La meilleure école se fait à domicile

Publié Par Auteur invité, le dans École & éducation

Par Annie Holmquist, depuis les États-Unis.

L’été dernier, l’Université George Washington a annoncé qu’il ne sera plus demandé aux nouveaux élèves de soumettre leur score SAT ou ACT. Cette décision a été prise car l’université « est préoccupée que des étudiants qui pourraient être performants à George Washington se sentent découragés de candidater si leurs scores ne sont pas aussi solides que leurs notes du lycée ».

Quelques étudiants, cependant, ne s’en tirent pas aussi bien. Les élèves instruits à domicile devront toujours soumettre leur score SAT avant de pouvoir être admis.

Pas de handicap pour l’école à la maison

Alors qu’une telle réserve semble plutôt injuste, une récente étude des scores 2014 du SAT montre que cette exigence ne devrait pas être trop handicapante pour les élèves instruits à domicile.
Début juin, Dr. Brian Ray du National Home Education Research Institute a publié des résultats sur la façon dont les élèves instruits à domicile se comparent face à d’autres étudiants sur le SAT. Les résultats dans le tableau ci-dessous montrent que les élèves instruits à domicile surperforment de loin leurs camarades de l’école traditionnelle, particulièrement dans les domaines de lecture et d’écriture.
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L’an dernier, un certain nombre d’organes de presse ont reporté que les élèves des écoles traditionnelles parvenaient de moins en moins à obtenir un bon score SAT. Bloomberg a créé plusieurs graphiques historiques montrant les tendances d’évolution du score depuis 1972. Comme le montre le graphe ci-dessous, les scores d’aujourd’hui des élèves instruits à domicile surpassent de loin ceux des élèves des écoles traditionnelles, avant même le début de leur chute.

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À cause de tendances baissières comme celles-là, les entreprises organisatrices des tests comme le SAT ont cherché à rendre leurs examens plus faciles, car tant d’élèves ont du mal à obtenir un score décent.

Mais si les jeunes élèves instruits à domicile ne semblent pas avoir le moindre problème avec les examens, et semblent même obtenir des scores historiquement hauts, est-ce réellement une bonne idée de baisser la barre du SAT ?

Est-il possible que les écoles traditionnelles ne parviennent pas à dispenser des cours bien remplis des connaissances dont leurs élèves ont besoin pour se maintenir au niveau de leurs camarades instruits à domicile ?

Sur le web

Traduction Contrepoints

  1. Sauf que, quand on lit le résumé de l’étude auquel un des liens de l’article renvoie sur le site du NHERI, je trouve ça:

    « There were some demographic differences between homeschool students and all students taken together. First, the family incomes of the homeschool students were similar to those of all students. Regarding ethnicity, for example, 72 percent of the homeschool students were White, 5 percent were Asian, Asian American, or Pacific Islander, and 4 percent were Black or African American, while of all college-bound seniors, the corresponding percentages were 49, 12, and 13. The average highest level of parental education was notably higher for the homeschool students than for all students »

    En conséquence, sans lire le détail de l’étude on ne sait pas si le résultat est corrigé par les différences démographiques et de niveau socio-économique des familles. Si oui, alors la conclusion est possible. Si non, alors c’est du bull shit. A tout le moins il est impossible de conclure quoi que ce soit d’un point de vue scientifique quant à la causalité entre facteurs. Il est en effet probable, en tout cas possible, que la différence soit simplement due au fait que des familles blanches et mieux éduquées soient plus nombreuses à choisir l’école à domicile, et que c’est cela le facteur causal déterminant, pas l’école à domicile en soi et ses éventuelles vertus pédagogiques en comparaison à l ‘école régulière. En effet, au sein de l’école régulière les données montrent massivement que le groupe ethnique et le niveau socio-économique (deux facteurs par ailleurs non indépendants entre eux) est une des causes des différences de performance scolaires et intellectuelles entre les élèves.

    Donc je vais lire ce qui est disponible, en l’occurrence la référence 2014b accessible en pdf (College Board. (2014b). SAT 2014 college-bound seniors total group profile report, total group. New York, NY: Author.

    Et là surprise, il n’y a que des statistiques descriptives brutes, aucune statistique inférentielle.

    On imagine donc que l’étude c’est l’autre référence: College Board. (2014a). SAT 2014 college-bound seniors state profile report, U.S. home school students. New York, NY: Author.

