L’obsolescence programmée, nouveau défi d’entrepreneurs

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By: Kestas Venzlauskas - CC BY 2.0

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L’obsolescence programmée, nouveau défi d’entrepreneurs

Publié le 8 septembre 2016
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Par Patrick Coquart.

L'obsolescence programmée, nouveau défi d'entrepreneurs
By: Kestas VenzlauskasCC BY 2.0

Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer l’obsolescence programmée, désormais un délit depuis la loi sur la transition énergétique. Nous avons montré, à la suite des travaux de Thomas Lombès et Bastien Poubeau, que légiférer est une erreur car l’obsolescence programmée est très difficile à prouver.

En effet, contrairement aux rumeurs qui enflent ici ou là, les industriels ne conspirent pas en rendant trop rapidement obsolètes leurs produits, tout cela pour pousser à la consommation en alimentant la crise économique et écologique. Quoi que l’on dise, c’est toujours le consommateur qui fait l’acte d’achat, et celui-ci n’est pas exclusivement commandé par la durabilité du produit. Il suffit de faire les poubelles de sa rue pour constater que nombre de nos congénères jettent des produits en parfait état de marche.

On peut s’épancher devant son lave-linge qui doit être mis au rebut après vingt années de bons et loyaux services. On aurait tant aimé le garder encore un peu. Mais est-ce un mal de le remplacer ? Le nouveau consommera moitié moins d’eau que l’ancien.

En revanche, quand on souhaite garder sa vieille voiture qui rend encore de nombreux services, on se voit intimer de la mettre à la casse. En effet, vous pouvez prétendre jusqu’à 3 700 euros pour la mise au rebut d’un véhicule diesel immatriculé avant le 1er janvier 2006 et l’achat d’un nouveau véhicule. Une prime qui peut se cumuler avec le bonus écologique. L’aide totale, en cas d’acquisition d’un véhicule électrique, peut alors atteindre 10 000 euros.

Bref, ce qui est bon pour votre voiture ne l’est pas pour votre lave-linge. Une vraie politique de gribouille. À moins que le Sapeur Camember ne soit l’instigateur de tout cela ; lui qui creusait un trou pour y mettre la terre d’un autre trou précédemment formé.

Des entrepreneurs viendront les solutions

obsolescence-programmee-rene-le-honzecHeureusement, il existe des entrepreneurs, des créateurs, des innovateurs. Plutôt que de l’État, de la réglementation, des normes, c’est bien d’eux que viendront les solutions.

Ainsi Boulanger, la célèbre enseigne d’électroménager et multimédia, a lancé, en novembre 2015, Happy 3D, une plateforme communautaire qui permet d’imprimer en 3D les pièces endommagées des appareils électroménagers. Comme le précise le site d’Happy 3D, il s’agit d’une démarche Open Source « qui vise à mettre à disposition librement des modèles 3D de pièces détachées des produits ». Chacun peut désormais imprimer les objets disponibles chez lui ou chez un tiers.

Vous pouvez d’ores et déjà trouver de quoi imprimer un bouton de plaque de cuisson, un bac de récupération d’eau de dégivrage, des cuillères doseuses, une fixation GoPro pour votre vélo, une trappe à piles pour la télécommande, un suceur pour l’aspirateur, etc. Près de 150 objets sont aujourd’hui disponibles.

Certes, les produits sont ceux des marques maison, Listo et Essentiel B. Mais Boulanger ne compte pas s’arrêter là. L’enseigne espère, en effet, être rejointe par les grandes marques internationales qui publieraient ainsi, à leur tour, leurs plans sur la plateforme.

Et si vous n’êtes pas bricoleur, vous pouvez vous rendre dans un Repair Café par exemple. Un concept apparu en 2013 à Paris : des bénévoles partagent leur savoir tandis que d’autres viennent faire réparer des objets qu’ils ne veulent pas jeter. De quoi trouver de l’aide pour diagnostiquer une panne, identifier la pièce à remplacer et installer la nouvelle pièce que vous aurez fait imprimer grâce à Happy 3D.

Ce genre d’initiatives ne demande qu’à se multiplier. Encore faudrait-il pour cela laisser les individus entreprendre, ne pas les surcharger de taxes, les laisser jouir des fruits mérités de leur travail. Encore faudrait-il que l’Urssaf ne voit pas du travail dissimulé derrière la moindre action bénévole et ne cherche pas à l’accabler de charges sociales.

Bref, il faudrait davantage de liberté pour le bien de tous.

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  • Le coût de réparation d’un équipement est devenu tel que la moindre panne rend irréparable les équipements courant.
    Il y a 50 ans, on trouvais partout des réparateurs électroménager.
    Et le marché n’a pas encore réagit en créant des équipements durcis capable d’affronter +10 ans d’exploitation sans panne, il a au contraire cherché à réduire les coûts de production.
    Le problème n’est pas tant la législation sur l’obsolescence programmée que les prélèvements obligatoires sur les réparateurs.
    Le coût des pièces de rechange n’est pas en cause, c’est leur disponibilité : il n’y a pas de demande solide.

