Rand Paul : les primaires républicaines américaines sont biaisées

Dans une entrevue bilan, le sénateur libertarien s’en prend, comme Donald Trump, au processus d’investiture du GOP.

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Carroll County Republican Committee Annual Lincoln Day Dinner with U.S. Senator Rand Paul credits Michael Vadon licence (CC BY 2.0)), via Flickr.

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Rand Paul : les primaires républicaines américaines sont biaisées

Publié le 13 avril 2016
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Par Daniel Girard, depuis les États-Unis.

Carroll County Republican Committee Annual Lincoln Day Dinner with U.S. Senator Rand Paul credits Michael Vadon licence (CC BY 2.0)), via Flickr.
Carroll County Republican Committee Annual Lincoln Day Dinner with U.S. Senator Rand Paul credits Michael Vadon licence (CC BY 2.0)), via Flickr.

Rand Paul n’a pas Donald Trump dans son cœur. Il s’est retiré de la course à l’investiture républicaine en février, victime du rouleau compresseur médiatique du milliardaire. Dans une entrevue bilan à la chaîne MSNBC, le sénateur du Kentucky a souligné que Donald Trump a reçu 25 fois plus de publicité que tous les autres candidats réunis. Rand Paul affirme que ce déluge de publicité a eu un effet dévastateur sur les autres candidats, et que seul le sénateur Ted Cruz a pu y résister. Dans son cas à lui, a-t-il précisé, il menait un autre genre de campagne, basée sur les idées. Il émettait des doutes sur le bien-fondé de toujours intervenir dans les guerres civiles à l’étranger.

Mais là où Rand Paul est d’accord avec Donald Trump c’est lorsque le magnat de l’immobilier s’en prend avec véhémence au processus de sélection des délégués qui décideront du prochain vainqueur de l’investiture républicaine. Au Colorado, Ted Cruz a réussi à faire le plein de délégués sans remporter le moindre vote. Pourquoi ? Parce que les délégués ont été choisis en poinçonnant sur des cartes de vote. Selon le milliardaire, cette méthode de vote a mené à des irrégularités, car les numéros désignant ses partisans ont disparu du bulletin de vote.

Furieux, Donald Trump a dénoncé le processus d’investiture du GOP, en le qualifiant de corrompu et d’inacceptable. Dans son entrevue à MSNBC, l’ex-adversaire de Donald Trump, Rand Paul a précisé que le processus d’investiture du GOP n’était pas corrompu — ce qui l’aurait rendu illégal — mais qu’il était certainement biaisé, façonné pour favoriser les candidats de l’establishment.

Le libertarien a donné l’exemple de son père, Ron Paul, qui, en 2012, lors de sa candidature à l’investiture, ne pouvait pas voir ses votes comptabilisés faute d’avoir remporté la victoire dans huit États. Ce règlement, baptisé la règle 40 (b) avait été effectivement adopté en août 2012, pour bloquer la route à Ron Paul. En 2016, la règle 40 (b) joue un rôle-clé dans la course à l’investiture. Avec sa victoire au Colorado, Ted Cruz vient d’atteindre ce seuil et il sera, avec Donald Trump, le seul autre candidat à se conformer à la règle 40 (b). John Kasich a juste remporté la victoire dans son État, l’Ohio. Étrangement, souligne Rand Paul, le GOP dit maintenant que ce règlement pouvait être modifié.

Ce qui dérange Donald Trump, bien entendu, ce n’est pas le sort électoral de John Kasich, mais d’avoir vu son adversaire Ted Cruz se sauver avec la totalité des délégués du Colorado. Un des partisans du Colorado du milliardaire a illustré son mécontentement envers le GOP en brûlant son formulaire de membre du Parti sur YouTube dans une vidéo qui est devenue virale et qui a été relayée sur Tweeter par Donald Trump.

Donald Trump, qui n’hésite jamais a brandir le spectre judiciaire quand il se sent injustement ciblé, pourrait-il faire valoir ses arguments en Cour ? Fort improbable. En 2008, La Cour Suprême des États-Unis, dans un jugement unanime rédigé par Antonin Scalia, avait débouté un juge qui s’était plaint d’injustice pour ne pas avoir été sélectionné par les Démocrates pour être candidat à la Cour Suprême de New York.

Antonin Scalia avait écrit : un parti politique, en vertu du 1er amendement, a le droit de choisir les membres qu’il veut et d’adopter le processus de sélection des délégués de son choix pour choisir le candidat qui défendra le mieux sa plate-forme électorale. Le risque couru par le parti politique est donc lié à la perception de la légitimité du candidat et ce jugement appartient à l’électeur.

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  • Comme l’a indiqué le juge Antonin Scalia en 2008, les caciques du Parti Républicain sont parfaitement libres de décider de la manière d’accorder l’investiture, et les juges n’ont pas à s’en mêler. Le pendant est évidemment que Rand Paul comme Donald Trump sont tout aussi libres de décider de ce qu’ils veulent faire comme des grands, sans devoir avoir l’aval du Parti Républicain : s’ils jugent que les méthodes du parti s’apparentent à celles de la mafia, et s’ils le souhaitent, ils peuvent très bien se présenter à la présidentielle comme indépendants, contre le candidat officiel du Parti Républicain. Là aussi, aucun juge n’aura son mot à dire.

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