La démocratie selon Hillary Clinton

By: Marc Nozell - CC BY 2.0

La démocratie est un concept dévoyé, de nos jours… et qui sert plus les élites que les citoyens ordinaires. Hillary Clinton en est un exemple flagrant.

Par Bill Bonner.

La démocratie selon Hillary Clinton
By: Marc NozellCC BY 2.0

« L’État, c’est moi », avait déclaré Louis XIV, qui régna sur la France pendant 72 ans.
« Le gouvernement, c’est nous tous », a déclaré Hillary Clinton, qui espère devenir la prochaine présidente des États-Unis.

Ces déclarations ne sont vraies ni l’une ni l’autre.

Louis, malgré toutes ses belles paroles, n’aurait rien pu faire sans le soutien de milliers d’apparatchiks, arrangeurs et fonctionnaires… sans parler de ses charognards et bourreaux.
À tout moment, son entourage aurait pu l’abattre… son armée aurait pu se retourner contre lui… ou le peuple aurait pu se révolter et le renverser.

Hillary, si elle est élue, sera à peu près dans la même situation, mais beaucoup plus puissante.

Louis ne disposait pas de services du renseignement capables de surveiller les faits et gestes et conversations de tout un chacun. Il ne pouvait pas envoyer en mission des drones assassins. Il ne pouvait imaginer passer à la télévision pour mentir simultanément au monde entier… ou confisquer la moitié des salaires de ses sujets… ou envahir des pays à l’autre bout du monde.

Hillary (ou Donald Trump, d’ailleurs) aura plus de personnel à son service au sein du Département de l’énergie, que tous les bureaucrates réunis au temps du Roi Soleil.

Si elle est élue, elle deviendra le personnage le plus puissant de toute l’histoire du monde… soutenu par l’armée la plus létale, l’économie la plus productive, et la technocratie la plus énorme et la plus agressive sur Terre.

Des fusils, des drones et des bombes

En fait, à lui seul, l’Animal and Plant Health Inspection Service (APHIS), l’une des multiples branches du Département américain de l’agriculture, n’a rien à envier à l’armée de Louis XIV.

Selon le Wall Street Journal, l’APHIS aurait dépensé 4,8 millions de dollars, entre 2004 et 2015, en “fusils, carabines de calibre 308, lunettes de vision nocturne, canons effaroucheurs au propane, explosifs liquides, matériel pyrotechnique, chevrotines, canons au GPL, drones, hélicoptères télécommandés, caméras thermiques, jumelles étanches à infrarouges, entre autres”.

(L’APHIS est paré, en cas d’attaque des rutabagas !)

Et contrairement à ce que les gens croient, « nous tous » ne soutiendrons pas Hillary. Et « nous tous » ne trancherons pas sur les questions importantes qui nous concernent tous.

« Nous tous » ne gouvernerons pas, autrement dit. Seuls certains d’entre nous le feront. Le reste sera gouverné.

L’idée selon laquelle le « gouvernement, c’est nous tous » est absurde. Nous ne pouvons nous dire les uns aux autres ce qu’il faut faire. Et si nous étions tous d’accord, nous n’aurions pas besoin d’un gouvernement.

En l’état actuel des choses, vous pourriez invoquer qu’un gouvernement est peut-être utile. Mais un gouvernement atteint vite le stade où sa rentabilité marginale diminue.

C’était le thème de notre dernier livre, Hormegeddon. Et c’est pourquoi Thomas Jefferson a déclaré que “le meilleur gouvernement est celui qui gouverne le moins”.

Les gouverneurs d’Hillary seront du même type que ceux qui ont soutenu Louis XIV… et tous les monarques, dictateurs, présidents, empereurs, amateurs sans scrupule et chefs d’État va-t-en-guerre allant de Nabuchodonosor à Barack Obama.

La nomenklatura… les initiés… l’élite… la Parasitocratie : Hillary sera soutenue par les gens qui comptent… les véritables décideurs…

Ce sont eux qui contrôlent réellement l’État et la plupart de nos plus grandes institutions.
Ensemble, ils rançonnent le reste des citoyens ordinaires.

Mais ce racket fonctionne encore mieux lorsque les gens pensent qu’ils accomplissent leur devoir civique en coopérant.

Voilà l’avantage de la démocratie participative : cela facilite la tâche aux gouvernants en vue de saigner un peu plus une population déjà exsangue.

Hillary Clinton a tenté d’enjoliver le concept, samedi dernier :

“Le pouvoir de la démocratie américaine vient du fait que personne n’est laissé de côté : peu importe d’où vous venez, à quoi vous ressemblez, ou qui vous aimez. C’est ce que je veux dire en déclarant qu’ensemble nous sommes plus forts”.

Voici ce qu’elle veut dire, en réalité : les décideurs s’en sortent mieux lorsqu’ils arrivent à duper le peuple pour qu’il devienne complice.

Les idiots utiles

C’est ainsi que Napoléon a pu conquérir 10 fois plus de territoires que Louis XIV.

Louis avait des sujets, qui partaient à contrecœur livrer les batailles de leur monarque.
Napoléon avait des citoyens prêts à sacrifier leur vie et leurs biens pour la Patrie.

La démocratie participative attire presque tout le monde sur scène. Mais 95% des participants sont ce que Lénine appelait des “idiots utiles”.

Soit ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’il se passe, soit, tels les kapos dans les camps de concentration, ils exercent une autorité les uns sur les autres, en espérant recevoir quelques miettes supplémentaires.

Naturellement, les hommes sensés et honnêtes méprisent le gouvernement en tous lieux et tous temps.

Ils méprisent également les politiques démocratiques.

Ils savent que ce n’est rien d’autre que de la manipulation et de la démagogie : un spectacle affligeant mais distrayant où s’agitent des charlatans et des vauriens faisant tous semblant d’être moins mauvais que les autres.

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