Le vin ? À consommer avec éducation !

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Le vin ? À consommer avec éducation !

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 14 septembre 2015
- A +

Par Jean-Baptiste Noé

Good Wine-fs999(CC BY-NC-ND 2.0)
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Dans le vin, il n’y a pas que de l’alcool. Il y a aussi de l’art, de la littérature, de la politique, de la chimie et de la théologie, de l’économie et de la géographie. Un verre de vin renvoie à la culture de l’homme, à la civilisation de la France et de l’Europe. Dès l’époque romaine, le vin acquiert le statut de boisson de culture. Les aristocrates se doivent d’avoir une vigne sur leur domaine, et de mettre la main à la charrue. Le vin se dote d’un langage propre pour le décrire et l’apprécier, il n’est pas qu’une simple boisson, mais un objet de civilisation. Le vin rejoint toute l’histoire de France, et une partie de l’histoire du monde.

Dans un verre de vin, on peut voir la naissance de la vigne dans le Caucase, les routes du croissant fertile, les expansions viticoles vers l’Australie et la Californie. C’est cette profondeur historique que l’amateur cherche dans le vin, et qui lui permet d’associer cette boisson avec la musique, la littérature et la peinture. Ce degré de culture fait réprouver l’ivresse quand l’amateur a appris à déguster le vin avec éducation. Dans cette consommation maîtrisée et sublimée réside la véritable liberté. L’homme se construit par l’éducation, par l’apprentissage de la maîtrise de ses passions, par la découverte de sa culture et de celle des autres. Parce qu’il réunit ces conditions, le vin est un puissant vecteur de formation de la personne.

Une politique prohibitionniste est donc non seulement inutile, car aucune n’a réussi à éradiquer l’alcoolisme, mais également contraire à l’intérêt propre des personnes. Prohiber la consommation éduquée du vin, c’est empêcher la personne d’éprouver et de solidifier sa liberté, c’est lui fermer un monde de culture et d’histoire. Donnons à notre jeunesse la capacité de s’émouvoir de la beauté des paysages de vignes : elle y apprendra l’amour du respect de la nature, et l’émerveillement face au travail des hommes qui parviennent à en tirer la meilleure part. Permettons aux générations qui viennent de trembler d’émotion en trempant leurs lèvres dans un vieux millésime dont l’élaboration a nécessité des décennies de travail. Elles y expérimenteront l’amour du travail bien fait, de la patience et de la gratuité.

L’éducation dans la liberté est le plus beau défi qui se présente à l’homme : elle seule peut le faire grandir, au risque que certains se perdent. Mais la prohibition est la marque de l’absence totale de confiance dans l’homme, l’éradication de sa liberté et l’expression d’une mainmise oppressante de l’État sur la personne. Plutôt que d’associer systématiquement le vin à la drogue et de fomenter la création d’une société de la tristesse et du désespoir, en plus de couper la jeunesse de ses racines et de sa culture, l’État pourrait jouer un rôle positif dans l’éducation au vin en aidant à maîtriser sa consommation et en permettant de découvrir la face culturelle du vin. Ce serait autrement plus efficace et exaltant que de ne penser qu’en termes de répression et de sanction.

Cette politique intelligente et dynamique pourrait se fixer un objectif : apprendre à boire avec éducation. Les cours de biologie et de chimie sont tout à fait appropriés pour découvrir le fonctionnement de l’alcool, les mystères de la fermentation et le rôle des levures. Dans les cours de géographie, pourquoi ne pas étudier quelques paysages viticoles, pour rattacher cela à l’aménagement du territoire et à l’insertion de la France dans la mondialisation économique ? En littérature, l’étude de quelques textes viticoles de nos grands auteurs français pourrait être le bienvenu. Enfin, il faut encourager la création et l’animation des clubs d’œnologie dans les universités et les écoles du supérieur. C’est là que les étudiants apprennent à bien boire et qu’ils apprennent aussi à maîtriser des éléments indispensables à connaître pour leur vie professionnelle. Les écoles gagneraient à être plus vigilantes sur les soirées des week-ends d’intégration, et plus intelligentes sur le soutien apporté aux clubs d’œnologie. Enfin, audace ultime, pourquoi ne pas permettre la création de ces clubs dans les lycées ? Éduquée à la liberté, la jeunesse pourrait déguster ces œuvres de culture avec éducation.

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  • C’est mignon.
    L’alcoolisme est une maladie qui n’a malheureusement rien à voir avec le niveau d’éducation. C’est vraiment méconnaître les mécanismes physiologiques de la dépendance que de vouloir laisser croire à cette angélique fable.
    Pour le reste…l’alcool n’est pas prohibé en France et l’œnologie s’y porte très bien. Autant dire qu’il doit falloir avoir quelques verres derrière soi pour envisager sérieusement la pertinence de cet article qui préconise des libertés qui existe d’ores et déjà et dont chacun peu jouir dès maintenant.
    Quant au rôle de l’Etat (si tant est qu’il ait un rôle à jouer là dedans), la question est posée:
    – doit-il avoir un message de prévention envers une drogue qui tue 50.000 personnes par an en France, qui est la 2nde cause évitable de cancer dans notre pays (notons les répercussions en matière de santé sur les finances publiques et donc nos impôts) ?
    – ou l’Etat doit-il plutôt encourager la consommation d’une drogue qui se porte bien (comme vous le préconiser) et financer avec nos impôts le marketing de l’industrie de l’alcool ?

    • Si on veut, je rappelle que l’alcool, et donc le vin, est illégitimement surtaxé (comme du reste les cigarettes et l’essence), ce qui est déjà une grave limitation des libertés.

      Après, sur le contenu de l’article lui-même, le vin et son histoire sont sans doute un domaine culturel intéressant et une part de notre histoire, de là à dire que la liberté passe par là ou qu’il s’agit de connaissances incontournables, il y’a un sacré marche que je ne monterais pas.

      Il me semble qu’il y’a un paquet de choses plus importantes à connaitre avant. L’histoire, par exemple. Pour tout dire, si je devais faire un choix, je m’intéresserais sans doute à la philosophie, à l’histoire des sciences, et même à l’histoire des arts et à la littérature voire à la cuisine bien avant l’œnologie.

      Je mettrais peut-être l’œnologie avant l’histoire du sport cela-dit.

      En un mot, je suis sûr que c’est très intéressant, mais ça me paraît être du fignolage.

  • Il faut encourager l’éducation au vin… ah…pas au cidre ou à la bière?
    cela est bien joli mais derrière cette éducation au vin on entend surtout ok on sait qu e l’alcool c’est pas joli joli mais le pif c’est autre chose …. mouais…
    et je souffre assez de tous les zozos qui nous énumère tout ce que l’éducation de nos enfant DOIT contenir pour souffrir une pareille injonction…

    Si il doit y avoir un il faut, c’est en conclusion personnelle à la fin d’un exposé brillant sur les bienfaits de la culture oenologique, le mettre en introduction et en obligation me hérisse…
    pour moi donc ce sera NON.

    • et j’espère bien que les autres se foutent de mon avis autant que moi du votre.

      Allez va pour Il faut briser la singularisation du vin si on veut combattre l’alcoolisme.

  • Merci Mr Noe,de la poesie,du reve,du gout….le cep(cippus,borne funéraire)qui s’ancre profondément dans son sol et en extrait le sels minéraux,fruit de la vigne(liane contrariée)et du travail des hommes….l’alcool,(l’eau de feu/l’eau et le feu?)qui fait voyager notre esprit et relie les hommes de gout…un petit article sur les bières de trappistes que je découvre avec bonheur,s’il vous plait?

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