Québec : l’avenir des élèves menacé par les enseignants incompétents ?

Peut-on congédier un enseignant incompétent au Québec ?

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Opening of West London Free school. Cambridge Grove, Hammersmith. 9.9.11 Pupils sing at the opening.free school (CC BY-NC-ND 2.0)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Québec : l’avenir des élèves menacé par les enseignants incompétents ?

Publié le 20 janvier 2016
- A +

Un article de l’Institut économique de Montréal

Opening of West London Free school. Cambridge Grove, Hammersmith. 9.9.11 Pupils sing at the opening.free school (CC BY-NC-ND 2.0)
Opening of West London Free school. Cambridge Grove, Hammersmith. 9.9.11
Pupils sing at the opening.free school (CC BY-NC-ND 2.0)

Au cours des cinq dernières années, sept enseignants permanents sur un total de près de 60 000 travaillant pour les commissions scolaires de la province ont été congédiés pour incompétence, révèle aujourd’hui une publication de l’IEDM.

Cette proportion de 0,01 % apparaît dérisoire puisque les congédiements d’enseignants incompétents sont aussi rares que les congédiements d’enseignants violents ou criminels, ou encore pour des agissements de nature sexuelle, des motifs qui comptent aussi sept cas. Pour obtenir ces données, l’IEDM a envoyé une demande d’accès à l’information aux 72 commissions scolaires québécoises.

Est-il possible que la compétence des enseignants québécois soit telle qu’elle explique ces résultats ? « Nous croyons que la grande majorité des enseignants et enseignantes au Québec sont compétents, mais il ne s’agit pas d’une explication plausible selon les professionnels du milieu », explique Youri Chassin, économiste et auteur de la publication. « Il est plus probable que ce très petit nombre, sur une période de cinq ans, illustre la difficulté de parvenir à congédier un enseignant incompétent s’il jouit de la permanence. »

En effet, un mécanisme de congédiement existe en théorie, mais le processus est long et complexe. De plus, les procédures habituelles font en sorte qu’après l’octroi de la permanence, une majorité d’enseignants ne sont plus évalués sur la qualité de leur enseignement. En définitive, les congédiements sont presque inexistants.

Pourtant, la profession serait valorisée si une plus grande flexibilité permettait aux commissions scolaires de remplacer certains professeurs dont les compétences ne sont pas à la hauteur. « Les enseignants eux-mêmes souffrent de la présence d’un collègue incompétent. Ils profiteraient d’une reconnaissance sociale accrue si les cas problématiques étaient mieux pris en charge », dit M. Chassin. « Ce sont les élèves qui doivent cependant âtre la première préoccupation de l’éducation. La qualité de leur apprentissage et la lutte contre le décrochage en dépendent », insiste l’auteur, qui rappelle que la qualité du personnel enseignant est considérée par la population québécoise comme le critère le plus important de la réussite des élèves.

Il est parfaitement normal et souhaitable que les enseignants puissent faire appel à leurs syndicats pour les défendre dans certaines circonstances. Cela dit, ce sont les excès qui posent problème, explique M. Chassin, qui soutient qu’un mécanisme permettant de congédier les enseignants dont les compétences sont déficientes renforcerait la relation de confiance entre les parents, les directions d’école et les enseignants.

« Les syndicats s’y opposeront sûrement, mais les moyens de remédier à cette lacune sont pourtant connus », ajoute Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l’IEDM. « Les écoles pourraient faire des évaluations périodiques des enseignants, par exemple aux cinq ans, comme en Ontario. Des épreuves uniformes plus fréquentes permettraient aussi de mieux mesurer la qualité de l’enseignement et des apprentissages. Enfin, la rémunération au mérite basée sur des évaluations régulières, une pratique courante dans la vaste majorité des professions, devrait aussi faire partie des solutions. »

Soulignons que durant la dernière année scolaire, en 2014-2015, un seul congédiement pour incompétence a été relevé dans l’ensemble des commissions scolaires québécoises.

Sur le web

Lire sur Contrepoints tous les articles sur le Canada

Voir le commentaire (1)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (1)
  • Je ne sais pas ce qui est recouvert par le terme d’incompétence (qui est en partie subjectif). Cependant dans toute organisation, il y a des « erreurs de recrutement », des médiocres, des ingérables, des gens qui font passer leurs idées-fixes avant toute considération pratique, mais aussi des gens qui « pètent les plombs » et dont la folie douce fait passer l’efficacité dans le domaine négatif. Et rien que le taux de cette dernière catégorie est surement très supérieur à 0,01%.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
décroissance
3
Sauvegarder cet article

Par Germain Belzile et Alexandre Moreau, depuis le Canada. Un article de l'Institut économique de Montréal

 

Récemment, une série de capsules vidéo sur la « décroissance économique » et ses bienfaits a enflammé la toile québécoise. Cette série, produite par Radio-Canada, suggère que nous vivons sur une planète de moins en moins propre, plus pauvre, mal nourrie et que la santé des humains diminue.

Il n'y aurait qu'une minorité de riches qui tirent profit de la situation actuelle et ceux-ci alimentent une croissance ef... Poursuivre la lecture

Par Kerry McDonald.

 

La semaine dernière, j'ai fait une présentation lors d'une conférence organisée par la Harvard Kennedy School sur les modèles scolaires émergents. J'ai parlé de la croissance et de la diversification du mouvement de microschooling et de homeschooling hybride qui était déjà en cours avant 2020 et qui s'est accéléré depuis.

Aujourd'hui, de plus en plus de familles reconnaissent l'énorme valeur de ces programmes hybrides d'enseignement à domicile et de modèles similaires de micro-écoles. Elles les ... Poursuivre la lecture

Les résultats des petits Français aux classements internationaux sont en chute libre : selon l’étude TIMSS[1. Trends in international mathematics and science study] de 2019, seuls 20 % des élèves de CM1 atteignent un niveau élevé en mathématiques et en sciences contre une moyenne de 40 % dans l’Union européenne. Le classement PISA[2. Programme international pour le suivi des acquis des élèves] 2019 nous place en 23e position parmi 79 pays de l’OCDE. Ce classement évalue les élèves en lecture, en mathématiques et en français : les scores des é... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles