France croissance 0.7

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France croissance 0.7

Publié le 2 septembre 2015
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Par Jean-Luc Ginder.

scènes de Kaboul scenes from Kabul credits Canada in Afghanistan / Canada en Afghanistan (CC BY-NC-ND 2.0)
Le moteur de la croissance en panne ? – Crédit photo : Canada in Afghanistan / Canada en Afghanistan (CC BY-NC-ND 2.0)

 

Souvenons-nous. Les prévisions annonçaient une croissance de 0,4% pour le premier trimestre et de 0,3% pour le second trimestre. La croissance attendue de 0,7% est conforme aux prévisions sur le premier semestre 2015.

rené le honzec permis de tuer la croissanceCes chiffres cachent une mauvaise nouvelle parce que la croissance à 0,7% est insuffisante et le taux de croissance de la France n’est pas un bon résultat au regard de la conjoncture économique positive. La formidable concentration de bonnes nouvelles, prix du pétrole qui s’effondre, euro bas, politiques budgétaires moins restrictives, taux d’emprunt extrêmement bas, sont des paramètres qui auraient dû entraîner une hausse plus forte de la croissance.

On est donc en droit de se poser légitimement cette question : pourquoi, alors que les conditions sont favorables à la croissance, la croissance française n’est-elle pas plus élevée ou toujours aussi basse ? Qu’est-ce qui freine d’une manière très significative notre croissance en France ?

Aucun investissement n’est reparti, ni l’investissement des ménages, ni l’investissement des entreprises, signe que quelque chose ne va pas. Les entreprises qui auraient dû anticiper et s’inscrire dans la nouvelle dynamique économique favorable en investissant restent figées dans les doutes. Les six longues dernières années de croissance zéro ont eu pour effet d’engourdir les mécanismes.

Même si la croissance a été de 1% entre les deuxièmes trimestres 2014 et 2015 alors qu’elle était de 0% entre 2013 et 2014, elle est trop faible et trop poussive.

L’objectif de la croissance française qui n’est pas à 1,5% annonce que les prochains chiffres du chômage resteront mauvais. Les chiffres à la hausse du domaine de l’intérim n’assurent pas un accroissement du nombre de contrats à durée déterminés ou indéterminés à moyen terme.

Le gouvernement continue de prévoir une croissance de 1,5% pour 2016. Il faudrait plus de 1,5% de croissance trimestrielle pour atteindre cet objectif. Cette prédiction très incertaine induit le rêve d’une soudaine augmentation du nombre d’embauches et d’un ralentissement de l’augmentation du chômage mais dans la réalité n’aboutira pas à une réduction du nombre de chômeurs en valeur constante.

Au travers de ce taux symbolique de 1,5% fondé sur une formule économétrique théorique, la preuve de la baisse du taux de chômage n’est pas faite.

La seule certitude, ce sont les impôts qui n’ont pas la marge de baisser malgré la promesse du chef de l’État pour 2016 si on veut maîtriser une croissance à 1,5%. L’annonce d’une diminution d’impôt en 2016 avec le maintien des réductions des déficits de la France au sens de Maastricht de 3,8 à 3,2 est un mensonge.

D’un point de vue économique, il n’existe aucune marge de manœuvre pour réduire les impôts des Français.

Les marges supplémentaires pour rendre effective une baisse d’impôt pourraient pourtant être trouvées par le chef de l’État et son gouvernement sur trois points.

Dans le premier cas, il s’agirait d’atteindre une croissance supérieure à 1,5%, scénario très improbable. Dans le deuxième cas, la France décide de ne pas tenir ses engagements envers Bruxelles, engagements non tenus depuis 10 ans. La troisième option consisterait à prendre dans une poche pour mettre dans une autre en créant de nouvelles taxes, en favorisant des hausses de cotisations, en créant le plus discrètement possible un ou deux nouveaux impôts de manière à reverser les gains dégagés sous forme de baisse d’impôts visant les classes défavorisées.

C’est une stratégie de mensonge économique que l’on applique aux Français dans les trois cas.

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  • Le problème est la confiance, or la parole politique est inconstante. Aujourd’hui Hollande parle de baisser des impôts, mais nous savons tous qu’il retournera son opinion si ça ne va toujours pas, or cela n’ira pas faute de confiance, donc les impôts repartiront de plus belle … après 2017 s’il tient jusque là.
    La solution trouver un moyen de donner confiance de façon pérenne.

    • la confiance ne suffit pas pour redémarrer une économie où l’investissement est devenu improductif pour diverses raisons dont , la fiscalité , la réglementation , l’organisation administrative en général et même l’éducation et la justice ..on est vraiment foutu !

    • La communication sur les baisses d’impôts pour les plus modestes est en fait une véritable imposture … Elle ne sert qu’à camoufler les hausses importantes sur les dernières années. Le total de l’IR est passé de 50 milliards en 2011 à plus de 70 milliards aujourd’hui et n’a jamais baissé sur la période.

      En réalité, suite à la non réévaluation des tranches en 2013 et à la suppression d’une tranche en 2014, le nombre de foyers imposable à l’IR a légèrement augmenté (il est passé de 46% à 46.5% après un pic à 53% !). Mais le plus fort c’est que la première tranche est maintenant à 14% et non plus à 5.5%. Dans les faits, ce tour de passe-passe sur 2 ans a donc permis d’augmenter de 10% l’IR des plus modestes pour payer pour ceux qui ne le paye plus. Et le tout en leur faisant croire qu’ils sont privilégiés par le gouvernement grâce à un magnifique deux pas en arrière discret puis un pas en avant très médiatisé. Bravo les artistes !!!

  • Et n’oubliez pas que même si la création d’emploi redémarre il faut que celle-ci croisse davantage que la croissance de la population active sinon le chômage stagnera ou augmentera légèrement avec le temps, ça ne résoudrait rien. On est parti pour un chômage élevé pour de nombreuses années.

    • pour que l’emploi redémarre il faut trouver des gens aptes à créer plus de richesses qu’ils n’en consomment…et c’est impossible actuellement en France , chaque salarié ou entrepreneur est forcé de consommer des services non désirés et au delà de ses capacités financières.

    • Surtout, si la situation est meilleur, on voit bien qu’elle s’améliore beaucoup plus chez nos voisins européens. Si nous faisons timidement 1% de croissance, la leur sera supérieure à 2%. La France est actuellemnt le seul pays, à part la Grèce, où le chômage continue à augmenter.

      • Il est vrai qu’en Europe en générale la situation est plutôt bonne : l’Allemagne va bien, le Royaume-Uni carbure ainsi que la Suède et l’Espagne. A noter tout de même que la Finlande voit aussi son chômage augmenter mais bon c’est qu’un détail.

        Bref je suis optimiste pour l’Europe en général, j’y vois de belles opportunités d’emplois et un futur viable.

  • à la question: « Qu’est-ce qui freine d’une manière très significative notre croissance en France ? », on est tenté de répondre: L’élection de françois Hollande ».
    Qu’il annonce sa non-candidature et la confiance reprendra.

    à l’assertion: » il n’existe aucune marge de manœuvre pour réduire les impôts des Français. », on est tenté de répondre: l’arrêt de financements idiots tous azimut, la poursuite de la baisse des fonctionnaires engagé par sarko, , la baisse drastique du nombre des élus, la privatisation d’activités non essentielles pour l’état, la délégation de services publiques dans certains cas, etc, etc,etc,…

    mais bon, surement trop « simpliste » ou « populiste »

  • La marge de manoeuvre pour réduire les impôts existe bel et bien, il suffirait de ne pas l’utiliser auparavant pour augmenter les dépenses !

  • On ne peut que souscrire à ce texte plein de bon sens ; ce qui est surprenant, c’est notre capacité à râler, dénoncer en permanence sans passer à l’action de masse. Et si finalement la majorité silencieuse descendait dans la rue, il y a fort à parier que cette foutue manie et manipulation politique prendrait un sacré revers.
    Exemple très simple, je ne dépense pas plus que ce que suis capable d’engager et je n’investis 1 Euro que si le ROI est multiplié par trois sur un an…pas besoin de faire l’ENA pour comprendre cela !

    • les gens ne descendent plus dans la rue car ils savent (plusieurs siècles d’expériences) que cela ne peut aller que de mal en pis, la tête change mais la bête a plusieurs têtes..et il ne faut pas croire que cela va mieux ailleurs, c’est différent mais fondamentalement identique a part que les uns sont plus en avance que les autres , c’est comme une course de vélo , il y a les derniers , les premiers et le peloton !

      • Ne pas oublier que ce pays a toujours fonctionné par « révolution » interposée (1789,…,1968,…???), et que la royauté ne s’en est pas sortie grandie (dans la série des têtes qui changent par exemple).

  • Le régime fiscal appliqué à la France résulte de décisions politiques votées par des gouvernants et des élus issus majoritairement de la fonction publique ou assimilée.
    On ne le dira jamais assez, ce sont ces gens là qui décident des orientations fiscales et sociales à appliquer aux entreprises en poussant systématiquement les curseurs à la hausse.
    Le résultat est que les charges de fonctionnement des entreprises françaises sont les plus importantes de tous les pays européens.
    Dans le même temps, ces mêmes entreprises françaises sont soumises aux règles du commerce de la CEE et doivent donc supporter la concurrence des productions étrangères incorporant des couts de charges – fiscales et sociales – moins importantes.
    Le résultat est la désindustrialisation et la perte de perspectives de plein emploi…

    • Le résultat est la désindustrialisation et la perte de perspectives de plein emploi…

      La frange ultra ne peut qu’en être ultra satisfaite :mrgreen:
      En effet, cela fait moins de méchants patrons exploiteurs de pauvres ouvriers, du moins le pensent-ils …

  • Du temps de la droite, les ministres passaient de temps en temps sur les chaînes de TV, nous dire qu’il fallait 2.8% de croissance pour créer de l’emploi.
    Les Socialos -l’année dernière passaient en boucle sur leur media serviles, pour nous dire qu’avec 1.2% de croissance on crée de l’emploi.
    Même à 4% de croissance, qui voudra créer des emplois en France ? La fonction publique.

  • « Les six longues dernières années de croissance zéro » :
    2010 : 1.5 % de croissance
    2011 : 1.7 %
    Pas énorme mais pas zéro.

    • Peut-être évoquait il la croissance du secteur privé 😀

    • Parce que la croissance des impôts et taxes, on s’en cogne comme de l’an 14…

    • Peut etre à comparer avec la croissance de la population?

    • Le cumul de croissance du PIB reste inférieur à la croissance de la dette publique. Les 550 Mds d’augmentation de la dette depuis 2010 ont permis de faire 550 Mds de dépenses publiques, comptés à leur valeur nominale dans le PIB, ce qui génère (550/21)/2000= 1.3% de « croissance » moyenne par le seul fait d’emprunter et de dépenser l’argent à n’importe quoi. Si l’on retire cette part empruntée, et qu’il faudra bien rembourser un jour, la croissance est nulle ou négative depuis 2010.

  • Le seul moyen de faire de la croissance en France, c’est de se libérer de la sécu : les salaires doubleraient instantanément et les entreprises retrouveraient d’énormes marges , sans compter la croissance dans le secteur des assurances : s’il décide ça pépère devient le champion de la croissance en Europe avec 10% en 2016 et 2017, résout le problème des agriculteurs, des taxis, des entreprises et devient l’idole de tous les entrepreneurs, et tout lui sera pardonné ! (J’en rajoute au cas ou les grandes oreilles d’état mamie nous lirait). En contrepartie, il pourra même monter la tva à 25% et mettre le budget en équilibre, voir positif! Bref pépère devient le champion des dirigeants, et est réélu à 85%!

  • Les commentaires sont fermés.

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