Régionales : le PS a-t-il limité la casse ?

François Hollande en 2011 (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Une fois le brouillard médiatique dissipé, la réalité demeure : les socialistes ont subi un échec retentissant aux régionales.

Par Serge Federbusch.

François Hollande en 2011 (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.
François Hollande en 2011 (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Les socialistes ont subi une véritable déculottée aux élections régionales. Ils perdent la moitié de leurs élus (618 au lieu de 1208) et n’auraient conservé qu’une ou deux de ces collectivités sans les triangulaires provoquées par le Front national. Le retrait de leurs listes dans le Nord et en région Paca avait pour objectif principal de dissimuler ce fait brutal. Le poison mitterrandien est à diffusion lente. Hollande en possède encore quelques fioles.

Par la sainte opération des médias, les voilà pourtant présentés comme ayant quasiment gagné. Il est vrai que le PS a limité un tout petit peu la casse. Le «No Pasaran» à la portée des intermittents du spectacle, un peu comme l’amour est une éternité à la portée des caniches ainsi que l’écrivait un auteur de mauvaise réputation, a resserré les rangs de la gauche autour de Hollande. Frontogauchistes et écoloverdâtres ont oublié aussi sec Notre-Dame-des-Landes, Rémi Fraisse ou l’état d’urgence. Il leur fallait, pour la énième fois, se transformer en faiseuses d’anges pour avorter la bête immonde sortant d’un ventre fécond, etc.

Bref, ayant sauvé d’un cheveu la Bourgogne et le Centre, Hollande va pouvoir escamoter le débat qui aurait pu le faire tanguer. Peut-être même évitera-il de concourir à des primaires. Il continuera donc sa partie de bonneteau, agitant les mains pour dissimuler que son jeu est truqué et que ses cartes ne bougent pas. La gauche ne sortira pas du chloroforme et l’État restera aux mains d’un homme qui n’espère plus qu’en les erreurs des autres.

Pendant ce temps, la droite va s’épuiser en querelles périlleuses durant de longs mois. Certes, Sarkozy s’est enfin décidé à évincer NKM, tout juste bonne à faire perdre son camp, ce dont les médias socialisants et subventionnés lui savent gré en s’émouvant de son triste sort. Mais le risque d’une pluralité de candidats après des primaires ratées est moins que jamais à exclure.

Le Front national, quant à lui, reste dans son coin, un coin de plus en plus spacieux certes mais un coin tout de même. Ses chefs continuent de se dire que le temps joue pour eux, que si ce n’est pas en 2017, ce sera en 2022 que leur tour viendra, à moins que peut-être en 2027…

Nul n’a remarqué que le 13 décembre, jour du deuxième tour des élections régionales, était aussi celui du premier mois des attentats qui ont ensanglanté Paris. Politics as usual… Les jeux partisans ont repris et les fondamentalistes peuvent à nouveau ricaner en constatant que rien ne sera fait, avant au moins un an et demi, pour tenter de s’opposer à leurs progrès, et les passants maugréeront in petto en se disant que la prochaine fois, c’est décidé, ils voteront FN. À moins que ce soit en 2022 ou en 2027…

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