Soupçon de racisme : Benzema s’enferme dans une posture de victime

Publié Par Claude Poissenot, le dans Nation et immigration

Par Claude Poissenot.

Karim Benzema by DSanchez17(CC BY-NC 2.0)

Karim Benzema by DSanchez17(CC BY-NC 2.0)

Ainsi, la non sélection de Karim Benzema serait le produit de la pression de « la partie raciste de la France » sur l’entraîneur de l’équipe nationale. Cet avis de l’intéressé lui-même a donné lieu à quelques réactions fermes pour le contester. Mais d’autres soutiennent très explicitement ce point de vue, comme Éric Cantona, ou développent une analyse jugeant incongrue la non sélection de ce joueur de grand talent. Que penser ?

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Bien sûr, il serait absurde de nier l’évidence : il existe bien des mécanismes de différenciation et de hiérarchisation dont pâtit une partie de la population, notamment celle issue des migrations maghrébines. Il ne s’agit pas de fantasmes victimaires, des travaux rigoureux en attestent l’existence. C’est vrai pour l’accès au marché du travail mais aussi au logement, voire aux discothèques, comme l’ont montré certaines opérations de testing.

On peut imaginer de chercher à mettre en évidence l’existence d’un filtre pour l’accès à l’équipe de France selon l’origine. Cela supposerait un protocole assez compliqué dans lequel il faudrait prendre en compte le poids de cette population maghrébine dans la population globale et le poids dans les équipes professionnelles et dans les élites de ces dernières.

Reste que sur une équipe de 23, chaque joueur représente déjà 4,3 %, ce qui rendrait la mesure incertaine. Et, bien sûr, une équipe ne se construit pas comme une assemblée à la proportionnelle. Les considérations interpersonnelles ont évidemment leur place.

Demande d’exemplarité

Il est donc indémontrable que l’origine maghrébine de Karim Benzema est en cause dans sa non sélection. Ce dernier peut l’affirmer mais cela ne constitue pas une preuve. Éric Cantona peut appuyer son point de vue, lui qui a aussi subi l’affront de la non sélection en 1998, mais le doute s’impose.

Comment ne pas faire le lien entre sa non sélection et les démêlés judiciaires qui sont les siens ? Les écoutes qui ont fuité dans la presse ont nettement donné à voir, pas tant une culpabilité qu’une vision très instrumentale des relations humaines dont on peut discuter la compatibilité avec un esprit d’équipe.

Certains ont reproché aux politiques (Manuel Valls par exemple) de réclamer une forme d’exemplarité aux sportifs là où ils ne le sont pas toujours eux-mêmes. La demande n’émane pas seulement des politiques mais aussi d’une grande part de la population qui aspire à ce que ses élites – quelles qu’elles soient – montrent une forme d’exemplarité dans leurs comportements. De ce point de vue, l’exigence à l’égard de Karim Benzema est à rapprocher de celle demandée à Agnès Saal pour ses frais de taxis. Les valeurs d’honnêteté ou de respect ne sont pas relatives… Les défaillances de certaines élites ne pourraient justifier celles des autres.

Posture victimaire

Mais, surtout, la déclaration de Karim Benzema évacue toute responsabilité individuelle. Au lieu d’envisager une part de responsabilité (morale, sportive, collective), elle désigne une seule cause qui serait imputable non à la personne mais à la catégorie à laquelle elle appartient. Ce joueur brillant serait victime d’une discrimination, c’est-à-dire d’un mauvais traitement a priori. Il donne ainsi une publicité considérable à une posture victimaire qui est une impasse.

Combien de collégien(ne)s vont s’emparer de ce « bel exemple » dans le cadre des relations avec leur enseignant ? Ils pourront expliquer leurs mauvaises notes, leurs punitions, etc. par le soupçon indémontrable de la discrimination. Et certains enseignants (ce qui existe déjà) renonceront à faire régner l’ordre nécessaire au cours, à donner des mauvaises notes pourtant méritées, voire tout simplement à faire cours pour ne pas devoir affronter ce soupçon. Comment, dès lors, sortir de la situation de discrimination ?

En définitive c’est un véritable poison que Karim Benzema diffuse car il enferme les individus dans la case d’une origine pourtant lointaine. Pourquoi chercher à progresser et à se dépasser – ce qu’il a pourtant fait et réussi lui-même par le foot – si on est réduit à son étiquette ? N’est-ce pas aussi en se pensant comme porteur de l’étiquette que celle-ci colle à la peau ? Comment sortir des discriminations si elles sont la seule grille de lecture de son existence ?

C’est en cela qu’on pourrait aller jusqu’à considérer Benzema comme étant raciste lui-même puisqu’il ne fait que reprendre la grille des véritables racistes pour interpréter ce qui lui arrive. Cette vision communautariste est aux antipodes de notre monde contemporain dans lequel les appartenances sont multiples et ne sont pas subies mais, au moins pour une part, choisies. Elle tend à conserver le monde dans un état qu’elle donne pourtant l’impression de dénoncer.

The Conversation


Sur le web

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  1. la france n’est pas plus raciste que ma paire de pantoufle ; si la france l’était, elle réagirait comme les russes dans leur pays qui n’hésitent pas à  » casser la gueule  » ( excusez l’expréssion ) aux magrhébins quand bien même ceux ci ne font rien pour exacerber cette agréssivité à leur encontre ; il faut arréter de faire croire pour un oui ou un non que les français sont racistes ; ça aussi ça devient lassant ;

    1. Ce n’est évidemment pas « la France qui est raciste » mais « des Français » qui le sont bien mais qu’on peut retrouver partout!

      Alors les Français sont-ils plus racistes qu’ailleurs? Je l’ignore.

      Tout ce que je sais, c’est que le chauvinisme national peut vite devenir, pour les âmes faibles, un complexe de supériorité opposé à l’égalité de valeur de toute vie humaine et donc une porte ouverte sur une discrimination sans validité.

      D’autant que la France s’est, un moment, inventé la « vocation » de répandre sur le monde ses « lumières », sources de principes prétendus « universels » comme les « droits de l’homme », qui faisaient déjà partie de la constitution américaine, 2 ans avant votre révolution de 1789!

      Il est donc normal que le Français s’interrogent, comme les autres peuples, sur leurs jugement et a priori vis à vis des étrangers, individuellement et collectivement!

      1. Je crois que ça vaut le coup de rajouter aussi « Ce n’est évidemment pas « la France qui est raciste » mais des Français DE TOUTES CONFESSIONS ET DE TOUTES ORIGINES ».
        C’est une lapalissade mais ça vaut le coup d’être dit.

        1. Le racisme et la xénophobie sont un jugement spontané sur l’apparence ou un jugement hâtif sur l’appartenance et répondent à des a priori sans vrai fondement ni dialogue.

          C’est clairement une faiblesse de l’esprit décidant a priori que l’individu peut être assimilé à son peuple d’appartenance (pré)jugé en bloc sur des considérations souvent héritées et jamais remises en question.

          Rien n »est plus difficile que de lutter contre la bêtise! Donc, forcément, il n’y a ni religion ni peuple destiné à la bêtise, donc au racisme.

          Et si les Français pouvaient se passer de leur chauvinisme, appellation différente du nationalisme ou du complexe de supériorité, ils s’éviteraient ce « chausse pied » vers le mépris de ce qui n’est pas Français!

          1. Je ne vois pas en quoi le chauvinisme peut amener à un sentiment de supériorité. Moi même je suis très chauvin, mais je n’ai nul sentiment de supériorité par rapport aux non-français. Et je n’ai pas l’impression d’être un être exceptionnel pour arriver à concilier les deux.

          2. Ce qui est amusant ici, c’est que l’on clairement affaire à un spécialiste en la matière, lequel , sous des airs de ne pas y toucher et avec les périphrases de circonstances, semble avoir pour passion de commettre des commentaires généralisateurs s’en prenant aux Français de façon quelque peu obsessionnelle.

            Lire à ce sujet la dernière phrase du commentaire ci-dessus, parfaitement surréaliste (restons polis) tant il suffit de constater à quel point l’écrasante majorité des articles publiés ici et ailleurs comme des commentaires laissés par les internautes français relève d’une tonalité totalement opposée : il suffit simplement de savoir lire ou de savoir écouter (la radio, la télé…) pour le constater.

            D’ailleurs, il y a quelques jours à peine, il se faisait déjà et encore une petite pikouze :
            http://www.contrepoints.org/2016/06/05/254745-richard-pendrell-waddington-langlais-de-rouen
            Wouaaah, le pied ! En attendant la suivante…

            Le gars doit y penser en se couchant le soir, en se réveillant le matin…
            « Complexe de supériorité »… « mépris de ce qui n’est pas soi »… dénoncer chez autrui ce dont on est soi-même animé, pour ne pas avoir à le reconnaître, c’est un classique. A fortiori lorsque l’on en fait soi-même étalage sans vergogne aucune.

            Las ! Il est des gens qui ont besoin de ce genre de choses pour se sentir mieux, et félicitons-nous de ce que l’internet présente certaines vertus thérapeutiques à cet égard, après tout.

  2. « l’exigence à l’égard de Karim Benzema est à rapprocher de celle demandée à Agnès Saal pour ses frais de taxis. »

    Agnès Saal se servait de l’argent des (contribuables) Français pour que ses enfants se déplacent en taxis. Donc les Français, tels des victimes d’un vol, ont le droit de crier au scandale.

    J’ai pas suivi les polémiques sur Karim Benzema, mais je sais que tout ça est lié à une affaire de chantage. Donc la première chose à se demander c’est : est-ce que d’un point de vue libéral le chantage est un délit ? Réponse de wikibéral :

    « le chantage, même s’il est éthiquement répréhensible, n’est pas à lui seul un délit, puisqu’il est une proposition d’échange (par exemple le silence contre de l’argent) qui peut aboutir à un contrat légitime. En revanche, les délits qui l’accompagnent dans certaines occasions (vol, rapt, séquestration…) sont évidemment illégitimes. »

    1. Il me semble qu’au contraire, la première chose à se demander est : est-ce que du point de vue éthique des relations libérales, le chantage dans une histoire lourdement subventionnée (voir http://www.contrepoints.org/2016/06/06/255644-apres-leuro-2016-j-o-a-paris-bienvenus) est tolérable ?

    2. Ce n’est pas parce que le chantage n’est pas un délit que pour autant, les joueurs, l’entraineur de l’équipe de France ou bien les dirigeants de la FFF, ne sont pas en droit d’ostraciser ce lui qui s’y livre, et de le bannir de l’équipe de France,
      Il n’y a aucun droit à faire partie de l’équipe de France.

      1. « Il n’y a aucun droit à faire partie de l’équipe de France. »

        @bibi : Vous avez raison.

        L’unique problème c’est que l’article donne l’impression que d’un point de vue libéral ce qu’à fait K Benzema est aussi grave que ce qu’à fait A Saal, une femme qui a vécu sur le dos du contribuable telle une voleuse.

        1. Mais oui c’est plus grave ce qu’à fait Benzema, car l’équipe de France de football c’est le bien commun le plus sacré de la patrie, alors que l’argent du contribuable n’a rien de sacré et est carrément méprisable alors s’octroyer quelque largesse avec est bien normal, il est donc mal placé voire mesquin de s’en prendre à la personne d’Agnes Saal qui n’a rien fait de mal.
          Et puis merde à la fin il ne faudrait quand même pas oublier qu’Agnès, elle fait partie du camp du bien, alors que Benzema est un riche exilé fiscal donc forcément coupable.

          Franchement il serait temps d’évoluer un peu quant à l’utilisation de l’argent public et de ne pas oublier que c’est gratuit c’est l’état qui paye.

          1. @ bibi

            Plaidoyer convaincant sur la logique française à la mode!

