Régionales : le PS a-t-il limité la casse ?

Une fois le brouillard médiatique dissipé, la réalité demeure : les socialistes ont subi un échec retentissant aux régionales.

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François Hollande en 2011 (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

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Régionales : le PS a-t-il limité la casse ?

Publié le 18 décembre 2015
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Par Serge Federbusch.

François Hollande en 2011 (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.
François Hollande en 2011 (Crédits : Parti Socialiste, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Les socialistes ont subi une véritable déculottée aux élections régionales. Ils perdent la moitié de leurs élus (618 au lieu de 1208) et n’auraient conservé qu’une ou deux de ces collectivités sans les triangulaires provoquées par le Front national. Le retrait de leurs listes dans le Nord et en région Paca avait pour objectif principal de dissimuler ce fait brutal. Le poison mitterrandien est à diffusion lente. Hollande en possède encore quelques fioles.

Par la sainte opération des médias, les voilà pourtant présentés comme ayant quasiment gagné. Il est vrai que le PS a limité un tout petit peu la casse. Le «No Pasaran» à la portée des intermittents du spectacle, un peu comme l’amour est une éternité à la portée des caniches ainsi que l’écrivait un auteur de mauvaise réputation, a resserré les rangs de la gauche autour de Hollande. Frontogauchistes et écoloverdâtres ont oublié aussi sec Notre-Dame-des-Landes, Rémi Fraisse ou l’état d’urgence. Il leur fallait, pour la énième fois, se transformer en faiseuses d’anges pour avorter la bête immonde sortant d’un ventre fécond, etc.

Bref, ayant sauvé d’un cheveu la Bourgogne et le Centre, Hollande va pouvoir escamoter le débat qui aurait pu le faire tanguer. Peut-être même évitera-il de concourir à des primaires. Il continuera donc sa partie de bonneteau, agitant les mains pour dissimuler que son jeu est truqué et que ses cartes ne bougent pas. La gauche ne sortira pas du chloroforme et l’État restera aux mains d’un homme qui n’espère plus qu’en les erreurs des autres.

Pendant ce temps, la droite va s’épuiser en querelles périlleuses durant de longs mois. Certes, Sarkozy s’est enfin décidé à évincer NKM, tout juste bonne à faire perdre son camp, ce dont les médias socialisants et subventionnés lui savent gré en s’émouvant de son triste sort. Mais le risque d’une pluralité de candidats après des primaires ratées est moins que jamais à exclure.

Le Front national, quant à lui, reste dans son coin, un coin de plus en plus spacieux certes mais un coin tout de même. Ses chefs continuent de se dire que le temps joue pour eux, que si ce n’est pas en 2017, ce sera en 2022 que leur tour viendra, à moins que peut-être en 2027…

Nul n’a remarqué que le 13 décembre, jour du deuxième tour des élections régionales, était aussi celui du premier mois des attentats qui ont ensanglanté Paris. Politics as usual… Les jeux partisans ont repris et les fondamentalistes peuvent à nouveau ricaner en constatant que rien ne sera fait, avant au moins un an et demi, pour tenter de s’opposer à leurs progrès, et les passants maugréeront in petto en se disant que la prochaine fois, c’est décidé, ils voteront FN. À moins que ce soit en 2022 ou en 2027…

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  • Bien sûr que la Gauche a perdu. Les analystes qui parlent d’une casse limitée oublient totalement leurs propres écrits des précédentes régionales, où une seule région était allée à la Droite. Le PS avait tout raflé parce que, en plus de n’être pas au pouvoir et de subir les avanies économiques, il pouvait compter sur :
    – ses niches électorales (subventionnées, communautaires…)
    – le cosmopolitisme de la classe moyenne qui veut plus de service publique
    – le FN qui coince la droite

    Ces trois avantages structurels sont toujours là, grâce notamment aux taux d’intérêts bas qui ont permis à la France de continuer de s’endetter et « nourrir » les subventions intéressées.

  • @ l’auteur et @ amike

    je vous trouve bien partiaux sur ces défaites / victoires : certes la gauche n’a pas reconduit sa « détention » de toutes les régions-1.

    Néanmoins, quand je regarde une carte de France, je constate que le PS a gagné dans quasiment la moitié du pays et pas seulement dans des bastions historiques comme le sud ouest : comment est il possible que la droite n’ait pas gagné dans le Centre ? en Bourgogne Franche-Comté ?

    de plus la droite a gagné d’un fil en Normandie et en IdF.

    certes ce n’est pas glorieux pour le PS, mais je trouve que ça l’est encore moins pour la droite !

