les marchés financiers conçue pour les lisser et les optimiser est une invention intéressée des banquiers centraux et des économistes keynésiens.

C’est le mythe fondateur duquel dépendent leur pouvoir, leur gagne-pain et leur suffisance.

La vérité est que si la croissance de la production et du revenu est lente ou même inexistante, cette condition est partout et toujours provoquée par les obstacles du côté de l’offre, pas par le soi-disant manque de « demande agrégée ».

Par conséquent, l’histoire de l’échec du cycle économique est complètement stupide. Elle revient à donner tous les pouvoirs à une poignée de bureaucrates monétaires non-élus et qui n’ont à rendre compte de leurs actes à personne.

Pour plus d’informations de ce genre, c’est ici et c’est gratuit.

Voir les commentaires (24)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (24)
  • Super d’avoir des articles de David Stockman sur Contrepoints. Je recommande à tous la lecture de ses livres.

    • Vous avez déjà vu un keynésianiste faire l’auto-critique du keynésianisme? Moi jamais! On se demande pourquoi les crises économiques non seulement continuent d’exister mais interviennent à un rythme toujours plus rapproché depuis que le keynésianisme est une religion économique.

      • mais interviennent à un rythme toujours plus rapproché depuis que le keynésianisme est une religion économique.

        Et les crises dues au keynésianisme sont infiniment plus graves.
        Je suis étonné de vous voir contre le keynesianysme qui est pourtant un des des fer de lance des étatistes interventionniste.

        C’est probablement un hasard, vous n’avez pas du comprendre ça non plus.

  • « poignée de bureaucrates monétaires non-élus »
    On est un peu dans la caricature là, non ?
    Les quelques ministres retenus par Le Donald sont une poignée également. D’accord, ils ne sont pas bureaucrates, mails ils sont bien « monétaires » tant leur implication au plus haut niveau de l’Etat et la connivence qu’ils entretiennent avec lui vont de pair avec l’argent facile, l’endettement public et la politique arrangeante de la FED.
    Mais surtout, ils ne sont pas élus.
    Pas plus que nos hauts fonctionnaires, que nos attachés parlementaires, que les « conseillers » de nos dirigeants divers et variés.
    Pas plus que les peoples qui s’expriment sur tous les sujets du moment.
    Pas plus que nos journalistes main stream.
    Ok, je commente sur un point de détail de ce bel article au style très américain (les petites injures de base sont caractéristiques).
    Mais ce sempiternel « non-élu » qu’on nous sert à toutes les sauces m’énerve prodigieusement par sa mauvaise foi…

  • Il y a chez les socialistes, mais aussi dans cet article, une interprétation erronée de la théorie keynésienne qui voudrait qu’elle puisse corriger durablement des déséquilibres structurels en économie ouverte quand Keynes a simplement proposé un plan monétaire conjoncturel permettant de booster temporairement une économie fermée en situation de sous-emploi de sa capacité de production. Keynes ne s’est pas trompé, il a tout simplement proposé une théorie dans un contexte impossible…

  • Ah l’État ! Heureusement qu’il est là pour couvrir l’irresponsabilité de certains rapaces. Au passage, c’est drôle d’entendre un conseiller de Reagan se plaindre de l’État quand on voit l’explosion de la dette des USA sous ses mandats ! Lol

    Revenons sur quelques points présentés par David.

    D’abord, parler de « capitalisme libéral » est hilarant. Le capitalisme défend le droit de propriété, le libéralisme défend la liberté, c’est souvent incompatible, il faut choisir entre les deux.

    Ensuite, David nous parle de la loi de Say. Elle est bien évidemment fausse contrairement à ce qu’il dit. La loi de Say nous dit que les marchandises s’échangent contre des marchandises. C’est faux, les marchandises s’échangent contre de l’argent. L’ objection de mes adversaires sera de me dire que l’argent s’obtient par la vente de marchandises. Exact mais incomplet. L’oubli majeur est le crédit. Je m’étonne qu’un conseiller de Reagan qui a fait exploser la dette de son pays n’y pense pas !!!

