« Chocolat » ou l’hommage au symbole d’une époque

« Chocolat » de Roschdy Zem retrace le destin extraordinaire de Rafael Padilla. Du grand cinéma !

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« Chocolat » ou l’hommage au symbole d’une époque

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 11 février 2016
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Chocolat, un film fabuleux, qui sort Rafael Padilla, artiste et homme hors du commun, de l’oubli où il était resté plongé depuis longtemps.

 Par Johan Rivalland

C’est probablement le meilleur film que j’ai vu cette année. Un film absolument fabuleux, plein d’émotion et extraordinaire, sur le destin d’un homme hors du commun, Rafael Padilla, dont on avait hélas oublié jusqu’à l’existence, et qui sort de l’oubli grâce au réalisateur Roschdy Zem.

Un homme arrivé en Europe, alors qu’il était encore enfant, après avoir été vendu comme esclave à un marchand espagnol.

Après avoir travaillé successivement dans une ferme, comme domestique, ou encore mineur, il est embauché dans un petit cirque et repéré par le clown Footit, qui veut en faire son compagnon de scène (début du film).

Un acteur symbole d’une époque

Rapidement repéré, il va devenir, dans le Paris de La Belle Époque et de l’Exposition universelle de 1889, le premier grand artiste noir renommé.

Peint par Toulouse-Lautrec et filmé par les frères Lumières, aux balbutiements du film et des toutes premières caméras, il connut un énorme succès avant de sombrer injustement dans l’oubli.

Mais c’est aussi une époque où, même si on a du mal à l’imaginer à peine un peu plus de cent ans plus tard, les esprits n’étaient pas tous encore prêts, en France, à voir cet artiste noir autrement que comme le clown souffre-douleur des scènes (aux clichés racistes) où il faisait bien rire le public, conformément à l’expression « être chocolat » ; autrement dit, se sentir floué, berné, trompé, qui apparemment proviendrait de là.

Et c’est au sens propre que l’artiste va commencer progressivement à éprouver ce sentiment, face aux événements de sa vie (d’artiste et au-delà).

Du grand cinéma

Mais chut… Je n’en dirai pas plus. Courez voir cet excellent film. Les acteurs, à commencer par un Omar Sy véritablement époustouflant, mais aussi James Thiérrée (le petit-fils de Charlie Chaplin, avec qui il a d’ailleurs un air de famille assez frappant), sont excellents. Les costumes, les décors, la musique, tout concourt à créer un univers enchanteur.

Quant aux thèmes, l’évolution, lente, des mentalités, le bonheur de l’ascension sociale, l’ambition, la jalousie, l’incompréhension, les désillusions, mais aussi le sentiment de révolte, la force de l’amitié, la générosité, la liberté, ils donnent tout son intérêt et toute sa force au film, même si en consultant la page de Wikipédia consacrée à Rafael Padilla, j’ai quelques doutes sur l’authenticité de tous les événements qui sont relatés à travers le film. Sans doute une volonté de grandir le personnage et d’en faire un véritable héros de cinéma, en jouant sur la fibre sensible du spectateur ; procédé somme toute classique.

Quoi qu’il en soit, un film qui se regarde avec plaisir et passion.

Du grand cinéma.

  • Chocolat, biopic français de Roschdy Zem avec Omar Sy, James Thiérrée (sortie nationale le 3 février 2016). Durée : 1h50.

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