    3. Wikiberal n’est pas la Bible hein… Et ne saurait aucunement retranscrire le point de vue de millions de libéraux. En ce qui concerne le chantage, je ne vois pas comment on pourrait faire entrer ça dans le champs d’une « proposition d’échange ». Le libéralisme est très clair sur les échanges: ils doivent être librement consentis. Le chantage est une proposition contenant une menace, la menace étant une attaque au libre arbitre, en aucun cas elle ne saurait être considérée comme une méthode d’échange.
      Dire le contraire n’a d’ailleurs aucun sens, puisque cela aboutirait à dire aussi que l’on reconnait donc la légitimité de l’Etat quand il désire s’accaparer tout nos revenus, puisqu’il y a proposition d’échange: payer et rester libre ou refuser et aller en prison (au mieux). A ce titre vous reconnaissez donc la légitimité de n’importe quoi qui vous menacerait…

      Au passage, « qui peut aboutir à un contrat légitime », ça c’est une belle idiotie de l’auteur de cette page Wiki. Si je vous fait signer un contrat qui m’avantage scandaleusement en vous menaçant avec un couteau, vous laissant le choix entre signer ou avoir la gorge tranchée: le contrat qui en découle serait donc légitime! Puisque seul la fin compte. Sauf que non, d’un point de vue libéral, on ne peut accepter un contrat obtenu par la menace. Un contrat est consenti en situation de libre arbitre ou n’est pas. Le liberalisme ne reconnait pas les comportements qui portent atteinte à la liberté d’autrui.

      Enfin je finirai par ça: « Donc la première chose à se demander c’est : est-ce que d’un point de vue libéral le chantage est un délit ? ».

      Tout faux. Le libéralisme n’est pas une religion, et n’est fondé que sur le respect de la liberté. Ce respect de la liberté signifie aussi que chacun est libre de penser la liberté comme il veut. Le point de vue libéral, vous ne le trouverez pas sur Wikiberal, et en aucun cas Wikiberal ne doit vous servir de Bible pour apprendre à penser et dicter vos avis. Aucun ouvrage libéral n’apporte de réponse à vos questions: ils proposent des solutions, des interprétations, mais votre réponse, vous devez vous la faire vous même à partir de vos propres réflexions. Imposer une grille de lecture toute faite est par définition anti-libéral. Smith ou Bastiat ne sont pas Karl Marx. A ce titre, ce type d’interprétations, Wikiberal ou pas, n’engage que l’auteur de cette page, et certainement pas le mouvement libéral dans son ensemble. Le seul tronc commun, c’est la volonté d’être libre et de préserver le libre-arbitre. Le reste, c’est à l’appréciation de chacun.

  3. Au fait, ce monsieur a-t-il appris les paroles de La Marseillaise?
    Car si mes souvenirs sont exacts, il refusait de la chanter quand il jouait dans l’équipe de France. Vous croyez que c’était par racisme?

    1. Oui, bon, c’est un détail!

    2. De plus, ce monsieur ne se sent pas Français accepté, il n’a peut-être pas envie non plus que son sang abreuve vos sillons! C’est sa liberté!

      1. Oui c’est sa liberté, et on peut noter que quand c’était Platini fils d’immigré italien qui ne la chantaient pas ça ne posait pas de problème.
        A chaque joueur sa façon d’aborder un match, Thuram lui la chantait a tue-tête et complètement faux.
        Aujourd’hui alors que nos élites chient sur la France et son histoire, ils fraudaient que les joueurs de l’équipe de France de foot chantent tous la marseillaise, alors que dans les autres sport tout le monde s’en foot.

        1. Ouais! Bon, c’est évidemment sympathique, quand ils chantent (de préférence, juste), tous ensemble et ça renforce le lien avec le supporter sur place ou le téléspectateur qui s’est levé devant sa télé: ces gens croient que c’est important et se sentent tout à coup plus proches de la nation! Il n’y a rien de mal à ça!

          Ça fait partie du cérémonial et de la communion avec l’équipe: vaste folklore qui sauve bien des gens d’une banalité ordinaire habituelle, sans doute pénible.

          Ce n’est certainement pas de la commisération de ma part, doucement méprisante. Au contraire, je cherche à comprendre tous ceux qui s’excitent sur ce spectacle que je fuis habituellement, par manque d’intérêt! Je n’accroche pas! Je n’y peux rien! Mais j’irai voir mon fils jouer, pas pour le match, mais simplement pour lui signifier que je m’intéresse à lui et à ce qu’il fait!