    Enfin soyons empirique et regardons la réalité devant nos yeux. Il est vrai que l’État est complice des crises provoqués par des cupides, notamment parce que les instances de régulation sont inertes voire corrompues. Parlons de la crise des Savings and Loans (c’est encore plus simple que les subprimes mais le principe est le même du Ponzi)que doit bien connaître David puisqu’elle a eu lieu sous l’administration Reagan et notamment à cause de la dérégulation financière que ces dingos ont mis en place. On paie les auditeurs pour qu’ils minimisent la situation catastrophique des institutions financières, leur pratiques douteuses. Prenons l’exemple donné par Jean de Maillard dans son excellent livre L’Arnaque : un promoteur propose un projet de centre commercial à une banque, il évalue le coût à 3 millions pour le vendre 4 millions. Sa mise de départ est de 50000 dollars. Il obtient cependant son emprunt, commence sa construction, se verse des honoraires, pour se faire il paie grassement des cabinet d’audits qui assurent la viabilité du projet grâce à l’emprunt (s’il joue sur les matériaux il peut même se faire une marge supplémentaire).Problème à la fin le centre commercial ne sert à rien. Le promoteur ne peut pas rembourser l’emprunt, il s’en fout soit il est complice de la banque soit il est parti déjà loin, la banque se retrouve donc propriétaire d’un complexe commercial qui ne vaut pas un radis. Comment s’en dépatouiller ? Il suffit de trouver un autre acquéreur qui reprendra le centre. On paie un expert qui évalue la valeur du complexe à 5 millions. La banque accorde un prêt de 5 millions au nouveau acquéreur, elle va même imputer à celui-ci l’apport personnel qu’il est censé apporter (il ne débourse donc rien de rien). Maintenant on maquille : les 3 millions prêtés au premier qui n’a pas remboursé sont dans la colonne passif, mais l’immeuble a été revendu pour 5 millions ! Donc au final, a banque a gagné 2 millions ! C’est magique, non ? Et en plus, le nouveau promoteur verse des intérêts à la banque grâce à l’emprunt de 5 millions, le bilan comptable ferait envie à n’importe quelle entreprise !

    Si vous avez le principe vous avez compris la crise des Savings and Loans. L’État est en effet responsable de cette crise, l’État de Reagan. Certains de ses membres en ont même profité, certains ont même été élus président par la suite.

    Ce n’est pas l’État en lui-même qui est responsable mais le pourrissement de l’État qui copine avec les rapaces (un mot trop noble pour les décrire). Il est bien évident que l’un de ceux-là ne vous dira pas la vérité.

    •  » L’oubli majeur est le crédit. » Bien sûr que non, car le crédit est au final remboursé par les agents économiques (destruction monétaire compensant la création initiale), sauf celui accordé à l’Etat puisque l’Etat ne produit rien et qu’il est, de ce fait, incapable de rembourser. Un crédit étant toujours remboursé d’une manière ou d’une autre, la monnaie étant ainsi annulée de l’équation, ce sont au final strictement les produits qui s’échangent contre les produits.

      Le crédit est indifférent pour comprendre la loi de Say qui demeure toujours aussi pertinente. On devrait même dire qu’elle se bonifie avec le temps, à la lumière de l’expérience. Si l’auteur n’évoque pas le crédit, c’est à raison.

      Maintenant, vous nous faites le coup de l’œuf et de la poule, question oiseuse consistant à savoir qui corrompt qui, entre ceux que vous nommez les rapaces ou bien l’Etat. Mais cette question est sans intérêt. Dès lors que l’Etat n’a plus de puissance financière parce qu’il est concentré sur ses fonctions régaliennes, la corruption propre à l’Etat obèse disparaît. Alors, il reste la corruption liée aux banques. Mais cette corruption elle-même est la conséquence de la solidarité avec les truands à laquelle nous contraint le monopole monétaire. Les corrompus profitent à plein de cette solidarité de fait.

