Un prêtre égorgé dans une église normande… et après ?

By: Blondinrikard Fröberg - CC BY 2.0

Avec la prise d'otage et le meurtre d'un prêtre à Saint Pierre du Rouvray en Normandie, ce sont maintenant des membres du clergé catholique qui sont explicitement visés.

Par Éric Verhaeghe.

Un prêtre égorgé dans une église normande… et après ?
By: Blondinrikard FröbergCC BY 2.0

Ce qui devait arriver est arrivé. Deux hommes ont pris des otages dans une église et ont égorgé le prêtre qui s’y trouvait. Ils ont été abattus.

Il faut à ce stade attendre confirmation exacte des faits. Il n’en reste pas moins que si cette information devait être vérifiée, elle constituerait un nouveau cap dans l’escalade de la terreur en France. Cette fois, ce sont des membres du clergé catholique qui sont explicitement visés.

Nul ne peut encore mesurer l’impact que ce tournant aura sur l’opinion publique française. Mais on peut craindre le pire…

Un prêtre égorgé réveillera-t-il une guerre de religion ?

La question que tout le monde se pose, bien entendu, est celle de l’impact de ce nouvel acte potentiellement terroriste (restons prudents) sur l’état d’esprit en France.

L’attentat de Nice a montré que le gouvernement a mangé son pain blanc sur la question. Après le 11 janvier 2015, l’équipe Hollande a imaginé qu’elle disposait d’un blanc-seing et qu’elle pouvait allègrement repartir comme en 40, sans aucun compte à rendre aux citoyens. C’est la vieille doctrine des élus : le seul compte-rendu que nous devons, c’est tous les cinq ans, dans les urnes.

Face au péril imminent qui menace le pays, les citoyens ont clairement fait savoir qu’il ne voulait plus de cette incurie ni de cette opacité. Les attentes exprimées devant la Commission parlementaire sur le sujet l’ont montré.

Manifestement, le gouvernement n’a rien voulu entendre et s’est muré dans ses techniques obsolètes de gouvernance.

Et maintenant ? Le peuple français considérera-t-il que la balle est dans son camp et qu’il doit se substituer au gouvernement pour agir ? Rien ne l’exclut. L’inefficacité des forces de police, leur incapacité à garantir la sécurité au quotidien dans les quartiers ont porté l’opinion dans un état de ras-le-bol qui constitue désormais une donnée politique. Celle-ci pourrait bien faire irruption dans le débat. Et même remplacer le débat.

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