Primaires américaines : l’effondrement de Rubio devant Trump

L'effondrement de Marco Rubio laisse le parti républicain sans porte-étendard. Et ouvre la voie à Donald Trump.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis

Marco Rubio Portrait credits DonkeyHotey (CC BY-SA 2.0)
Marco Rubio Portrait credits DonkeyHotey (CC BY-SA 2.0)

La mi-mars : les Ides of march (les ides de mars). Ce moment qui fut celui de l’assassinat de Jules César, survenu le 15 mars en 44 av. J.-C.

Jules César a été poignardé à mort par un groupe de sénateurs parmi lesquels se trouvait son fils, Brutus. Aux États-Unis, « The Ides of March » est lié à l’effondrement d’un politicien. Pour l’establishment du Parti républicain, ce politicien est Marco Rubio. Il était le seul candidat qui plaisait à l’élite. Il bénéficiait des fonds requis pour lutter efficacement contre Donald Trump. Mais malgré ses efforts, la candidature de Marco Rubio n’a pas levé.

Le retrait de Marco Rubio laisse l’establishment républicain sans porte-étendard. Pendant ce temps Donald Trump ne cesse de creuser l’écart avec ses adversaires…

Donald Trump a besoin de 1237 délégués pour remporter l’investiture ; il en compte déjà 673. Le milliardaire doit remporter 564 des 1001 délégués restant (56%) par rapport à 826 (82%) pour son plus proche rival, Ted Cruz. En Floride, la rhétorique incendiaire de Donald Trump a contribué à sa victoire écrasante contre son adversaire Marco Rubio.

Si aucun candidat ne se présente à la convention de Cleveland avec les 1237 délégués requis, la convention devient contestée. Après le premier tour, plusieurs délégués sont libres de voter pour un autre candidat au prochain tour. Fort de l’appui de ses partisans en colère, Donald Trump avertit l’establishment républicain que s’il arrive à la convention de juillet avec avec beaucoup plus de délégués que son plus proche rival, il s’attend à obtenir l’investiture, sinon il y aura des émeutes.

Voilà le genre de propos qui enflamme l’establishment républicain. Ses élites ne ménagent aucun effort pour tenter de contrer la candidature du milliardaire. Jeudi, un groupe de politiciens républicains s’est réuni à Washington pour discuter d’une stratégie anti-Trump. L’idée de tenter de convaincre Ted Cruz et John Kasich de s’allier pour lutter contre Donald Trump est celle qui a recueilli le plus d’appuis.

Cette combinaison Cruz/Kasich n’a pas été approuvée par John Kasich. Le gouverneur de l’Ohio a le vent en poupe depuis sa victoire de mardi dernier. Son accord serait surprenant. Mais le plus gros défaut de cette idée, c’est qu’elle provient de ce même establishment dont les constantes manœuvres anti-Trump ne font qu’alimenter la popularité du milliardaire. Chaque initiative de l’establishment se retourne ainsi contre elle…

Et pendant que l’élite républicaine évalue ses stratégies anti-Trump, l’homme d’affaires prépare sa prochaine victoire. Mardi prochain, ce sera au tour de l’Arizona et de l’Utah de tenir leurs primaires.

L’État clé sera l’Arizona, avec ses 58 délégués, qui iront tous au candidat qui récoltera le plus de votes. Donald Trump est en bonne position en Arizona. Son message anti-immigration y est bien reçu et il y bénéficie de nombreux appuis.

C’est Ted Cruz qui devrait l’emporter en Utah, où il bénéficie de l’appui du sénateur Mike Lee, associé au Tea Party. L’État a une forte communauté mormone hostile à Donald Trump qui hésitait entre Marco Rubio et Ted Cruz. La population de l’Utah est aussi très scolarisée, ce qui avantage Ted Cruz. Le Texan aura besoin de plus de 50% du vote pour s’approprier tous les délégués. Il n’aura pas la collaboration de John Kasich, qui prévoit de faire campagne dans l’État.

Au final, c’est probablement le sénateur Ted Cruz qui a raison : si John Kasich demeure dans la course, c’est Donald Trump qui en sera le plus heureux.