Emmanuel Macron, les 35 heures et la suite de sa carrière

Pourquoi Emmanuel Macron cultive-t-il avec tant d’application un profil vaguement libéral, qui fait sauter au plafond l’aile gauche du PS ?

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Emmanuel Macron - Crédit Photo : OECD Development Center via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0

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Emmanuel Macron, les 35 heures et la suite de sa carrière

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 30 août 2015
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Par Nathalie MP

Emmanuel Macron - OECD Development Center (CC BY-NC-ND 2.0)
Emmanuel Macron – Crédit Photo : OECD Development Center via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

 

L’Université d’été du MEDEF a un effet prodigieusement euphorisant sur nos ministres socialistes. Ils ne sont pas plus tôt entrés sous le grand chapiteau patronal qu’ils sont soudain pris d’une passion dévorante pour l’entreprise. Rappelons-nous que l’an dernier à la même époque, Manuel Valls, Premier ministre, avait eu l’insigne honneur d’une « standing ovation » de la part des patrons car il avait déclaré tout feu tout flamme que, lui, il aimait l’entreprise :

« La France a besoin de ses entreprises, de toutes ses entreprises (…), car ce sont les entreprises qui, en innovant, en risquant les capitaux de leurs actionnaires, en mobilisant leurs salariés, en répondant aux attentes de leurs clients, créent de la valeur, génèrent de la richesse qui doit profiter à tous. Et moi, j’aime l’entreprise ! »

Comme c’est beau !1

Cette année n’a pas fait exception. L’invité gouvernemental d’honneur était Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, qui a su, lui aussi, trouver les mots pour le dire, dans le registre amoureux un peu lourd et survolté qui caractérisait déjà les déclarations de son patron : « Vous avez l’amour, et vous avez les preuves d’amour » a-t-il assuré à un Pierre Gattaz légèrement moins enthousiaste que l’an dernier. Et les preuves, c’est qu’il a admis que « la gauche n’est pas exempte de toutes critiques », notamment sur le sujet du temps de travail :

« La gauche a cru que la France pouvait aller mieux en travaillant moins, c’était des fausses idées. »

Que n’avait-il pas dit là ! Au MEDEF, en plus, et à la veille de l’Université d’été du Parti socialiste à La Rochelle ! Oserait-il parler, avec une traitre légèreté, des « 35 heures », cette grande réforme de la Gauche, cette avancée sociale aussi emblématique que les mesures du Front Populaire sur le temps de travail et les congés payés ? Travailler moins serait une fausse idée ? Mais alors travailler plus, du Sarkozy dans le texte, serait une vraie idée ? C’est ignoble de faire ainsi le jeu du grand capital et de pactiser avec la finance abhorrée. C’est ignoble de faire ainsi le jeu de la droite. Selon Yann Galut, député PS du Cher et gardien du temple, avec de tels propos, Emmanuel Macron a purement et simplement « insulté Jaurès, Léon Blum, François Mitterrand, Lionel Jospin et Martine Aubry (…) » ! Tout ce que la gauche compte de ténors, et surtout de frondeurs, s’est ainsi jeté à bras-le-corps dans une polémique qui ne pouvait prendre fin qu’avec la tête du coupable au bout d’une pique, ou bien sa repentance intégrale.

C’est manifestement à cette dernière solution qu’on en est arrivé. Manuel Valls, pourtant lui-même pourfendeur des « 35 heures » en son temps, a choisi de calmer le jeu en prévision de la Rochelle. Il a donc dûment recadré son ministre en assurant à tout le petit monde socialiste qu’il n’y aurait « pas de remise en cause du temps légal de travail et des 35 heures. » Quant à Emmanuel Macron, il a utilisé une méthode très prisée de Ségolène Royal pour retomber harmonieusement sur ses pieds : il n’a jamais dit ça, on l’a mal compris. « Je ne parlais pas des 35 heures mais du rapport au travail. Il en faut plus, pas moins, » a-t-il finalement tenté d’expliquer, de façon volontairement embrouillée.

Il est dommage que les socialistes aient une fâcheuse tendance à réagir de façon quasi pavlovienne à certains mots ou groupe de mots. Car s’ils avaient relevé avec attention tout le discours du ministre au MEDEF, ils se seraient rendus compte qu’Emmanuel Macron n’avait pas que des gentillesses à dire aux chefs d’entreprise. Il a abordé de nombreux autres thèmes qui auraient beaucoup plu à l’aile gauche du PS. Il a en effet dénoncé « le cynisme d’une partie de l’élite économique de notre pays », « des entreprises rabougries », le « malheur des Français au travail », le manque d’innovation et le chômage record chez les jeunes. D’après Emmanuel Macron, si la croissance n’est pas franchement là et si le chômage est beaucoup trop là, « ce n’est surtout pas la faute des politiques »  :

« Ce n’est surtout pas la faute des politiques si certains des engagements que vous avez pris ne sont pas tenus : réduire le coût du travail, c’était notre engagement et il est tenu. Signer des accords de branche en contrepartie, c’est votre responsabilité, et c’est trop lent ! »

On comprend pourquoi Pierre Gattaz et ses pairs se sont montrés assez dubitatifs sur les propos du ministre et ne l’ont salué que de quelques minimes applaudissements. Échaudés par les effets absolument inexistants des déclarations empressées de Valls l’année précédente, ils n’étaient pas décidés à se laisser compter fleurette de la même façon cette année. Il était question de simplification, il était question de modernisation du dialogue social, et finalement il n’y aura eu que des contraintes supplémentaires : les seuils sociaux qui bloquent les embauches sont toujours là, le compte pénibilité, ahurissant de complexité, a été simplifié, mais il est toujours là aussi, et de toute façon le marché du travail est toujours aussi rigide. Et maintenant Manuel Valls l’a confirmé, les « 35 heures » sont de l’ordre du totem. Aussi, les remarques acides du ministre de l’Économie ne pouvaient que très mal passer auprès des dirigeants d’entreprise.

