Primaires républicaines : la guerre civile

Mitt Romney at Caster Concepts Crédits davelawrence8 (CC BY-NC-ND 2.0)

L’ex-candidat républicain à la présidence Mitt Romney lance une attaque cinglante contre Donald Trump.

Par Daniel Girard, depuis les États-Unis.

Mitt Romney at Caster Concepts Crédits davelawrence8 (CC BY-NC-ND 2.0)
Mitt Romney at Caster Concepts Crédits davelawrence8 (CC BY-NC-ND 2.0)

L’attaque était d’une virulence comme on en a jamais vu dans un même parti. Elle visait Donald Trump et venait de celui qui a été le porte-étendard du Parti républicain aux présidentielles de 2012 : Mitt Romney. Dans une allocution à Salt Lake City, il a dit : « Donald Trump est un charlatan, un imposteur, il prend les Américains pour des imbéciles. Il obtient un séjour gratuit à la Maison-Blanche et nous devons nous contenter d’une casquette sans valeur. Il n’a ni le tempérament ni le jugement pour devenir président des États-Unis. »

Mitt Romney a qualifié Donald Trump de piètre homme d’affaires, en énumérant des mésaventures financières. Il a aussi fait allusion aux pépins de l’Université Trump, spécialisée dans les cours sur l’immobilier et l’entrepreneuriat. L’institution est poursuivie au civil par des étudiants qui estiment avoir été floués. Ces critiques acerbes de Mitt Romney contrastaient vivement avec les compliments qu’il faisait à l’homme d’affaires lorsque celui-ci l’a appuyé officiellement aux présidentielles de 2012.

Donald Trump a d’ailleurs souligné avoir appuyé Mitt Romney en 2012 en précisant, « Il m’a supplié de l’appuyer, j’aurais pu lui demander de se mettre à genoux pour me le demander et il l’aurait fait. Je l’ai appuyé et il a échoué. Pourtant il aurait du gagner contre Hillary Clinton mais il a fait une terrible campagne électorale. »

Sur Twitter, plusieurs abonnés ont blâmé Mitt Romney pour son manque de loyauté après avoir reçu plusieurs contributions du milliardaire, et lui ont reproché d’incarner tout ce qui est reproché à l’establishment.

Étrangement, Mitt Romney n’a appuyé aucun candidat lors de son allocution ; il a recommandé aux trois autres candidats de collaborer pour remporter des États. « demandez à vos partisans de voter pour Marco Rubio en Floride et pour John Kasich en Ohio » a-t-il suggéré. Donald Trump a déjà remporté 10 des 15 premiers États, mais à partir du 15 mars, la plupart des États incluant la Floride et l’Ohio vont donner tous leurs délégués au vainqueur. En Floride, l’État de Marco Rubio, c’est 99 délégués qui sont en jeu. Un candidat a besoin de 1237 délégués pour remporter l’investiture, qui se conclut avec une convention à Cleveland en juillet.

Lors d’un débat télévisé à Détroit, jeudi soir, les trois adversaires du milliardaire l’ont soumis à un feu nourri, en l’attaquant sur ses pratiques d’homme d’affaires et en soulevant le doute sur sa fermeté envers les sans-papiers. Ted Cruz a réclamé à plusieurs reprises que Donald Trump s’engage à autoriser le New York Times à rendre publique une conversation enregistrée, off the record, où il aurait évoqué des positions plus souples envers les sans-papiers. Le milliardaire a refusé mais il a souligné l’importance de la flexibilité pour bien diriger. De l’avis de plusieurs experts, Donald Trump est sorti indemne de l’exercice.

Et, pour donner encore plus de maux de tête à l’establishment républicain, les trois adversaires du milliardaire se sont engagés à l’appuyer s’il remporte l’investiture.