Faut-il avoir peur de l’avion ?

Publié Par Rodolphe Oppenheimer, le dans Santé

Par Rodolphe Oppenheimer.

Les vacances sont synonymes de voyages, de repos, de détente. Cette période de l’année que beaucoup attendent est pour certains le reflet de leur pire cauchemar. Le rêve d’évasion que procurent les aéroports peut s’avérer être un rêve inatteignable pour tous ceux qui souffrent d’aviophobie.

Qu’est-ce qu’une phobie ?

Phobos est l’incarnation de la peur, il suivait son père sur les champs de bataille. La peur panique qu’il déclenchait à sa simple vue traduit ce que ressent une personne lorsqu’elle est confrontée à l’objet de sa peur. Les phobies sont nombreuses et certaines sont plus connues que d’autres, parmi elles, l’agoraphobie et la claustrophobie. En revanche l’aviophobie l’est moins alors qu’elle touche bon nombre de ceux qui, eux aussi, rêveraient de découvrir des plages de sable fin.

La particularité de la phobie est qu’elle est souvent responsable d’un « empêchement » de vivre parce qu’elle contraint la personne qui en souffre à ne pas faire ce qu’elle voudrait, à ne pas accéder à ses désirs. Elle peut également se « transmettre » par l’anxiété qu’elle dégage dans l’entourage du patient. Ainsi, l’aviophobie déclenche des symptômes que l’individu ne contrôle pas : peur de mourir, sensation de folie passagère, sensation d’étouffement etc. Ces symptômes irrationnels ont pourtant une logique pour celui ou celle qui en est victime. Si l’avion devient l’objet de l’angoisse morbide, un cercueil volant, il suffit de ne plus vivre ce risque pour que la mort ne soit pas. Cette logique liée à l’aviophobie se combine très souvent aux deux autres phobies sus-citées devenant ainsi un enfer pour quiconque en souffrirait.

La réalité virtuelle peut aider à dépasser la peur de l’avion

Dans le service du Pr Christophe Lançon à l’APHM, le Dr Éric Malbos et la société C2CARE à Marseille, ont créé un système de réalité virtuelle qui permet au patient de se confronter à ses phobies, véritables handicaps du bien-être, et d’avoir enfin la perspective de les vaincre.

Lorsqu’un professionnel tente d’aider un patient à surmonter sa ou ses phobie(s) et notamment l’aviophobie, il est difficile pour lui d’accompagner son patient dans les aéroports aux fins de lui faire réaliser quelques exercices, comme c’est le cas pour l’agoraphobie ou la claustrophobie. Dans le cadre des Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC), la réalité virtuelle permet au patient en souffrance de se balader dans un aéroport, de se confronter progressivement et sans que ce soit trop angoissant encore, à ce qui le paralyse. Ces séances faites en présence permanente d’un professionnel permettent au patient de dialoguer, d’analyser ce qu’il se passe en lui lorsqu’il est en situation, sans pour autant être coincé dans un endroit qui le terrorise.

Les TCC, l’analyse, la prise en charge par le programme de réalité virtuelle permettent l’accompagnement complet du patient qui se voit enfin dans un contrôle de ces peurs, dans une analyse de son psychisme lui permettant ainsi de comprendre pourquoi ces « fantasmes » psychiques et ces images mentales morbides se produisent, et quelles en sont les raisons profondes.

Avoir peur est une condition nécessaire pour se préserver face à un danger. Mais que le danger supposé devienne la condition nécessaire de l’individu n’est pas dans l’ordre des choses.

Les vacances doivent rester un moment agréable, une perspective de source de plaisirs, elles ne doivent pas être anxiogènes. Re-conditionner le schéma cognitif est possible. L’aide apportée par les professionnels et les nouvelles technologies doivent constituer la possibilité d’une liberté retrouvée pour tous ceux qui souffrent.

Si une révolution doit avoir lieu, elle doit être celle qui ferait enfin peur à Phobos, lui faisant quitter enfin, définitivement, le tarmac des aéroports et disparaître la peur de l’avion !

  1. Oui il est très raisonnable d’avoir des craintes quand on prend l’avion

    Une illustration du pourquoi : Il y a quelques temps des pilotes de Ryanair ont fait grève parce que leur célèbre patron ne leur laissait pas prendre une réserve suffisante de carburant en cas de pépin les obligeant à aller atterrir « plus loin » que prévu.

    Pensez-vous que tous les personnels entrant en jeu dans la sécurité sont bien payé et n’ont aucun souci personnel qui peut entraîner distractions et laisser aller

    J’ai pris l’avion et le prendrai(s) peut-être encore, mais pas sans nécessité ou pour du superflu.

    1. « Pensez-vous que tous les personnels entrant en jeu dans la sécurité sont bien payé et n’ont aucun souci personnel qui peut entraîner distractions et laisser aller » Alors: non. Question facile puisqu’il suffit de connaitre un mal payé pour répondre, et vu que tout le monde se trouve mal payé c’est assez simple 🙂 Heureusement que ca n’a strictement rien à voir avec le besoin de sécurité par contre.
      Ca s’appelle la conscience professionnelle d’assurer la sécurité dans le monde de l’aéronautique. C’est toujours pratique quand on connaît pas un monde de se référer au besoin de tout vouloir et rien payer. On peut pas aller vite, pas cher, loin, et sans aucun risque, parce que ca y a que le père noël qui le fait et une fois chaque année (en plus il a des rennes cet écolo de bas-étage). Mais en attendant il se trouve qu’on s’en sort en fait extrêmement bien pour donner le maximum de ces souhaits actuellement.

      Si Ryanair avait démarré sans le jus nécessaire, à cette heure ci ils seraient en taule, on rigole pas avec les régulations européennes (en postant ici vous devriez le savoir :p )

      Faire Nice-Paris pour 35€, quand on pense que 5 compagnies le font en tout 10 à 20 fois par jour et que vous n’entendez jamais parler d’un problème, ca devrait vous donner confiance ! 🙂

  2. Je fais partie de ceux qui adorent l’avion, signe de liberté, réalisation du rêve de voler, et moyen d’aller vite et loin.
    Assis dans mon siège, j’attends impatiemment le décollage, cette merveilleuse impression de partir librement.
    J’ai 63 ans, et lorsque mes parents m’ont confié la première fois aux charmantes hôtesse vers 1960, j’ai été traité comme un prince.
    C’est peut-être pour cela que le vol en avion a représenté pour moi une merveilleuse expérience.
    Je conseille à ceux qui ont peur de l’avion d’aller regarder le spectacle d’un aéroport, les beaux avions décoller élégamment et disparaître loin dans le ciel.
    Autre solution, pratiquer le simulateur, avec un logiciel comme Flight Simulator.
    Il suffit d’essayer de retrouver son âme d’enfant.
    Pour le reste, quand la fin doit venir, mektoub !

  3. Je connais plus de personnes atteintes de travaillophobie que d’avionphobie (à part Bouvard qui en parle avec humour et prend de ce fait le TGV et parle alors avec humour de ce moyen de transport qui permet d arriver plus vite en retard,

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