En revanche, on comprend de moins en moins où se situe Emmanuel Macron sur le plan politique et sur le plan économique. Son grand fait d’armes ministériel à ce jour est la fameuse loi Macron qui vise à « libéraliser » l’économie française. Sa sortie sur le temps de travail, quoi qu’il en dise, tend à bousculer le grand marqueur de gauche que sont les « 35 heures ». Présent à l’Université du MEDEF, il fut absent de celle du PS, en disant qu’il n’avait pas été invité. Selon ces termes-là, on ne peut que se demander ce qu’il fait dans un gouvernement socialiste. Du reste, Gérald Darmanin, député Les Républicains du Nord, s’est bien amusé en lui offrant l’asile politique dans son parti  :

tweet le fig macron

Mais d’un autre côté, la loi Macron est une loi à la fois minuscule, brouillonne et touche-à-tout qui est bien loin de constituer la révolution libérale qu’il faudrait appliquer à la France pour espérer commencer à voir un début de croissance de l’investissement, de la production et de l’emploi. Les critiques acerbes distillées aux entreprises ainsi que son revirement sur les « 35 heures » tendent à le faire rentrer dans la catégorie des ministres socialistes les plus classiques et les plus irresponsables : ceux qui sont si gentils et qui arrangent toujours tout. Si nos indicateurs économiques sont préoccupants, il ne saurait être question de s’interroger sur la validité des politiques menées, puisqu’elles sont socialistes donc excellentes par construction. Non, non. Si rien ne va, on trouvera toujours quelqu’un qui « n’a pas joué le jeu. » Emmanuel Macron, en parfait socialiste qu’il est, a trouvé qui morigéner : les entreprises. Ça aussi, c’est un marqueur de gauche.

Donc Emmanuel Macron est socialiste. Finalement, la logique est sauve : comme il est ministre de l’Économie dans un gouvernement socialiste, c’est assez normal. Dans ce cas, pourquoi cultive-t-il avec tant d’application un profil vaguement, très vaguement, libéral, qui fait systématiquement sauter au plafond ce que la gauche compte de plus « Filoche et Mélenchon » compatible ? Je ne vois qu’une explication, celle de son plan de carrière.

Emmanuel Macron est jeune, trente-huit ans à peine, et il est déjà ministre de l’Économie. Après un épisode de quatre ans (2008 à 2012) comme banquier d’affaires à la Banque Rothschild, dans laquelle il a eu tout loisir d’amasser les commissions et de garnir abondamment son carnet d’adresses côté secteur privé, son passage au gouvernement à un poste éminent lui assure maintenant ses grandes et ses petites entrées dans l’ensemble des secteurs public et privé, à tous les niveaux possibles, en France comme à l’international. Ses propos sont suffisamment contournés et ambigus pour lui ouvrir les portes à droite et à gauche.

Quand on sait qu’Arnaud Montebourg n’a jamais cultivé que la gauchitude la plus étroite et qu’il s’est vu offrir un joli petit strapontin à rayures chez Habitat, quand on sait que Pierre Moscovici, ministre incompétent s’il en fut, a finalement atterri à Bruxelles comme commissaire européen à l’Économie, on ne peut qu’imaginer les postes les plus rutilants pour l’habile Macron. Il n’aura aucun mal, je pense, à s’obtenir un brillant pantouflage dont la France a le chic, aussi bien au sein d’un gouvernement, y compris de droite (les hommes politiques y aiment les belles « prises » qui permettent de cultiver « l’ouverture »), qu’au sein d’une institution internationale de renom façon Moscovici en plus classe, ou d’une très grande entreprise où il est bien vu de diversifier les origines des salariés et dirigeants, surtout quand ces derniers disposent du carnet d’adresses qui sera celui d’Emmanuel Macron à la fin de sa période ministérielle.

Le passage d’Emmanuel Macron dans un gouvernement socialiste peu populaire et notoirement incompétent ne lui causera donc finalement aucun tort. Il a pris bien soin de marquer une vraie-fausse différence avec l’aile gauche de son parti et les autres ministres du gouvernement dans lequel il siège. Par contre, il y a tout lieu de se demander si son équipée au ministère de l’Économie n’aura pas causé le plus grand tort à la France, d’abord par une politique qui se révèle mois après mois inopérante, et ensuite en ruinant définitivement dans l’esprit des Français la notion de « libéralisation de l’économie ».


Sur le web.

