Bitcoin, le Wikipédia de la finance

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Bitcoin, le Wikipédia de la finance

Publié le 1 novembre 2015
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Par Benoît Moreau

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Bitcoin Wallpapper-Jason BenjaminDomaine public

 

Il existe de nombreuses définitions de Bitcoin, certaines très techniques, d’autres plus imagées ou même sous forme de petite vidéo, je salue ces efforts et je vous invite à y jeter un coup d’œil.

Pour ma part, ma façon préférée d’introduire Bitcoin devant un nouveau public, c’est en procédant par analogie avec un projet que j’affectionne particulièrement : Wikipédia !

Vous connaissez probablement tous Wikipédia, l’encyclopédie libre et universelle, 6ème site web le plus consulté au monde.

Vous n’ignorez certainement pas que la totalité du contenu de cette encyclopédie digitale est produite, vérifiée, corrigée et mise à jour de façon collaborative par les internautes sur la base d’une participation libre et volontaire. C’est le fameux système wiki de Wikipédia qui permet la création et la modification immédiate des pages par tous les visiteurs, même sans inscription !

Par ailleurs vous n’êtes certainement pas insensibles au fait que cette encyclopédie est disponible sous licence libre et que tout son contenu est accessible gratuitement. Sachant que ce n’est pas seulement le contenu de Wikipédia qui est libre, mais c’est aussi toute son architecture, tout son système de gestion de contenu qui est programmé selon les principes du logiciel libre. C’est-à-dire que l’utilisation, l’étude, la modification et la duplication du système wiki en vue de sa diffusion sont permises tant techniquement que légalement.

Pourquoi je vous parle de tout ça ?

Parce que Wikipédia est la première encyclopédie électronique libre et participative de l’histoire.
Parce que Wikipédia est la première encyclopédie électronique décentralisée1 de l’histoire. Et surtout, parce que Wikipédia donne du sens à ces mots, libre, participatif, et décentralisé, sans lesquels il n’est pas possible de comprendre Bitcoin.

Qu’est-ce que Bitcoin ?

Bitcoin est un protocole de communication (un ensemble de règles), publié2 sous licence libre MIT, qui permet à ses utilisateurs de maintenir de façon collaborative une comptabilité, publique et infalsifiable, de toutes les transactions en bitcoins qu’ils effectuent entre eux3.

Ainsi le protocole Bitcoin permet de connecter tous ceux qui l’utilisent pour former un réseau de paiement participatif planétaire. Réseau de paiement pair à pair, qui fonctionne uniquement grâce à ses participants et qui n’est sous la tutelle d’aucune banque ou organisme central.

Sur ce réseau de paiement libre, participatif et décentralisé, nommé Bitcoin (avec un B majuscule) s’échange la première monnaie libre, participative et décentralisée de l’histoire : le bitcoin (avec un b minuscule, et un article devant).

C’est ce qui me fait dire que Bitcoin est le Wikipédia de la finance !

Pourquoi s’intéresser à Bitcoin…

Si vous vous demandez à quoi peut bien servir une telle invention et que vous doutez que ça fonctionne un jour, prenez donc une pause et méditez un instant cette citation d’Albert Einstein :

« Si une idée ne paraît pas d’abord absurde, alors il n’y a aucun espoir qu’elle devienne quelque chose. » (Albert Einstein)

Permettez-moi d’illustrer ce propos en poursuivant un instant mon analogie avec Wikipédia.

Avant le lancement de Wikipédia en 2001 :

  • Qui aurait pu croire qu’une encyclopédie dont le contenu peut être produit anonymement par n’importe quel internaute, serait fiable4 ? Pourtant, c’est très largement le cas ! Le prix Nobel de chimie Harold Kroto ayant été jusqu’à dire « dans mon domaine, Wikipédia est plus fiable que les manuels. »5 Fiabilité très correcte que confirment diverses études.
  • Qui aurait pu prédire qu’une encyclopédie, dont la production de contenu n’est pas rémunérée et dont les droits d’auteurs sont systématiquement cédés à la communauté (Copyleft), trouverait autant de volontaires pour la rédiger et couvrirait autant de domaines ? Pourtant, en 2014, plus de 84 000 personnes ont produit régulièrement du contenu sur Wikipédia portant le nombre d’articles publiés à plus de 33 millions dans 288 langues différentes (Wikimedia annual report 2013-2014) !
  • Qui aurait pu croire qu’une Encyclopédie distribuée gratuitement, sans publicité, dont les sources de revenu reposent uniquement sur l’altruisme de son lectorat récolterait suffisamment d’argent non seulement pour survivre mais encore pour se développer ? Pourtant, les donations n’ont cessé d’affluer. En 2014 plus de 2,5 millions de personnes du monde entier ont effectué une donation, pour un total de 49 millions de dollars.

wikimedia-report

 

Finalement en l’espace de 14 ans Wikipédia est devenue l’encyclopédie universelle la plus complète de tous les temps. En perpétuelle amélioration, elle est distribuée gratuitement, tout autour du globe. Vous pouvez même y accéder en Antarctique !! Plus de 500 millions d’internautes la consultent tous les mois, et des millions d’entre eux la soutiennent financièrement. Qui aurait pu prévoir le succès foudroyant d’un tel modèle, si différent, si… utopique ? Et surtout qui s’en plaindra ?

… une question de valeurs !

De la même manière Bitcoin constitue un changement radical dans la façon d’appréhender la monnaie, les réseaux de paiement et la finance en général :

Au lieu d’être le monopole d’une banque centrale et d’un réseau de banques privées, l’émission et la distribution des bitcoins sont à la fois participatives et décentralisées. Tout individu appliquant le protocole Bitcoin surveille l’émission et la circulation des bitcoins, et n’importe qui peut choisir de prendre part à la création monétaire en y consacrant des ressources informatiques. Il n’y a aucun système central auquel les participants seraient contraints de s’adresser pour certaines fonctions, chacun a la possibilité de réaliser l’ensemble des opérations nécessaires au système, (mais n’y est pas obligé pour autant). Bitcoin fonctionne d’égal à égal, Bitcoin est pair à pair.

La comptabilité des transactions circulant sur le réseau Bitcoin n’est pas la propriété d’une banque et n’est pas gardée secrète. Bien au contraire, c’est une comptabilité collaborative et publique. N’importe qui peut consulter l’historique complet de toutes les transactions ayant été validées depuis le lancement du projet en janvier 2009. On appelle ce registre la Blockchain.
Bitcoin est transparent.

Contrairement à l’euro, les changements de politique monétaire, les changements de taux d’intérêt, les injections de liquidités etc. ne sont pas du ressort d’un conseil des gouverneurs, constitué de 22 technocrates non élus, qui délibèrent à huis-clos, et dont les décisions s’appliquent de force à tous les épargnants.

Le protocole Bitcoin est sous licence libre, n’importe qui peut le modifier et travailler à l’améliorer, mais personne ne peut imposer des modifications aux autres utilisateurs sans leur consentement. Pour qu’une modification du protocole s’impose, il faut que les utilisateurs l’acceptent et l’incorporent en mettant à jour leur client Bitcoin, et ce n’est qu’après avoir été acceptés par une très large majorité des utilisateurs que les changements deviennent effectifs sur le réseau. C’est pour cette raison qu’on appelle Bitcoin un réseau de consensus distribué ! C’est aussi pour cela que toutes les propositions d’améliorations du protocole sont toujours présentées et débattues publiquement, car personne ne peut les imposer aux autres par la force. Bitcoin est démocratique.

Toute participation est volontaire, personne n’est obligé d’accepter les bitcoins, c’est une monnaie complémentaire. D’un autre côté personne n’est exclu non plus, il n’y a pas de discrimination, le réseau est ouvert à tous. Télécharger un portefeuille Bitcoin est gratuit, certains sont très légers et simples d’utilisation, aucune formalité administrative n’est demandée, pas même une adresse mail. Bitcoin est libre et ouvert.

