Législatives : et si on osait la proportionnelle ?

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Assemblée nationale - Crédit photo : Magali via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

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Législatives : et si on osait la proportionnelle ?

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 16 septembre 2015
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Par Vincent Delhomme.

Un article de Trop Libre.

Assemblée nationale - Crédit photo : Magali via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0
Assemblée nationale – Crédit photo : Magali via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

Promise par François Hollande en 2012, on ne sait toujours pas si l’introduction de la proportionnelle aux élections législatives est toujours aujourd’hui à l’ordre du jour. Proposée par le candidat lors de sa campagne pour satisfaire ses alliés écologistes, peut-être pourrait-elle  être ressortie des cartons par le Président d’ici la fin de son mandat, afin de jouer un mauvais tour à ses adversaires Républicains, comme le fit un certain François Mitterrand en 1986.

La proportionnelle mérite pourtant mieux que ces considérations politiciennes. Elle reste aujourd’hui une réforme politique d’ampleur, qui permettrait à la fois de rendre l’Assemblée Nationale plus représentative des opinions des citoyens, et de remédier à leur défiance grandissante envers un système qui ne leur laisse le choix qu’entre deux partis qu’ils rejettent pourtant massivement.

Le mode de scrutin utilisé en France assure la constitution de majorités claires et la stabilité politique du pays, au prix d’une sous-représentation de larges pans de l’électorat, devenue aujourd’hui préoccupante. Le Front National, fort de ses 18 % à la présidentielle de 2012, n’obtient que deux sièges aux législatives qui suivent, le Modem et ses 9 % un seul. Le PS lui, gouverne seul, avec tout juste 30 % des voix1

Il est donc légitime de se demander si un autre mode de scrutin ne permettrait pas d’assurer une plus juste représentation de l’électorat sans renoncer à la stabilité politique dont le pays jouit depuis plus de 50 ans.

L’utilisation du scrutin proportionnel est généralement balayée en France par un argument aussi simpliste que fallacieux : celui-ci plongerait notre pays dans une instabilité politique chronique comparable à celle de la IVe République. Première observation, l’écrasante majorité des chambres basses ou des Parlements monocaméraux en Europe2 utilisent des systèmes proportionnels ou mixtes, sans que cela ne plonge le continent dans le chaos.

Il existe en effet un moyen très simple pour éviter que le mode de scrutin proportionnel ne mène à l’émiettement partisan : introduire un seuil minimal de suffrages pour qu’un parti puisse entrer au Parlement. Fixé suffisamment haut3 il permet de limiter le nombre de partis représentés et facilite la constitution de coalitions. Ensuite, s’il est vrai que les coalitions peuvent être moins stables qu’une majorité monopartisane, les mécanismes du parlementarisme rationalisé permettent d’assurer la continuité des gouvernements et de renforcer le pouvoir de l’exécutif. En France, on utilise déjà le vote bloqué et le fameux article 49-3, qui permettent au gouvernement de contraindre leurs majorités sur les votes difficiles. En Allemagne, une règle oblige toute majorité souhaitant destituer le chancelier en place à élire au préalable un nouveau chancelier, évitant ainsi toute vacance du pouvoir.

Un deuxième argument souvent utilisé pour critiquer le scrutin proportionnel est le rôle prédominant qu’il donnerait aux partis politiques et aux hommes d’appareil. Là encore, ces arguments sont fallacieux. Les scrutins proportionnels peuvent parfaitement se dérouler dans le cadre de circonscriptions, ce qui oblige les partis à présenter des candidats identifiés par les électeurs et pas de simples apparatchiks. De plus, le système du vote préférentiel, qui permet aux électeurs de classer les candidats figurant sur une même liste, est également un moyen efficace de limiter l’influence du parti sur le choix des électeurs, qui peuvent facilement écarter un candidat inconnu.

Le scrutin uninominal à deux tours, lui, tire encore sa légitimité de la proximité supposée du député avec l’électorat de sa circonscription. Cette réalité est largement fantasmée. Les habitants des départements ruraux peuvent-ils se targuer de connaître personnellement leur député ? En outre, les partis ont d’ores et déjà la main basse sur les investitures, comme en témoignent la quasi non-existence de députés non-inscrits à l’Assemblée Nationale et la persistance de la technique éculée du parachutage.

On le voit, aucun des défauts imputés au scrutin proportionnel n’est irréversible ou ne lui est propre. De nombreux mécanismes permettent de remédier à ses effets négatifs en conservant ses principaux atouts : la juste représentation de l’électorat, et l’existence de majorités plurielles illustrant la diversité d’opinion des citoyens, qui obligeraient les gouvernements à mener des politiques plus modérées et rassembleuses. Comment s’étonner de la côte de popularité de François Hollande, de près de 20 %, si l’on garde en tête que seuls 30 % des Français soutenaient sa candidature, alors même que celui-ci mène aujourd’hui une politique recroquevillée sur un seul parti

Par ailleurs, le mode de scrutin utilisé actuellement comporte un certain nombre d’effets pervers que le passage à la proportionnelle permettrait d’éliminer. Les députés passent aujourd’hui plus de temps dans leur circonscription à entretenir leur réseau et à s’occuper de problèmes locaux qu’à effectuer un travail législatif pour lequel ils ont été élus. Libérer les parlementaires de leur attache locale leur donnerait plus de temps pour assurer leur mission de plus en plus complexe. Autre amélioration à attendre du mode de scrutin proportionnel : la hausse du nombre de femmes élues à l’Assemblée Nationale, alors même que la France fait toujours figure de mauvais élève dans les classements internationaux.

Aujourd’hui le mode de scrutin proportionnel est réclamé par une nette majorité des français, conscients que le système actuel les prive d’une juste représentation et conduit à des gouvernements basés sur des minorités d’idée. Sans être une solution miraculeuse, on peut espérer qu’une telle réforme réduise la défiance des citoyens envers leurs institutions et conduise à un renouvellement des pratiques politiques.

Sur le web

  1.  Les résultats au premier tour des élections présidentielles donnent une image plus fidèle des rapports de force politiques que les résultats du premier tour des élections législatives, où les plus grands partis profitent pleinement de la notoriété de leur candidat sortant et où les plus petits partis ne présentent souvent pas de candidats partout.
  2.  Seuls quatre pays européens utilisent un système majoritaire.
  3.  En Allemagne, il est par exemple de 7 %, en Suède, de 4 %. Un seuil à 7 % dans le cas français permettrait la représentation de 5 partis, si l’on considère toujours les résultats de la présidentielle de 2012.
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  • D’abord, les mots « hollande » et « promesses » accolés, déclenchent un franc éclat de rire. 😉

    Ensuite, sur le fond. La proportionnelle ne peut pas être adoptée, en tout cas pas dans le cadre de la 5ème ripoublique… pour une seule raison : « les heures les plus sombres » bla bla bla…

    Le Front National rentrerait massivement à l’Assemblée. Massivement.

    Et ça, les politiciens de « gauche » ou de « droite » n’en veulent pas. Un fromage ne se partage pas.

    Bref, vous pouvez attendre la proportionnelle encore longtemps !

    Si vous la voulez vraiment alors il faudra faire tomber le régime actuel. Pre requisit absolu.

    • Bonjour Pierre
      D’un autre coté avec la proportionnelle, pour que le FN prenne le pouvoir il lui faut 50% des voix, alors qu’avec le système actuel il peut avoir une majorité à l’assemblée avec 35-40%.
      Le FN est a combien ?
      Hitler à pris le pouvoir avec 35% Siriza avec 36% etc…

      • Je ne porte pas de jugement, et il est impossible d’imaginer combien de députés le FN pourrait avoir.

        Je dis simplement que la proportionnelle… on ne l’aura pas de sitôt.

        Ca fait 30 ans que les politiciens « jouent » avec, pour de basses raisons… mais là ce serait objectivement trop dangereux pour eux. On rentrerait dans le domaine du risque « ontologique ».

        Bref, il n’y aura pas de proportionnelle, en tout cas de manière « volontaire », par ceux qui verrouillent le système actuel.

        Mais bien entendu, moins on aura de proportionnelle, et plus le FN sera fort aux élections… plus le système atteindra l’escape velocity et se rapprochera de sa fin.

        Déjà en 2012, le chef d’un parti qui récolte 6,3 millions de voix, et qui se retrouve avec 2 députés… ça n’est pas tenable.

        Objectivement.

        On peut s’en réjouir, se frotter les mains bêtement ou au contraire dénoncer ce fait… rien n’y fait : ce n’est pas tenable, et cela ne tiendra pas.

        La seule question est combien ?

        Combien de temps la 5ème pourra t elle encore durer ? Le reste c’est de l’emballage.

    • Tout à fait d’accord avec cela .
      C’est ce qui me fair dire que la France n’est plus une démocratie
      En plus il ne faut pas oublier que cette fameuse 5 eme république à été mise en place par De Gaulle qui de ce fait a littéralement cadenassé son pouvoir

  • comment peut on croire qu’un système proportionnel changerait quoique ce soit au système politique d’un pays ?
    un député reste le même quelque soit le mode de scrutin , ce qu’il faut changer est le pouvoir du député avant de changer le système d’élection..et pour cela , il faut commencer par en diminuer le nombre et améliorer leur qualité en éliminant tout postulants ayant un lien direct ou indirect avec l’administration . vaut mieux quelqu’un défendant une entreprise même bancaire qu’un type défendant une administration

  • Il y a bien plus simple et stable que la proportionnelle : le scrutin majoritaire à un tour.

    • C’est encore pire, MLP élue des le premier tour.

      • Et alors :elle est belle votre conception de la démocratie !!!!!!

        • En effet ! Mais ce serait loin d’être évident, parce que les autres candidats ne pourraient pas se reposer sur les magouilles et petits arrangements entre amis entre les deux tours et les votes pour barrer la route à untel ou unetelle pour être élus : ils devraient avoir un programme qui remporte l’adhésion au moment où le choix est le plus large, au premier tour.

        • Bonjour waldman

          Autant si MLP est élue avec 50% des voix, je m’incline.. et je me barre.
          Autant si elle est élue avec 1/3 des voix, donc minoritaire, c’est stupide comme système électoral.

          Le système proportionnel a un avantage considérable qui est que les parties politiques sont faibles et se neutralisent.
          On peut avoir un état régalien fort et un gouvernement impuissant ne pouvant imposer ses lubies.

          • Si l’élu a 13.8% des inscrits au premier tour et 62% au second, vous restez de bon coeur ? 22.3% au premier et 39% au second ? 25.7% au premier et 43% au second ?
            Cette notion de majorité en ne retenant que deux candidats et le score sur les votants au second tour conduit le vainqueur à bénéficier d’une légitimité, que vous-même lui accordez, dont vous pouvez être sûr qu’il fera mauvais usage alors que ses idées sont très minoritaires. Avec le scrutin à un tour, la légitimité est beaucoup plus douteuse, nul ne peut oublier qu’un élu avec 25% de soutien n’est qu’un pis-aller.

            • Un classique de Condorcet, pas de système de désignation satisfaisant… donc pas d’élection d’un monarque-président comme en france.

        • Il y a des choses, pour les libéraux, bien plus importante que la démocratie : à commencer par les libertés individuelles.

        • Le scrutin majoritaire a un tour fait qu’en fonction du découpage électoral un parti peut gagner une election en terme de pourcentage mais pas en terme de voix sur le plan national. L’analyse du système anglais est intéressant à ce sujet car les tories sont arrivés plusieurs fois en tete aux legislatives en terme de pourcentage sans pour autant totaliser le plus grand nombre de voix. Mais je reconnait que comme tout mode de scrutin il se defend parfaitement.

  • La proportionnelle n’a que l’apparence de la démocratie.

    Elle favorise les partis marginaux – faiseurs de majorité- qui se trouvent sur-représentés parmi les décideurs en pouvant négocier des prébendes ou des rôles divers. Et conduit des alliances d’opportunité sans vision commune qui facilitent le blocage.

