Présidentielle US : les réservations des hôtels de Donald Trump s’effondrent [Replay]

Publié Par Alexis Vintray, le dans Amérique du Nord, Pushmobile

Par Alexis Vintray.

La candidature polémique de Donald Trump à la présidentielle américaine a-t-elle servi les intérêts financiers du mogul de l’immobilier ? Pas selon Priceonomics, un site américain spécialisé dans les statistiques, qui a dévoilé que, selon ses estimations, les réservations des hôtels de Donald Trump se sont effondrées en un an de 59%.

Donald Trump, magnat de l’immobilier et des hôtels

Les hôtels représentent en effet une large part de la galaxie des investissements de Donald Trump qui, fidèle à son image, les a quasiment tous nommés d’après son nom à lui  : Trump Hotel New York, Trump Hotel Las Vegas, Trump Hotel Miami, etc.

En se basant sur les datas de Hipmunk, un comparateur de voyages, Priceonomics souligne que l’effondrement de l’activité des hôtels de Donald Trump est réel et massif. La part des hôtels Trump dans le total des réservations a chuté de -59% au 1er trimestre 2016 par rapport au 1er trimestre 2015. Les hôtels Trump, généralement très haut de gamme, sont généralement à plus de 500$ la nuit. Ceux qui ont les moyens de payer ce genre de montant ne sont clairement pas fans du candidat Trump et de ses envolées très polémiques.

La tendance est d’autant plus forte que, sur le même site, les réservations d’hôtel ont augmenté par rapport à 2015. De 1,7% du total des réservations au 1er trimestre 2015, les réservations des hôtels Trump ont chuté, à périmètre comparable, à 0,7%. Une baisse de 59%.

Réservations Hotels Trump

Crédits : Priceonomics, tous droits réservés

La baisse dépasse même les 70% à New York (-74% pour le Trump Soho New York) et à Las Vegas (-71% pour le Trump International Hotel Las Vegas).

Réservations Hotels Trump 2

Crédits : Priceonomics, tous droits réservés

Quelles conséquences pour les affaires de Donald Trump ?

Comme le souligne Priceonomics, il y a un biais de sélection dans les données présentées, puisque les clients du site tendent à être plutôt plus jeunes et plus urbains que la moyenne des Américains, deux profils de la population qui aiment particulièrement peu Donald Trump.

Mais le message reste clair, mélanger business et politique est souvent lourd de conséquence pour le premier. De manière particulièrement négative ici. Et défendre des idées choquantes se paie, heureusement, par le libre choix du consommateur.

À lire aussi : notre dossier spécial sur Donald Trump

  1. Aux US, d’après ce que j’ai pu en voir, l’essentiel des occupations d’hôtels de ce type hors saison des vacances est régi par les « conventions » qui s’y tiennent : réunions d’anciens combattants, colloques, etc. et les prix des chambres et suites sont toujours bradés à la moitié du tarif voire moins. Un facteur pouvant expliquer la désaffection me paraît donc la volonté de neutralité et de correctitude politique des organisateurs de ces conventions, parce que je doute qu’un client soit prêt à payer plus pour ne pas aller dans un hôtel dont le propriétaire lui déplaît…

    1. Ca pourrait être une explication mais pas ici : la data est celle d’un site purement B2C, avec uniquement des réservations de particuliers.

      1. Oui, mais à chaque fois que je suis allé à une telle convention, j’ai regardé via internet s’il n’y avait pas à proximité un autre hôtel moins cher que celui proposé par les organisateurs. La statistique sur l’évolution de la part de marché chez le comparateur qui passe de 1.7 à 0.7% sont sujettes à caution, surtout quand elles sont accompagnées de la catégorisation des clients comme « prêts à dépenser 500$ pour une nuit ». Les clients prêts à dépenser 500$ par nuit passent-ils par un comparateur de prix ? Pour juin, qui est déjà après la hausse saisonnière traditionnelle du Memorial Day, le Trump Waikiki est à 300$, le Taj Mahal Atlantic City à 50$, le Trump Las Vegas à 170$, les rabais et les occupations semblent tout à fait conformes à ceux des autres hôtels du voisinage…

  2. Le Trump Taj Mahal n’appartient plus à Trump et de toute façon, ce sont tous les casinos d’Atlantic City qui coulent. La ville est confrontée à la concurrence et à un problème insoluble, quittez la promenade du bord de mer, faites 100 mètres (pas plus) et vous vous retrouverez en plein…Ghetto, ça ne donne pas envie. 😉

  3. hum … cette « information » porte sur un segment bien spécifique, et comme on ne sait pas si il représente 90 , 9%, ou 0,9% de la clientèle, ça donne une image très biaisée, surtout avec un titre aussi catégorique « les réservations des hôtels de Donald Trump s’effondrent de 59% »

  4. Boh, effet provisoire qui a peu de chance de perdurer, les consommateurs privilégient toujours à terme leurs intérêts économiques sur leurs idées politiques. La rumeur selon laquelle Jean Maire Le Pen était propriétaire du fabricant de papier à cigarette OCB n’a jamais dissuadé les fumeurs de pétard (réputés peu enclins à voter FN) d’en acheter.