  1. On croirait presque qu’il a appris par cœur mes articles sur la Baraque à Frites !
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  • 100% d’accord. Maintenant, si les organisations patronales peuvent être accusées de « ne pas jouer le jeu », c’est malheureusement parce qu’elles en ont accepté les règles au départ, cet espèce de marchandage entre patronat et gouvernement bien caractéristique du capitalisme de connivence à la française. Qui aura le courage de les renvoyer à leurs propres responsabilités ? Messieurs les politiques, vous n’êtes pas seulement inutiles, vous êtes nocifs et nous n’avons plus rien à nous dire !

    • Bonjour.

      – Je suis d’accord avec votre remarque. Je dirais que notre système étatiste français attise ce genre de collusion entre l’Etat et les entreprises (les grandes, mais aussi les petites) qui n’ont souvent rien de plus pressé que d’aller chercher les multiples subventions disponibles à tous les échelons territoriaux. C’est l’Etat bourreau et sauveur.
      Je dirais aussi que les chefs d’entreprise (les grands et les petits) ne manquent pas eux-mêmes de jouer la carte de « l’Etat n’a pas joué le jeu » en se plaignant, quand ça va mal, des cotisations, de la réglementation etc.. (toutes remarques légitimes, bien sûr). mais en oubliant qu’ils ont aussi parfois pris de mauvaises décisions qui comptent dans les facteurs explicatifs de leurs difficultés.

      – Je réponds à une remarque qui a été formulée plus bas : J’ai dit patrons comme j’aurais dit chefs ou dirigeants d’entreprise. En l’occurrence, l’article porte d’abord sur Emmanuel Macron, qui s’adressait à un syndicat patronal, donc à une assemblée de chefs d’entreprise, pas sur les entreprises françaises.

  • Où est cette France de l’innovation et de l’ambition qui a engendré la Tour Eiffel, l’automobile aux côtés des Américains et Pierre et Marie Curie ? Comment est il possible d’étouffer à ce point l’économie d’un pays si prospère ? Et surtout : à ce rythme, que sera la France dans 10 ans ?

  • Je ne vois pas dans Macron l’avenir de la France, pas plus que je ne le vois dans le Medef.
    Leur caractéristique commune est leur gout pour les couleuvres qu’ils avalent avec délectation.
    Pitoyable le comportement de petit garçonnet réprimandé par son papa (oserai-je: réprimandé par sa maîtresse d’école!) affiché par macron, tout aussi pitoyable que les flagorneries de gattaz vis à vis du gouvernement.
    Où sont les patrons de conviction vraiment entreprenants et où sont les ministres qui vont au bout de leurs certitudes, je n’en vois pas, je ne vois que des rampants.

    • « Où sont les patrons de conviction vraiment entreprenants « ?
      Comme ils ne peuvent rien accomplir dans un pays jaloux qui hait les riches et leur succès et bride ses cracks pour faire gagner des tocards,…ILS ONT VOTE AVEC LEURS PIEDS!!

      • Apparemment ils ne sont pas assez nombreux à voter avec leurs pieds, il faut une émigration massive qui commencerait à affecter le pays.Pour l’instant ils s’en moquent, il reste suffisamment de moutons.

  • Pas trop d’accord avec la conclusion. Dans l’hebdo Le Un, Emmanuel Macron parle des intellectuels qui l’ont influencé, et ce gars cultive l’ambiguité jusque dans ses racines philosophiques. Je pense qu’on pourrait être surpris par Emmanuel Macron. Pour le moment, il incarne le social-démocrate à la sauce scandinave, à la façon d’un Michel Rocard ou éventuellement d’un Tony Blair. Le logiciel d’Emmanuel Macron est clairement néolibéral, reste à savoir avec le temps à quel néolibéralisme il osera se vouer.

    • « Le logiciel d’Emmanuel Macron est clairement néolibéral »

      Néolibéral ? Voilà qui est passionnant ! Mais de quoi s’agit-il au juste ? Est-ce un nouvel avatar du même socialisme périmé, incompatible avec le XXIe siècle ?

      Vous auriez aussi bien pu tenter la phrase « Macron est social-néolibéral citoyen », histoire qu’on cerne précisément les convictions de l’impétrant.

      • Votre commentaire est révélateur d’un type qui se croit libéral mais n’est qu’un doctrinaire. Il faudrait peut-être commencer par lire Friedrich von Hayek, qui disait déjà que l’orthodoxie était incompatible avec l’essence du libéralisme. Soit, prônez un libéralisme pur et parfait si cela vous chante, mais ne soyez pas surpris d’être à côté de la plaque en démontrant que vous méconnaissez l’histoire du libéralisme. Le libéralisme s’est toujours inscrit dans la pluralité des courants de pensée. Le libéralisme n’est pas une orthodoxie qui prône une seule forme d’interprétation des idées libérales. Le libéralisme n’est pas un évangile. Si vous êtes incapable de reconnaitre la pluralité interne du libéralisme, c’est votre problème. Emmanuel Macron s’inscrit, comme d’autres à gauche, dans le débat néolibéral qui a lieu depuis un siècle. En ne voulant pas reconnaitre que ce débat lieu, au mieux vous passez pour une sorte de négationniste, au pire vous faites le jeu de l’extrême gauche et des frondeurs du parti socialiste. Néolibéral n’est pas une étiquette, ça c’est faire le jeu de la lecture gauchiste et néo-marxiste (ATTAC, FdG, etc.). « Néolibéral » est un débat qui a eu lieu, et qui a commencé en France avec des libéraux célèbres comme Raymond Aron, Ludwig von Mises, Friedrich von Hayek, Jacques Rueff. « Néolibéral » peut être de gauche comme il peut être de droite. Au lieu d’utiliser la même rhétorique que Jean Luc Mélenchon, il serait peut-être plus intelligent d’accepter l’idée que les libéraux classiques n’ont jamais eu le monopole du libéralisme et qu’ils ne l’ont jamais revendiqué.

