Le poids mort de l’enseignement classique (vidéo)

Damien Theillier nous explique pourquoi l’économiste Frédéric Bastiat s’est élevé contre le culte des classiques en politique au 19e siècle. Une leçon de l’École de la liberté.

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Philosophers crédits Stijn Nieuwendijk (CC BY-NC-ND 2.0)

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Le poids mort de l’enseignement classique (vidéo)

Publié le 17 novembre 2016
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Par Ferghane Azihari.
Un cours de l’école de la Liberté

Les sociétés occidentales se plaisent à revendiquer l’héritage de la civilisation gréco-romaine. Difficile de nier l’influence qu’exerce la culture classique sur notre tradition littéraire, philosophique ou politique. Curieusement, cependant, le poids de cet héritage dans les schémas de pensée qui structurent notre ordre social ne fait pas le bonheur de tous les intellectuels. Frédéric Bastiat fait partie des penseurs ayant développé les critiques les plus sévères à son encontre.

Bastiat est en effet le penseur de l’individualisme. Selon lui, la société puise sa légitimité dans sa capacité à sauvegarder l’exercice des droits et libertés de chaque individu. Or l’Antiquité classique méconnaît profondément ces principes. L’individu y est absent et doit se subordonner à la toute puissance de la collectivité qui dispose sur lui de toutes les prérogatives.

Le reproche régulièrement adressé à la doctrine classique tient à sa conception du droit individuel de propriété. Pour Bastiat en effet, la propriété privée, c’est-à-dire la libre-disposition de soi et des fruits de ses échanges et de son travail sont des droits naturels qui précèdent la législation.

La loi au-dessus de tout

« Ce n’est pas parce que les hommes ont édicté des Lois que la Personnalité, la Liberté et la Propriété existent. Au contraire, c’est parce que la Personnalité, la Liberté et la Propriété préexistent que les hommes font des Lois. » écrit-il dans son pamphlet le plus connu, la Loi.

Au contraire, les penseurs classiques subordonnent l’existence de ces droits à la volonté discrétionnaire du législateur. La liberté et la propriété sont, dans cette vision soumises, aux caprices du souverain qui se mue alors en maître au lieu d’agir en serviteur conformément à la finalité de toute association politique digne de ce nom. Il s’ensuit une société essentiellement fondée sur la spoliation.

Bastiat déplore la domination des idéaux classiques sur la culture politique de son époque. Il voit notamment en Rousseau, grand admirateur des sociétés antiques, l’illustration de cet héritage néfaste et la source de tous les maux philosophiques et moraux de son temps. Rousseau considère en effet le genre humain comme une sorte de matière inerte qu’il appartiendrait au législateur de façonner à sa guise. Il ne reconnaît aucune autonomie aux droits des individus vis-à-vis de la puissance publique.

Comment cette culture politique a-t-elle pu s’imposer ? La faute selon Bastiat à un marché des idées verrouillé par les monopoles d’État dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement supérieur. Ces monopoles conduisent nécessairement à la reproduction des idées qui confortent la puissance gouvernementale. Rompre avec le « conventionnalisme classique » implique donc d’insuffler davantage de concurrence sur le marché de l’éducation.

 

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Un article de l'Institut Coppet

[caption id="attachment_224997" align="aligncenter" width="318"] Frédéric Bastiat (image libre de droits)[/caption]

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