  5. Très discutable…
    Vous dites vous-même que « sur le même site, les réservations d’hôtel ont augmenté par rapport à 2015. » Il s’agit des réservations globales sur ce site. C’est donc uniquement la proportion des résa chez Trump qui a baissé. Il n’y a aucune indication sur le nombre effectif de réservation. Que je sache, si le nombre de résa chez Trump reste identique (sur ce site) mais que le nombre global de réservation augmente (sur ce même site), la proportion de résa chez Trump ne peut que baisser. Ce n’est en aucun cas un signe de désaffection.
    Plutôt que parler de proportion d’un ensemble à l’effectif fluctuant (dont on n’a aucune connaissance dans votre article), il aurait été plus significatif de donner le nombre exact de réservations réalisées chez Trump pour pouvoir juger de l’évolution. En fait, pour être véritablement complet, il aurait préférable de donner le chiffre exact des réservations faites sur un plus grand nombre de sites, l’activité pouvant varier en fonction des comparateurs de voyages et, pour chaque site de réservation, des accords et facilités d’accès entre les sites de réservation et les groupes hôteliers.

    1. Autre explication d’une éventuelle baisse de réservation (qui reste à prouver en chiffre et non en proportion, cf précédemment) durant cette année passée: pendant sa campagne, Trump a-t-il utilisé pour lui-même et ses équipes (avec multiples invités et obligés) ses propres hôtels diminuant d’autant les disponibilités et donc les réservations pour la clientèle classique? Comme il a financé en partie sa campagne avec ses propres deniers, pourquoi ne pas utiliser ses propres hôtels?

  6. « Et défendre des idées choquantes se paie, heureusement, par le libre choix du consommateur »…
    Ben voyons!
    Et quid des autres? Des professionnels de la politique qui n’ont jamais engagé leur argent ou alors dans des conditions telles que le risque est nul et le gain certain? Faut-il rappeler à simple titre d’exemple qu’il est parfaitement légal pour un représentant américain de gagner de l’argent en bénéficiant d’informations privilégiées puisqu’ils sont exempts de la loi sur les délits d’initiés?

  7. Proposition de titre :

    Le site de réservation Hipmunk a perdu 59% des clients des hotels Trump.

  8. « mélanger business et politique est souvent lourd de conséquence pour le premier. »

    Si Trump y laisse sa chemise, je ne vais pas pleurer. Mais cette remarque s’applique bien plus aux « artistes » qui prennent des positions politiques. (Ils ont tout à perdre et rien à gagner !)

    A côté de ça, je suis abasourdi par la campagne médiatique anti-Trump en France. Pas une journée sans Trump à fait ceci ou cela, « ouh le vilain ». Trump sent le soufre, on peut être étonné qu’il soit investi par les Républicains, mais que peut-on y faire, est-ce nos ognons, doit-on prendre à parti le citoyen français sur les questions de politique américaine, que fera Hollande si Trump est élu (il peut aussi contester l’arrivée au pouvoir des guignols nord-coréen, philippins ou vénézuéliens – on voit ce que ça donne quand il joue les fiers-à-bras avec Poutine) ? Enfin, il semble que Trump a du plomb dans l’aile, mais … Remember Brexit …

    Et puis, au lieu de marcher vent debout contre l’arrivée au pouvoir d’un populiste aux US parce que l’on a peur des prochaines échéances en France et en Europe, il vaudrait mieux réfléchir aux problèmes de fond que de crier au loup.

    1. +
      étonnant, cette unanimité contre Trump dans les médias français, y compris Contrepoints !
      Pour mémoire, voir ceci : http://www.realclearpolitics.com/epolls/latest_polls/president/
      Les variations d’intentions de votes y sont très instables d’un jour à l’autre !

    2. + 1000 !
      Invoquer de possibles risques en « mêlant business et politique » nie d’évidence les innombrables « collusions » entre politiciens et « mécènes » du business !

      Les articles de Contrepoint.org sont assez décevants dès que sont abordés US ou Russie.
      Qu’y faire ? sinon hurler ou voir ailleurs ??

  9. Vous m’en voyez bien tristounet pour Donald.

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