        • Au terme de votre vaine diatribe, on ne sait toujours pas ce que signifie le qualificatif « néo-libéral ».

          Tout juste apprend-on que le néo-libéralisme serait un débat. La belle affaire ! Un débat pourquoi, de qui et à propos de quoi ? Justifier la fameuse troisième voie, la non-moins fameuse exception française, qui n’est qu’une énième déclinaison collectiviste du même socialo-étatisme périmé ? Comme vous semblez impuissant à donner une définition du néo-libéralisme, on ne peut que vous conseiller un détour par Wikiberal : « étiquette par défaut pour les théoriciens en panne d’inspiration qui, bien souvent oublient d’en donner la définition ou prétendent qu’il est impossible d’en donner une précisément » (http://www.wikiberal.org/wiki/Néo-libéralisme).

          « un type qui se croit libéral » : juste anti-socialiste primaire, comme tous les honnêtes citoyens correctement éduqués de ce pays, écoeurés par l’anti-humanisme et l’illibéralisme criminels de l’idéologie funeste, qu’il conviendra tôt ou tard d’interdire.

          • « Qu’il conviendra tôt ou tard d’interdire » : c’est très libéral de votre part.

            • Eh oui… DDHC : « Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’Homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté, et la résistance à l’oppression. » Autrement dit, les partis politiques qui ne poursuivent pas ce but n’ont pas d’existence légale. Tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, la constitution sera appliquée, parce que c’est le préalable impératif de la libération du pays de son assujettissement au socialisme périmé. Après cela, il ne restera à l’évidence pas grand chose de la classe politique actuelle et les Français pourront enfin respirer, enfin libres.

              • Argument ridicule Cavaignac, vous interprétez les textes de manière littérale comme un musulman interprétant littéralement le coran au XXIème siècle ce qui vous aveugle complètement. Les constitutions sont comme les discours politiques il n’engagent que ce qui en sont à l’origine, la DDHC, n’est pas un texte religieux.

            • Oh le joli sophisme : la liberté n’a rien à voir avec le droit positif et encore moins avec la transgression de l’interdit.

          • vous pourriez répondez au commentaire, votre réponse n’est que langue de bois mais les idéologues sont obligés de répondre par ce langage car par définition un idéologue forme un barrage intellectuel qui lui fait refuser catégoriquement toute divergence qu’elle soit minime au nom de son idéologie. Au fond qu’elle différence hormis le fond entre Cavaignac et un zadiste de notre dame des landes?Aucune les deux vous imposeront leur vérité, leur morale.

          • On est pas dupe Cavaignac vous nous sortez une définition provenant d’un site à orientation libérale voir libertarienne c’ est comme si un un communiste nous donnez la définition d’un capitaliste à partir du manifeste de Karl Marx… affligeant.

        • Exact l’ orthodoxie n’est d’ailleurs compatible avec qu’ une seul forme de gouvernement: la technocratie qui est censée paradoxalement être l’adversaire du libéralisme. Sans doute pour ça que les libéraux français ont toujours fait des scores si minable, chacun se croit plus libéral que l’autre ainsi de suite. Certaines personnes comme Cavaignac oublient ou font volontairement semblant d’occulter qu’un changement de politique implique un changement de pouvoir et l’accession au pouvoir implique un minimum de consensus c ‘est même son corollaire que ça vous plaise ou non. D’ailleurs l’histoire montre que l’accession au pouvoir des idéologues qu’importe la ligne politique à toujours mené à des dictatures, des guerres civiles et des bains de sang. Les libéraux français veulent finalement imposer leur programme en montrant que seul celui ci est valable puisqu’ ils n’ ont pas les moyens politiques de convaincre les citoyens français de son bien fondé

        • Cette soit disant diversité du libéralisme est un mythe savamment orchestrée par des gauchistes qui tentent de reprendre le libéralisme à leur sauce et d’en faire une excuse pour faire passer leurs idées.

          Le libéralisme repose sur des principes simples et clairs, si simple et si clair que tous les petits malins les contournent savamment pour en tirer avantage :

          Les droits naturels : l’homme n’a pas à souffrir de la société.

          La séparation des pouvoirs : aucun pouvoir ne peut primer sur les autres.

          Le libre choix : on ne change pas la société par la contrainte ou l’endoctrinement.

          Emmanuel Macron ne me semble souscrire à aucune de ces options. Sa prétendue loi libérale ne fait que renforcer le pouvoir de l’Etat et n’a aucun objectif visant à réduire la pression de celui ci.

          • Les droits naturels ? Faux : tous les libéraux ne sont pas jusnaturalistes. La séparation des pouvoirs ? Entre le Check & Balance américain et la séparation des pouvoirs à la Montesquieu, ou encore la séparation des pouvoirs à la John Stuart Mill, vous avez trois modèles différents. Le libre choix est la seule revendication qu’on peut attribuer à tous les libéraux, quoique, tous les libéraux n’était pas pour le laissez-faire (voir l’opposition entre l’école de Westminster et de Manchester). Commencez par apprendre vos classiques.

            • J’ai essayé d’être le plus synthétique possible :

              Voir mon autre post : les modèles de séparations des pouvoirs ne peuvent être clairs dès lors que l’on rejette le pouvoir spirituel et dès lors que l’on considère la démocratie comme source de droit.

              Le libéralisme est une philosophie, tout les exemples que vous citez et les points de vue que vous prenez concernent des déclinaisons de cette philosophie à la politique : vous essayez de considérer le libéralisme comme une doctrine politique, une direction de la vie publique, alors que ce n’en est pas une.

              Montesquieu ne pouvait clairement pas avoir la même vision de ce que concrètement la séparation des pouvoirs pouvaient dire dans la France de Louis XV marquée par le centralisme de Louis XIV que celle de Mill.

              • Et sinon c’ est pas mal de débattre intelligemment ça évite l’aigreur intellectuel qui caractérise les gens comme vous. Mais à vous entendre, j’ ai l’impression que vous ne débattez avec personne qui pense différemment de vous. Quelle libertés et quelles interdits? Les droits positifs Ce qui était interdit hier et autorisé aujourd’hui peut être ré-interdit demain.
                « Le droit naturel étant supposé exister partout même s’il n’est pas effectivement appliqué et sanctionné, il n’est donc pas nécessairement un droit opposable ; étant fondé sur la nature humaine et non sur la réalité sociale dans laquelle vit chaque individu, le droit naturel est réputé universellement valable même dans les lieux et aux époques où il n’existe aucun moyen concret de le faire respecter. » Bref vous êtes un idéologue qui pense que ce que les intellectuels et philosophe théorise s’observe également dans la réalité, ça ne m’étonne pas que vous ne compreniez si peu de chose à la réalité politique ou économique: dire que la monnaie est neutre c’ est juste énonce une caractéristique de celle ci dans un contexte bien précis: à savoir pas de manipulations monétaires par les banque centrale, un marché libre des devises, pas de dévaluations ou de réévaluations par les Etats. Quelle économiste peut prétendre que la monnaie est neutre? Je n’ai pas dit qu’ elle devrait, on peut très bien formaliser la neutralité de la monnaie et constater ses bien faits sur le plan théorique et suite à une observation du réel voir qu’ elle est tout sauf neutre? A moins que vous ne me citiez une monnaie qui soit neutre (pas la peine de me citer les crypto-monnaie et autres bitcoins), c’est la grosse différence entre la formalisation de loi théorique et l’ analyse des fait, vous en êtes resté à la théorie vous avez encore du chemin à faire.

          • (SOI-disant, cher Stéphane)… et ++ pour le reste. Macron est indécrottablement jacobin. Le socialisme est traversé par des courants divers or personne ne parle d’ultra-socialisme ni même de néo-socialisme, ce qui à mon sens serait d’ailleurs un bel oxymore! Tout comme social-libéral car autant le libéralisme est social par essence, autant le socialisme est illibéral, et par essence aussi.

            • 🙂

              Le propre du gauchiste est de considérer qu’il ne peut exister d’autre point de vue que le sien.

              Il doit absolument cataloguer, classer, ranger, trier, ordonner, mesurer … selon une échelle de valeurs, qu’il relativisera de suite à l’aulne de son propre point de vue pour se rassurer qu’il est bien le centre du monde.

              D’ailleurs, c’est pour cela que le gauchiste ne comprend pas l’argent : l’argent n’a aucune valeur morale, aucune échelle prédéfinie, aucune autre mesure que celle que chacun donne aux choses : un billet est juste un bout de papier.

              Mais le gauchiste n’est pas capable de prendre l’argent pour ce qu’il est : il ne peut le voir que comme un instrument de pouvoir, une mesure morale.

              • Gauchiste? c’ est quoi ça à par un adjectif caricatural dénué de toute définition formalisée encore un adjectif de chez wikilibéral qui n’ est utilisé que pour caricaturer les gens qui ne partage pas votre oint de vue? Le terme gauchiste est aussi ridicule que celui de néolibéraux vous êtes donc aussi ridicule que les gens que vous prétendez combattre. Vous utiliser les mêmes procédés que vous dénoncez sans argumentation valable. Quel rapport avec l’argent?Aucun, vous vous égarez faute d’ argumentation valable et ridicule il est bien loin le temps où la monnaie était neutre. La prétention de tout connaître ne vous étouffe pas. Ah bon l’argent n’ est pas instrument de pouvoir? Pourquoi le dollar a cessé d’ être converti en or en 71 alors, pourquoi les monnaies sont manipulées par les banques centrales du mondes entier, rendorme vous avec vos illusions….

    • Prenez le temps de vous instruire sur ce qu’est véritablement la philosophie libérale au lieu d’en tartiner la caricature. Vous comprendra alors que vous vivez dans un pays illibéral, parce que jacobin, et qui a deux partis de gauche dont un s’appelle la droite. Nul n’est obligé de persévérer dans l’erreur et il existe de bons ouvrages pour combler vos lacunes. Alain Laurent: « La philosophie libérale » (Belles Lettres) qui vous explique les contresens commis par les Français, par ignorance de ce qu’elle recouvre et par préjugé anticapitaliste, par égalitarisme à front de taureau.
      « La Connaissance inutile » et « La Grande parade, ou la survie de l’utopie socialiste » de JF Revel, qui revient sur l’anti-libéralisme viscéral, ce mal français par excellence, qui maintient un pays au potentiel exceptionnel dans une médiocrité abjecte en exacerbant la paresse intellectuelle et la veulerie.
      A bon entendeur….

      • Merci des conseils de lecture, mais ce sont des livres que j’ai déjà lu. Bonne journée à vous tous, ne vous sentez pas tous obliger de me répondre, vous me flattez. Je vous laisse penser ce que vous pensez, disons que c’est mon côté socialo-turbo-libéral.

    • Emmanuel Macron est un social libéral. Le sociaux démocrates se sont les socialistes ayant compris que le socialisme ne pouvait pas marcher sans une dose de libéralisme. c’est bien de vouloir redistribuer les richesses encore faut il les créer
      Ce sont des gens qui comprennent qu’il faut faire preuve d’un minimum de pragmatisme.
      Il est totalement faux de dire que ces gens sont libéraux, ils sont avant tout socialistes.
      L’exemple de Blair est frappant: son but est avant tout la défense de l’état providence pour cela, il a compris qu’il devait faire preuve d’un minimum de pragmatisme.
      Les sociaux libéraux ne veulent pas mettre fin à l’état providence, ils veulent juste réformer l’état providence pour en avoir un qui fonctionne plus au moins correctement, ils ont compris que le modèle social actuel était intenable, il va finir en ruine

      •  »fonctionne plus ou moins correctement » enfin une remarque pertinente, De toute manière le libéralisme n’existe tout simplement pas en tant courant politique propre point barre. Demander un avis sur n’importe quelle question qu’elle soit sociétale, économique,de politique étrangère ou autre vous vous apercevrai que le libéralisme n’ est qu’une orientation , une nuance. David Cameron est il libéral quand il veut réduire l’Etat providence et dans le même temps placer des caméras dans toutes les chiottes des stations de métro de Londres ? Reagan était il vraiment libéral quand il disait que l’ Etat est le problème et non la solution ? Etait-ce de la pur communication un peu comme le travailler plus pour gagner plus de sarko? Tatcher était telle libérale quand elle était contre les sanction du régime d’apartheid ( ces sanctions étaient telles plus illégitimes que celles appliquées à la Russie et à l’Iran ou Cuba actuellement ? Et Guizot sous la monarchie de Juillet quand il proclamait « enrichissez vous par le travail et par l’épargne » était il libéral?

        •  » Reagan était il vraiment libéral quand il disait que l’ Etat est le problème et non la solution ? Etait-ce de la pur communication » C’est ce que prétendent un certain nombre de libertariens que Reagan n’était en rien libéral, il l’était juste dans ses paroles mais pas dans ses actions. Je pense qu’il y a une part de vrai là dedans. Cependant, la réalité est bcp plus complexe. Un président n’a pas tous les pouvoirs (il doit contenter sur le congrès, les hauts fonctionnaires composant son administration, les différents lobbys, les entités fédérés qui possèdent un pouvoir non négligeable (états), le pouvoir judicaire, les médias, l’opinion publique,…). Enfin, il y a une multitude de facteurs qui limitent son pouvoir et qui l’empêchent de faire ce qu’il faut. Cela prends du temps de faire une réforme. Il est juste impossible pour un président américain de mettre en oeuvre un véritable programme libéral au pouvoir (c’est la même chose pour tous les autres pays). Reagan était bcp plus libéral que la plupart des autres présidents, il a réussi à inverser partiellement l’inquiétante dynamique étatiste qui s’était installée notamment avec LBJ et Nixon, ce qui n’était pas une mince affaire même s’il est vrai qu »il a augmenté les dépenses publiques et la dette. Cependant, il a augmenté les dépenses militaires (or, l’armée est une fonction régalienne). De plus, il a précipité la fin du communisme (qui se serait quand même écroulé sans lui mais cela aurait pris plus de temps). Reagan n’était pas parfait mais il reste le meilleur président américain depuis la seconde moitié du 20 siècle.
          « Tatcher était telle libérale quand elle était contre les sanction du régime d’apartheid » cela s’appelle juste du realpolitik. ce n’est ni libéral ni antilibéral. Il est normal qu’un gouvernement dirige ses relations internationales selon l’intérêt du pays et non pas selon des raisons idéologiques. l’Afrique du Sud était un rempart du communisme en Afrique. Cela n’est pas un hasard si le régime de l’apartheid s’est écroulé après la fin du communisme.
          Lisez ceci: http://www.contrepoints.org/2013/12/14/149860-les-sanctions-economiques-ont-elles-mis-fin-a-lapartheid-en-afique-du-sud
          Aujourd’hui, les experts commencent à se rendre compte que souvent, les sanctions économiques contre un pays sont inefficaces, qu’elles sont contreproductives,…

