Quel avenir pour le Canada avec Justin Trudeau ?

Justin Trudeau (Crédits : Alex Guibord, licence CC BY 2.0)

Souhaiter le changement est légitime. Encore faut-il que ce soit pour un avenir meilleur.

Par Nathalie Elgrably-Lévy, depuis Montréal, Québec

Justin Trudeau by Alex Guibord(CC BY-ND 2.0)
Justin Trudeau by Alex Guibord(CC BY-ND 2.0)

 

C’est donc Justin Trudeau qui a été élu. Il a axé sa campagne électorale autour du slogan « Changer ensemble », grossièrement plagié sur celui employé par Obama, et cette stratégie semble porter ses fruits.

Il est légitime de souhaiter un changement. Mais changer de Premier ministre, ce n’est pas comme changer de marque de céréales. L’enjeu est trop important pour se laisser influencer par l’esthétique de l’emballage et quelques astuces marketing. Il faut gagner au change !

En matière économique, la machine anti-Harper s’est ingéniée à diaboliser le Parti conservateur. Pourtant, le Canada est cité en exemple en Europe pour sa stabilité économique et son excellente gestion de la pire crise financière depuis la Deuxième guerre mondiale. Les Conservateurs ont admirablement redressé les finances publiques, engrangé un surplus budgétaire, réduit la TPS de 2 points sans hausser les impôts, augmenté le plafond du CELI, introduit le fractionnement du revenu, respecté les compétences provinciales et présenté deux accords de libre-échange qui contribueront grandement à la prospérité du Canada. Notons également que M. Harper a pris pour habitude de donner la priorité au français lors de ses conférences de presse. Pour l’avenir, M. Harper promet une « loi-verrou » interdisant toute augmentation de la charge fiscale des Canadiens et des charges sociales pour les travailleurs et les entreprises.

Le parti Libéral nous engagera effectivement sur une autre trajectoire. Encore plus à gauche que le NPD, il annonce des dépenses de 150 milliards $, soit des dépenses 19 fois plus élevées que celles prévues par les Conservateurs, ce qui nous garantit des déficits substantiels et une dette nettement plus lourde. Il promet de taxer davantage les riches et d’abolir le fractionnement du revenu, mais de réduire les impôts de la classe moyenne. Il entend intervenir dans les compétences provinciales, dont la Santé, et ainsi réveiller d’anciennes disputes dont on pourrait bien se passer.

Sur le plan de l’identité et de la sécurité, les Conservateurs entendent poursuivre leur opposition au port du niqab lors des cérémonies d’assermentation ainsi qu’au moment de recevoir des services gouvernementaux. M. Trudeau estime que le port du niqab est convenable. Les Conservateurs ont adopté le projet de loi C-24 visant à retirer la citoyenneté à un terroriste. M. Trudeau considère au contraire qu’un terroriste mérite de la conserver. Les Conservateurs sont disposés à accueillir des réfugiés syriens, mais à condition de les filtrer méticuleusement. M. Trudeau, lui, veut ouvrir grand les frontières sans prendre de précautions particulières. Les Conservateurs jugent nécessaire de combattre les terroristes djihadistes de l’État islamique pour stopper leurs ambitions génocidaires et assurer la protection des Canadiens pendant qu’il est encore temps. M. Trudeau veut plutôt que le Canada cesse ses interventions contre l’EI. À l’instar du calife de la communauté musulmane Ahmadie, il préfère déclamer le slogan « Paix pour tous, haine pour personne ». Sans doute espère-t-il attendrir le cœur des fous d’Allah grâce à d’aussi jolies paroles !

On peut avoir des griefs contre M. Harper. Nul ne peut plaire à tous, tout le temps et dans tous les domaines. Mais gagnerons-nous vraiment à congédier M. Harper pour le remplacer par M. Trudeau ? Le CV de ce dernier ne lui permettrait même pas d’être embauché pour gérer une PME.

Et il aurait les clés du Canada ?


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