    • Ils passent de 95 % des Régions à 38%. A cela il faut ajouter la disparition totale des Régions de leurs plus grosses fédérations (Nord et PCA) doublé par la perte des Régions les plus riches (Paris, Lyon, Marseille).
      A part cela Madame la Marquise, tout vas bien !!!

    • Moins du tiers des français vivront dans une région de métropole à majorité de gauche.
      Aquitaine-Poitou-Charentes-Limousin : 5.8M
      Bretagne : 3.3M
      Bourgogne-Franche-Comté : 2.6M
      Centre : 2.5M
      Midi-Pyrénées-langudedoc Roussillon : 5.7M

      Oui sur la carte ça fait beaucoup de rose mais ça fait pas grand monde.

  • Le Ps ne doit sa survie qu’au niveau atteint par le FN.

  • Il faut voir les faits tels qu’ils sont.

    – La Droite, c’est à dire les Républicains et le FN, est majoritaire de très loin dans le pays.

    – Le FN, devenu le premier parti de France, n’est plus, depuis un certain temps, une force d’appoint, c’est plutôt le contraire qui se dessine.

    – L’ensemble de la gauche marxiste et marxiste-léniniste, même si elle est augmentée demain des centristes ne sera plus jamais majoritaire. Seule la division de la Droite LR.FN peut lui assurer le maintien au pouvoir.

    Sarkosy est squeezé (terme de bridge) parce que s’il s’oriente à droite, il perd les centristes, s’il s’oriente à gauche, il perd les droitistes. LR devient alors encore plus minoritaire face au FN
    Rappel: Il a perdu en 2012 par son indécision à définir une orientation claire et sa campagne fut donc brouillée à loisir par ses collaborateurs poussant chacun sa chansonnette dont NKM qui incita l’électorat FN à ne pas se reporter sur le candidat UMP au second tour. Sarkosy peut lui dire un grand merci et il semble aujourd’hui décidé à lui faire payer ses déclarations pro- socialistes.

    Qu’est-ce qui différencie le FN de la droite de LR ? rien sinon l’Europe.
    Est-ce que c’est insurmontable ? non si chacun y met du sien en considérant que ce qui rapproche est plus important que ce qui divise.

    Mais pour cela, il faudrait que LR perde complètement ses complexes vis à vis des « valeurs » de gauche et s’émancipe du politiquement correct que la gauche marxiste lui a imposé. Bref, qu’elle n’ait plus honte d’être de droite et affirme des valeurs de droite.

    Concernant l’Europe:
    – le FN considère que la transformation de l’euro de monnaie commune à monnaie unique en 2002 fut une erreur fondamentale, ce que pensent aussi la plupart des économistes. Il préconise donc de sortir de l’eurozone en rejoignant les pays comparables qui n’y sont pas entrés à savoir l’UK et les pays scandinaves, les pays ex-communistes, c’est une autre histoire.
    Le FN considère donc que la sortie de l’euro est la condition sine qua non de la reprise économique.

    – LR considère que ce qui est fait est fait et qu’il faut aller jusqu’au bout de la logique. La sortie de la France signerait immédiatement la fin de l’eurozone et fragiliserait gravement l’UE

    Le point d’accord pourrait alors être le suivant: OK, on reste encore un peu dans l’eurozone, mais si cela tangue trop, à la prochaine crise très grave, on n’insiste pas et on reprend nos billes.

    • – « La Droite, c’est à dire les Républicains et le FN, est majoritaire de très loin dans le pays ».

      Il convient d’expliciter pour que tout soit bien clair.
      C’était une élection au scrutin proportionnel et c’est le premier tour qui est important car (voir les résultats officiels du Min.Int.) car la proportionnelle reflète le poids électoral presqu’exact des formations politiques qui se sont présentées, même si beaucoup furent ensuite éliminées au second tour par la barre des 10%

      En rajoutant tout le monde qui trouve sa place à Droite ou à Gauche, on voit immédiatement qui est largement majoritaire dans le pays entre les formations classées à droite (le partis a-marxistes) et les formations placées à gauche (les partis marxistes)

      Le deuxième tour, c’est autre chose.
      Normalement, à la proportionnelle, il n’y a qu’un seul tour.

      Le second tour fut rajoutée par le PS.RPR afin d’empêcher le FN de l’époque qui avait moins d’électeurs d’être correctement représenté en région. On y a donc rajouté les tripatouillages et désistements du scrutin majoritaire à deux tour qui empêchent une troisième force d’émerger et on a complété la sauce avec la prime de 25% des élus au premier avant répartition à la proportionnelle afin d’être assuré que le FN, même avec des élus, ne pourrait pas peser sur la désignation du président de région.
      Ce que personne n’avait prévu, c’est que le FN deviendrait plus fort que le PS ou que le RPR.UMP.

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