  4. Les approches discriminatoires ne peuvent logiquement que se développer dans un système communautaire. Quoi de plus normal que de favoriser sa communauté? Les politiques sont totalement schizophrènes : d’un côté ils promotionnent le système communautaire ( non à l’assimilation, oui à l’inclusion) et d’un autre côté ils refusent la discrimination. Bien entendu qu’un musulman pratiquant entrepreneur préférera choisir un autre musulman dont il se sentira plus proche culturellement. C’est déjà le cas : il suffit d’ouvrir les yeux et de voir la réalité.A partir du moment où l’amour du pays et les coutumes nationales ( socle commun ) ne sont pas placées au-dessus de l’intérêt de la communauté la discrimination de développe.

  5. « c’est un véritable poison que Karim Benzema diffuse car il enferme les individus dans la case d’une origine »
    Ne sont-ce pas nos politiciens qui ont instillé ce poison avec leurs discriminations positives? Quand l’Etat décrète que certaines catégories de population doivent être spécialement protégées à cause de leur origine (ou autre critère), il fait le lit du racisme qu’il prétend combattre ensuite. On peut constater le résultat de ce clientélisme sur fond de bonne conscience.
    Les études sur les discriminations, faute de pouvoir démontrer que tous les critères autres que l’origine sont identiques (compétences etc…) ne prouvent rien. Du moins elles prouvent ce qu’elles avaient envie de démontrer….

    1. @ Dominogris

      Oui, c’est un fait qui n’est pas constaté qu’en France: il y a bien un « flirt » de séduction entre certains politiciens et des « Français » (ou électeurs d’autres pays) de fraîche date, en droit de voter.

      Oui, il est de bon ton de critiquer le moindre signe d’islamophobie ou d’antisémitisme alors que les athées anti-catho peuvent continuer à s’en donner à coeur joie sans crainte d’aucune sanction! Mais la laïcité française n’a jamais été neutre! Les « Frères », proches du pouvoir y veillent!

      Oui, c’était une technique plutôt des populations venues d’Afrique qui mettaient sur le dos du racisme le fait de se faire épingler pour toute faute légale commise, sans un gramme de responsabilité personnelle.

      Mais oui aussi, le « chauvinisme national français » reste le bon moyen, surtout pour les médiocres, de se sentir « naturellement » supérieurs et forcément une marche au-dessus de tout étranger en lui donnant le droit d’admirer la France mais en aucun cas, le droit de la critiquer (ils s’en chargent eux-mêmes, avec raison): il me semble cependant que cela peut ouvrir, pour certains, plus faibles,la porte de la xénophobie: je le sais pour l’avoir vécue, moi, bien blanc, à cheveux blonds, d’un pays limitrophe francophone, diplômé universitaire, venant occuper la place qu’aucun Français n’avait accepté!

      Doté d’un bon sens de l’humour, cela m’amusait plutôt et ne m’a pas empêché d’avoir un terme de connivence (P.F.) entre le tenancier de ma « cantine », en ville, et moi, quand on entendait les conversations. (P.F. signifiant « Pauvre France! »)

      1. Je ne sais pas ce que vous avez avec le chauvinisme. Le chauvinisme n’est pas exclusif, c’est un sentiment excessif d’attachement à son pays. Il n’y a pas de question de « droit de critiquer ou pas » ou « de pouvoir juste admirer un pays ». Le fait est que lorsqu’une personne, qu’elle soit indigène ou d’origine extérieure, n’aime pas le pays dans lequel elle vit, il parait naturel de lui dire qu’elle n’est pas obligée d’y vivre.
        Il ne s’agit pas d’être attaché viscéralement au pays dans lequel on vit, mais clairement, quand on n’aime pas un pays, il faut le quitter. Quand on a l’impression que les gens qui y vivent ne nous aiment pas, il faut le quitter aussi. En plus de ça on est dans Schengen, on a le choix !

  6. L’auteur vient de quelle planète?
    « Combien de collégiens vont s’emparer de ce bel exemple etc… ». Mais on (nous, le petit peuple) vit cette rhétorique depuis des dizaines d’années dans la rue, le quartier, l’entreprise,… !!!!!! Arme fatale contre toute tentative de s’opposer au moindre écart.

    J’ai envie de dire: d’une part, pauvre élite larguée qui dirige notre pays en aveugle, et d’autre part, enfin par cette leçon une prise de conscience serait-elle possible pour corriger le tir ?