    Regardons la Grèce avec l’alliance improbable SYRIZA / Grecs indépendants…

    Le scrutin majoritaire est le pire système à l’exception de tous les autres.

  • Chaque système électoral a ses défauts… et ses qualités.
    Le principal avantage de notre système uninominal à deux tours est de permettre aux alliances de se faire devant les français et non derrière les coulisses.
    Je deviens vieux… je me souviens qu’en 1978, la gauche était majoritaire au premier tour, mais devant l’attelage branlant et en désaccord sur tout PS/PC, les français ont préféré la droite. Ca me parait plus sain que les tractations à la belge, à l’italienne ou à l’israélienne…

    • « Ca me parait plus sain que les tractations à la belge, à l’italienne ou à l’israélienne… »

      Je ne suis vraiment pas sûr, si on espère plus de démocratie.

      On voit bien, actuellement, que le président français décide de tout, en apparence mais aussi quand on en vient à la décision ou quand la zizanie règne entre ministres.

      Bien qu’élu avec 30% des voix, il se balade à 25%, dans les sondages (juste sanction d’un programme promis mais bien peu réalisé).

      Mais même sans la confiance de la majorité, les lois passent, en fait, car le « bloc » majoritaire vote toujours le 49.3, donc la « confiance »: vous n’avez d’autre choix que d’attendre la fin du quinquennat!

      Mauvais mais stable!

      En fait de « monarque » républicain, dans les systèmes de coalitions, qu’il soit véritable monarque ou président de la république, tous 2 politiquement neutres, la stabilité existe aussi.

      (Je parle maintenant de la Belgique, pays proche que je connais bien.)

      Le premier ministre s’expose avec son gouvernement face au parlement, de fait, plus divers, et dans lequel l’approbation d’une mesure par l’opposition se fait par abstention.

      À chaque instant, la question de confiance (et donc de démission) peut être posée!

      Et au parlement, projet de loi (= par le gouvernement) ou proposition de loi (= par un élu, député ou sénateur), coexistent plus souvent dans la réalité.

      Si les « tractations » (« négociations »en politiquement correct) durent, ce n’est pas forcément un mal: choix des partenaires puis les discussions se font sur le programme de gouvernement, avec calculs financiers et donc impact budgétaire de chaque projet. La coalition n’aboutit que si toutes les parties prenantes sont d’accord (« Tant qu’il n’y a pas accord sur tout, il n’y a accord sur rien » dit-on). Autant dire que les concessions des uns et des autres sont soigneusement actées afin d’éviter des surprises.

      Une fois le programme bouclé, ses conséquences attendues et chiffrées, la répartition des maroquins décidées, le gouvernement se présente au parlement et le « premier » présente son programme suivi du vote de confiance. Et ce n’est qu’à ce moment-là, la confiance votée, que le premier ministre démissionnaire est libéré: il y a donc toujours un gouvernement, en Belgique!

      Dans la suite, si le programme gouvernemental n’est pas respecté, ni les partis partenaires de la coalition, ni certains ministres, ni les parlementaires ne prolongeront la confiance facilement, quitte à revoter!

      Aux Français à choisir (et pas seulement les politiciens, si possible!).

      • Ce qu’ il veut dire à mon avis c’ est que dans les autres pays ce sont les chefs de partis de coalition qui décident de tout mais à sa place 🙂

  • Au moins deux points de désaccord important avec l’auteur qui se garde bien de dire si son scrutin proportionnel serait national, régional ou départemental: un seuil éliminatoire « fixé suffisamment haut » et la perspective d’une complaisante hausse du nombre de femmes à l’AN (mécanisme sans intérêt pour la qualité de l’AN notamment). Passons sur les « primes majoritaires » qui plombent nos élections municipales et régionales.
    Le mode de scrutin actuel pour les députés ne garantit pas intrinsèquement une majorité « stable ».
    Quel que soit le système, l’économie et la sincérité devraient conduire à un vote à un seul tour, sauf exceptions: je préconise d’avoir un écart minimum de voix d’écart (ex 1% des suffrages exprimés) pour départager des candidats ou des listes.
    Copie à revoir.

