Quand le boycott de Sodastream nuit aussi aux Palestiniens

Palestine Solidarity Campaign(CC BY 2.0)

Le mouvement BDS avait invité au boycott de l’entreprise israëlienne installée en territoire occupé. Mais Sodastream doit encore une fois licencier des employés palestiniens.

Par Nathalie Elgrably

Palestine Solidarity Campaign(CC BY 2.0)
Palestine Solidarity Campaign(CC BY 2.0)

 

Le Parlement canadien a récemment soulevé l’indignation après avoir voté une motion pour condamner le mouvement BDS qui invite au boycott des compagnies israéliennes opérant dans les territoires contestés. Pour plusieurs, cette initiative serait une action citoyenne pour assurer le respect des droits de la personne des Palestiniens.

Selon ses instigateurs, le boycott est formidablement fructueux ! Ils s’enorgueillissent d’ailleurs d’avoir eu raison du fabricant israélien SodaStream. Mais qu’en est-il réellement ?

Chômage et précarité

BDS ne dit pas que SodaStream a quitté la Judée-Samarie pour déménager dans le Néguev et que, par le fait même, 500 employés palestiniens et 450 Arabes israéliens ont perdu leur emploi, ce qui plonge près de 5000 personnes dans la précarité économique.

BDS ne dit pas que ces employés bénéficiaient de salaires israéliens, d’une couverture médicale, de tous les avantages sociaux israéliens, et même d’un système de navettes offert par Soda-Stream pour assurer leur transport.

BDS ne dit pas que le quotidien Al-Hayat Al-Jadida, le journal officiel de l’Autorité palestinienne, a reconnu que les entreprises israéliennes traitent bien leurs travailleurs et qu’elles respectent tous leurs droits.

BDS ne dit pas qu’une enquête financée par l’ONU et menée par l’Autorité palestinienne a révélé que les Palestiniens qui travaillent dans des entreprises israéliennes touchent des salaires 2,12 fois supérieurs à ceux offerts par les entreprises palestiniennes.

Un exemple de collaboration

BDS ne dit pas que SodaStream était un exemple de collaboration harmonieuse entre Juifs et Arabes et contribuait à déconstruire les stéréotypes toxiques.

BDS ne dit pas que brûler les ponts que les entreprises comme SodaStream créent ne contribue nullement au processus de paix.

BDS affirme défendre les intérêts des Palestiniens. Nul doute que les ex-employés de SodaStream lui sont maintenant infiniment reconnaissants…

Et nul doute que les 25 000 Palestiniens qui gagnent leur vie grâce à des compagnies israéliennes brûlent d’impatience de voir leur tour arriver.

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