Réhabilitons les semences paysannes !

Les semences distribuées aux agriculteurs tunisiens ont un meilleur rendement mais soumettent les agriculteurs à diverses obligations.

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Kate Ter Haar-How to seed a pomagranate-Creative Commons

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Réhabilitons les semences paysannes !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 25 octobre 2015
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Par Teycir Ben Nasser, depuis la Tunisie
Un article de Nawaat

Kate Ter Haar-How to seed a pomagranate-Creative Commons
Kate Ter Haar-How to seed a pomagranate-Creative Commons

 

Alors que les champs tunisiens sont envahis par des semences hybrides non-reproductibles, agriculteurs et acteurs de la société civile se mobilisent pour se réapproprier le vivant. Reportage à l’occasion de la première édition de la fête des semences paysannes.

Coiffé de sa chéchia, Salah Bchir est tranquillement assis devant son stand. Il est venu de Chenini pour participer à la première fête des semences paysannes, qui se tient à l’Institut Agronomique de Chott Mariem1. « Les semences, c’est notre patrimoine vivant », répète-t-il en désignant du regard les différentes variétés posées sur une table. Il y avait là des graines de tomates, de blettes, de navets, de piments, de radis, etc. Toutes produites par cet infatigable cultivateur. Un peu plus loin, Corinne accueille les visiteurs. Elle est l’une des fondatrices de l’Association Tunisienne de Permaculture, à l’initiative de cette journée.

« En tant que permaculteurs, nous avons constaté qu’il était de plus en plus difficile de s’approvisionner en semences locales. On a donc voulu organiser un marché de semences locales qui réunit des agriculteurs de toute la Tunisie. L’intérêt était si important qu’on a transformé l’idée de marché en un véritable événement, avec des ateliers et des conférences »,
affirme Corinne.

Prochaine étape : créer un réseau de semences locales, libres et reproductibles. Car l’enjeu est de taille.

Multinationales et privatisation du vivant

Depuis les années 1960, des semences hybrides, notamment céréalières, ont été distribuées aux agriculteurs tunisiens, dans le cadre du Programme d’Aide Alimentaire Mondial (PAM). Ces semences sont programmées pour donner un meilleur rendement, mais obligent les agriculteurs à racheter chaque année leurs graines. Pire encore, avec ces semences, ils sont contraints d’utiliser des engrais et des pesticides nécessaires à leur culture. « C’est un cercle vicieux », s’alarme Abdelkader Hechmi, agriculteur et formateur en production et conservation des semences.

« Ils ont volé nos semences classiques, les ont génétiquement modifiés, puis brevetés et sont revenus nous les vendre. » (Abdelkader Hechmi)

En vantant la « performance » de ces semences hybrides, pour la plupart importées, les multinationales n’ont pas eu de mal à convaincre les agriculteurs tunisiens.

À titre d’exemple, une graine traditionnelle de laitue peut donner, au grand maximum, 350 g de laitues. Or, une graine hybride peut en donner jusqu’à 1 kg 200. Ainsi, les semences industrielles sont conçues pour un seul et même type de milieu : elles ne sont pas adaptées aux nombreuses réalités locales (les sols et le climat), car conçues en laboratoire, cultivées dans des parcelles témoins et nourries aux engrais chimiques.

« Ces semences sont mises à disposition par des multinationales pour trois fois rien, et parfois gratuitement. Alors, évidemment que les agriculteurs sont tentés par ces soi-disant solutions. Mais vous verrez, lorsque nous n’aurons plus de semences paysannes, elles viendront imposer leurs règles et dicter notre politique agricole »,
s’indigne-t-il.

Nous y sommes presque. Nous constatons que les variétés végétales inscrites au catalogue officiel, en 2014, sont pour la grande majorité hybrides et proviennent de géants de l’agroalimentaire, tels que Monsanto (27% du marché mondial), Synganta (9%), le groupe Limagrain (5%), ou encore l’entreprise japonaise Sakata (1,5%). Selon l’Association pour le Développement Durable (Médenine), l’usage de ces semences ne cesse d’augmenter : il était de 35% en 1975, de 58% en 1994 et de 75% en 2004.

Amine Slim, chercheur à la Banque des gênes, tire lui aussi la sonnette d’alarme :

« L’utilisation de semences hybrides, commercialisées par de grandes multinationales ou des semenciers privés tunisiens, crée une dépendance vis-à-vis des fournisseurs. Nous encouragerons les agriculteurs à produire leurs propres semences qui peuvent être replantées d’année en année. »

Ainsi, la Banque des gènes, qui est rattachée au ministère de l’Environnement et du Développement Durable, distribue aux petits agriculteurs installés dans des régions difficiles (montagneuses, sols sableux) des semences de variétés locales, qu’ils devront redonner à la prochaine récolte.

« Si nous donnons à un agriculteur 70 tonnes de telle variété, nous lui demandons de nous redonner la même quantité l’année d’après, afin que d’autres agriculteurs puissent en profiter »,
explique le jeune chercheur.

Du côté de la législation, la loi stipule que les produits destinés à l’importation et à la commercialisation sur le territoire tunisien doivent, obligatoirement, être inscrits au catalogue officiel des variétés végétales.

« En Europe, l’agro-industrie contrôle la production et le commerce des semences, et il est, désormais, illégal de commercialiser, à titre onéreux ou gratuit, des semences n’appartenant pas à une variété homologuée. En Tunisie, il y a aussi une législation mais l’État ferme les yeux. En revanche, ce qui est inquiétant c’est que non seulement les variétés disparaissent, mais les savoir-faire autour de la conservation et de la production de semences sont en train de se perdre »,
affirme Corinne.

Par ailleurs, les semences hybrides ont des conséquences néfastes sur l’environnement : perte de la biodiversité, érosion des sols, utilisation excessive d’eau.

Sauver les semences locales

Face à cette mainmise des semenciers privés sur le premier maillon de la chaîne alimentaire, de plus en plus de citoyens se mobilisent. L’Association de Sauvegarde de l’Oasis de Chenini a lancé, dès 2005, une initiative visant à produire des semences locales pour sauvegarder la biodiversité de l’oasis. Le projet s’est concentré sur quatre objectifs : inventaire des variétés locales, vulgarisation auprès de la population sur l’importance des semences oasiennes, production de semences non hybrides, in-situ, dans des parcelles de l’association, et formation de 15 agriculteurs à la production de ces semences.

Ainsi, grâce à cette initiative, les agriculteurs peuvent produire, annuellement, près de 600 kg de semences légumières locales : laitue, oignon (grain et bulbe), radis, navet, persil, céleri, blette et ail.

« Ces initiatives sont indispensables si nous voulons assurer l’autonomie des agriculteurs et la souveraineté alimentaire de notre pays. C’est grâce à la transmission de nos savoir-faire que nous allons pouvoir, d’une génération à l’autre, cultiver et conserver nos semences »,
dit Abdelkader Hechmi.

Pour l’Association Tunisienne de Permaculture, « la mise en culture de semences anciennes est une priorité ». Ainsi, l’équipe a profité de la fête pour lancer les premières graines d’un réseau de semences locales.

« Ils ne sont pas nombreux, mais il y a en Tunisie des agriculteurs qui produisent leurs propres semences : nous souhaitons les fédérer et organiser régulièrement des échanges, afin que l’agriculteur tunisien n’ait pas à acheter des semences hybrides lorsqu’une variété vient à lui manquer. »

La société civile s’organise et entend défier tous ceux qui participent à l’accaparement et à la privatisation du vivant.

« Les semences, c’est ce qui nous permet de nous nourrir, d’être en vie. C’est notre patrimoine, à tous »,
conclut Salah Bchir.

Sur le web

  1. Cette première édition a eu lieu dimanche 18 octobre 2015. Elle a été organisée par l’Association Tunisienne de Permaculture.
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  • « Ils ont volé nos semences classiques, les ont génétiquement modifiés, puis brevetés et sont revenus nous les vendre »

    « ’l’accaparement et à la privatisation du vivant »

    Discours délirant habituel des écolos. Personne n’a volé les semences. Personne n’est obligé d’acheter les semences « industrielles ». Les semenciers ont des concurrents et les agriculteurs ont le choix d’acheter leurs semences où ils veulent, voire de les produire eux-mêmes.

    • Vous avez malheureusement tort. En France un catalogue officiel de semence venant de l’industrie semencière vous force à planter ces plants là, et non des semences de votre crue, sous peine de poursuite judiciaire.

      Et j’ai appris récemment que beaucoup d’autre pays avaient cette législation.

      Ce n’est donc pas un marché libre, on nous force bel et bien la main.

      • Pourriez-vous donner des sources ?
        Si c’est vrai, un bel exemple de capitalisme de connivence…

      • il y a une catalogue de semences officielle venant de l’industries semencière…,non. dit comme ça non.
        si on veut répondre à une question il faut commencer à la poser clairement.
        clairement cet article est pourri à ce point de vue…

        d’un cote que des semenciers essaient de vendre leur semence: NORMAL.
        de l’autre des règlements sur la commercialisation des semences… on peut se poser la question..pourquoi…?
        et tout est là…

        alors détaillez la loi…mettez à jour les injustices et ce qui bafoue la liberté élémentaire de « semer ce qu’on veut sur son propre terrain ».. (remarquez que ça inclut le droit d’y semer des ogm!!!) et on en reparle..
        bien sur certains arguments environnementaux sont acceptables mais ils sont d’abord et avant tout dans l’intérêt du paysan, il n’y aucun interet à acheter une semence porteuse de maladie, virus etc…ou il n’y a aucun interet ..la liberté est aussi celle d’etre con, ce qui conduit en général à sa perte économique…

        mais ce genre de soupe écolo non merci…d’autant plus que qui fauche des champs: qui ne leur plaisent pas? les défenseurs des semences traditionnelle!!

        donc examen de la loi, rappel des textes…ok
        arguments environnementaux pourquoi pas…faut voir…

        ça non…on tique toutes les deux lignes…c’est délibérément flou, inquiétant accusateur… ok ça marche pour la propagande..mais non merci.

      • En effet, les semences en Tunisie aussi sont soumises à un catalogue officiel.

        Loi n° 99-42 du 10 mai 1999, relative aux semences, plantes et obtentions végétales.

        Article 4, alinea 3: L’inscription sur ce catalogue s’effectue suite à une demande présentée par le concerné à l’autorité compétente accompagnée d’une description détaillée de la variété et d’un échantillon de ses semences ou plants.

        Article 7: Toute personne peut produire les semences et les plants et les multiplier directement ou auprès des tiers conformément à un cahier des charges approuvé par décret.

        Article 9. Ne peuvent être commercialisés que les semences et plants des variétés végétales inscrites au catalogue officiel

      • Ce n’est donc pas un marché libre, on nous force bel et bien la main.

        C’est un marché soumis à des normes. Il n’est ni plus ni moins libre que d’autres marchés. Si les semences industrielles ne vous plaisent pas, créez-en d’autres et faites les inscrire au catalogue. C’est exactement ce que font les organisations citées dans l’article.

        • « Faites les inscrires au catalogue ».
          Discours délirant habituel des étatistes.

        • @fm06:
          Je ne suis pas un spécialiste mais quand je lis des trucs comme ça, ça me fait peur. Je sais que ce n’est qu’une page wiki mais quand même:
          https://fr.wikipedia.org/wiki/Catalogue_officiel_des_esp%C3%A8ces_et_vari%C3%A9t%C3%A9s#Conditions_d.27inscription_au_catalogue

          Il est évident qu’on assiste ici à l’oeuvre des lobbys. Je connais assez bien l’univers des « normes » de marché et je peux vous certifier que ca sert à protéger les grosses boites et à créer des emplois fictifs et le tout aux frais du consommateur.

          Ce sont clairement des barrières à l’entrée de nouveaux concurrents:

          « L’inscription a un coût initial qui s’augmente des annuités tout au long de la durée d’inscription. En France, le coût n’est pas supporté par le seul déposant.

          Pratiquement, les coûts d’inscription en France varient selon les espèces et variétés et selon les listes sur lesquelles elles sont inscrites. Ils sont fixés par le GEVES sous l’égide du CTPS et du Ministère de l’Agriculture.

          Pour les espèces de grande culture les inscriptions sur les listes A et B, varient entre 4000 € et 10 000 € et sont de moins de 300 € pour les variétés de conservation (liste C).

          Pour les espèces potagères (pas d’épreuves de VATE) les coûts d’inscription sur les listes a et b sont inférieurs à 3000 €. Les coûts d’inscription sur les listes c (variétés de conservation) et d (variétés sans valeur intrinsèque) sont inférieurs à 300 €. Ces derniers coûts d’inscription sont actuellement pris en charge par le Ministère ou par le GNIS sous réserve d’éligibilité.

          Pour les arbres et les arbustes fruitiers, les vignes ils varient de moins de 300 € pour les anciennes variétés à plus de 4000 € pour les fruitiers nécessitants plusieurs années d’expérimentations. »

          Certes c’est pas si cher. Mais si on regarde bien ca laisse surtout à des entreprises de semences le choix ou pas d’inscrire (et surtout de conserver) des produits comme autorisés pour le prix d’une TAXE. Cette taxe est abordable pour un semencier, mais qu’en est t’il de l’argriculteur? De L’argriculteur amateur?

          Quel agriculteur cultivant une variété oubliée a enve de payer 300EUR par ans pour avoir le droit de planter des semences qu’il se casse déjà le fion à produire?

          Et puis il y a les COV et ce qu’ils vont devenir… Si ce n’est pas du foutage de gueule que de prétendre protéger les agriculteurs avec des certifications obligatoires!

          Si ces normes étaient à ce point la bonnes pour tous les agriculteurs alors i n’y aurait PAS besoin de les rendre obligatoires. AU contraire. Une norme facultative est plus respectée parce qu’elle ne se fonde QUE sur sa pertinence et donc PAS sur la menace.

          Les normes de marché ont toujours été, sont toujours, et seront toujours, des instruments politiques, lobbyistes et corporatistes au services des puissants et des croonies et au détriments des pauvres et de leur liberté. C’est de la corruption légale d’Etat, un des tentatives de tout le monde de vivre aux dépense de tout le monde.

          • non , à ce niveau financier c’est une petite entrave pas une impasse une barrière qu’on peut sauter, et si il y a une question à se poser c’est qu’est ce qui justifie ces prix taxes etc…
            il faut savoir ce qu’on veut si on veut une variété exclusive ça implique qu’il existe un organisme de controle qui vous protège de la copie;et les coûts de cet organisme doivent être payés par quelqu’un..

            alors bien sur les gros volumes, donc les grosses boites sont toujours favorisées par les normes et réglemente pour des effets d’échelle et surtout ce ne sont pas les firmes qui font la loi! l’accusation vise donc le Législateur. Vous LOBBY? je vous réponds et alors, vous me dites preuves de corruption je vous alors la oui on tape!!!

            sans preuves réelles de corruption…n’accusez pas les firmes mais les députés…

            et le lobbyisme si il est transparent ne me pose pas de problème…..

    • Evidemment, il n’y a pas de loi ni de traité indiquant que les plantes et semences appartiennent à qui que ce soit. Et de fait, si elles n’appartiennent à personne, elles appartiennent à tout le monde.

      Maintenant, si des firmes modifient génétiquement des plantes qui n’appartiennent à personne, et déclarent un droit de propriété sur cet OGM, certes le travail d’ingénierie génétique leur permet de déposer un brevet, mais ils n’ont pas non plus créé la plante de toute pièce, et l’OGM reste en partie composé de gènes, de fibres, de caractéristiques qui ne doivent rien à leur travail. Dans ces conditions, est-il juste que ces firmes déclarent un droit de propriété dessus? N’y a t’il là pas quelque chose de l’ordre de l’appropriation?

      Cette question, à laquelle je n’ai pas de réponse, est d’autant plus claire au sujet des plantes médicinales: des labos envoient des chercheurs en Amérique du sud pour collecter des informations sur leur existence, et surtout sur leur utilisation traditionnelle. Ils les étudient, en synthétisent les principes actifs, et ensuite prétendent un droit de propriété dessus, et cherchent à faire appliquer les lois internationales qui empêchent légalement les peuples qui les utilisaient déjà depuis des siècles à s’en servir! C’est d’un point de vue éthique purement et simplement du vol.

      http://www.alterinfos.org/spip.php?article1094

      Enfin, vous ne pouvez pas nier que la législation européenne interdit de cultiver, vendre ou même donner des semences qui n’ont pas été enregistrées au catalogue, et le coût de l’opération est tel que cela revient de fait à donner un monopole aux grandes entreprises semencières. Il est même interdit à un simple jardinier de faire son propre purin, sous prétexte qu’il faut demander une autorisation sanitaire préalable.

      http://www.reporterre.net/Au-royaume-de-l-Absurdie-la-guerre

      Bref, il n’y certes pas de lois qui empêchent qui que ce soit de breveter des plantes, au contraire, mais poser un droit de propriété sur des plantes, sur des procédés de culture et d’utilisation de plantes connus et utilisés depuis des millénaires, cela me semble comparable à prétendre un droit de propriété sur la roue… ou si vous préférez, sur la photosynthèse. Et si ce n’est pas légalement du vol, c’est empiriquement une appropriation abusive.

      Et par pitié ne venez pas m’accuser de gauchisme ou de délire escrolo… les faits, rien que les faits, et le mobile s’établira de lui-même, comme disait Sherlock Holmes!

      • D’accord sur tout, sauf :
        « Cette question, à laquelle je n’ai pas de réponse… »
        Si, la réponse est facile : le brevet ne couvre que le végétal modifié, pas la « source ».
        D’autre part, ces brevets ne durent que 20 ans, et donc les agriculteurs commencent à avoir accès à des OGM génériques. Ce que les anti-monsanto « oublient » toujours de dire…

        • Ok, ça répond à ma question alors. Sauf que ces brevets s’accompagne de la législation que vous ne niez pas, et du catalogue officiel… et par conséquent, breveter ces OGM ne revient-il pas de fait à forcer les particuliers à n’acheter que leurs semences et aucunes autres?

          • Bien sûr. Du pur capitalisme de connivence, et je pendrais haut et court les coupables de cette saloperie. C’est à dire les politiques, bien entendu, pas les industriels. Ce sont les premiers qui ont le pouvoir de faire cesser cette situation et qui ne font rien.

          • Le discours des défenseurs de « semences paysannes » est clair :
            Achat d’hybrides = obligation de racheter des semences chaque année
            Semences paysannes = on multiplie, s’échange et resème sa production d’année en année.
            (on échange avec des voisins pour éviter la dégénérescence)

            Voiture = nécessité de changer les pneus
            Charrette = Roues quasi inusables
            L’argument des pneus est donc valable.

            Pour ce qui est de semences paysannes et de ses multiples jérémiades contre la méchante industrie. On prend un tour comique lorsque l’on voit des gens comme J-P Berlan réclamer le droit de faire soi-même des hybrides F2 à partir de ? ….. A partir des hybrides F1 de la méchante industrie des semences !

      • Si vous vous intéressez aux faits, vous devrez reconnaître que ce sont les gouvernements et non les multinationales qui ont créé les brevets. Ce sont donc les gouvernements et non les multinationales qui sont responsables de la spoliation.

        D’ailleurs je rappelle que les libéraux, dans leur majorité, réclament l’abolition des brevets et, plus généralement, de la propriété intellectuelle. Les libéraux sont les plus ardents défenseurs de le propriété; mais la propriété intellectuelle, malgré son nom, n’a rien à voir avec la propriété et n’est qu’une forme de privilège créé par les gouvernements.

  • Et les semences locales n’auraient pas besoin de pesticides par hasard. Par quelle magie ?

    • L’article ne parle pas de pesticides mais d’engrais spécifique nécessaire quand la terre de Tunisie n’en contient que trop peu, les semences n’étant pas forcément autochtones, alors que par empirisme, l’agriculteur peut connaitre ses terres et les variétés qui lui donnent les bons rendements (éventuellement avec l’aide d’un laboratoire, comme c’est le cas, en France, pour la vigne). Il en va de même des conditions climatiques.

      De plus, il est bon d’avoir des « conservatoires » de semences: bon pour la bio-diversité, bon aussi pour la gastronomie et la cuisine.

      Les pesticides peuvent aussi être à utiliser à cause de la sensibilité spécifique de l’OGM ou des semences personnelles aux différents microbes ou insectes.

    • Elles n’en ont pas besoin car ce sont des cultures sobres, adaptées à leur milieu. Pour prendre une image, les hybrides sont un peu de formule1 et les semences paysannes des 4L. La formule 1 est à des années lumières sur une piste correctement goudronnée, mais sur un chemin de terre elle ne fait pas 10m là ou la 4L est increvable.

  • Génial ! Super article !
    Moi aussi depuis que j’ai revendu ma voiture pour ne plus circuler qu’en charrette hippomobile, je me suis absout du dictât des fabricants de pneumatiques !
    En effet avec ces perfides autos que l’on nous vante tant, on ne dis pas que toute notre vie on devra acheter des pneus que l’on ne peut fabriquer soi-même. Non mais ho !

    • N’importe quoi. Ridicule.

      Dans ce cas, avec tout ces perfides germes et miasmes que produisent les plantes, ou au contraire tout ces principes actifs découverts et utilisés par les labos, vous ne verrez pas d’inconvénient à ce que toute votre vie il vous soit interdit de ramasser des champignons, des baies sauvages, des jonquilles dans les prés, du muguet dans les forêts sans autorisation préalable, dépôt légal de votre compétence en la matière, et paiement des taxes et autres royalties?

      • Mais vous avez le droit de ramasser vos champignons, comme il a le droit de penser que c’est con et d’acheter une boîte de chapignons moins bons à l’hyper. Et vous êtes tous les deux contents. C’est plutôt cool, la liberté, non ?

        • Lol, merci de mettre tout le monde d’accord! 🙂

          Mais je cherchais juste à monter l’absurdité de son propos en lui renvoyant un argument-miroir d’absurdité équivalente…

          La liberté, j’y souscris, mais comparer cette argumentation au fait d’être contraint de renouveler les pneus de sa voiture, ou n’importe quelle autre pièce mécanique périssable, c’est ridicule. Aucun agriculteur ne s’est plaint de devoir replanter leurs semences chaque année, sans blague!

    • Vous pouvez bien rire mais ça risque d’être moins drôle le jour où le TAFTA sera d’application et que Monsanto fera un puissant lobbying pour imposer ses produits et semences: c’est indispensable à cause de la durée de vie du brevet.

      La malbouffe ne fera que se développer!

      • Ho !
        Monsatan va m’obliger à semer du Dékalb même si je ne veux pas en semer ?
        Vous voulez dire qu’ils vont envoyer des agents de la CIA pour semer mes parcelles à ma place ?

        ça a l’air sympa votre réalité !

        • On verra comment le catalogue des semences sera modifié. Jusqu’à présent, il y a encore des réserves sur les OGM: ça tendra combien de temps?

      • Mikylux: « et que Monsanto fera un puissant lobbying pour imposer ses produits et semences: »

        Il faut une loi pour imposer, le problème ce ne sont pas les salauds mais l’état qui utilise la loi pour leur donner des privilèges et monopoles.

        C’est toujours ce qui arrive quand seul un petit groupe légifère et détient donc le pouvoir (état non démocratique comme la France)

  • C’est un débat difficile … le droit de propriété est toujours un sujet qui devrait se résoudre par son respect intégral

    • Oui, mais la liberté de semer ce qu’on a envie sur ses terres n’a aucune raison d’être limitée! (dans le raisonnable … Et encore: le chardon (dont la destruction est souvent obligatoire) , le chardon de Sardaigne permet de faire un « plastic » bio-dégradable et les Italiens l’utilise déjà pour fabriquer des « poches » (comme on dit chez vous) permettant, après usage, d’emballer les déchets compostables et de jeter le tout dans la poubelle ad hoc.

  • En France:
    « D’après le décret du 11 juin 1949, seules peuvent être commercialisées les semences issues de variétés inscrites au Catalogue officiel »

    « En revanche, le droit français interdit la vente de ces semences, de même que les échanges de semences entre paysans, quand ils peuvent être assimilés à des ventes  »

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Catalogue_officiel_des_esp%C3%A8ces_et_vari%C3%A9t%C3%A9s

  • Liberté de semer ce que l’on veut sur son terrain.
    Devoir de rétribuer le producteur des semences si elles proviennent de la recherche.
    Voilà ce qui devrait guider les décideurs politiques.

    Chaque agriculteur connait ses parcelles et saura trouver son intérêt. Certaines parcelles sont ingrates et ont besoin de semences du cru, avec une productivité faible mais résiliente des aléas climatiques et autres. Certaines parcelles au contraire sont parfaites pour l’agriculture productiviste et donne des rendements magnifiques à coup d’engrais et de traitements. Au final l’agriculteur voit son bénéfice, semences gratuites et peu de traitements mais production faible, vs fort rendement mais coût des intrants élevés.
    il n’y a pas une mais DES agricultures. Toute volonté d’en imposer une est vouée à l’échec.

