Primaires républicaines : Ted Cruz n’est pas le bienvenu à New York

Publié Par Daniel Girard, le dans Amérique du Nord

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis.

Ted Cruz crédits iprimages (CC BY-ND 2.0)

Ted Cruz crédits iprimages (CC BY-ND 2.0)

Va te faire f…, Ted ! lance le tabloïd new-yorkais le Daily News à Ted Cruz. Fort de sa victoire décisive dans la primaire du Wisconsin, le sénateur texan vient d’amorcer, dans le Bronx, sa campagne pour la primaire de New York. Il a pu voir d’entrée de jeu qu’il n’y est pas le bienvenu. En mars, lors d’un débat avec les autres candidats à l’investiture, Ted Cruz avait critiqué les valeurs de New York. Cela lui avait valu d’être rabroué par Donald Trump, qui avait souligné la solidarité des New-Yorkais dans la foulée des attentats du 11 septembre. En campagne sur l’île de Long Island, le milliardaire a rappelé les commentaires de Ted Cruz aux New-Yorkais devant une foule de 15 000 partisans.

Donald Trump a joui de l’appui immédiat de son ami Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York, qui a été très irrité par les propos de Ted Cruz. Le sénateur texan a eu l’opportunité de s’assouplir lors d’une entrevue avec Dana Bash de CNN, mais il a plutôt souligné n’avoir aucun regret.

Cette décision de Ted Cruz de ne pas revenir sur ses propos malheureux étonne, compte tenu qu’il a besoin d’aller chercher des délégués dans le nord-est des États-Unis pour freiner Donald Trump et forcer la tenue d’une convention ouverte à Cleveland. L’avance de Donald Trump demeure solide.

95 délégués sont en jeu à New York et s’il maintient son avance de plus de 50% des voix dans l’État et les districts, Donald Trump pourrait en rafler une écrasante majorité. Selon un sondage de Monmouth University, le milliardaire est déjà largement en tête et John Kasich est loin derrière, suivi au troisième rang par Ted Cruz.

Donald Trump, qui devait faire campagne en Californie et au Colorado, a annulé sa tournée pour concentrer ses efforts sur New York. Le milliardaire a été secoué par sa défaite au Wisconsin. Elle est survenue après une série d’impairs : l’arrestation de son dirigeant de campagne Corey Lewandowski pour voie de faits, sa critique injustifiée et dommageable du populaire gouverneur Scott Walker et ses positions contradictoires sur l’avortement.

Ajustement  : Donald Trump se réunira donc au cours des prochains jours avec son état-major pour ajuster sa stratégie. Il a déjà annoncé qu’il vient d’embaucher le légendaire stratège républicain Paul Manafort, qui va coordonner sa campagne et faire le travail crucial de gestion des délégués et de la convention de Cleveland. La décision a été accueillie avec enthousiaste par l’ex-candidat à l’investiture Newt Gingrich. Il estime que l’embauche de Paul Manafort montre que Donald Trump a finalement compris qu’il doit mener une campagne plus costaude pour avoir du succès.

Ted Cruz, pour sa part, a peut-être remporté une victoire convaincante au Wisconsin, mais il est toujours boudé par les politiciens républicains qui ont encore sur le cœur son comportement kamikaze au Sénat. L’influent magazine Time qui vient de lui accorder sa page couverture, se demande si les Américains parviendront à apprendre à l’aimer…

Mais pendant que les Américains demeurent froids envers Ted Cruz, l’impopularité de Donald Trump, elle, continue de croître. Selon un sondage de l’AP, sept Américains sur dix, et cela inclut la moitié des électeurs républicains, ont une opinion défavorable du milliardaire. Et c’est une opinion qui prévaut, peu importe le lieu de résidence, l’âge, le sexe, l’origine ethnique ; et qui s’étend même au groupe le plus fidèle à l’homme d’affaires, les Blancs sans formation universitaire. 55% d’entre eux ont une opinion négative de lui.

Pour l’instant, Donald Trump peut se consoler en constatant que 59% des Américains ont aussi une opinion négative de Ted Cruz et 55% n’aiment pas Hillary Clinton.

  1. La conclusion laisse à penser que le prochain président sera comme en France en 2017 un choix par défaut… Les démocraties occidentales sont bien malades.

    1. Bon commentaire. Ronald Reagan était aussi un choix par défaut et il a été un bon président. Ces primaires, tant du côté républicain que démocrate, sont fascinantes.

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