La CGT est-elle moribonde ?

Publié Par Éric Verhaeghe, le dans Syndicalisme

Par Eric Verhaeghe.

Depuis plusieurs jours, tout le monde se demande si Philippe Martinez, le patron de la CGT, domine ses troupes, ou si c’est l’inverse qui est à l’oeuvre. Après sa phrase sibylline sur : « la meilleure image de la CGT » liée ou non au blocage de l’Euro 2016, beaucoup se sont demandé si ses paroles étaient du lard ou du cochon.

La réaction interne à la CGT ne s’est pas fait attendre. En découvrant ces propos dans la presse, certains ont pressenti que le camarade Martinez entreprenait une nouvelle arabesque de danseuse et s’apprêtait à lâcher le mouvement. Le pressentiment était d’autant plus juste que, dans la foulée, le gouvernement annonçait qu’une rencontre entre la ministre et Martinez était prévue le 17 juin, et même avancée à la date choisie par le secrétaire général.

Il n’en fallait pas plus pour susciter de sa part ce courrier aux militants :

Circulaire CGT

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Voilà qui s’appelle un beau grand écart. Oui, je suis pour les grèves, mais je suis aussi pour l’Euro, pour le blocage de l’Euro, mais pour que l’Euro soit une fête, et que tout se passe bien pour tout le monde. Et embrassons-nous Folleville !

Une certitude est désormais acquise : Martinez ne contrôle plus rien à la CGT et c’est désormais une partie de la base qui a pris le pouvoir. Le gouvernement perd globalement son temps en discussions oiseuses avec le secrétaire général de la Confédération. Le problème ne se pose plus porte de Montreuil, mais dans les syndicats d’entreprise ou locaux qui font la pluie et le beau temps.

Une seule conclusion s’impose aujourd’hui : la CGT en tant que structure organisée n’existe plus vraiment, et le gouvernement doit composer avec une bande de francs-tireurs plus ou moins encadrés par une organisation approximative. Cette évolution, déjà forte sous Thierry Lepaon, est une donnée brute à intégrer dans l’algorithme des anticipations rationnelles.

Sur le web

  1. pas d’accord , la CGT contrôle…la désorganisation apparente de ses cellules . c’est la mème méthode employée par des organisations utilisant des terroristes. on devient l’intermédiaire obligatoire pour faire cesser le chaos , chaos évidement incontrôlable si non organisé ..et pourtant ces gréves finirons par s’arrêter , la CGT obtiendra ce qu’elle veut ..ce qui n’est pas forcement le retrait d’une loi mais conserver son rôle majeur d’intermédiaire.

    1. Non, gouvernement et CGT se sont laissés prendre dans une étreinte fatale : celui qui cède maintenant est mort. La CGT est incapable de faire cesser le chaos, cela sera hélas l’enseignement de mardi prochain, devant les journalistes du monde entier lesquels ne sont pas, eux, acquis à la dictature ouvrière révolutionnaire des apparatchiks de la gauche de la gauche de la fonction publique et des monopoles d’état.

      1. mardi… gréve générale et manif vous voyez bien qu’ils contrôlent toujours les événements . enfin , on verra .

        1. Contrôler, c’est dans les deux sens, pas seulement dans celui du dérapage.

          Alors Ulespiègle dit : « Voyez, cher maître ; il connaît maintenant les deux voyelles i et a ; j’espère faire quelque chose de lui. »
          https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Aventures_de_Til_Ulespi%C3%A8gle/XXIX

    2. En parlant des méthodes employées par certaines organisations, il me semble utile de rappeler que fin 1991 on a bien retrouvé des armes dans des entrepôts gérés par la CGT Livre…armes issues des reste de la faillite de Manufrance…la CGT et le « grand soir communiste »…une vieille histoire. Ce qui se passe en ce moment est probablement l’un des derniers baroud d’honneur avant la retraite pour bon nombre de militants du parti (pardon de « la centrale ») et j’espère sincèrement que ma génération se fera une joie de leur réciter une fable de La Fontaine mettant en scène une cigale et une fourmi le moment venu.

      http://www.lesechos.fr/07/02/1991/LesEchos/15823-064-ECH_manufrance–la-cgt-veut-rendre-les-armes.htm
      http://rue89.nouvelobs.com/2008/11/01/violences-trafics-menaces-les-coulisses-de-la-cgt-du-livre-72072

  2. Mais qui finance la CGT.? Qu’on ne me raconte pas d’histoires acadabrantesques en me parlant des cotisations syndicales.!! D’où vient l’argent.?

