Paris peut-il faire rêver à nouveau ?

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Paris peut-il faire rêver à nouveau ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 15 octobre 2016
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Par Axel Basth.
Un article de Trop Libre

Paris peut-il faire rêver à nouveau ?
By: Moyan BrennCC BY 2.0

Paris jouit d’un potentiel rare, que de nombreuses villes lui envient. Forte d’un réseau de musées impressionnant, la ville offre une capacité culturelle hors du commun. Est-ce à dire pour autant que Paris est un centre de création ? Non. Si pour beaucoup Paris a été un phare attirant Picasso et Hemingway pour ne citer qu’eux, ce temps est révolu. La vie de bohème n’est plus permise, les loyers sont trop chers : les jeunes artistes internationaux se tournent vers Berlin.

Désormais, la ville n’est devenue que le relais d’un art établi, profitant d’une autorité historique, mais n’est plus son centre névralgique. Pourtant tout ceci ne fait pas de Paris une ville morte. Comme chaque ville mondiale, Paris est frappé par la gentrification, phénomène d’embourgeoisement des centres urbains. De nouveaux bars, nouveaux restaurants, transforment parfois de véritables friches urbaines en quartiers dynamiques.

Que le café Barbès soit accusé de tuer le quartier éponyme peut se justifier mais cela revient à enfermer Paris dans un immobilisme total. Aller contre la gentrification du Nord de Paris n’est pas une solution viable pour la capitale qui bénéficie d’atouts majeurs. Bien que subjectif, l’embellissement de ces quartiers ne peut que casser l’image parfois vieillotte de la ville.

Un espace congestionné

Il est loin le temps où Paris brillait par sa modernité architecturale. Le dernier projet de la Canopée des Halles, qui se veut innovant, a essuyé énormément de critiques. Sans juger de l’aspect esthétique, la Canopée fait pourtant preuve d’audace architecturale dans un paysage bien uniforme.

Autre projet de grande ampleur, la Tour Triangle fait quant à elle face à des problèmes politiques. Bien que Paris ait fait le choix respectable de non verticalité, véritable audace quand la course à la hauteur est de mise dans l’urbanisme mondial, cette tour ouvre l’architecture parisienne à la modernité. Pour autant, ces deux projets urbains sont bien seuls et ont pu souffrir de la lenteur administrative.

Avec plus de 1800 bâtiments inscrits et classés « monuments historiques », la capitale est coincée par des normes d’urbanisme historicistes voire rétrogrades. Ceci ne serait qu’un détail si la ville ne manquait pas d’espace. Les initiatives urbaines à saluer ne concernent que le renouvellement d’espace déjà occupé. Pour autant, le programme « réinventer Paris » et ses 22 projets osent une certaine audace architecturale dans le cœur de Paris, tournée principalement vers les enjeux du XXIème siècle. Il serait regrettable que Paris manque le tournant de la modernité après avoir brillamment réussi celui du XIXème et négligé celui du XXème.

Le futur de Paris, sa banlieue

Il est temps pour la ville de voir plus loin que ses limites administratives. Pour rivaliser avec Berlin mais surtout Londres, dont les superficies font passer Paris pour une ville secondaire, la capitale se tourne massivement vers le Grand Paris. L’autre côté du périphérique n’est plus un vaste dortoir. Dépendante depuis plus d’un siècle de Paris, la banlieue se dynamise enfin.

Avec les projets de transport tangentiel impulsés par le Grand Paris, la capitale perd de son importance en tant que centre-urbain. Si la Défense en proche périphérie a déjà démontré que Paris, au sens ici de métropole, peut innover architecturalement, le Nord parisien semble être la nouvelle cible du renouveau urbain. Situé sur le sol parisien, le nouveau Palais de Justice porte de Clichy témoigne de cette ouverture sur la banlieue en donnant à un espace délaissé un des projets architecturaux les plus prometteurs de la décennie.

Les candidatures de Paris aux Jeux Olympiques de 2024 ainsi qu’à l’Exposition Universelle de 2025 (bien que non officialisée) sont d’autant plus d’exemples de volonté d’attribuer à la périphérie de véritables centres d’impulsions autonomes. Une ligne est donnée de modernisation et d’ouverture sur la banlieue mais il manque un projet significatif, tel le « Bosco Verticale » (Jardin vertical) milanais, montrant à tous que Paris n’est pas une ville du passé.

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