Les banques du futur seront-elles les banques internet ?

Banque By: John PX - CC BY 2.0

Avec la révolution numérique, on peut affirmer que les banques du futur seront les banques internet. Mieux. Les banques mobiles…

Par Théophile Gacogne.
Un article de Trop libre

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Banque By: John PXCC BY 2.0

Depuis quelques années, et à la faveur d’un bond technologique spectaculaire, les services délocalisés se multiplient. Ainsi, nous sommes passés en très peu de temps de l’ère du courrier postal à l’ère numérique. Tout est désormais possible de son canapé. Voyager en mode virtuel, dialoguer avec ses amis du bout du monde, consommer des services et des loisirs, travailler et même (et surtout ?) gérer ses comptes sans l’aide de son conseiller bancaire.

L’évolution de nos modes de vie occidentaux en a même bouleversé les codes les plus établis ; nous entrons de plain pied dans le règne du « Do It Yourself ». Et qu’il s’agisse de commander une pizza ou d’effectuer un placement financier, il n’y a plus qu’à tapoter sur son clavier. De fait, parmi tous les services qui ont éclos grâce à cette révolution technologique, il en est un qui semble nous redonner un peu de pouvoir, il s’agit bien entendu des banques en ligne.

Quel avenir pour les banques ?

Les établissements bancaires, toujours initiateurs de changements susceptibles de leur faire réaliser des économies, ont été les premiers à se lancer dans l’aventure. Rappelez-vous la banque directe Cortal, filiale de la BNP Paribas, et qui offrait ses services sans agence dès le milieu des années 1980. L’internet n’en était qu’à ses balbutiements, mais nombres d’opérations se réalisaient déjà via le minitel.

Depuis, d’autres établissements s’y sont essayés, avec plus ou moins de réussite. Entre ouvertures en grande pompe, rachats par la concurrence et dépôt de bilan ou arrêt de l’activité, de nombreux groupes ont tenté leurs chances. La banque en ligne a ainsi connu des heures difficiles avant de parader dans tous nos médias.

Après les banques de la première génération, on a donc vu l’apparition des « pure players », ces établissements bancaires proposant d’abord de la gestion d’épargne et de placements en ligne. ING Direct fut l’une des pionnières, dès l’année 2000. Puis vinrent Boursorama, Fortuneo et bien d’autres encore. La dématérialisation de l’argent et l’individualisation de la société aidant, ces pures players ont muté en banques en ligne offrant dorénavant les services de gestion des comptes. Et, pour ceux et celles qui y ont goûté, il est très difficile de revenir en arrière.

Une différence énorme avec les banques traditionnelles

Les avantages à passer en ligne sont conséquents ; diminution drastique des frais, possibilité de joindre un conseiller jusqu’à 21 h tous les jours, y compris le lundi, et jusqu’à 16 H le samedi, réactivité de l’établissement, simplicité des opérations, indépendance totale quant à la gestion de ses comptes, gain de temps, gain d’argent… De plus, la banque en ligne propose une offre quasiment complète, et réellement concurrentielle avec la banque dite traditionnelle, de la gestion des comptes courants au prêt immobilier, en passant par les assurances, les placements, l’épargne. En bref, tous les services bancaires sont présents, et à moindre frais. Comment ne pas en profiter ?

L’avènement de ce nouveau mode de consommation et de gestion de l’argent privé a eu quelques effets sur les établissements de réseau. Ceux-ci proposent désormais à leurs clients disposant d’un compte en agence de passer au numérique, partiel ou total. Ainsi, toutes les grandes banques françaises étalent leurs offres de bancassureurs complets en ligne. C’est ce que l’on appelle les banques en ligne de troisième génération. Le principe ? Retrouvez l’intégralité de votre banque chez vous, mais conservez votre conseiller habituel… Et vos frais élevés.

Les néobanques, le nouveau modèle

Mais à peine ces deux visions de la banque en ligne commencent-elles à trouver leur clientèle qu’une nouvelle révolution vient encore modifier la donne. On voit émerger aujourd’hui celles que l’on appelle les néobanques. Les services proposés sont pour l’instant très limités. On ne parle que de gestion de compte courant. Pour l’instant, ici, pas d’assurances, de gestion d’épargne, ni d’emprunts, mais la possibilité de gérer son argent directement depuis son smartphone. Où comment passer en moins de 20 ans de la banque à papa à la banque mobile, en à peine deux étapes ?

Certaines de ces néobanques n’en sont encore qu’à l’état de projets, toutefois bien avancés. C’est le cas d’Orange banque par exemple, qui, en rachetant 65 % des parts de Groupama banque, a acquis la licence indispensable à sa future activité. Dès la fin de l’année 2016, cette néobanque lancera son offre et son application liée, et promet de dynamiter le marché bancaire. D’autres ont déjà pris les devants. C’est le cas de Number26, en fonction en France depuis le début de l’année 2016. L’inscription ne prend pas plus de 8 minutes selon BFMBusiness, montre en main, et tout y est, bien entendu, gratuit.

Les choix gouvernementaux des pays occidentaux nous montrent bien que chaque jour qui passe, nous avançons toujours plus vers l’argent tout numérique. Dans ces conditions, on peut affirmer sans surprise que les banques du futur seront effectivement les banques internet. Mieux. Les banques mobiles…

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