      Dès lors que les banques seront contraintes d’émettre chacune leur propre monnaie, la corruption d’une banque particulière nous sera parfaitement indifférent. Immédiatement, nous retirerons nos avoirs de cette banque pour aller à la concurrence, dans une autre monnaie non corrompue. Cette banque corrompue ne fera pas faillite, simplement sa monnaie ne vaudra plus rien : non contents d’avoir tout perdu, ses actionnaires seront désormais la risée du monde, puisque nous ne serons plus contraints d’être solidaires avec eux et qu’ils ne pourront plus nous obliger à assumer leurs décisions. Un exemple pour bien comprendre de quoi il retourne : quand la monnaie argentine s’effondre du fait de la corruption endémique étreignant ce pays, ça nous laisse indifférent parce que, disposant d’une autre monnaie, rien ne nous oblige à partager les conséquences de la faillite avec les détenteurs de la monnaie argentine. Eh bien, en situation de concurrence monétaire, il en sera de même et la corruption spécifiquement bancaire, conséquence directe du monopole monétaire, disparaîtra à son tour.

      • « le crédit est au final remboursé par les agents économiques » Ben non, justement !

        Un crédit n’est pas nécessairement remboursé. Si tous les crédits étaient remboursés, il n’y aurait pas de primes de risque.

        D’autre part, ce que vous dites c’est que la loi de Say est vraie à l’infini. Cependant, je pense que ce qui intéresse les gens, ce qui intéresse les économistes, c’est ce qui se passe maintenant ou dans un futur proche.

        Autrement dit, si elle n’est pas fausse, elle n’est vraie qu’à l’infini ce qui n’a aucun intérêt. Mais si ça vous fait plaisir…

        En tout cas, vous admettez que les marchandises produites ne s’échangent pas contre des marchandises produites. C’est un premier pas.

        Quant à vos propos sur les banques, ils sont risibles car par définition une banque doit avoir un agrément de l’État ou d’une autorité publique (peu importe le nom qu’on lui donne) pour la garantir. Il n’existe aucun monnaie qui ne puisse se soumettre à cela. Le bitcoin ? Au-delà du fait que je considère ce phénomène comme marginal et rigolo, lui-même nécessite l’agrément d’une autorité. Il faut une autorité qui établisse la sécurité du protocole (croyez-vous que chaque utilisateur va ouvrir la boîte pour lire le code), cette autorité repose sur le nombre (comme tout le monde le dit, c’est que c’est vrai), il faudrait également vérifier qu’il n’y a pas manipulation du réseau qui repose sur la puissance de calcul (les failles du bitcoin ont largement été démontrées).

        Dans votre système chacun peut émettre sa propre monnaie, c’est bien mais cela ne facilite pas l’échange ! L’histoire et la logique montrent que dans un système ayant plusieurs monnaies, l’une va devenir dominante et bouffer les autres. On peut vouloir aller contre la logique contre la nature mais à mon sens ce n’est pas ce qu’il faut faire…

      • La loi de Say permet plusieurs lectures, dont ma préférée est celle-ci : pour bénéficier demain du produit d’autrui, commence aujourd’hui par produire toi-même.

        Autrement dit, Say découvre que le travail crée le travail et, par avance, abat en flammes le vilain petit coucou des 35h (ou 32h ou 20h…) longtemps avant que des psychopathes ne décident de bafouer les lois universelles de l’économie et du bon sens. Moins de travail conduira toujours à moins de richesses, plus de travail aboutira toujours à plus de richesses. La France a empiriquement démontré la pertinence de loi de Say au cours de la décennie passée, ainsi que celle de la courbe de Laffer, et on ne peut que s’en attrister pour ce pays à la dérive, condamné par sa propre stupidité à être ballotté au gré des chocs économiques mondiaux et à supplier ses voisins de ne pas l’abandonner.

