Primaires à droite : NKM, seule candidate récupérable ?

Nathalie Koscuisko-Morizet, seule femme candidate des primaires à droite, affiche des propositions plutôt libérales. Qu’en est-il vraiment ?

Par Simone Wapler.

Primaires à droite : NKM, seule candidate récupérable ?
By: Ulysse BellierCC BY 2.0

Les primaires de la droite nous gratifient de débats. Force est de remarquer que Nathalie Kosciusko-Morizet, âgée de 43 ans, polytechnicienne et seule femme, tranche avec le reste des candidats.

Elle nous joue la carte de la séduction par la modernité.

Hélas, hélas, modernité affichée mais surtout pas libéralisme…

Certes, NKM s’est déclarée partisane de la flat tax. Dans la vision libérale, la flat tax désigne en principe un impôt à taux unique et applicable à tous.

Voyez cela comme une sorte de charge de copropriété minimale pour s’assurer que ce ne soit pas le foutoir dans les parties communes et responsabiliser tous les copropriétaires occupants de l’espace public. C’est simple à recouvrer (donc nécessite peu de fonctionnaires) et il n’y a pas de clés de répartition permettant toute sorte de déviances électoralistes. Du style : “ceux qui votent pour moi paieront moins que les autres”.

Bizarrement, dans le détail du programme de NKM la flat tax devient un “impôt proportionnel individualisé”. Autant dire, tout sauf une vraie flat tax et retour à la case départ, à savoir un système fiscal flexible selon le poil des électeurs qu’on veut caresser.

Notre polytechnicienne promeut aussi une alchimie magique “fiscalité – économie numérique”.

Supprimer l’ISF – l’impôt sur la fortune – serait impopulaire, les sondages le prouvent. En France, un riche est présumé avoir gagné de l’argent en exploitant des pauvres. Heureusement, dans le pays des Droits de l’Homme, la justice fiscale est là pour redistribuer ce qui a été injustement distribué. Probablement parce que nos lois sont mal faites et que c’est celle du plus fort qui règne, plutôt que la concurrence loyale… Ce qui explique certainement que la France soit le seul pays au monde à conserver cet impôt stupide.

Dans un programme, qui par ailleurs se targue de “100 milliards d’économies d’impôts d’euros de baisse d’impôts et de charges pour la compétitivité des entreprises” dans le but de “créer un choc de compétitivité dans notre pays”, NKM n’a aucune envie de supprimer l’un des impôts les plus stupides. Cela risquerait de la rendre impopulaire ou ce serait trop fatigant à bien justifier en élevant le débat. Son esprit fécond accouche donc d’une autre brillante idée : transformer l’ISF en “obligation d’investissement” dans les petites entreprises et notamment du numérique.

Tous les gérants de fonds techno, tous les employés des entreprises techno vont donc voter NKM. Les autres, la masse, sont indifférents puisque l’ISF est maintenu et “les riches paient”.

Vous voyez le truc…

Un petit “noyau dur” d’électeurs conquis (je connais peu de noyaux mous en dehors de celui de la paramécie, mais le langage journalistique aime noyau dur, donc je m’y plie).

Aucun électeur en dehors dudit noyau désagréablement chatouillé par la belle et lumineuse NKM.

Un beau petit exercice de démagogie.

Décidément, nos étatistes de droite sont indécrottables…

NKM est peut-être techno-branchouille mais pas différente de ses grands rivaux en ce qui concerne le dirigisme.

Il est douteux que les qualités nécessaires pour briguer et les qualités nécessaires pour gouverner – qui ont quelque chose d’antinomique – se retrouvent dans le même personnage. À la limite, on pourrait dire que celui qui a le plus de chances d’être élu a le moins de chances d’être un bon gouvernant. 
(…)
Aristote n’avait pas tort de remarquer que le démagogue et le courtisan appartiennent à la même espèce.”       Vladimir Volkoff, Pourquoi je suis moyennement démocrate

L’avantage incontestable de l’économie numérique consiste à remettre en cause un certain nombre de rentes en supprimant certaines barrières à l’entrée et en rétablissant de la concurrence là où nos étatistes de droite ou de gauche l’avaient fait disparaître pour complaire à leurs électeurs. C’est probablement pourquoi ces étatistes restent si imperméables à l’économie numérique, regrette Nicolas Perrin.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit