Djihadisme, le bolchévisme musulman

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Le djihadisme est aussi éloigné de l’islam que le bolchévisme du christianisme.

Par Philippe Fabry

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Le djihadisme n’est pas seulement un phénomène religieux, mais aussi politique : l’islamisme radical fournit à des marginaux et des délinquants en quête de sens une idéologie de révolte clef en main comme, jadis, l’anarchisme au temps de la bande à Bonnot ou le marxisme au temps de la bande à Baader. Ce que je souhaite montrer dans ce billet, c’est combien le djihadisme, plus profondément et systématiquement, est au monde musulman ce qu’a été le bolchévisme au monde chrétien : une hérésie millénariste débouchant sur un mouvement politique internationaliste violent. Dans ses origines, son développement, son éclosion, le mouvement a suivi la même trajectoire que le bolchévisme. Pour cela, reprenons l’histoire longue de l’un et l’autre mouvement.

Le bolchévisme

L’origine rousseauiste

La racine originelle du bolchévisme se trouve, selon moi, dans la pensée de Jean-Jacques Rousseau et sa vision de l’état de nature : contrairement aux précédents théoriciens du contrat social, Hobbes et Locke principalement, Rousseau considérait l’homme comme bon par nature. Là où pour Hobbes l’homme était plutôt mauvais et devait être assujetti à un pouvoir, et où pour Locke il avait simplement des droits naturels qu’il fallait faire respecter, Rousseau rompait avec la vision chrétienne traditionnelle de l’homme apte au bien comme au mal par nature, depuis le péché originel. Farouche ennemi de l’idée de péché originel, Rousseau lui substituait, pour expliquer la présence du mal dans le monde, la constitution de la société, qui serait à l’origine de la corruption humaine. C’est en se fondant sur cette explication de l’origine du mal qu’il proposait son contrat social comme un remède, qui devrait non pas, comme chez Hobbes ou Locke, gérer le mal, mais, en en supprimant les causes, en supprimer l’existence. Cette idée centrale de la possibilité de supprimer le mal en revenant à l’état de nature est à l’origine du mouvement qui devait marquer l’histoire des deux siècles suivants.

En cherchant à exprimer ce que devrait être ce contrat social, Rousseau a régulièrement fait l’éloge du modèle antique de Sparte. « Les mœurs de Sparte ont toujours été proposées en exemple à toute la Grèce ; toute la Grèce était corrompue et il y avait encore la vertu à Sparte ; toute la Grèce était esclave, Sparte seule était encore libre », disait-il. Ou encore : « Il importe donc, pour avoir bien l’énoncé de la volonté générale, qu’il n’y ait pas de société partielle dans l’État et que chaque citoyen n’opère que d’après lui. Telle fut l’unique et sublime institution du grand Lycurgue. » Or, l’on sait que le modèle de Sparte était un modèle de société totalitaire, et que tous les philosophes qui s’inspirèrent de Sparte, comme Platon, imaginèrent des sociétés « idéales » dont la description dessine toujours, précisément, un système totalitaire. Voltaire, de son côté, préférait Athènes, et avait bien compris la nature de Sparte en disant : « Qu’est-ce donc que Sparte ? Une armée toujours sous les armes si ce n’est plutôt un vaste cloître. »

Les disciples de Rousseau étaient eux aussi des admirateurs de Sparte : songeons à Gracchus Babeuf, initiateur de la conjuration des Égaux, sous la Révolution, qui portait un projet communiste. Le nom même de sa conjuration venait du nom des citoyens de Sparte, les Homoioï  ; mal traduit par « égaux », mais qui voulait dire plutôt « semblables », ce qui traduit encore une fois l’esprit totalitaire de la société dans laquelle les individus sont considérés comme interchangeables.

La percolation anarcho-socialiste

Le babouvisme est historiquement considéré comme une préfiguration du communisme et de l’anarchisme qui devaient se déployer au XIXe siècle, et constitue donc un chaînon entre le rousseauisme et le bolchévisme. Le projet communiste de Babeuf, lui-même, tire ses origines de Rousseau et de sa vision très négative de la propriété ; en effet, si pour Rousseau l’origine de la dépravation de l’homme est la société (« L’homme est naturellement bon et c’est la société qui le déprave »), l’origine de la société elle-même est la propriété privée (« le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire « ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le premier fondateur de la société civile ») ; et donc, l’origine du mal est la propriété privée.

L’anarcho-socialisme, au XIXe siècle, se développa sur cette idée que puisque l’homme est naturellement bon, et que la société organisée, fondée sur la propriété, le corrompt, alors il suffirait de supprimer la propriété pour que l’homme revienne à son état antérieur et que le mal disparaisse ; aussi bien les idées de Rousseau apparaissent-elles encore chez Proudhon disant « la propriété, c’est le vol » , quoiqu’il soit revenu plus tard sur cette affirmation.

Le courant anarcho-socialiste, au XIXe siècle, porta beaucoup de controverses entre différents courants, mais c’est dans ce terreau qu’apparut le marxisme, conception spécifique de l’anarchisme qui proposait d’atteindre ces buts de la disparition de l’État et de la propriété, et l’avènement de la société autogérée, en passant par une étape de dictature du prolétariat. Les bases de cette pensée sont jetées dans le Manifeste du Parti Communiste, publié en 1848, et elle prend sa première forme organique avec la création de l’Association Internationale des Travailleurs, en 1864. En 1872 a lieu une scission, qui a raison de cette Première Internationale, par laquelle les anarcho-socialistes anti-autoritaires, opposés à l’idée de dictature, même temporaire, pour atteindre le but de l’anarchie, rompent avec le courant marxiste.

Notons qu’à l’époque, l’anarcho-socialisme avait déjà trouvé à s’exprimer de manière violente : avec la Commune de Paris en 1871, puis avec l’action terroriste de Svoboda à Saint-Pétersbourg en 1879. À la même époque était rédigée l’Internationale, chant révolutionnaire aux paroles éminemment millénaristes, appelant à la naissance d’un « genre humain transfiguré » après la « lutte finale ». Il faut réaliser à quel point ces idées tiennent du mysticisme eschatologique, et sont présentes dans toutes les religions qui disposent de prophéties sur la fin du monde : il y est toujours question d’une grande guerre terminale dont l’issue mettra fin au Mal et verra le Bien triompher définitivement, et une humanité nouvelle se lever ; l’on trouve bien, ici, l’aboutissement de la « théologie » rousseauiste, avec l’idée que l’abolition de la propriété, cause du mal, aboutira à la restauration de la condition bienheureuse initiale, tout comme l’eschatologie judéo-chrétienne promet la réconciliation divine, la rédemption du péché originel ; et ce n’est pas sans raison que les bolchéviks lutteront avec une haine forcenée contre l’Église chrétienne, haine jamais vue depuis les guerres de religion : le bolchévisme est une hérésie chrétienne.

L’organisation bolchévique

Friedrich Engels, compagnon et héritier intellectuel de Marx, pousse à la fondation, en 1889, d’une Internationale Ouvrière, ou IIe Internationale, cette fois-ci entièrement structurée autour des idées marxistes, et qui devait associer les différents mouvements ouvriers nationaux.

En Russie, le parti affilié à cette Internationale ouvrière était le Parti ouvrier social-démocrate de Russie, fondé en 1898, et qui fut rapidement rejoint par Vladimir Ilitch Oulianov, dit Lénine. Ce parti connut en 1903 une scission entre bolchéviks (majoritaires) et menchéviks (minoritaires) ; les premiers ayant parmi leurs dirigeants Lénine, qui avait publié en 1902 Que faire ?, ouvrage dans lequel il proposait sa vision de l’organisation du combat révolutionnaire.

Appliquant ses doctrines, Lénine devait arriver au pouvoir en Russie par le coup d’État de novembre 1917 (Octobre rouge) et mettre en place le régime totalitaire de terreur que l’on sait, et la propriété serait abolie dans le « communisme de guerre ».

C’est à partir de là que le bolchévisme essaimerait : en 1919, Lénine fonde la IIIe Internationale, l’Internationale communiste, et en 1920 apparaît le Parti communiste français (section française de l’Internationale communiste), en 1920-1921 le Parti communiste chinois. Le Parti communiste d’Allemagne, fondé début 1919 et ayant provoqué la révolte spartakiste, fut rapidement placé sous contrôle du Komintern.

Le Komintern devenait une organisation révolutionnaire terroriste internationale, qui financerait et armerait partout la révolution : on le voit particulièrement à l’œuvre durant la guerre d’Espagne, soutenant les Républicains et armant les Brigades Internationales, composées de dizaines de milliers de combattants issus d’une cinquantaine de pays. La peur du bolchévisme devait faire naître, en réaction, le fascisme.

Le Komintern devait être dissous en 1943 par Staline, et remplacé en 1947 par le Kominform. Mais la fin de l’organisation ne signifiait pas la fin du mouvement, puisque les mêmes idées et méthodes devaient survivre durant les années de plomb, et ne s’éteindre qu’avec la fin du rêve communiste en 1989.

Parlons maintenant du djihadisme.

Le djihadisme

L’influence du prêche d’Abdelwahhab

L’origine du djihadisme actuel se trouve dans la doctrine formulée par Mohammed Ben Abdelwahhab au XVIIIe siècle et portant une vision de l’islam, dénoncée par ses contemporains comme par son propre frère, rigoriste, littéraliste, et censée refléter l’état originel de la religion musulmane. Selon Abdelwahhab, l’abaissement du monde arabo-musulman face au monde occidental dont il était témoin (et qui devait se manifester de manière éclatante quelques années après sa mort, avec l’invasion de l’Égypte par les forces de Bonaparte) était causé par l’oubli de l’islam traditionnel par les populations musulmanes, et la perversion des élites.

Au-delà du pur wahhabisme, impliquant une autorité de la dynastie saoudienne avec laquelle Abdelwahhab s’était allié, c’est à la source de tout le mouvement salafiste de l’époque moderne qu’on trouve ce prédicateur, même si, aujourd’hui, le wahhabisme saoudien est simplement un courant spécifique du salafisme.

Le salafisme, donc, est une volonté de retour à la pureté de l’islam originel, l’islam des ancêtres (salaf), ce retour étant supposé régler tous les problèmes et permettre, notamment, de se débarrasser de l’influence occidentale infectant les élites.

L’organisation du mouvement islamiste

Au début du XXe siècle, le mouvement islamiste accouche par l’Égyptien Hassan El-Banna de l’association des Frères Musulmans, fondée en 1928 afin de promouvoir l’instauration d’un État islamique appliquant la charia, et de défendre cette conception d’un point de vue panislamiste, donc international.

Aujourd’hui, salafistes et Frères Musulmans sont concurrents, ces derniers, pour agir, ayant intégré les concepts de partis politiques, d’association, de république que les salafistes regardent comme produits de l’influence occidentale. Cependant, force est de constater la proximité idéologique des deux mouvements, le second constituant un développement du premier et poursuivant le même but quitte à admettre, pour l’atteindre, d’employer des moyens paraissant contraires (tout comme le marxisme et sa dictature du prolétariat poursuivait le but de l’anarchie). La proximité idéologique semble particulièrement visible dans la doctrine du maître-penseur des Frères Musulmans, Sayyid Qutb (mort en 1966), selon laquelle la plupart des musulmans ne l’étaient pas vraiment, faute de connaître leur doctrine, et un retour au véritable islam était nécessaire ; le nassérisme, trop marqué par l’influence occidentale, devait être combattu ; un retour au véritable islam serait la réponse à tous les problèmes des pays musulmans – où l’on retrouve les préoccupations d’Abdelwahhab.