      • « Bien sûr que non, car le crédit est au final remboursé par les agents économiques? Par quel axiome religieux le public ferait toujours défaut et le privé serait toujours solvable lol?

        Heu dans quel monde vivez vous? Si le crédit était toujours remboursé, les agents économiques ne feraient jamais faillite. Or une faillite est avant tout un défaut de paiement des crédits ou dettes en cours.

        Vous parlez de l’expérience alors que vous raisonnez dans un univers virtuel ou le crédit et totalement remboursé ( le monde des bisounours) soit accordé à des agents économiques dont on sait à l’avance qu’ils rembourseront le crédit : en gros le créancier est tellement omniscient est rationnelle que le facteur risque est annihilé, un monde sans incertitude, prédictible.

        Quand à la suppression du monopole des institutions bancaires et la concurrence monétaire ça reste de la théorie de salon tamisée: le rôle d’une institution corrompue ou pas d’ailleurs est de réduire les coûts de transaction des agents économiques. 100 monnaies différentes au sein d’un territoires augmentent de manière exponentielles les coûts de transactions pour un acteur économique. Quel entreprise voudrait embaucher des analystes à plein temps pour veiller à la fluctuation de chaque monnaies, leur parité respectives etc etc etc. La multiplicité des monnaies à l’époque ancienne et moderne fonctionnaient uniquement du fait de volume transactionnels sans communes comparaisons avec ce qu’il se fait actuellement.

        C’est tellement réducteur de croire que les banques centrales ne doivent leurs existence qu’au fait du prince, leur monopole est aussi voulu par les agents économiques.

        Allez demander à Apple Samsung Google Facebook ou la boulangère du coin si elle souhaiterait pouvoir exercer son activité avec une vingtaine de monnaies pour la simple satisfaction d’éliminer le monopole de la banque centrale.

        • Par quel axiome ? Auriez-vous mis la comprenette en bandoulière ? Chéri, le Monsieur te l’a déjà expliqué…

          En cas de faillite personnelle, le crédit est bel et bien compensé par une dévalorisation monétaire correspondante, donc par l’ensemble des porteurs de la même monnaie. Bien tenté mais caramba, c’est raté !

          Des centaines de monnaies en concurrence fluctuent déjà au millième de seconde sans provoquer la moindre angoisse à personne dans aucune entreprise ni ailleurs, sauf à vous visiblement. Faux problème donc. Décidément, encore raté, carrrrramba !

          A vous écouter, les agents économiques réclameraient donc le monopole monétaire qui sert uniquement à les dépouiller au profit de l’Etat obèse et des truands ? Non mais, franchement, déjà fin saoul sans attendre le 31 ?

          Feriez mieux d’aller faire un petit somme, vous semblez passablement fatigué par vos excès festifs.

          • Marrant comment votre commentaire est hors sujet.

            Oui il y a des centaines de monnaies en concurrence mais au niveau interétatique: pas intra-étatique.

            Et encore cette concurrence est virtuelle puisqu’ en réalité pour des centaines de monnaies quelques unes: dollars, euros , livre sterling yen , Huan constituent un oligopole dans les volumes de transactions mondiaux.

            Pas pour rien que l’actualité économique donne les indices de la FED, BoE, BCE et BCJ : qui veut savoir les taux directeurs du Maroc ou du Zimbabwe ?

            Je n’entend aucun acteur économique réclamer la concurrence monétaire donc.

            Bref ça brasse du vide, votre argumentaire n’a aucune realite.

            Concernant votre propos sur l’alcool il se passe de commentaire est vous résume à merveille : un bon petit troll sans aucune réflexion personnelle.

        • vous avez entièrement raison

      • Un exemple assez marquant : sur Chine tout le monde parle du fait quel stagne que la croissance et faible etc etc que les belles années sont terminés; peut être mais pas pour les raisons qu’on croit: quelle est la proportion des gens capable de financer l’achat d’une maison ou d’un appartement uniquement avec leur font propre? A part Pékin, Sanghai, Hong-Kong , la très grande majorité de la Chine est insolvable.

