Bourse : quels grands enjeux économiques pour 2016 ?

Marchés financier bourse (Crédits : Rafael Matsunaga, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

Passage en revue des grands enjeux qui pourraient influencer la bourse en 2016.

Par Bill Bonner.

Marchés financier bourse (Crédits : Rafael Matsunaga, licence CC-BY 2.0), via Flickr.
Marchés financier bourse (Crédits : Rafael Matsunaga, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

Nous sommes dans les premiers jours de 2016 ; nous cherchons une bonne manière d’entamer cette nouvelle année.

« Et si nous nous trompions ? », nous demandons-nous sans arrêt.

Nous faisons autant d’erreurs que n’importe qui… mais parallèlement, nous passons plus de temps que la plupart des gens à tenter de comprendre « l’ensemble du tableau ». Et nous espérons avoir légèrement plus raison que tort sur ce point.

Ce pourrait être un piège. Et s’il n’y avait pas d’« ensemble du tableau » ? Si c’était simplement une chose que nous imaginons… une vision créée dans notre propre cerveau… un mythe, non une réalité ?

Certains des investisseurs les plus prospères au monde affirment que tenter de voir l’ensemble du tableau est une perte de temps.

Peter Lynch, par exemple. Lynch a géré le Fonds Magellan, de Fidelity, pendant 13 ans et a engrangé un rendement de 2 639% sur cette période. Il aimait à dire que si l’on passait 13 minutes par an sur l’économie, on avait gâché 10 minutes.

Levez les yeux

« On ne peut jamais savoir ce qui se passe », dit-on : mieux vaut alors investir son énergie dans des recherches sur des actions individuelles.

Mais ayez une pensée pour le malheureux analyste japonais de 1989, tête baissée, faisant soigneusement ses calculs : « ne me dérangez pas avec toutes ces histoires de macroéconomie », dit-il à ses clients. « Je fais de l’analyse boursière ».

Nous voilà 26 ans plus tard et il analyse encore… en attendant de rentrer dans ses frais.

Ou un cordonnier juif à Hambourg en 1935. « Un cordonnier reste à son établi », aurait-il pu dire, courbé sur une paire de bottes d’équitation.

Ou un fermier blanc de Rhodésie, après que le pays soit devenu le Zimbabwe. « Nous n’irons nulle part », aurait-il pu dire à sa famille.

Il y a des moments où lever la tête et regarder autour de soi se révèle profitable.

À tort ou à raison, nous pensons que nous traversons un tel moment. Lorsque nous ouvrons les yeux, nous voyons des choses bizarres, fantastiques et inquiétantes.

Deux champions du monde

Prenez le secteur pétrolier, par exemple.

Il y a deux manières principales de faire concurrence, dans le monde des affaires : le prix ou la qualité. Si on est dans le secteur pétrolier, le choix est limité ; on ne peut jouer que sur le prix car la qualité, après raffinage, est sensiblement identique.

Le premier producteur mondial de pétrole à bas coût, c’est l’Arabie Saoudite. Elle a pour objectif de vendre autant de pétrole que possible, en majeure partie parce qu’elle n’a rien d’autre pour elle. Personne n’achète de parfum saoudien. Personne ne conduit d’automobile saoudienne. Personne ne va à Riyad pour des services financiers de classe mondiale.

Le produit saoudien, c’est le pétrole. Son objectif stratégique, c’est de protéger sa part de marché. L’Arabie Saoudite y parvient en inondant occasionnellement le monde de brut bon marché pour mettre à mal les marges de ses concurrents.

Selon les journaux, c’est ce qu’elle a tenté de faire récemment, avec pour but de maintenir le pétrole de schiste américain hors du marché mondial.

Le problème, du point de vue de l’ensemble du tableau, c’est que le producteur d’énergie bon marché de la planète est entré en collision avec le producteur d’argent bon marché de la planète.

Ah… là, nous avons la recette des ennuis.

Le régime d’argent facile mis en place par la Fed a financé l’industrie pétrolière américaine. Grâce à ces fonds aisément accessibles, les spécialistes du fracking ont pu largement augmenter la production américaine. À présent, ils présentent une menace substantielle pour les Saoudiens.

Mais attendez… un tableau encore plus grand se précise…

Pendant un demi-siècle, le pétrole bon marché, disponible facilement et en abondance dans le sous-sol, a enrichi l’élite saoudienne.

Ils l’ont vendu dans le monde entier… utilisant les recettes pour construire leur richesse à l’étranger et renforcer leur puissance à domicile. Ils ont payé des dirigeants politiques, levé des armées pour se protéger des étrangers et embauché des policiers pour torturer leurs opposants.

Le crédit bon marché, débordant comme une fosse septique trop pleine, a fait à peu près la même chose pour l’élite financière américaine.

Les États-Unis ont la devise de réserve mondiale ; ils sont le producteur mondial d’argent à bas coût. Mais le produit n’est pas soudé dans les usines de Monongahela ou assemblé sur les chaînes de production de Chicago.

La classe moyenne ne prend pas part à cette activité. Les injecteurs de crédit américains sont plutôt une élite. Eux aussi vendent leur marchandise partout dans le monde, utilisant leurs gains comme les Saoudiens, pour acheter des politiciens, contrôler le flux de richesse et maintenir leur propre puissance.

Qui sont les plus grands lobbyistes à Washington ?

Les banques, bien entendu.

Et quel est leur but stratégique ? Protéger leur part de marché.

À suivre…

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