    Mais celle-ci n’est pas accessible.

    Dès lors il faut croire l’auteur sur parole, ce que je ne suis pas enclin à faire.

    Vous ne m’en voudrez pas, mais moi en matière factuelle, je préfère lire le détail des sources pour me faire une idée des conclusions qu’on peut tirer d’une donnée. Je ne fais jamais confiance aux rédacteurs d’articles de presse, tous libéraux qu’ils soient n’y change rien.

    Surtout si en plus l’auteur de l’article, Annie Holmquist, écrit dans le cadre d’une fondation qui est un think thank politique en l’occurrence libéral-libertarien, qui est donc orienté. J’ai beau être libertarien moi-même, je ne prends pas pour argent comptant ce que disent les gens, même s’ils partagent mes idées politiques. Avec ce qui est factuel, en matière de science en général, je veux connaître la vérité, pas simplement ce qui confirme ma croyance.

    Donc en l’état, avec l’information disponible, je ne conclus rien de cet article, en tout cas pas ce que conclut l’auteur de façon aussi péremptoire.

    1. +1, sur toute la ligne…

  2. La statistique est une chose, et il y a toujours des biais, de sorte qu’elle doit être confrontée à l’expérience et à la connaissance du terrain. J’ai enseigné toute ma vie, et je connais un peu le terrain, et je ne suis pas allé à l’école primaire, ce qui ne m’a pas empêché d’être parmi les meilleurs en sixième. Il faut savoir que, tant au collège qu’au lycée, en une heure de classe, dans le meilleur des cas (bon établissement, très bon prof), chaque élève n’a pas plus de cinq minutes d’apprentissage réel. Le reste n’est que répétition, appels à l’attention des élèves, captatio benevolentiae, démagogie variable et bavardage. Ce qui tue la classe, c’est la présence des autres élèves et la relation triangulaire qui structure le cours: l’élève est pris entre deux pôles, le prof et les autres élèves. Si cette relation s’inscrit dans une logique de rivalité dans l’émulation (modèle classe préparatoire), elle est très efficace, mais si on supprime les notes, les classements et les enjeux, elle parasite l’apprentissage. Si l’élève est avec une seule personne qui lui explique les choses, cinq minutes valent donc une heure de cours, si bien qu’on peut concentrer en une demi-heure le contenu de six heures de classe. C’est aussi simple que ça, et on comprend aisément que l’école à la maison, au rythme de l’élève, peut être incomparablement plus efficace que la classe.

    1. je dirai même plus : le savoir est dans les livres (et sur internet, aussi, mais c’est un tel merdier qu’il vaut mieux un bouquin), on apprends plus en une heure de lecture qu’en une journée de cours. Le prof efficace n’est pas un enseignant, c’est un motivateur et un aiguillage, qui vérifie que le train du savoir n’est pas dévié vers une fausse route par une erreur toujours possible de l’élève

  3. Les deux commentateurs précédents ont déjà formulé deux remarques importantes, la mienne sera de demander ce que recoupe le terme école à la maison ?
    Est ce aussi bien un enfant éduqué par un précepteur très compétent ou/et des enfants éduqués par des parents eux même à peine éduqués avec le continuum entre ces deux extrêmes ?

    Le premier cas implique un prix important car peu productif 1 éducateur/1 enfant. Prix pouvant devenir exorbitant dans le cas de « diva » de l’éducation, ce n’est clairement pas une solution pour tout un chacun.
    Dans le cas de parents éducateurs qui si ils possèdent un bon bagage culturel peut être très efficace et surement plus que le système de classe. Mais c’est le facteur temps à investir et donc l’arbitrage entre le temps travail (gain d’argent) et le temps éducatif qui est en question. Cela tend vers la conception conservatrice du parent à la maison et notamment de la mère à la maison. Est ce que l’on veut ?

    1. Luc Ferry, le très oubliable ministre de l’éducation nationale, a fait l’école a la maison. Çà lui prenait deux heures par jour, à lui, pas à ses parents. En fait ça ne prend pas plus de temps aux parents que de gérer une scolarité « normale »

      1. Ca dépend des élèves…

      2. Soit; donc pour vous « l’école à la maison » ce sont que des élèves, Luc Ferry en puissance, qui sans l’aide et la motivation de quiconque vont potasser, apprendre à lire, écrire et compter, ce dès le plus jeune âge et le tout en 2 heures pas jours… Pourquoi prendre le cas particulier pour le cas général ?