        Le crédit qui a engendré la crise des subprimes à permis l’accession à la propriété de millions de gens insolvables ou pas d’ailleurs. Et de toute manière les USA fonctionnent sur le crédit, avoir des mensualités c’est normal là bas , l’économie ne tournerai pas comme ça.

        Exemple français avec la voiture neuves: on passe de 12000 à plus de 20000 euros approximativement en 10 ans. A ma connaissance le salaire des acquéreur à 12000 sauf exceptions n’ a pas augmenté de la même manière , on peut toujours objecter les normes, la technologie embarqué : seul constat : le marché de l’occas se porte à merveille.

        Le crédit n’est pas un mal en soit mais c’est comme le casino: tant qu’on ne perd pas tout vas bien 🙂 quand on pers c’est autre chose

        • A propos de la Chine, on peut raconter ce qu’on veut en ayant toujours raison étant donné que les stats ne sont pas fiables, ce qui est très sympathique à la réflexion. En effet, la vérité réduit le débat à un monologue. Méchante vérité ! Passons.

          Nous fonctionnons avec du crédit comme aux USA. Simplement, deux choses nous distinguent :
          – un crédit à la conso un peu moins systématique (j’allais dire caricatural)
          – un part importante des crédits reportée sur l’Etat qui donne l’illusion du gratuit, mais au final il faut quand même payer

          Oui, des gens insolvables ont pu accéder à la propriété. Ensuite, alors que quelques-uns ont dû céder leur propriété mal acquise, tous ont dû payer le prix de la sanction de cette politique publique délirante, avec le chômage de masse notamment. Les stats US en apparence favorables souffrent du biais du survivant. Trump aurait-il eu le même succès si tout allait si bien que cela ? Non, les USA ne se sont pas encore remis des erreurs de politique publique des années Clinton et vont encore les payer durant de longues années, tant que la purge nécessaire ne sera pas terminée. Quand je vous affirme qu’on rembourse toujours un crédit d’une manière ou d’une autre, c’est exactement de cela qu’il s’agit. Une purge, c’est de l’injustice, du sang, des larmes, des révoltes, des suicides des meurtres. Voilà le prix du crédit qui est toujours remboursé. Voilà pourquoi il convient de limiter le crédit aux agents économiques réellement productifs et l’interdire strictement aux autres. Voilà également pourquoi la loi de Say est tellement vraie : on en voit son application tous les jours sous nos yeux. Comment dans ces conditions prétendre qu’elle serait fausse ? Contester la loi de Say, c’est à peu près aussi idiot que d’affirmer que le ciel n’est pas bleu, que l’eau ne mouille pas, que le feu ne brûle pas.

          • Bah non dsl ce n’est pas à vous ni à moi à déterminer de quelle manière un crédit doit être accordé. Les conséquences du nom remboursement du crédit dont vous me parler sont tout simplement les conséquences du risque: comme je le redis tant que la paye tombe papa paie ses traite mensuelle tranquilou , le jour où il est licencié et au chômage la dolce vita est terminé. Appriori son salaire conséquent lui a permis de contracter des prêts et de les rembourser sans problème.

            Le crédit devient problématique quand une personne voit sa rémunération basée sur sa capacité à en octroyer.

            Un vendeur de crédit à beau être exceptionnellement doué, la solvabilité d’une clientèle quelqonque est toujours finie.

            Il reste alors pas bcp de solution:

            Spéculer sur le fait qu’une clientèle insolvable va le devenir et lui accorder le crédit : c’est un pari sur l’avenir avec les risques à assumer.

            Restreindre le crédit comme vous dites : avec les effets non désirés qui s’en suivent:

            Les établissements de crédit réduisent la voilure et licencient les vendeurs.

            L’économie tourne au ralenti: un crédit non contracté ne se résume pas à lui même. Il empêchent tout un tas de decidions peripheriques.

            Lors oui on peut discuter de la moral toute la journée mais jamais la morale ne nous a appris de la réalité.

