Umberto Eco, un stimulant intellectuel

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Umberto Eco(CC BY-ND 2.0)

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Umberto Eco, un stimulant intellectuel

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 22 février 2016
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Par Benoît Rittaud

En hommage au grand écrivain décédé vendredi, Bernard Pivot a twitté qu’ « À Umberto Eco on donnait un mot et ce mot faisait aussitôt lever dans son esprit 2 souvenirs, 3 histoires et 4 réflexions. » L’inverse est tout aussi vrai : les mots d’Eco sont un incomparable dopant intellectuel.

J’ai découvert Eco à la fin des années 1990. C’est la lecture de L’Île du jour d’avant et de L’Œuvre ouverte qui m’a tiré des torpeurs de la vie militaire. (Eh oui, j’ai fait le service national.) Parmi ses romans que je préfère, il y a Le Cimetière de Prague, que j’ai acheté juste au moment de partir en colloque dans cette ville, en me disant qu’il me servirait indirectement de guide. En fait, l’essentiel de l’action se déroule à Paris… Ça ne m’a certes pas empêché de dévorer le livre pendant le trajet, et de le finir avant même d’arriver à l’hôtel. Coïncidence : l’université où se déroulait ce colloque se trouve juste à côté du cimetière désigné par le titre, j’ai donc eu la chance de pouvoir prendre en photo ce lieu fort étrange :

Cimetière de Prague-Droits réservés Benoît Rittaud
Cimetière de Prague-Droits réservés Benoît Rittaud

 

Le roman le plus fabuleux qu’Eco a écrit me semble Le Pendule de Foucault. Entre mille autres choses, il mène une réflexion sur les errements de la surinterprétation et des théories du complot. Une trouvaille est cette double maison d’édition Garamont/Manuzio. Les éditions Garamont sont sérieuses et ne publient que des œuvres qui en valent la peine, renvoyant aux éditions Manuzio, qui les jouxtent et dont chacun ignore qu’elles sont liées aux premières, les mauvais écrivains qui se croient dignes d’un éditeur prestigieux. Garamont perd de l’argent, mais grâce à Manuzio et ses contrats d’auteurs léonins obtenus en flattant les faux talents aussi bien que les naïfs découvreurs de complots, l’ensemble est une affaire qui tourne. (Signalons en passant, dans un genre voisin, l’amusant Première ligne de Jean-Marie Laclavetine, avec ses « auteurs anonymes » et sans génie qui tentent de se libérer de leur dépendance à l’écriture.)

Le Pendule de Foucault place une partie de son action au Conservatoire national des arts et métiers de Paris (CNAM). Il y a quelques années, à la réouverture du CNAM après plusieurs années de travaux de rénovation, ce roman était sur toutes les lèvres. Bien qu’ayant alors la chance de faire partie des happy fews autorisés à visiter le nouveau CNAM en avant-première (envoyé par le magazine Tangente), je regrettais presque cette rénovation qui rendait obsolète la description d’Eco. La visite était splendide, mais arrivait trop tard. Le guide m’avait précisé que la description du livre était très fidèle, une petite tricherie mise à part – une ouverture imaginaire.

Le décès d’Umberto Eco aura eu le même effet sur moi que la lecture de ses romans  : un besoin irrépressible d’écrire. À ce sujet, c’est encore à Eco que je dois cette perpétuelle et saine inquiétude : se demander à chaque nouveau texte si celui-ci est, au fond, digne de Garamont ou de Manuzio.

Umberto Eco :

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