    • Parfaitement résumé.

    • certes, mais très vite, le paysan veut être protégé contre l’achat de semences « défectueuses » ou plus peformantes, il va naturellement vers quelque chose de sûr, ce qu’il connait déjà. ou une marque avec des standards de qualité qui font que la marque perdure et a du succès, ou il exige la mise en place de normes…pour vérifier certains aspects de la qualité annoncées par les vendeurs

  • « Depuis les années 1960, des semences hybrides, notamment céréalières, »
    l’auteur de cet article montre ne ignorance réelle du sujet qu’il traite
    des semences de blé hybrides sont inexistantes au Maroc

    la question du catalogue n’est pas posée correctement par les internautes :

    1- chacun peut utiliser la semence qu’il veut sur ses terres
    2- pour protéger les agriculteur il n’est pas permis de vendre n’importe quelle semence sans qu’elle soit homologuée par le ministère : ce sont des essais qui permettent de garantir à l’agriculteur ce qu’il achète comme variété et pas n’importe quoi comme cela se passait avant
    personne n’empeche un agriculteur d’utiliser les semences qu’il veut contrairement à ce qui est affirmé
    les agriculteurs (ceux qui vivent de l’agriculture)ne s’y trompent pas et utilisent les variétés améliorées les plus performantes dans les essais d’homologation du ministère

    dernier point : tout agriculteur peut reproduire pour son utilisations les dernières variété sans avoir à payer un centimes au créateur
    les artistes ne sont pas aussi généreux ! que les chercheurs

    • « dernier point : tout agriculteur peut reproduire pour son utilisations les dernières variété sans avoir à payer un centimes au créateur
      les artistes ne sont pas aussi généreux ! que les chercheurs »

      Pas totalement, mais les COV ne sont pas excessivement chères non-plus, en comparaison d’un sac de semence d’un sélectionneur.

    • bonjour jhonbill49

      C’est tjs pareil, l’état veux protéger les individus malgré eux.
      Qu’il y ait un catalogue de référence, pourquoi pas?
      Mais que celui-ci soit obligatoire, c’est bien une contrainte inutile.
      L’agriculteur devrait être libre et choisir une semence certifiée ou non, à lui d’assumer les conséquences.

      • pas tout à fait, les paysans ne sont pas des victimes des normes non plus, pas tous en tous les cas, les normes leur offrent aussi une protection contre la concurrence, pas une connaissance de l’offre de semences nouvelles et donc de l’éventuelle émergence de concurrent plus compétitifs…
        c’est certes un peu théorique, mais les normes sont une entrave à l’émergence de la concurrence en général, les intérêts des paysans sont divergents, les normes arrangent certains d’entre eux.

  • Non la COV n’existe pas en Tunisie ,seule la France l’a mise en place

  • Si les semences de qualité se développent partout dans le monde c’est tout simplement parce qu’elles sont plus rentables pour l’agriculteur bien que plus chères.Contrairement à ce qui est sous entendu les industriels ne peuvent empêcher l’utilisation de leurs semences par d’autres sélectionneurs ( c’est le  » privilège du sélectionneur ») à la condition que ces sélectionneurs apportent chose en plus . Le système est donc très ouvert à tous et il permet l’amélioration rapide des semences. La vision selon laquelle les industriels s’accapareraient le vivant pour leur propre compte est totalement fausse.

  • Article nullissime.
    Tout est approximatif, inexact et injurieux pour la plupart des agriculteurs Tunisiens.
    L’auteur ne connaît rien aux réalités de l’agriculture en général et de l’agronomie en particulier.
    Un seul exemple (il y en a des dizaines comme ça !) :
    Un agriculteur Tunisien ou Français a le droit de semer ce qu’il veut comme variété. Que cette variété soit inscrite au catalogue national ou pas. Ce qui est interdit c’est de COMMERCIALISER donc vendre des lots de semences qui ne sont pas inscrites au catalogue.
    Il n’y a plus de comité de lecture à Contrepoints ?
    J’avais une autre vision du libéralisme.

  • Les commentaires sont fermés.

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