            Le vendeur de crédit veut son augmentation ou sa promotion, l’élu son élection ou réélection, et le consommateur ça maison ou sa voiture.

            C’est ça la réalité et rien d’autre

      • « le crédit est au final remboursé par les agents économiques » Ben non, justement !

        Un crédit n’est pas nécessairement remboursé. En règle générale c’est le cas, mais il existe des cas de défauts de paiement.

        D’autre part, ce que vous dites c’est que la loi de Say est vraie à l’infini. Cependant, je pense que ce qui intéresse les gens, ce qui intéresse les économistes, c’est ce qui se passe maintenant ou dans un futur proche.

        Autrement dit, si elle n’est pas fausse, elle n’est vraie qu’à l’infini ce qui n’a aucun intérêt. Mais si ça vous fait plaisir…

        En tout cas, vous admettez que les marchandises produites ne s’échangent pas contre des marchandises produites. C’est un premier pas.

        Si on pousse au bout votre système bancaire fractionné, chacun peut émettre sa propre monnaie, c’est bien mais cela ne facilite pas l’échange ! L’histoire et la logique montrent que dans un système ayant plusieurs monnaies, l’une va devenir dominante et bouffer les autres. On peut vouloir aller contre la logique contre la nature mais à mon sens ce n’est pas ce qu’il faut faire…

    • Encore une livraison impayable du grrand gunsten.

      Ah l’État ! Heureusement qu’il est là pour couvrir l’irresponsabilité de certains rapaces.

      Et ces rapaces auraient prêté à des pauvres insolvable ? un peu de cohérence.
      Community Reinvestment Act, Fanny & Freddy, taux négatif de la FED, la main de l’état est partout dans l’origine de la crise des subprimes.

      D’abord, parler de « capitalisme libéral » est hilarant. Le capitalisme défend le droit de propriété, le libéralisme défend la liberté, c’est souvent incompatible, il faut choisir entre les deux.

      La déclaration des droits de l’homme de 1789 ET le libéralisme défendent tous les deux la liberté, le droit ET la propriété.

      Trois mots à retenir depuis le temps que vous êtes ici, c’est encore deux de trop pour vous.

      Le capitalisme lui n’est qu’un mode de financement de la production comme un autre. Il ne « défend rien » ce n’est pas une politique, ni une idéologie mais il n’est possible que dans les états de droit libéraux.

      Enfin soyons empirique et regardons la réalité devant nos yeux

      L’empirisme seul c’est 2300 ans d’ignorance et de théories débile je vous signal, ça vous va très bien.
      Seul la science et le rationalisme ont vraiment réellement permis l’acquisition de la connaissance et du savoir.

      Au passage, c’est drôle d’entendre un conseiller de Reagan se plaindre de l’État quand on voit l’explosion de la dette des USA sous ses mandats ! Lol

      Sous Reagan il y avait une guerre mondiale entre deux superpuissance et leurs alliés partagés en deux camps. Pourtant il n’a augmenté la dette que de 1.8 trillions de dollars.
      Obama, lui, a réussi l’exploit de doubler la dette de dix trillions en seulement 8 ans et en pleine période de paix mondiale.

      Oui lol !

    • Je rejoins Ca-vaignac pour ce qui est des intérêts : l’intérêt est le coût de la location de l’argent et il n’y a pas de différence avec le coût d’une location d’un bien quelconque vs un achat : l’intérêt est inclus dans le loyer pour assurer la rentabilité de la location.

      Pour ce qui est de l’histoire du banquier et du promoteur votre histoire est enfantine : 1er acte, le promoteur flouerait le banquier qui a son tour flouerait le nouvel acquéreur ? Votre histoire nécessiterait des promoteurs escrocs et des acheteurs victimes qui ne se poseraient pas de questions sur la rentabilité et tout cela se répéterait indéfiniment ?

      Vous avez dû regarder une émission de télé sur Arte et vous n’avez rien compris : les lots des centres commerciaux sont en général à 75% tous vendus avant construction des centres commerciaux en faisant appel à des enseignes phares qui attirent les enseignes secondaires puis les commerçants indépendants et c’est ce qui permet de boucler le dossier du projet pour obtenir les financements. Un centre commercial s’amortit en moins de 20 ans coté rentabilité même si comptablement et fiscalement c’est 28 ans en moyenne pondérée.

      Concernant la crise des caisses d’épargne (S&L) un simple coup d’oeil à l’histoire vous montrerait que la crise couvait depuis le début des années 70 et c’est bien la Réserve Fédérale qui a mis le boxon en doublant le taux d’intérêt en 1979… (reloaded in 2007)

    • Absolument pas! La liberté commence justement par le droit à la propriété, puisque dans les monarchies et les dictatures l’état peut vous spolier de vos biens. C’est la première chose qui fut inscrite dans la Constitution de 1789. Capitalisme libéral veut dire capitalisme + démocratie, sans intervention de l’état dans l’économie!
      D’autre part, en France le clientélisme et la corruption des élus, des militants des partis et des syndicats provoquent un gaspillage insensé d’argent. Le financement des associations par exemple, laissé à la grâce des politiciens, en est un bel exemple. Alors oui, l’état EST le problème et la cause du déclin français. Si le pays était bien géré l’économie serait d’au moins 150 milliards.

    • La liberté et le droit garantissent la propriété. Là où cette dernière n’existe pas, il n’y a ni droit ni liberté. C’est trop difficile à comprendre pour vous?

    • « Le capitalisme défend le droit de propriété, le libéralisme défend la liberté ». De quel libéralisme vous parler? celui de la planète « shipmuck » de l’autre coté de la galaxy? le libéralisme sur terre défend absolument la propriété au même titre que la liberté. En fait si vous contesté le droit de propriété alors la liberté est vidé de tout sens.

    • Exemple complètement naze. Votre banquier s’est fait pigeonnér de 1 million en réalité. le lendemain, il est viré.
      Et puis, un centre commercial à 3 millions, c’est un centre en Appenzel ❓

      En fait vous n’osez pas l’avouer, mais vous êtes contre toute forme de prêt.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Que nous vivions dans un monde aux ressources finies semble une évidence pour tout le monde. De là naissent toutes sortes de théories qui se ramènent essentiellement à la nécessité de ralentir, voire de stopper notre croissance, car comment avoir une croissance infinie dans un monde aux ressources finies ?

Comme souvent, cette évidence n’en est pas une. Elle constitue un cas classique de sophisme, c’est-à-dire de raisonnement faux malgré une apparence de vérité.

Savez-vous ce qu’est le guano ? C’est un amas d’excréments d’oiseau... Poursuivre la lecture

1
Sauvegarder cet article

Pour comprendre pourquoi les hommes politiques font fausse route face à la crise, il est bon de se rappeler les thèses défendues par Friedrich Hayek. Voici 10 idées-clés de l'auteur autrichien. Par David Azerrad. Un article de l'Institut Coppet.

Inspiré d’un essai de Bruce Caldwell, éditeur de The Collected Works of F. A. Hayek, dans lequel ce dernier identifie les 10 thèmes clés de la pensée de Hayek.

1.  Les récessions sont inévitables

Des alternances de périodes de croissance économique et de périodes de stagnation ou... Poursuivre la lecture

À partir du moment où l’on admet qu’il existe des « limites à la croissance » comme l’a théorisé le rapport Meadows publié par le Club de Rome en 1972, ou lorsqu’on pense comme Jean-Marc Jancovici que « la planète n’acceptera pas d’avoir 10 milliards d’habitants », dans le droit fil des prédictions apocalyptiques sur l’impossibilité d’obtenir une production alimentaire en phase avec la croissance démographique formulées aux alentours de 1800 par l’économiste britannique Thomas Malthus, on en vient assez rapidement à vouloir imposer un mode de... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles