Former les jeunes autrement

Il faut repenser l’enseignement et laisser entrer les entreprises à l’école, car c’est là que les choix se font pour l’avenir.

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Brandon Giesbrecht(CC BY 2.0)

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Former les jeunes autrement

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 4 janvier 2016
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Par Nelly Guet

Former les jeunes autrement René Le Honzec

Les poignées de main ne suffiront pas. Les discours non plus. Ce que Jean-Pierre Raffarin aurait pu décider en 2002 et Manuel Valls en 2014, doit être fait en 2016. À défaut de laisser dans 10 ans à nos enfants un pays riche, désendetté, compétitif, où il fait bon vivre ensemble, nous devons au moins leur donner les clés du succès ! Le « Pacte pour la jeunesse » qui vient d’être lancé à Bruxelles le 17 novembre par Martin Schulz, prévoit que chaque État membre établisse un plan d’action national, en matière de relation École-Entreprise. Si l’on considère que la France montre de multiples faiblesses communes avec la Grèce, il s’agirait plutôt d’une exigence et non d’une énième recommandation.

Pour ce faire, il est inutile de nommer des recteurs avec un profil différent, nous dit-on, de celui qui fut inventé 2 siècles auparavant, puisqu’ils n’ont aucun pouvoir réel et ne sont pas autorisés à prendre la moindre initiative sans consulter la rue de Grenelle. Il nous faut en effet de vrais responsables régionaux, de vrais managers, des gens capables d’avoir une vision pour leur région, pour un pays dans lequel les habitants se reconnaissent…

Notre école n’est pas inclusive et nous le savons ! Notre école ne forme pas aux compétences devenues indispensables au XXIe siècle et nous le savons ! Certains se disent que leurs enfants sont à l’abri du chômage, certes ; mais maintenant ils le savent, pas à l’abri de la violence.

Cessons de parler de refondation, de spécificité française, permettons aux générations actuellement scolarisées de comprendre le monde qui les entoure, permettons-leur de pratiquer l’anglais correctement, d’établir des contacts avec des jeunes d’autres pays, de développer leurs compétences personnelles. Il leur faudra, selon la formule d’Alvin Toffler, « apprendre, désapprendre et réapprendre », à condition qu’ils aient appris à prendre des décisions, des responsabilités, des risques, appris à travailler avec d’autres, en dehors de toute compétition, appris à respecter le fait que d’autres puissent avoir une religion différente ou ne pas en avoir du tout.

En 2002, je participais aux travaux d’un cercle de réflexion, grâce à l’expérience que je menais en parallèle avec des chefs d’établissement de 33 pays européens. Nous avions alors proposé, prenant en compte la stratégie de Lisbonne largement ignorée de tous les politiques français, de créer ce que nous avions appelé des PEP4. Monsieur Raffarin se souvient peut-être d’avoir reçu ce dossier ? Il s’agissait en fait d’accorder à des établissements scolaires de quartiers dits sensibles, scolarisant des populations défavorisées, de la Seine-Saint-Denis et d’ailleurs, une plus large autonomie en matière de recrutement, de répartition des heures, de gestion financière… L’expérience fut tentée 6 ans après ! mais fut extrêmement limitée. Entretemps, Richard Descoings avait su donner à son initiative l’image dont nos politiques raffolent… innover mais sans troubler la paix sociale. Autant dire que l’expérience suivante, tentée par Luc Chatel sera vite boycottée car pouvant ouvrir une brèche, tandis que l’expérience de Science Po Paris restera cantonnée à Science Po Paris.

À défaut d’avoir fusionné les académies et les régions, donnons au plus vite à toutes les régions, dont les contours pourront toujours être contestés ultérieurement, le droit à l’expérimentation. Profitons de l’occasion exceptionnelle qui nous est donnée grâce à une répartition quasi égale des pouvoirs régionaux entre les deux partis majoritaires, pour faire ce qui doit être fait depuis plusieurs décennies !

Que Monsieur Valls ne se contente pas d’être ovationné, comme il l’a été en 2014 à l’Université d’été du Medef, qu’il accorde au plus vite aux entreprises le droit d’être parties prenantes dans la formation de nos jeunes et pas seulement de ceux qui ont choisi l’apprentissage ou l’enseignement professionnel. C’est en amont que les choix se font, c’est à l’école et au collège que nous devons former nos jeunes autrement ! Les « STEM », Sciences, Technologies, Ingénierie, Mathématiques, l’éducation financière, l’entrepreneuriat, ne peuvent être enseignés que par des enseignants travaillant en étroite collaboration avec des partenaires : centres de recherche, musées, bien sûr.… mais aussi des entreprises.

Cessons de parler de ceux qui n’apportent aucune solution à nos problèmes. Le pacte pour l’emploi doit permettre une remise à plat du rôle des régions et des académies afin de décentraliser réellement l’Éducation Nationale. Répondons enfin à ceux qui nous veulent du bien : « Nous sommes prêts ». La présidence néerlandaise pendant le premier semestre 2016 mettra l’accent sur l’emploi et l’innovation. Pour permettre à un pays d’innover et de créer des emplois, il faut commencer par l’éducation.

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  • L’Educnat, même avec l’aide des entreprises, avec plus d’autonomie etc… Restera l’Educnat : un enjeu de pouvoir pour les syndicats et les idéologues pour qui la réussite des enfants s’efface devant l’embrigadement politique et un organe de formatage des « citoyens » pour le pouvoir central : une usine à fabriquer des bons chômeurs républicains.

  • 1 – Définir le but de l’école : Instruire et non Éduquer, Apprendre à apprendre, apprendre à penser et non apprendre quoi penser et quoi apprendre.
    2 – Donner un but aux jeunes et valoriser toutes les places dans la société d’où la présence des entreprises à l’école
    (j’utilise le terme école pour ne pas utiliser le terme Education nationale)
    A part une très faible élite capable de se trouver un but après des études généralistes, l’écrasante majorité des jeunes a besoin d’un but et l’école doit donner les moyens d’atteindre ce but.
    Les jeunes sans but et pas franchement séduit par le discours de l’ednat sont autant de cibles faciles pour l’extrême gauche, droite, radicale voire même pire, j’ose à peine le dire tellement ce serait horrible … capitaliste

  • « …permettons aux générations actuellement scolarisées de comprendre le monde qui les entoure, permettons-leur de pratiquer l’anglais correctement, d’établir des contacts avec des jeunes d’autres pays, de développer leurs compétences personnelles. Il leur faudra, selon la formule d’Alvin Toffler, « apprendre, désapprendre et réapprendre », à condition qu’ils aient appris à prendre des décisions, des responsabilités, des risques, appris à travailler avec d’autres, en dehors de toute compétition, appris à respecter le fait que d’autres puissent avoir une religion différente ou ne pas en avoir du tout. »

    Avant de parler anglais correctement, il leur faudrait d’abord parler et écrire correctement le français.
    Avant d’établir des contacts avec des jeunes d’autres pays, il leur faudrait d’abord apprendre ce qu’est un pays et particulièrement le leur.
    Avant de développer leurs compétences personnelles, il leur faudrait d’abord intégrer les compétences générales de base, maîtriser les outils pour les mettre au service de leur intelligence.
    Prendre des décisions, des responsabilités, des risques ne relève pas spécifiquement du rôle de l’école mais à travers les auteurs et les personnalités étudiées, l’école peut leur donner accès à la seule excellence qui vaille, la capacité de réfléchir et décider par soi-même.
    La participation de l’entreprise à l’enseignement ne sera une plus-value que pour des élèves capables de sens critique.

  • Le monopole Education Nationale avec les autres monopoles d’état ont tué notre Pays
    Lorsque j’ai commencé à vendre du bois et des matériaux aux entreprises et institutions il y a plus de 50 ans, les mères se battaient pour placer leurs enfants en apprentissage et ce avant l’âge de 14 ans. Puis l’école obligatoire jusqu’à 16 ans et toutes les non réformes depuis Haby ! Ces « arpet » le les retrouvaient compagnons puis artisans ou patrons mais depuis 1990 les maitres d’apprentissage étaient sous la coupe des professeurs qui ignoraient tout de l’entreprise. J’ai vu des Maitres d’une extrême gentillesse virer sans ménagement le professeur et l’inspecteur du travail qui l’accompagnait qui voulait lui expliquer son métier. Je pense notamment à un grand entrepreneur qui a rendu les contrats d’apprentissages . L’état totalitaire avec ses monopoles a tué notre pays, l’emploi, le logement et favoriser le terrorisme dont il maitrise l’art

  • Il faudrait avant tout que nos enseignants de l’Éducation Nationale ne dénigrent pas systématiquement , les filières pros

  • Le collège unique quelle catastrophe !
    Il me souvient aussi qu’à chaque fois que les employeurs ont demandé à l’EN que la formation soit en adéquation avec les besoins des entreprises les enseignants (et leurs syndicats) ont répondu que l’école n’avait pas à se maquer avec les patrons exploiteurs des masses laborieuses (par exemple lors des pénuries de formation en bâtiment, informatique, santé).

  • La ministre semble obnubilée par la mixité sociale…

    Les parents, eux, ne souhaitent qu’une chose : que leurs enfants soient dans une classe où ils puissent apprendre, s’épanouir et le faire dans des conditions correctes.

    L’une des solutions gratuites à disposition du mammouth : faire des classes de niveau… pour homogénéiser le niveau d’exigence… intéresser les plus rapides qui s’ennuient et se font le plus souvent maltraiter ( 40 élèves studieux par classe ne posent aucun pb) … mieux accompagner les plus en difficulté qui décrochent même avec un alignement des exigences au niveau médiocre ( classes petits effectifs avec les meilleurs enseignants) … laisser respirer les moyens…

    Et je suis même certains que cela favoriserait la fameuse mixité sociale : moins en tant que parents, je me fiche que les autres élèves soient pas de la même culture, religions, classe sociale, bien au contraire… Mais j’exige que les élèves présents dans leurs classes, ne diminuent pas le niveau d’exigence de l’apprentissage des savoirs.

    PS :

  • « laisser entrer les entreprises à l’école, car c’est là que les choix se font pour l’avenir »

    Mais l’avenir des jeunes n’est pas d’intégrer une « entreprise » mais d’avoir un métier. La nuance est de taille.

  • En fait, mon expérience a tendance à prouver que les enseignants sont bien souvent plus compétents pour gérer des entreprises ou a minima manager des équipes. Mon expérience s’appuie sur un parcours à la fois en entreprise, dans l’éducation nationale et en tant que président de plusieurs conseils syndicaux de copropriété dans lesquels on trouve des individus ayant différents parcours.

    Allons au bout des choses. Oui à la révolution culturelle : les enseignants en entreprise (pour les faire mieux marcher car en France ce n’est pas brillant quand même….) et les dirigeants d’entreprise en stage à l’EN pour apprendre à mieux gérer leur entreprise !

    Au passage, l’EN marche de moins en moins bien depuis qu’on y recrute des principaux, proviseurs, inspecteurs n’ayant pas un cursus « maison », ce qui confirme mes propos précédents.

    Quant à l’autonomie, il faut savoir de quoi on parle. Parle-t-on de l’autonomie des enseignants en matière pédagogique ? Cela existe déjà bien que justement depuis quelques années, cette liberté est de plus en plus remise en cause. parle-t-on d’autonomie financière et de gestion (chèque éducation, recrutement à l’échelle de l’école, etc) ? Dans ce cas, lisez PISA vous verrez qu’il n’y a aucune corrélation entre ce genre d’autonomie et les résultats (volume 4 de l’enquête).

    A un moment il faut arrêter l’idéologie.

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