Pour résumer, chacun est libre d’accepter ou non les bitcoins et de rejoindre le réseau Bitcoin. Réseau d’égal à égal sur lequel chaque participant contribue à maintenir une comptabilité publique des échanges, en suivant un protocole libre et ouvert qui confère les mêmes droits à chacun.

Libre, pair à pair, et participatif, voilà les valeurs de Bitcoin, valeurs qui épousent parfaitement celles de liberté, d’égalité et de fraternité qui nous sont si chères. Embrasser Bitcoin, c’est embrasser un système de paiement qui défend ces valeurs, et à mon sens, c’est suffisamment rare pour qu’on s’y intéresse.

Conclusion 

Si la monnaie est un bien commun au service du plus grand nombre, qu’y a-t-il de plus légitime qu’une monnaie open-source et participative ?

Quant aux plus pragmatiques d’entre vous, que ces seuls idéaux ne suffiraient pas à convaincre, rassurez-vous, il existe également d’excellentes raisons concrètes de vous intéresser à Bitcoin : baisse des frais de transaction, respect de la vie privée, meilleure sécurisation des transactions grâce à l’utilisation d’algorithmes cryptographiques de niveau militaire, placement immunisé contre l’inflation, etc.

Nous ne manquerons pas de traiter tous ces aspects dans d’autres articles. Affaire à suivre…

Sur le web

  1. Au moins en ce qui concerne la production et la gestion de son contenu.
  2. Le code du protocole Bitcoin est entièrement disponible à cette adresse.
  3. Cette comptabilité collaborative permet de maintenir un grand registre public des transactions en bitcoins nommé Blockchain ; vous pouvez le consulter en temps réel à cette adresse.
  4. Fiable ne signifiant pas infaillible, on est bien d’accord.
  5.  « In my field, Wikipedia is more reliable than the texte books », propos tenus lors d’une conférence à l’université d’État du Mississipi le 26 Octobre 2011.
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  • Vivement que le citoyen lambda se mette à Bitcoin en masse. La blockchain est tout simplement une invention géniale.
    Dans la même optique, certains veulent se servir de cette technologie pour modifier le fonctionnement du réseau Internet pour en assurer la sécurité et la disponibilité.
    C’est le réseau MaidSafe:
    -Un espace disque vide est mis en partage
    -Des fichiers auto-cryptés peuvent y résider et celui qui partage cet espace est rémunéré
    -Le contenu d’un fichier est accessible sur plusieurs nodes, ce qui en assure sa disponibilité.

    Plus d’informations ici http://maidsafe.net/docs/SAFEnetwork.pdf

  • « D’un autre côté personne n’est exclu non plus » : ce n’est pas le sujet. Le sujet du bitcoin est que, du fait de son caractère par construction déflationniste, les premiers détenteurs du bitcoin auront toujours nécessairement plus de pouvoir d’achat que les derniers entrants, quelle que soit leur participation à la création des richesses. Une bonne monnaie se doit d’être un miroir reflétant précisément le potentiel de création des richesses de ses porteurs, donc un miroir non déformant, ni inflationniste, ni déflationniste. Répondre au mensonge inflationniste des banquiers centraux par le mensonge déflationniste du bitcoin n’est pas la bonne solution.

    • Le nombre de bitcoins en circulation croît actuellement d’un peu plus de 9% par an, ce qui est bien loin d’être déflationniste.
      Ce n’est qu’à partir de 2100 et quelques que ce nombre se stabilisera, et que le btcoin deviendra (peut-être) déflationniste.
      Mais dans un régime de monnaies concurrentes, la question se pose de façon radicalement différente par rapport à une situation de monopole monétaire.

  • L’analogie avec Wikipedia est pertinente, mais elle a ses limites. Par exemple :
    – un système de paiement demande un niveau de fiabilité et de confiance très supérieur à une encyclopédie
    – la blockchain n’est pas distribuée, mais répliquée en totalité sur quelques milliers d’ordinateurs aux noeuds du réseau, qui construisent chacun son propre exemplaire de façon indépendante, en exécutant un protocole visant à ce que tous ces exemplaires soient identiques (mais n’y parvenant pas toujours)

    En réalité, chaque utilisateur est libre d’utiliser sur sa machine les programmes qu’il veut, y compris des programmes frauduleux. Mais le protocole en question est ainsi fait que ceux qui le font s’isolent du reste du système et ne peuvent plus échanger avec personne.