En 1954, l’association sunnite des Frères Musulmans devait entrer en relation étroite avec le mouvement iranien chiite des Fedayin de l’islam de Navvab Safavi, responsable de plusieurs assassinats politiques en Iran et qui prônait l’application de la charia. Ce rapprochement devait importer en Iran chiite l’idée de révolution islamique et la doctrine de Qutb. En 1955, Safavi ayant été exécuté, c’est Khomeini qui prend la tête du mouvement.

À la fin des années 1970 est fondé le Djihad islamique égyptien, issu des Frères Musulmans, ayant pour but l’instauration du Califat et de la loi islamique dans le pays, et qui devait organiser l’assassinat de Sadate en 1981.

L’éclosion du djihadisme

Les objectifs révolutionnaires des Frères Musulmans sunnites devaient, paradoxalement, être atteints d’abord en Iran, avec la Révolution islamique de 1979, date ouvrant la période d’essaimage de l’islamisme et de la mise en place d’une internationale djihadiste : la même année, la Grande Mosquée de la Mecque est prise par des djihadistes. En 1982 apparaît le Hezbollah, soutenu par l’Iran, en 1987 le Hamas, soutenu par l’Iran et les Frères Musulmans, en 1987 aussi Al-Qaïda, engagée notamment en Afghanistan contre les Soviétiques ; en 1992 le Groupe Islamique Armé en Algérie, etc. jusqu’au Front Al-Nosra et l’État islamique depuis le début de la guerre en Syrie. Tous ces groupes sont financés par l’Arabie Saoudite sunnite et/ou la République islamique d’Iran chiite. Le fait que la bête ait deux têtes ne doit pas faire oublier que le djihadisme touche autant les deux confessions de l’islam.

Aujourd’hui, le djihadisme en est au stade où était rendu le bolchévisme mondial entre 1930 et 1990, celui de l’assujettissement de plusieurs pays à un régime appliquant les idéaux du mouvement, et à l’expansion du terrorisme révolutionnaire à l’échelle globale. En réaction, nous voyons apparaître en Europe ce que j’ai d’ores et déjà décrit sous le nom de poutinisme.

L’eschatologie djihadiste

Comme le bolchévisme et toute idéologie millénariste, le djihadisme s’appuie sur un discours eschatologique : les djihadistes croient en une prophétie, récupérée d’Ezechiel dans la tradition judaïque, annonçant l’invasion de la terre sainte d’Arabie (qu’ils jugent réalisée par l’arrivée des USA en 1991), et une grande guerre contre les nations infidèles (Gog et Magog, dans la tradition juive) dont l’islam sortira triomphant grâce à l’aide de Dieu, qui enverra le Mahdi, chef religieux et militaire devant conduire l’islam à la victoire totale et instaurer son règne mondial ; la venue du Mahdi, naturellement, est conditionnée par un retour à la pureté de l’islam.

En bref

Je pense que le parallèle est assez évident : comme le bolchévisme, le djihadisme est une réaction violente du monde arabe à la modernité ; il trouve son origine dans un prêche du mitan du XVIIIe siècle fantasmant un âge d’or vers lequel il serait possible de revenir en appliquant quelques mesures simples et radicales ; après une percolation assez longue, ces idées accouchent d’une organisation internationaliste révolutionnaire armée.

Voici un tableau schématisant le parallèle :

Bolchévisme Djihadisme

Je voudrais encore insister sur quelques points.

Des révolutionnaires profondément criminels

Selon Ayman Al-Zawahiri, l’objectif du djihadisme est de lutter contre le règne de « l’empire américain et du gouvernement juif mondial », tout comme Marx avait écrit Sur la question juive, tout en ayant pour principal ennemi le capitalisme, dont Lénine écrirait plus tard qu’il est le « stade suprême du capitalisme ». Lorsque l’on dit que les djihadistes nous détestent en raison de notre liberté, ce n’est donc pas une formule, c’est la vérité : les djihadistes détestent la liberté en soi, ils détestent l’ordre libéral et l’économie fondée sur le capital, soit la propriété (et donc la liberté), en tant que tels, de la même manière que les détestaient les bolchéviks.

Et cela nous mène inéluctablement à la conclusion suivante : toutes les affirmations, répandues notamment dans les milieux libéraux, s’inspirant du blowback de Ron Paul, et affirmant que ces gens nous détestent parce qu’ils seraient victimes de nos politiques impérialistes, sont infondées, ainsi que le démontre l’exercice comparatif avec le bolchévisme : les bolchéviks n’ont pas été victimes de l’impérialisme, les terroristes de la bande à Bonnot et de la bande à Baader n’étaient victimes d’aucune espèce d’oppression, l’URSS n’était pas ennemie de l’Occident en raison d’une menace que celui-ci faisait peser sur elle. Les djihadistes aujourd’hui, comme les bolchéviks hier, détestent par nature les sociétés libérales, ils sont même le produit, en réaction, de l’apparition des sociétés libérales. Les djihadistes, comme leurs équivalents bolchéviks, se perçoivent comme des victimes du système libéral qui les opprimerait ; et dans nos sociétés libérales il se trouve, aujourd’hui à propos des djihadistes comme hier à propos des bolchéviks, des gens pour croire à ces fables : Staline aurait fait le coup de Prague et créé le Pacte de Varsovie pour se défendre légitimement face à la menace « impérialiste » américaine ; l’Iran aurait bien le droit à sa bombe, car il a peur de l’impérialisme américain.

Or tous ces gens sont des criminels, par nature, et n’ont pas d’excuse. Je dis bien « par nature » : ce n’est pas leur idéologie qui les transforme. Ces gens sont toujours des délinquants avant d’être des fanatiques. Bonnot, comme Baader et même Djougachvili-Koba-Staline étaient des criminels à main armée avant de donner dans le communisme révolutionnaire ; de la même façon, tous les terroristes qui nous frappent depuis des années, les Merah, Nemmouche, ou les derniers en date, sont des délinquants violents devenus révolutionnaires. Ce ne sont pas des victimes qui basculent dans le terrorisme par désir de vengeance, ce sont des criminels qui cherchent à rationaliser et légitimer, donner du sens à leurs crimes en les enrobant dans une idéologie de révolte clef en main.

À ce titre, ces gens ne méritent pas qu’on leur cherche des excuses, tout comme les bolchéviks ne le méritaient pas. L’émergence du djihadisme n’est pas plus la faute des Occidentaux que celle du bolchévisme n’était à attribuer à la démocratie libérale et à l’économie de marché.

Le djihadisme n’est pas l’islam

Et je voudrais, ici, porter une autre conclusion, à propos de l’islam en général : lorsque les musulmans regardent l’action des djihadistes et disent « ce n’est pas l’islam », il ne faut pas les moquer, mais les comprendre : pour eux le djihadisme est aussi éloigné de l’islam que le bolchévisme l’est du christianisme pour nous, et pourtant, pour les Moudjahidin d’Afghanistan, les Soviétiques étaient des croisés !

Ainsi faut-il bien considérer que, tout comme les premières victimes du bolchévisme furent des chrétiens, les premières victimes du djihadisme sont aujourd’hui les musulmans ; et c’est logique au vu de ce que j’ai tenté de montrer, savoir que, fondamentalement, le bolchévisme est une hérésie chrétienne, quand le djihadisme révolutionnaire moderne est une hérésie musulmane ; aussi bien l’enseignement de Mohammed Ben Abdelwahhab fut-il ainsi dénoncé par son propre frère Souleyman, dès le XVIIIe siècle.

Au total, donc, l’Occident peut bien combattre, sans culpabiliser, des gens qui le détestent pour ce qu’il est, et pas pour ce qu’il leur aurait prétendûment fait. Et sans crainte d’offenser les musulmans puisque, de leur propre avis, ces gens n’en sont pas.


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