Donald Trump, le joker des présidentielles américaines

Donald Trump (Crédits : Gage Skidmore, licence CC BY-SA 2.0), via Flickr.

Trump occupe toute la scène médiatique, au détriment des autres candidats. Une stratégie des adversaires de Trump ?

Par Bernard Zimmern

Gage Skidmore Donald Trump(CC BY-SA 2.0)
Gage Skidmore Donald Trump(CC BY-SA 2.0)

 

On sait que la grande invention de Bill Clinton pour faire élire sa femme Hillary, a été, sinon de le lancer dans l’arène électorale, du moins d’encourager à s’y lancer Donald Trump. Donald Trump est en effet si excessif qu’il n’a aucune chance d’être élu contre Hillary. Tout le problème de cette manœuvre est de maintenir Trump en pole position pour qu’il ne s’écrase pas avant les élections des primaires proprement dites, qui débutent au 1er février 2016.

Les Clinton peuvent espérer répéter la stratégie gagnante d’Obama contre Mitt Romney, consistant à faire durer les élections primaires républicaines jusqu’aux votes des derniers États en juin, de façon à épuiser les réserves financières du candidat républicain qui émergera au finish ; il n’aura plus les ressources nécessaires pour contrer les milliards de dollars qu’Hillary et sa fondation ont accumulés.

C’est pourquoi il est indispensable qu’aucun autre candidat sérieux ne puisse se faire entendre par les médias avant le début des élections ; et c’est pourquoi les relais médiatiques de gauche comme le Huffington Post se sont donné comme règle de faire passer chaque jour une nouvelle annonce consacrée à la dernière déclaration ou au dernier esclandre de Donald Trump, de façon à ce qu’il occupe toujours l’avant-scène des Républicains et prenne tout l’espace médiatique.

Il y a parfois des images relayant les messages d’autres candidats extrémistes comme Ted Cruz ou Paul Ryan, qui encouragent les internautes à croire que les Républicains sont tous des extrémistes.

Mais nous croyons n’avoir jamais vu sur le Huffington Post d’images ou de vidéos mettant en valeur Marco Rubio, le candidat républicain qui a pourtant le plus de chances de l’emporter en raison de ses positions modérées, de son talent oratoire et du fait que, né d’immigrés cubains, il devrait réunir sur son nom l’électorat d’Amérique latine qui représente environ un quart des suffrages.

La stratégie du silence est en effet la meilleure lorsqu’il s’agit d’étouffer un concurrent et d’éviter qu’il ne devienne compétitif dans la campagne électorale.

Le miracle américain se répétera-t-il et fera-t-il échouer cette manœuvre des Clinton ?

Ce miracle est le vote du New Hampshire prévu le 9 février qui suit le caucus de l’Iowa le 1er février. Le caucus se différencie des votes suivants en ce que les membres d’un parti se réunissent dans chacun des 91 comtés de l’Iowa et désignent, semble-t-il par acclamation, un délégué, et que ce sont ces délégués qui vont à leur tour désigner le représentant qui va les représenter dans l’élection finale du candidat à la présidence et son suppléant.

Le caucus est déjà une première indication de la force d’une candidature mais n’a pas l’importance d’un vote comme celui du New Hampshire.

Cet État est l’un des plus petits avec environ seulement 1 million d’électeurs et une surface trois fois plus petite que la France, où il est donc possible pour un candidat à la présidence de rencontrer physiquement une grande partie des électeurs dans les semaines ou les mois qui précèdent les élections et de discuter avec eux. Cela permet à ces électeurs de se faire une idée plus directe que celle distribuée par les télévisions où les échanges avec eux sont pratiquement impossibles.

C’est au New Hampshire que des personnalités comme Ronald Reagan ou Bill Clinton ont effectué une percée qui a été décisive pour créer un courant médiatique et leur a permis d’emporter les États suivants. Ce contact avec les électeurs est impossible dans les autres États en raison de populations qui dépassent aisément les 10 millions.

Le New Hampshire est le tunnel caché de l’entrée dans l’histoire qui fait émerger des leaders. Le sera-t-il encore en 2016 ? Réponse dans deux mois.

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