  • Oui même si l’on pourrait faire beaucoup beaucoup mieux sur cette question de la monnaie : http://simons.fr/2014/01/limportance-du-soutien-aux-monnaies-vraiment-libres/

    • uCoin est fondamentalement beaucoup plus éthique que Bitcoin.

      Malheureusement, pour avoir testé et étudié le fonctionnement, uCoin n’est pas encore techniquement viable. Le développeur principal de uCoin m’a d’ailleurs confirmé qu’il n’est pas possible d’empêcher la création de plusieurs compte et de recevoir plusieurs fois le revenu de base. Donc il est très facile de nuir au système.

      Cependant, j’ai bon espoir qu’une solution émerge un jour…

    • Pour raisonner correctement sur la monnaie, il faut intégrer le fait que toute création monétaire est un impôt sur les utilisateurs actuels de cette monnaie, ce qui oblige à poser les questions de la légitimité, des effets et de l’utilisation de cet impôt.

  • Lol encore faut il que cette monnaie ai vraimment été conçue pour une utilisation par le citoyen lambda ce dont je doute fortement.
    D’ailleurs ça n’auraient aucun sens pour son créateur.
    Il suffit juste de voir les procédés pour comprendre que ni vous ni moi n’en créeront et que le seul moyen pour le citoyen lambda d’en avoir et d’en acheter.

    • Et encore le citoyen lambda ne peut de le permettre

    • Oui et ?
      Vous créer des euros ?

    • La fonction d’une monnaie est celle de moyen d’échange indirect, point barre. La façon dont elle est créée ou pas est une autre question. Une monnaie peut parfaitement remplir tout les services qu’on en attend sans qu’on en crée plus. On peut même soutenir (comme tous les économistes et les philosophes avant Keynes) que moins on en crée et mieux ça vaut. Ça n’est pas sans raison qu’au fil des siècles nos ancêtres ont spontanément choisi l’or, qui est particulièrement difficile à produire.

  • Le bitcoin a deux différences fondamentales avec les monnaies émises par les banques centrales du système Bretton Woods.

    1- le bitcoin n’est pas une monnaie à cours forcé. En effet, les monnaies émises par les banques centrales ont cours légal, c’est à dire que si vous ne trouvez pas le moyen d’acquérir strictement cette monnaie pour payer vos taxes, l’État utilisera la violence sur vous. Il y a également des marchés où l’État force les participants à utiliser cette monnaie.

    2- le bitcoin est une monnaie purement fiduciaire émise par une banque qui ne dispose d’absolument aucune valeur au coffre, d’aucun capital réel ni espéré. Contrairement aux banques centrales qui disposent notamment de titres d’emprunt par l’État (avant Bretton Woods, c’était de l’or). C’est donc qu’en cas de bank run, dans le pire scénario, les détenteurs de billets de banque pourront racheter des promesses d’un État qui au moins peut « vendre » sa propriété territoriale, ses ressources naturelles, ses infrastructures; l’État peut utiliser l’agression sur un individu pour le forcer à travailler ou à donner quelque chose d’utile à celui qui détient un titre d’emprunt. Le réseau bitcoin, lui, ne vous offre strictement rien comme pouvoir de garantie.

    Le bitcoin fonctionne sur l’offre et la demande et sa valeur repose sur l’espoir que quelqu’un d’autre acceptera un bitcoin en paiement contre quelque chose d’utile.

    Si, comme la vaste majorité des humains dans le monde, vous devez interagir directement ou indirectement avec un État qui se prévaut du pouvoir de forcer le cours légal de la monnaie émise par une banque centrale, le bitcoin ne présente pas vraiment d’avantage pour vous.

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