    • bah , il y a 50 ans , une machine a laver coutait les yeux de la tête aujourd’hui , c’est notre travail qui coute les yeux de la tête pas la machine made in china..je doute que la fiabilité des machines ait vraiment changé , mais on en prend moins soin ,on ne connait plus le systém D , elles ne valent rien.

  • Franchissez donc le pas et dites-le haut et fort au lieu de le laisser deviner entre les lignes à ceux qui voudront bien en faire l’effort : ce sont les administrations qui programment l’obsolescence !

  • Il y a quelque naïveté à attendre des constructeurs qu’ils fabriquent des produits si solides qu’ils ne seront jamais remplacés!
    Comment faire confiance à ceux qui ont triché sur la pollution de leurs voitures et donc sur des caractéristiques techniques analogues à la durabilité .

    • L’escroquerie dans l’affaire est a) d’utiliser le mot « durable » pour qualifier des objectifs de normes et règlements de pure politique politicienne « écologiste », et b) de ne pas former les acheteurs à juger par eux-mêmes si le ratio coût/usage est correct.
      Quant à condamner ceux qui font ce qu’il faut pour obtenir un examen en profitant d’une faille légale, c’est détourner l’attention des vrais coupables, ceux qui imposent un examen administratif idiot plutôt que de laisser le marché juger.

  • Si c’est fragile ce n’est pas parce que « c’est fait exprès », mais parce que c’est fabriqué au cout le plus bas possible, ce qui est d’ailleurs très difficile à faire. (on peut faire bonne chère avec beaucoup d’argent etc. Molière)
    – Dans un contexte de concurrence il faudrait être complétement idiot pour fragiliser volontairement son produit par rapport à celui de ses concurrents.
    – Faire solide c’est faire cher. C’est d’ailleurs le cas des produits pro ou hauts-de-gamme. Mais pour des produits de grande consommation c’est aussi risquer de ne rien vendre.

    Bref, l’Obsolescence Programmée est une théorie du complot, une mise en accusation fallacieuse du capitalisme par des groupes de pression. Ou plus simplement une finalité protestataire, même si on ne sait pas bien pourquoi.
    Pour noyer son chien, on dit qu’il a la rage. Pour convaincre, il faut trouver des trucs « qui marchent » dans l’opinion. Peu importe que ce soit faux ou douteux, on ne s’adresse pas aux scientifiques ni aux politiques mais aux gens, ce sont eux qui exigeront ensuite des politiques les mesures souhaitées. Alors on va prendre des rats prédisposés au cancer pour tester des OGM, on va raconter que les ondes des antennes relais sont nocives etc..

  • Quand une machine tombe trop vite en panne, j’en rachete une mais d’une autre marque, et j’en parle à tout mon entourage.
    L’obsolescence programmée si cela existe, c’est l’art d’enrichir le concurrent.

  • La première chose à dénoncer …est ce MYTHE de « l’obsolescence programmée ».
    Soit une thèse loufoque promue par un courant d’Ecologisme (voir ce terme), gens hurlant à la disparition rapide des ressources naturelles et l’impossibilité de leur substituer une suite par de nouvelles inventions et/ou découvertes.

    Nos braves vieux avaient émis une locution géniale : « On en a pour son argent ».
    Par la suite (années ’70s) des petits hommes verts du genre « Amis de la terre » (dont leur ouvrage majeur = « Perdre sa vie à la gagner ») ont militer pour acheter peu et à bas coût (pas à Baku), solution préconisée « pour consommateurs à faible revenu ».
    Les associations de consommateurs relayant ces thèses ont abondé jusqu’au niveau de l’U.E. (au sein de laquelle le BEUC et le P.E. jouissentt d’une influence ravageuse); eux tous y mirent la gomme (expression).
    Inévitablement, la spirale infernale était engendrée : d’abord des importations massives en produits low cost .. contre lesquelles nos fabricants nationaux n’avaient que l’option de concevoir des produits con-currentiels de moindre qualité moyenne… produits souvent assortis d’un MTBF (temps moyen entre pannes/défectuosités) devenant statistiquement plus aléatoire ! La thèse mythique trouvait sa démonstration aux yeux des seuls ignorants…

    A preuve ? produits haut de gamme VS low cost : observation des écarts !
    Productions « à l’allemande » VS celles chinoises ou de provenance industrielle douteuse !
    Dans la vie, il faut savoir choisir …ou s’abstenir d’acheter le peu utile ! Voyez ainsi l’électro-ménager où un objet se vend (prix con-sommateur) à un niveau moindre que le coût HORAIRE moyen de l’ouvrier d’usine ! Au long d’une chaîne « Du producteur au consommateur », ça fait penser à quoi pour les gens qui réfléchissent ???
    Faut donc réfléchir et raison garder, Messieurs les verts politiciens et ceux – bornés? – qui leur empruntent les idéologies !!!

    NB: au passage, ces organes (subsidiés ; ateliers protégés ; bénévolat ; etc…) qui tous se targuent de refaire du neuf durable avec du « déficient programmés », qu’ils nous exposent clairement ce que sont leurs données techniques et celles comptables ! Après coup, ceci donnerait à réfléchir aux juristes et gouvernants qui s’y appuient !!

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