    1. C’est en effet LE point. Toutes les organisations de ce type vivent du pognon des autres.

      1. Bien sûr, et la pérennité du système Etatique dont ces groupuscules délétères font partie intégrante, est relative aux marges de manœuvres financières de ceux qui dirigent non pas la France, mais le système (l’Etat).
        Ils n’ont plus les marges de manœuvres financières d’hier, alors les éléments du système commencent à s’essouffler et luttent pour exister encore un peu.
        La mort de ce système est programmé car il est inadapté au monde réel; il ne vivait qu’à cause de ce qu’on pouvait extourner du monde réel pour l’entretenir.
        Ce système est artificiel, il n’est pas né du résultat d’adaptations à un monde qui n’existe plus; il a été fabriqué par l’homme hors sol, hors réalités de l’univers, il mourra d’autant plus vite!
        Vive le vrai univers (comme l’homme le perçoit), mais vive sa diversité et respectons-là, nous ferons d’autant moins de sottises!

      2. En fait on ne sait pas vraiment. Il règne une atmosphère de mystère autour des comptes des syndicats (surtout du côté des transports).

  3. Non la CGT n’est pas moribonde, elle ne s’est jamais si bien portée ! Elle n’a même plus guère besoin de cotisations et d’adhérents, dont L’Etat a pris généreusement la place, en la finançant et lui assurant une représentativité quoiqu’il en soit. Ses démarches et manifestations publiques n’ont plus qu’un seul objectif au détriment de ses concurrents qui veulent lui retirer le pain de la bouche. Qui est d’obtenir encore plus de subventions et de pouvoirs en dosant une agit-prop rémunératrice. Témoin sa récente action ciblée mais ambigüe sur la Presse écrite et sa repentance feinte sur l’Euro. Cette situation malsaine ne finira qu’en ramenant logiquement la notoriété syndicale au nombre des cotisations volontaires des adhérents….

  4. Requiescat in pace.
    La cgt est morte : vive le syndicalisme.

  5. Tant que l’état de droit demeure une vague notion a géométrie très variable, désolé, la violence semble bien être la façon la plus efficace de défendre ses intérêts en république populaire. C’est une communication comme une autre, et elle est loin d’être moribonde. La CGT ne peut disparaitre tant que 1) l’état la finance grassement et 2) l’état n’applique le droit. Que le moustachu contrôle ses chemises rouges ou pas.

  6. Ceux qui s’imaginent que la cgt est morte se trompent gravement. La structure en elle même peut-être. Mais les idées de la cgt sont elles bien vivantes. Ces idées nauséabondes sont PROFONDEMENTS ancrées dans l’esprit d’un très grand nombre de français… Là est le problème…

  7. Acheter la paix sociale coute moins chère que le progrès social. Pourquoi le Gouvernement de l’époque a-t-il « enterré le rapport Perruchot.?

    http://premium.lefigaro.fr/conjoncture/2013/10/18/20002-20131018ARTFIG00544-perruchot-acheter-la-paix-sociale-coute-moins-cher-que-le-progres-social.php

  8. La CGT étant subventionnée par un état sur puissant elle a des pouvoirs importants. En fait elle joue un rôle capital pour l’état. Les politiques ne veulent pas réformer mais ils ne peuvent pas le dire car l’europe et les méchants financiers font pression. Il faut donc faire semblant de réformer mais finalement ne pas le faire au vu des troubles graves dans le pays .Il y a bien entendu un double discours. la CGT disparaîtra lorsque l’on on aura fini avec les politiques PS-LR qui se refusent à changer un système …. gagnant pour eux et leurs amis. La CGT est complice de l’oligarchie au pouvoir mais elle fait aussi semblant de lutter contre. A noter que plusieurs patrons de grandes entreprises ( publiques ) font la même chose et ils sont donc d’une bienveillance extrème avec la CGT, fermant les yeux sur les pratiques illégales ….
    Le vrai responsable de ce chaos n’est donc pas la CGT mais Hollande, Valls et sa clique ( mais ce serait pareil avec Juppé and co)

    1. Non, les vrais responsables des troubles, blocages, désordres et autres violations de la loi réglementant l’action syndicale et le droit de grève son bien les types de la CGT. Responsabilité directe, affirmée, revendiquée haut et fort au travers des actions qui sabotent le pays.
      Se déclarer « irresponsable » au prétexte que « le gouvernement a commencé » ne change rien à l’affaire.
      Les lois sont établies, votées et mises en applications par le parlement et par le gouvernement, PAS par une centrale syndicale communiste violente et qui n’a aucun respect pour les salariés, les citoyens, les outils de production et le pays qui l’héberge et la finance.

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