        • Reagan ne vaut pas clairement pas un Calvin Coolidge ou un Grover Cleveland. Deux excellents présidents, qui ont été bcp plus libéraux que Reagan

        • La plupart des libéraux s’opposent à toute forme de sanctions économiques.
          Le problème du libéralisme c’est qu’il existe pleins de courants différents au sein du libéralisme.
          Sur pleins de sujets, les libéraux sont en désaccord entre eux. Il est très dur de définir précisement ce qu’est le libéralisme. En plus, le fait que le libéralisme soit si mal vu, qu’il y ait tant de préjugés contre le libéralisme, cela n’arrange rien à éclaircir ce qu’est précisement le libéralisme.
          Le libéralisme est un ensemble de courants de philosophie politique visant à faire reconnaître la primauté des principes de liberté et de responsabilité individuelle sur l’autorité du souverain

  • Le pire c’est que tout ce beau monde d’entre-soi croit que le MEDEF c’est « les patrons »…..

    • Exactement !

      Et j’aurais aimé que l’auteur ne fasse pas l’erreur.

      • +1. On n’en arrive même à une totale déconnexion entre MEDEF et « patrons » (par exemple sur le sujet de la formation professionnelle : http://wp.me/p1aFSw-4q ).

      • Je trouve au contraire très bien qu’on conserve le termes de « patrons » pour désigner ces bureaucrates qui dirigent les entreprises du « capitalisme de copinage », et qu’on réserve le terme d' »entrepreneurs » (au lieu de « petits patrons ») pour désigner ceux qui dirigent les PME.

  • C’est quoi, « néolibéral » ?

    • Si l’expression ultralibéral n’a aucun fondement doctrinaire et programmatique, le terme néolibéral est une expression polysémique ayant été revendiquée aussi bien par des libéraux que par des sociaux-démocrates réformistes. Ce n’est pas parce que ce terme est couramment utilisé de façon idéologique par la gauche et la gauche de la gauche, que ce terme est vide de sens. Il a une histoire, et il serait peut-être temps pour certains libéraux de ne pas faire l’autruche en ignorant cette histoire.

      • néoliberal : socialiste qui croit que la liberté ça se divise.

        • Les premiers à avoir démantelé la liberté en une application politique et une application économique sont les libéraux. Les premiers à avoir réconcilier la liberté économique et la liberté politique, sont aussi les libéraux. Intéressez-vous plus à l’histoire des idées politiques avant de sortir des phrases qui n’ont aucun sens. Comme disaient les catholiques belges à l’époque : il faut haïr le socialisme, mais il faut encore plus haïr le libéralisme d’avoir enfanté le démon. L’histoire des idées politiques ne se réduit pas à un Manifeste. L’histoire des idées politiques est faite par les intellectuels qui la font, et les hommes sont plus complexes et plus tourmentés que quelques pages sur un cahier. Proudhon, socialiste ou libéral ? Hayek, libéral ou conservateur ? Rousseau, républicain ou socialiste ? Si un individu ne se résume pas à une seule étiquette, alors comment voulez-vous résumer l’Histoire des idées avec un tel mépris ?

          • Le libéralisme c’est comme la peine de mort on est pour ou contre et il n’y a pas de « oui mais ».
            Les « oui mais » sont les sociaux libéraux ou tout autre catégorie de personnes ayant besoin d’accoler un adjectif au libéralisme.

            • Ce que vous dites explose le quota de remarques débiles pour la journée. Entre Milton Friedman, Friedrich von Hayek, Murray Rothbard, il y a autant de libéralismes qu’il y a de noms que je viens de citer. Je vous laisse dans votre libéralisme pur et parfait. Je crois que je m’abstiendrai dorénavant de commenter des journaux libéraux, car la faune qui s’y est autoproclamée Libéralisme Officiel est d’aussi mauvaise compagnie que dans les colonnes de L’Humanité.

      • Le problème du terme « néolibéral » de n’est utilisé plus que par des anti-libéraux qui en font systèmatiquement un homme de paille grotesque.
        D’ailleurs je ne connais absolument aucun intellectuel qui se soit définit comme « néolibéral ». Si vous pouviez nous donner un exemple ça nous aiderait.

        • L’expression « néolibéral » est autant problématique que l’appellation « libéral » l’était et l’a toujours été. Définir le néolibéralisme est aussi mal aisé que de vouloir définir le libéralisme. Beaucoup s’y sont essayés. Beaucoup y ont échoué. Il n’y a pas « d’appellation libérale contrôlée », au grand dam de certains ici. Des personnalités telles que Ronald Coase et George Stigler se considéraient comme des néolibéraux, et c’est le cas de la plupart des économistes de l’école néoclassique. Keynes lui-même, vilipendé la plupart du temps dans les cercles libéraux, se considérait comme New Liberal et était membre du Parti Libéral en Angleterre. Le Parti Libéral britannique a été l’un des premiers à mettre en place des mesures du type « sécurité sociale », faut-il considérer le parti qui a fondé le libéralisme comme un parti socialiste pour autant ? Ma remarque, qui visiblement n’a pas été comprise, c’est que cela ne sert à rien d’utiliser les mêmes techniques repoussoirs et idéologiques que l’extrême gauche. Cela dit, je commence à m’y habituer : je constate que la plupart de ceux qui veulent se revendiquer « vrais » libéraux sont aussi souvent doctrinaires que ceux qui se revendiquaient être de « vrais » marxistes. Parenthèse, j’ai l’impression que cette orthodoxie de la pensée dans les cercles libéraux, et cette méconnaissance de la tradition qui a vu naitre le libéralisme, grandit de façon croissante depuis ces dix dernières années. Deux Hypothèses. Faut-il mettre cela sur le compte du mouvement libertarien très en vogue chez une jeunesse anarchisante en manque d’idéologie ? Faut-il considérer cela comme une manifestation du fait que les gens lisent de moins en moins ?

