JK Rowling (Harry Potter) partage ses lettres de refus des éditeurs [Replay]

JK Rowling (Crédits Tracy Lee Carroll, CC-BY-NC-ND 2.0)

JK Rowling, l’auteur de la saga Harry Potter, publie des lettres de rejet qu’elle a essuyées d’éditeurs. Instructif sur la place de l’erreur dans nos sociétés.

Par Alexis Vintray.

JK Rowling (Crédits Tracy Lee Carroll, CC-BY-NC-ND 2.0)
JK Rowling (Crédits Tracy Lee Carroll, CC-BY-NC-ND 2.0)

Pour progresser, il est indispensable de laisser chacun essayer de nouvelles solutions. Une quasi-évidence connue depuis longtemps (errare humanum est, perseverare diabolicum) mais qui a du mal à être entendue en France, dans l’éducation ou le monde de l’entreprise.

Pourtant, dans le monde anglo-saxon, cela est bien plus accepté comme en témoigne la publication récente, par la célèbre auteur JK Rowling, mère de Harry Potter, de plusieurs des lettres de refus essuyé de la part de nombreux éditeurs.

Et en effet, son témoignage est une belle source d’inspiration, puisque, malgré quelques dizaines de rejets de maisons d’édition, elle finit par publier un livre qui devient l’un des plus gros succès de l’histoire de l’humanité : “I wasn’t going to give up until every single publisher turned me down » écrit-elle sur Twitter (en français : « je n’allais pas abandonner tant qu’il restait au moins un éditeur qui n’avait pas encore refusé mon manuscrit. »).

Les lettres de refus qu’elle publia sur son compte Twitter étaient celles de son dernier livre, écrit sous le pseudonyme de Roger Galbraith. L’auteur explique sur Twitter que celles concernant Harry Potter dorment dans son placard, mais que l’un des éditeurs qui refusa son dernier livre avait aussi refusé Harry Potter.

Le fail, une tendance mondiale

Cette publication par JK Rowling de ses lettres de refus s’inscrit dans une tendance plus générale, d’afficher aussi ses erreurs ou ses échecs et de capitaliser sur ceux-ci. Ainsi, le média spécialisé Frenchweb publiait récemment un article sur la publication par le fonds de capital risque Isai de ses plus gros « fail » : « En France, c’est bien connu, on a du mal à se vanter de ses échecs, à l’inverse des États-Unis où celui-ci est perçu comme une étape avant le succès… C’est pour imiter l’inititive de «l’anti-portfolio» du fonds américain Bessemer Venture Partners, que le fonds français Isaï vient d’ouvrir son propre portfolio de «fails». »

Et dans la liste des entreprises dans lesquelles le fonds refusa d’investir figurent Captain Train, la start-up française à succès qui concurrence Voyages SNCF dans la réservation de Train. Mais… c’est le seul nom dans cette liste. Pour Bessemer Venture Partners, pourtant un des meilleurs fonds américains, c’est chez HP, Apple, Ebay, Facebook ou Intel que le fonds refusa d’investir. Une longue liste de « fails » qui souligne à quel point le capital-risque est un secteur difficile.

Le droit à l’erreur, indispensable pour le succès

Cette valorisation de l’erreur est bienvenue tant qu’elle est dans une perspective éducatrice, et s’inscrit pleinement dans la lignée des idées libérales : les libéraux reconnaissent le rôle inévitable de l’erreur dans le processus normal de l’évolution et, plutôt que de proposer une solution idéale comme les constructivistes, proposent de donner à la société un cadre qui permette ces erreurs et leurs corrections. Ainsi, par essais et erreurs (trial and error dans le vocabulaire de Karl Popper), les individus qui constituent la société peuvent perfectionner progressivement leurs actions.

Les libéraux ne prétendent pas apporter une solution clef en main à tous les problèmes de l’humanité. Cette solution, si tant est qu’elle existe, ne pourrait sûrement pas être découverte par un organisme central qui « gérerait » la société toute entière ou par une classe sociale « pionnière ». Les libéraux encouragent l’apparition d’une société au sein de laquelle l’identification et la correction de l’erreur soient aisées, une société ouverte donc. Espérons qu’elle émerge vite en France, en particulier en cassant tous les carcans actuels

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