        Je ne rejette pas l’école à la maison je dis juste que c’est pas si facile pour tous le monde.

        1. Parce que c’est bien connu que l’école traditionnelle est un passeport pour la réussite…

          1. Votre réponse est indigente…

            1/ Je ne dis pas que l’école à la maison est inefficace, au contraire je la crois très bonne quand les conditions sont réunies. Or ces conditions ne peuvent être réunies si facilement.
            2/ Où avez vous lu que je faisais le panégyrique de l’école traditionnelle ? Vous utilisez la méthode classique et moisie d’attribuer une pensée à un commentateur alors qu’aucun mot ne la laisse supposée.
            3/ Contrairement à votre commentaire le mien posait une problématique, L’école à la maison est elle un investissement pécuniaire (professeur rémunéré) estimable mais pas à la portée de tous et/ou est un investissement de temps de parent qui sous entend (mais cela n’est pas dit par l’auteur) la présence d’un des parents (cela peut être un grand parent) et nécessite un bagage culturel non négligeable et une organisation adaptée (grand-parents proches et/ou parent en congé long et donc sans rémunération).

            Vous voyez des fois juste lire correctement les lignes des autres cela évite d’écrire des c*****neries (et oui je suis en colère)

        2. La solution idéale est assez simple. D’abord, il y a des logiciels d’apprentissage qui sont incomparablement plus efficaces que n’importe quel prof. Avec un bon didacticiel, on pourrait apprendre l’orthographe grammaticale en peu de temps, et de manière définitive, c’est très facile à concevoir. Pour toutes les matières la machine peut faire beaucoup mieux que l’homme, surtout mal formé et incompétent comme le sont généralement les instituteurs, dont on sait à quel point ils sont ignorants. Contrairement aux enseignants, le bon logiciel ne fait pas de fautes d’orthographe ni de français. Il faut évidemment un animateur qui contrôle l’ensemble, vérifie les progrès, stimule l’intérêt des élèves et assure une présence vivante du savoir. Si plusieurs familles se regroupent, avec des élèves qui vont se stimuler en travaillant parallèlement sur leurs machines et en confrontant leurs progressions contrôlées par l’animateur, on peut avoir un système très efficace, dans des conditions réalisables. Il faut simplement créer la profession d’animateur de contrôle, qui serait sans doute la seule profession d’enseignant permettant de voir progresser des élèves.

      3. Qu’est-ce que vous voulez par dire par ‘pas plus de temps aux parents qu’un scolarité normale ‘ ? quand mon enfant est a l’école je travaille, je pense que c’est le cas pour beaucoup d’entre nous ??? Scolariser un enfant à la maison requiert qu’un des parents soit a la maison à temps plein, n’est-ce pas? même si le travail d’enseigment ne prends pas plus de deux heures par jour…

        1. Vous rejoignez ma problématique ‘P’ utilise une méthode de vente, il nie la difficulté de l’objet à vendre (qui peut être par ailleurs efficace). Vous pensez, l’éducation ce n’est que 2h par jours pour n’importe quel enfant, même pas besoin de superviseur, cela se fait tout seul; la preuve Luc Ferry…
          On comprends confusément que tous le monde ne peut se payer un précepteur donc la réponse de ‘P’ c’est « bof pas besoin ça se fait tout seul » et la réponse de Jojo c’est l’outil informatique sauf que ah oui il faut qu’en même un « animateur de contrôle » pour ne pas dire un précepteur, la boucle absurde est bouclée.

          Encore une fois je ne nie pas l’efficacité de l’école à maison mais j’interroge les commentateurs sur la question de savoir si c’est une méthode de riche (précepteur) ou de conservateur (maman à la maison). Le moins que l’on puisse dire c’est que les arguments sont légers.

  4. Avis – Jojo dit des choses intéressantes – L’école à la maison et sa réussite – ( les échecs existent aussi) montre à quel point l’école traditionnelle surtout étatique mais aussi autre est à bout de souffle et appartient clairement à une autre époque – Rendre l’école à l’initiative privée ne sera pas chose aisée mais il faut passer par là .

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