    1. Il n’a jamais dit que ce n’était pas le cas avant, mais ce n’est pas pour autant qu’il ne faut pas faire remarquer que cette sortie stupide ne fait qu’envenimer encore plus les choses.

      1. Depuis quand on attendrait d’un footballer une leçon efficace pour améliorer le « vivre ensemble »?

        C’est un homme d’affaires du foot-tout-pognon et il a donc des raisons objectives, sonnantes et trébuchantes, de râler de ne pas avoir été sélectionné! Il l’a mauvaise: Normal!

  7. Il va vraiment falloir faire une annonce officielle pour couper court à cette contre vérité qui a cours chez 99% des gens qui s’intéressent au football :
    Eric Cantona n’a pas été non-sélectionné pour la coupe du monde 1998, mais pour l’euro 1996, étant donné qu’il a pris sa retraite en 1997.
    Ce serait sociologiquement intéressant de savoir pourquoi ce faux souvenir s’est répandu à ce point en France.

    1. @Tony: Oui, il avait prévu tennis-plage pour 1998 ! C’est ridicule de parler de retraite à 33 ans, il a fait un n-ième coup de bravade parce qu’il savait qu’il ne serait pas sélectionné pour 98. Encore une fois, les apparences…

    2. Amike a raison, c’était une façon d’anticiper un camouflet en prétendant que c’était son choix et non celui du sélectionneur…

      1. C’est une théorie qui se tient tout à fait, mais il n’empêche qu’il n’est pas exact de dire « Éric Cantona peut appuyer son point de vue, lui qui a aussi subi l’affront de la non sélection en 1998… ».
        On peut la retourner dans tous les sens, cette citation est inexacte.

  8. La polémique inutile lancée par Cantona prouve d’abord son incommensurable bêtise. Après ses déclarations dans un journal anglais, Cantona a souhaité passer la 2° couche dans un média français, persistant de facto dans la stupidité. Mais il n’y a aucun traitement médical pour guérir la connerie ; et l’âge venant, la maladie a fait des ravages chez Cantona.
    Eric Cantona apparait très clairement comme un raciste. Un raciste anti-blanc – une forme de racisme qui s’est développée très vite en France avec l’appui de Gouvernants plus intéressés par augmenter leur compte en banque ou assouvir leurs instincts que par l’avenir du pays.

    Il n’est pas étonnant que les propos haineux et racistes de Cantona ait été repris par Karim Benzema puis Djamel Debouze qui n’ont , malgré leurs dénégations, aucun respect pour la France et conçoivent la France comme un pays insuffisamment socialiste et insuffisamment musulman – toute alternative à cette position étant qualifiée de racisme anti -musulman.
    On retrouve dans ce groupuscule idéologique la patte socialo-islamiste dont ces protagonistes font le lit.

    N’en déplaise à ces individus j’ai connu de jeunes maghrébins qui travaillaient en France honnêtement, dans des secteurs difficiles et sans cracher à tout instant sur le pays qui les avaient accueillis (ou ses habitants), sont partisans de la culture et de l’identité française et ne jouent pas les pleureuses comme les trois individus précités.

    Cantona et Benzema jalousent le palmarès et les innombrables succès de Didier DESCHAMPS. Mais leur carrière n’atteindra jamais la cheville de notre entraîneur national – leurs déboires judiciaires respectifs expliquant quel est leur centre d’intérêt.
    Debouze ne se hissera jamais au niveau de talent et de succès de ses prédécesseurs (Fernand Raynaud, Coluche, etc.) : il ne le souhaite pas et n’en a pas les moyens.

    Pour exister aux yeux des gens, que reste -t- il à ce type d’individus ? diffuser leur haine, sous couvert d’allusions morales hors contexte.

    1. Mon Dieu, que vous prenez tout ça au sérieux! Alors que ça n’en vaut vraiment pas la peine! Mais si les articles et les commentaires, sur Contrepoints, ne cessent de critiquer le pouvoir français, cette critique est clairement réservée aux « Souchiens » et prohibée chez tout étranger ou non assimilé: c’est idiot! Pourquoi?

      Il est pourtant clair que ce sont vos immigrés qui peuvent le mieux vous expliquer d’autres façons de faire, attirant ainsi votre attention sur tel ou tel détail!l

      Bon!, bien sûr, comme pays organisateur, vous risquez d’avoir des avantages, mais enfin, vous n’êtes que 17 ième au classement mondial, alors qu’un de vos pays voisins, au nord, est 2 ième! Bon, le nombre de ses joueurs blessés, donc absents contre l’équipe.

      Maintenant, que le meilleur gagne, de préférence sans tricher (on sait que les contrôles anti dopage des joueurs sont rares dans ce sport-business!)

  9. M Benzema a largement les moyens de s’offrir un excellent psychanalyste. Ça vaudrait le coup mais ni tant d’éloges ni d’opprobre…

  10. « Bien sûr, il serait absurde de nier l’évidence : il existe bien des mécanismes de différenciation et de hiérarchisation dont pâtit une partie de la population, notamment celle issue des migrations maghrébines. Il ne s’agit pas de fantasmes victimaires, des travaux rigoureux en attestent l’existence. C’est vrai pour l’accès au marché du travail mais aussi au logement, voire aux discothèques, comme l’ont montré certaines opérations de testing. »

    Le racisme c’est comme une maladie, il suffit de fermez les yeux pour y être immunisé.

  11. Il n’empêche que la posture de la FFF ajoute clairement à la suspicion.
    En effet, elle (la FFF) demande d’écarter K. Benzema de l’équipe de France se targuant de vouloir être clean, alors qu’il n’est pas condamné pour rappel, et dans le même temps, elle déclare soutenir M. Platini dans ses ennuis avec la FIFA alors que lui est bien condamné (suspension de plusieurs années). Cette posture est incompréhensible. Et sous le prisme très à la mode du racisme, on peut se poser des questions.

    1. C’est que Benzema doit faire partie d’un groupe de personnes dans lequel une entente parfaite doit régner. Il est écarté parce qu’il y a des doutes à ce sujet. Ce n’est pas le cas de Platini.

      1. Oui, par contre, un corrompu qui brigue le pouvoir, c’est complètement entré dans les moeurs, l’important étant que la France soit favorisée au plus haut niveau, la morale finira bien par y trouver son compte ou « oublier »! On ne va pas pinailler pour un million ou deux!

    2. Pourquoi chercher du côté du racisme ? Ne peut-on pas se dire tout simplement que les français sont plus enclins à fermer les yeux sur des cas soupçonnés ou avérés de malversation (voir en politique, avec Alain Juppé qui est de retour dans le cœur de nombreux français) que dans des cas avérés de « caillera attitude » ?
      On peut trouver ça con, mais c’est sûrement plus plausible que de chercher du côté du racisme. L’explication peut se trouver dans le fait que de nombreux français ont déjà vécu des incivilités de cailleras, là où des histoires de malversation dans des hautes sphères ne les touchent pas directement. C’est très émotionnel, pas très rationnel, mais franchement, le racisme, je vois pas ce que ça vient faire là dedans…

      1. Entièrement d’accord. Notre excité du menton, un AR en jet avec son fils pour assister a un match du Barca, peut se permettre de donner des leçons de moral 6 mois après a un joueur de foot. Personne ne relève. Peuple émotionnel et irrationnel? Peuple complice, surtout. Fort avec les faibles, faible devant les forts.
        Le racisme n’est qu’un reflet du déclin économique et moral.
        Au final, la France gardera Vals, continuera a le couvrir d’argent public, qu’il continuera a abuser, pendant encore de très nombreuses années.
        Benzema, cela fait longtemps que nous le poussons, lui, comme tant d’autres, vers l’exil.

        1. Les gens ont quand même relevé lorsque Valls est intervenu. Et même les médias en ont parlé. Valls n’est pas aimé de la population, vous ne pouvez pas dire le contraire. les ffrançais ne veulent pas spécialement de Valls, ils ne peuvent tout simplement pas l’éjecter.
          Et je ne suis pas d’accord sur le racisme. Ce n’est pas le reflet d’un déclin économique et moral. Ce n’est juste rien du tout car il n’est nullement question de racisme dans cette histoire. Benzema s’est exilé car il pouvait gagner plus dans un autre pays, pas parce qu’il se sentait rejeté.

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