  • Le seul avantage de la proportionnelle serait d’avoir le FN au pouvoir. On pourra enfin voir que le national-socialisme, c’est encore pire que le social-conservatisme au pouvoir aujourd’hui. Et on pourra peut être passer à être chose.

    • Et vlan un point Godwin !
      Le FN est actuellement la résurgence du gaullisme qui était une forme moderne du bonapartisme basé sur l’appel direct au peuple (référendum appelé à l’époque de Napoléon III plébiscite, le mot est forgé sur « plèbe »)

      Par ailleurs, qui vous permet de dire objectivement qu’un gouvernement FN ne serait pas plus libéral que les actuels gouvernements UMP.PS qui sont au pouvoir depuis 1981.
      Recentrer l’Etat sur ses pouvoir régaliens est d’ailleurs le contraire de la main mise de l’Etat sur l’ensemble de la vie en société.

      • Nationalisme + socialisme, ça définit bien le FN de MlP oui.

      • Cela doit faire longtemps que vous n’avez pas lu le programme économique du FN. Si le FN de Papa était à peu près économiquement libéral, le FN de Fifille l’est autant que Mélenchon.

        Le FN, et pour une fois je ne contredirai pas Hollande, c’est le PCF des années Marchais.

        • Il faut dater et surtout avoir un peu de mémoire ce qui n’est pas le cas de certains qui tombent alors dans l’anachronisme à pieds joints et s’y vautrent.
          Le FN « libéral » date de l’après 1981 quand le gouvernement Maurois avait nationalisé tout ce qui pouvait l’être, grandes branches de l’industrie (exemple Dassaut) et tout le système bancaire (exemple le Crazy Lyonnais).
          Il est resté pareil pendant toute l’époque du « ni-ni » (ni nationalisation, ni privatisation) du second mandat de François Mitterrand.

          Pour le FN de 2011, que reste-t’il à dénationaliser ? agaga … Le problème n’est vraiment plus d’actualité.

        • Savez vous lire, avec l’Educnat actuelle (elle a commencé à déconner dès 1975, loi Haby) on se pose des questions quand même. Le programme est sur le site du FN et est accessible à tous.

          Et quant à comparer le FN de Marine Le Pen avec le PCF de Marchais, je ne sais pas si vous vous rendez compte du comique de la chose, quel âge avez vous ?
          Allez, un petit coup d’hymne du FN pour vous conforter dans votre euh .. idée. https://www.youtube.com/watch?v=EpgrO-tieGM

          Ah oui, j’oubliais, chaque militant FN a dans sa bibliothèque Marx, Sartre et Lenine qui sont sa bible.

          • Votre mépris peine à cacher les faits. Votre mémoire sélective est franchement hilarante. Votre incapacité à argumenter est vraiment inquiétante pour le FN. En sommes, avec des amis comme vous, le FN n’a point besoin d’ennemis.

            MLP ne parle que de combattre la mondialisation à coups de barrières douanières, de régler le problème de la dette publique par l’inflation, de planifier l’économie, de dilapider l’argent du contribuable dans des aides aux entreprises et aux cas sociaux français, de défendre le système de Ponzi que constitue les retraites par répartition, etc. C’est peu ou prou le programme du PCF des années 70 ou celui de Mélenchon des années 2010. Je vous propose de taper les mots clés suivant sur le site du FN : nationalisation, planification, aides sociales, retraites, etc. Les articles proposés sont affligeants d’étatisme.

            Pour en revenir à votre prose, le FN ne parle pas de dénationaliser mais de nationaliser. Si bien, d’ailleurs, qu’ils ont même une rubrique sur leur site sur la question : http://www.frontnational.com/terme/nationalisation/. Le reste n’est qu’insulte ad personam et foutaises.

            Si c’est tout cela que vous pouvez offrir dans un débat d’idées, peut-être auriez-vous dû rester un peu plus longtemps à l’école ?

  • On brandit toujours le spectre de l’instabilité politique de la Quatrième République dès lors que l’on parle de proportionnelle.

    Mais la IVème était-elle si mauvaise que ça ? C’est quand même elle qui, à partir d’un champ de ruines, a donné l’impulsion des Trente Glorieuses.
    La Vème a profité une douzaine d’années de cette impulsion, puis n’a jamais été fichue de redémarrer après le choc pétrolier de 1973.

    Donc politiquement instable mais efficace économiquement, ou l’inverse. Qu’est-ce qui est mieux ?

    • Je crois qu’on se trompe en pensant que parce que le système était étatiste, l’impulsion est venue d’en haut. Pour moi, l’impulsion est venue de ceux qui avaient tout à reconstruire, peu importait le régime, de toute façon il était hors de question de leur dire quoi faire et de leur prélever 45% de tout. Ca s’est gâté quand les individus ont été suffisamment sortis d’affaire pour ne pas renvoyer dans leurs buts en leur disant qu’il y avait plus urgent ceux qui leur parlaient de plan Calcul, de Concorde ou de TGV, puis de 39, 38, ou 35 heures.

      • Bin justement, la IVème était p’têt moins étatiste qu’aujourd’hui.
        Gouvernement instable et moindres prélèvements obligatoires = moins d’interventionnisme intempestif dans l’économie. Les initiatives foisonnaient.

        Par contre la société était très conservatrice (mœurs…).

  • En 2012, une simulation avait été faite par le Figaro sur la composition de l’Assemblée Nationale si on avait utilisé le scrutin à la proportionnelle plurinominale de 1986 avec le même mode de calcul pour les restes et leur répartition. A l’époque, la circonscription électorale était le département, ce qui permettait d’ailleurs aux candidats d’être connus et de mouiller leur chemise pour aller à la rencontre des électeurs.

    Mais avant de continuer, la proportionnelle, qu’est-ce que c’est exactement, car il y a différents modes de calcul utilisé par l’un ou l’autre pays.
    En rappelant ici que nous sommes les seuls à utiliser le scrutin majoritaire à deux tours considéré comme non démocratique par les autres pays.
    Les démocraties utilisent le scrutin proportionnel ou, pour ceux de tradition anglaise, le scrutin majoritaire à un tour.
    voici l’étude Wiki : https://www.youtube.com/watch?v=YwqxavujqMo

    Mais revenos à l’étude du Figaro en 2012 http://elections.lefigaro.fr/presidentielle-2012/2012/06/19/01039-20120619ARTFIG00615-le-ps-sans-majorite-avec-la-proportionnelle-integrale.php

    On voit clairement que l’ensemble de la « droite » cad. des centristes au FN est majoritaire.
    On peut également imaginer ce que cela donnerait aujourd’hui avec un FN qui serait le premier parti de la droite.

    La proportionnelle oblige les partis en mesure de gouverner de faire des alliances, donc d’établir un programme commun minimum avec ses alliés.
    – Objection: la IV° République était un exemple d’instabilité institutionnelle.

    – Réponse: cette instabilité venait de la présence dans la politique d’un parti très puissant, le PCF, dont le secrétaire général était nommé par Moscou, qui voulait un changement radical de la société sur le modèle soviétique. Ce parti disposait également d’une force de manoeuvre puissante, la CGT dont le secrétaire général faisait partie du Bureau Politique du PCF.

    Dans les autres pays démocratiques où le PC est faible voire inexistant, les rapports entre partis sont apaisés et les gouvernements sont stables.
    La proportionnelle force les partis à se parler et, s’ils veulent gouverner, à construire des alliances de façon à avoir la majorité à la Chambre.

  • Et bien moi, je suis pour la proportionnelle.
    Je trouve profondément anormal que dans ce qu’il est convenu d’appeler: »une démocratie »des millions d’électeurs, ceux du F.N. ne soient pas représentés.
    Je ne partage en aucune façon les thèses du F.N. mais je pense qu’avec une représentation au parlement ce parti politique peut avoir accès à la parole autrement que par des manifestations violentes provoquées par cette non représentation.
    Autre constat: si le FN est aussi bien en cour auprès des français c’est bien à cause de cette ripoublique bananière menée par des partis politiques PS ou Ripoublicains qui ne sont que des courroies de transmission des exigences des financiers, des banques et autres agences de notation.
    Le politique ne fait que de la représentation sans aucun pouvoir.
    Evitez de me taxer de gauchiste …. je suis simplement libre et lucide.

    • « mais je pense qu’avec une représentation au parlement ce parti politique peut avoir accès à la parole autrement que par des manifestations violentes provoquées par cette non représentation. »

      OK pour le reste de votre contribution, mais en écrivant « manifestations violentes » vous pensez à quoi en particulier ?
      Toutes les manifestations du FN sont pacifiques et bien encadrées. S’il peut y avoir des violences, c’est du fait des crasseux gauchistes qui essaient de venir perturber ces rassemblements, la plupart du temps sans aucun succès.

      • Les manifestations sont souvent sources de violences soit
        – du fait des manifestants;
        – des opposants à la manifestation;
        – d’actions de provocations pour attirer les médias, jeter le discrédit, justifier une réaction musclée du fait des organisateurs, des opposants voire de la police;

        Je préfère de loin la discussion et la négociation aux manifestations quelles qu’elles soient alors que dans ce pays le seul argument qui amène à la discussion et à la négociation est le nombre de manifestants, l’importance et l’intensité des actions périphériques autour de ces manifestations.

  • 3 commentaires en vrac:

    C’est certain que le système actuel ne représente pas grand monde en définitive.
    Il incite par exemple à ne pas disperser ses voix dans des parties lilliputiens comme le PLD, de peur de « perdre » son vote.

    Je suis étonné que même ici, certains parlent du fn quand on évoque le sujet. Bien que très opposé à ce parti d’extrême gauche, il semblerait pourtant fort démocratique de le voir mieux représenté.

    Le risque de difficultés de gouvernance ou d’alliances de convenances, pourrait peut être se limiter par un système mixte ?

  • Ca serait bien d’amener la réflexion au delà du seul mode de scrutin. La proportionnel implique au départ une certaine conception de la manière de gouverner, négocier. Si on prend l’exemple de l’Allemagne qui a un système pour schématiser mixte et la Suisse on se renc compte en analysant le système politique de ces deux pays que le mode de scrutin n’est que la conséquence de leur système politique. En Allemagne c’ est un système moniste pour simplifier c’est du consensus en continu entre parti majortitaire et de coalition et pas seulement pour les alliances mais également en matière de nomination de poste, de vote de nouvelle lois etc… La suisse elle a un système directorial qui fait que en gros quelque soit le resultat des elections sauf raclees monumentale les principaux partis se partagent les principaux postes et le siege de la presidence je crois est tournant donc idem il y a en amont de la proportionnelle l’ idée de consensus et de partage des postes gouvernementaux dans une optique d’ une forme d’harmonie politique, l’expression est idyllique je sais mais l’ idée s’ y rapproche. Sans compter la situation de la suisse au niveau ethnique, religieux, culturel pareil en Allemagne autonomie des landers etc… En gros mettez la proportionnelle en France en gardant son système politique et institutionnel actuelle et c’est la grèce que vous obtiendrez.

  • « L’utilisation du scrutin proportionnel est généralement balayée en France par un argument aussi simpliste que fallacieux : celui-ci plongerait notre pays dans une instabilité politique chronique comparable à celle de la IVe République » cela dépent du pays. Dans certains pays, cela provoque en effet une instabilité dans d’autre, cela n’est pas le cas. Si vous prenez un pays comme Israel, il est clair qu’il y a une grande instabilité politique du fait de la proportionnel.

    « En Allemagne, une règle oblige toute majorité souhaitant destituer le chancelier en place à élire au préalable un nouveau chancelier, évitant ainsi toute vacance du pouvoir » C’est ce que l’on appelle la motion de méfiance constructive. Il y a la même chose en Belgique. Cependant, il faut remarqué que même si JURDIQUEMENT, le gouvernement n’est pas tenu de démissionner s’il perds sa majorité au Parlement. POLITIQUEMENT, il sera obligé de démissionner. C’est LE principe de base du régime parlementaire: tout gouvernement n’ayant pas la majorité au Parlement doit démissionner. Il serait inconcevable que dans un régime parlementaire, un gouvernement n’ait pas de majorité. Voilà pourquoi contrairement à ce que bcp de gens ont dit ce que Tsipras a fait n’est pas courageux c’est juste normal (il n’avait pas d’autres choix, plus il attendait plus cela laissait de temps à la gauche de son parti de s’organiser).

  • « Un deuxième argument souvent utilisé pour critiquer le scrutin proportionnel est le rôle prédominant qu’il donnerait aux partis politiques et aux hommes d’appareil. Là encore, ces arguments sont fallacieux. Les scrutins proportionnels peuvent parfaitement se dérouler dans le cadre de circonscriptions, ce qui oblige les partis à présenter des candidats identifiés par les électeurs et pas de simples apparatchiks. De plus, le système du vote préférentiel, qui permet aux électeurs de classer les candidats figurant sur une même liste, est également un moyen efficace de limiter l’influence du parti sur le choix des électeurs, qui peuvent facilement écarter un candidat inconnu » Tiens c’est exactement ce qu’il y a en Belgique (circonscriptions électorales qui sont l’équivalent des provinces sauf pour Bruxelles ainsi que le vote préférentiel: on peut voter pour un candidat). Pourtant, la Belgique est une particratie. Les gens votent avant tout pour un parti et non pas pour quelqu’un. Un pays avec une coalition est forcément une particratie. Avoir une coalition gouvernementale serait intenable sans une discipline forte au sein des partis. Dans un régime de coalition, il faut faire des compromis ce qui fait que les présidents de parti ont un très grand pouvoir.
    Le fait d’avoir un vote de liste a énormément d’incovénients mais a au moins l’avantage (et c’est le seul avantage) de permettre de faire élire des gens qui bien que compétents n’auraient aucune chance d’être élu car ils n’ont aucun charisme

  • Un scrutin proportionnel n’aurait de sens qui si la France passe à un régime parlementaire. Le système politique francais souffrent de trois maux: la présidence (le président a des pouvoirs demésurés. Dans un système présidentiel normal, le président a bcp moins de pouvoir. La France est une monarchie républicaine) qui est sans doute le principal maux du système politique, la centralisation bcp trop forte, les collectivités territoriales qui sont très mal organisé (il y a bcp trop de communes, il en faudrait 5000 pour la France. Garder les régions et supprimer le reste des échelons locales (départements,…)).
    Dommage que l’auteur n’ait pas parler de cela, surtout du premier point à savoir la présidence.
    Mettre en place un scrutin proportionnel sans remédier aux maux (surtout au premier) décrient plus haut n’aurait aucun sens et ne servirait à rien.

    Le scrutin proportionnel comme le scrutin majoritaire a ses avantages et ses incovénients. Aucun mode de scrutin p’est parfait. Je pense que cela dépent aussi du pays. En Israel, le scrutin proportionnel est une véritable plaie.
    Le scrutin propritionnel permet certes une plus grande représentation de l’électorat mais n’est pas tjs plus démocratique. Je reprends Israel: dans ce pays, les petits partis (notamment ultra orthodoxes) peuvent faire du chantage aux grands partis et obtenir des concessions démesurés par rapport à leurs poids électorats.
    De même, dans certains pays au scrutin proportionnel, vous avez l’impression que les élections ne servent à rien parce que ce qui compte c’est l’après élection, lorsqu’il y a le marchandage entre partis pour former une coalition.

  • Le vrai problème de la France c’est la 5 république qui a été taillé pour De Gaulle.Seulement voilà n’est pas De Gaulle qui veut. De Gaulle et Pompidou ont été les deux seuls bon présidents francais

  • D’accord ou non avec la position défendue, je ne peux que saluer cet article clair, précis, bien structuré et argumenté, plusieurs niveaux au dessus de la prose niveau bac péniblement pondue par trop de journalistes de métier.
    Ils ont ici l’occasion de prendre une bonne leçon de journalisme mais je doute qu’ils sachent en profiter.

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