Côte d’Ivoire : le paysage politique pour les présidentielles 2015

À quelques semaines des élections en Côte d’Ivoire, le paysage politique ivoirien est en pleine recomposition. La plupart des partis politiques sont confrontés à des crises internes.

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Côte d’Ivoire : le paysage politique pour les présidentielles 2015

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 14 septembre 2015
- A +

Par Berthe Bognini, Isidore Kpotufe & Alan Akakpo
IMANI Francophone

Drapeau_de_la_Côte_d'Ivoire(CC BY-SA 3.0)
Drapeau_de_la_Côte_d’Ivoire, Wikipedia(CC BY-SA 3.0)

Le Parti ivoirien des travailleurs (PIT), le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI)  ou encore le Front Populaire Ivoirien (FPI) font face à des mécontentements parmi leurs membres qui ne sont pas sans conséquence sur le climat politique général. Le parti qui connaît la plus grande crise reste de loin le Front Populaire Ivoirien de l’ex-Président Laurent Gbagbo incarcéré à la Haye.

Au FPI, les héritiers de l’ancien Président se déchirent sur la question de la participation du parti aux élections présidentielles de 2015. Ces dissensions provoquent l’implosion du parti entre deux tendances. D’un côté « les Gbagbo et nous » menés par Pascal Affi N’Guessan, ancien Premier Ministre et Secrétaire Général du FPI sous Laurent Gbagbo. Incarcéré à l’issue de la crise postélectorale, Pascal Affi N’Guessan a dès les premières heures de sa libération, montré sa volonté de se positionner comme le digne successeur de Gbagbo à la tête du FPI. Il explique sa démarche par la détermination de sortir son ancien mentor de la Haye par les moyens politiques. « C’est la politique qui a emmené Gbagbo en prison, c’est la même politique qui le fera sortir de là », a-t-il déclaré. Dans sa démarche, il entame donc le dialogue avec le pouvoir en place et affirme son intention de participer à l’élection présidentielle de 2015.

C’est sans compter sur la détermination des « Gbagbo ou rien ». Cette tendance du FPI conduite par Aboudramane Sangaré ne conçoit pas les élections sans la libération de Laurent Gbagbo.

Ils accusent Affi N’Guessan de traîtrise et le soupçonnent de vouloir tourner la page Gbagbo.

Déboutés par la justice, les frondeurs du FPI conduits par Aboudramene Sangaré envisagent d’autres alternatives.

Le 15 mai 2015, une Coalition anti-Ouattara voit le jour. Il s’agit de la Coalition Nationale pour le Changement (CNC). Elle regroupe en son sein les frondeurs du FPI conduits par Aboudramane Sangaré, les « Irréductibles » du PDCI (l’ex Gouverneur et Premier Ministre Charles Konan Banny, Jérôme Brou Kablan, le diplomate Essy Amara, et Kouadio Konan Bertin) ainsi que des cadres de l’opposition comme Mamadou Coulibaly, Président du parti Liberté et Démocratie pour la République (LIDER).

Dirigée par Charles Konan Banny, la CNC veut négocier les conditions de l’élection. En plus de la libération de l’ex-Président Laurent Gbagbo, elle réclame la dissolution de la Commission Électorale indépendante (CEI) qu’elle estime être trop proche du Président Ouattara. La CNC, selon Kouadio Konan Bertin, « n’est pas le lieu où l’on pense à une candidature unique ». Elle compte en effet plusieurs candidats déclarés en son sein pour la prochaine présidentielle en octobre. Fera-t-elle le poids face au RHDP actuellement au pouvoir ?

Une chose est sûre, le jeu des alliances semble bien lancé en Côte d’Ivoire.

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  • À corriger dans cet article.
    1) Affi Nguessan n’a jamais été SG du FPI. Il en était le président depuis 2001, date à laquelle ce parti n’a plus tenu de Congrès pour renouveler ses instances.
    2) Essy Amara n’est pas membre de la CNC bien qu’issu du Pdci et refusant la candidature unique et l’appel de Daoukro.
    3) La CNC dans ses revendications ne demande pas la libération de Gbagbo comme condition pour sa participation aux scrutins mais exige les conditions d’une élection démocratique. En effet avec le titre de l’article on devrait pouvoir y lire comment, le candidat Président sortant Ouattara, a verrouillé et la Commission électorale avec ses seuls partisans et la liste électorale en en excluant plus de 3 millions d’électeurs potentiels et l’utilisation des médias de service public comme instrument de propagande et les forces de sécurité et de défense comme moyen d’intimidation des électeurs et de ses adversaires, en plus de tous les moyens de l’Etat dédiés à sa campagne.
    4) Le prof Mamadou KOULIBALY que vous présentez comme un cadre de l’opposition est membre de la société du Mont Pèlerin, ancien ministre des finances et ancien président de l’Assemblée nationale qu’il a dirigé de 2001 à 2011 avant de créer le seul parti libéral en CI, LIDER (pour Liberté et Demicratie pour la République) dont le site web est http://lider-ci.org. Il est candidat à l’élection présidentielle de octobre 2015.

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