          • « … a été, ayant été, avait été… » : parlons au présent svp, non qu’il faille oublier le passé mais comme dit Monsieur, aucune personne ne dit être néolibérale alors qu’il y e a toujours qui se disent communistes ou socialistes.

          • Vous vous trompez : le libéralisme classique est assez clair et défini.

            Les clivages que vous décrivez sont dus à deux prises de positions qui sont encore plus importantes en France : le rejet anticlérical (la laïcité Française) et le tabou démocrate (la sacralite de la Révolution)

            Les courants « néolibéraux » américains s’inscrivent dans cette lignée et tentent de rebâtir un système qui propose la quadrature du cercle et amène les gens à des contradictions sur la place de la morale, le rôle de l’Etat, la définition de la Nation, de la Loi …

            Ce qui termine inexorablement en une « doctrine » libérale, terme qui a à peu près autant de sens que celui de « marxisme de droit divin ».

            • Le libéralisme classique a été défini a posteriori, et c’est très bien ainsi. Les Whigs et les radicaux à l’époque n’avait pas un corpus idéologique clairement défini, c’est tout un travail de recomposition qui a été effectué, et c’est très bien ainsi. Ne pas reconnaitre qu’il y a des divergences internes au libéralisme est un comble pour une philosophie de la liberté. Il y a des divergences, c’est pas pour insister sur ce qui vous parait être une hérésie : c’est un fait. Tous les libéraux n’étaient pas contractualistes. Tous les libéraux n’étaient pas des utilitaristes. Mais certains libéraux étaient contractualistes, et d’autres libéraux étaient utilitaristes. Il y a plusieurs écoles au sein du libéralisme, je trouve cela « paradoxal » que des « vrais » libéraux ne veulent pas reconnaitre que le libéralisme est une « philosophie en débat » depuis quatre siècles. Tous les libéraux ne sont pas d’accord sur le rôle assigné à l’Etat, d’Adam Smith jusqu’à Friedrich Hayek, et je pense que c’est la grande richesse du libéralisme. Il n’existe pas de Manifeste du Parti Libéral, et c’est très bien ainsi. Et ça n’a rien à voir avec la France. Je me fiche royalement de la France — je ne suis pas français. En Angleterre le libéralisme est en débat depuis des siècles. En Autriche et en Allemagne, le libéralisme est en débat depuis des siècles. En Italie, en Belgique, aux Pays Bas, etc., c’est partout la même histoire. Tant mieux pour vous si vous connaissez un libéralisme pur et parfait. J’ai lu beaucoup d’auteurs libéraux et je suis désolé, mais aucun ne dit la même chose, et c’est très bien comme ça, selon moi. Ce que vous décrivez, le « libéralisme social » influencé par le pragmatisme et l’utilitarisme, ne date pas de la deuxième moitié du XXe siècle. Aux origines du libéralisme est inscrit la pluralité des opinions, condition sine qua non de la liberté de penser et d’agir, et par extension, de la liberté de choisir. Cordialement.

              • Il n’existe pas de manifeste du parti libéral parce qu’il n’existe pas de parti libéral : la notion même de parti n’est pas libérale mais démocrate.

          •  » Keynes lui-même, vilipendé la plupart du temps dans les cercles libéraux, se considérait comme New Liberal et était membre du Parti Libéral en Angleterre. Le Parti Libéral britannique a été l’un des premiers à mettre en place des mesures du type « sécurité sociale », faut-il considérer le parti qui a fondé le libéralisme comme un parti socialiste pour autant  » Liberals au sens anglosaxon du terme, cela veut dire gauchiste, progressiste. Les liberals ne sont en rien des libéraux, ce sont des sociaux démocrates (sociolibérales). Les conservateurs sont bcp plus libéraux que les liberals

    • La quasi-totalité des Français ignore l’histoire intellectuelle fort riche du libéralisme et néolibéral n’est plus qu’une étiquette donnée aux libéraux par les antilibéraux qui signent ainsi leur ignorance. Or pour critiquer valablement mieux vaut savoir de quoi on parle et éviter la caricature.
      idem pour l’ultra-libéralisme, une inflation sémantique grotesque et tout aussi dénuée de fondement.
      Macron n’est ni néo ni ultra ni même libéral, c’est un socialiste français lambda, incapable d’assumer la ringardise de l’utopie socialiste, et lui aussi ferait bien de lire Revel car la névrose le guette. La dissonance cognitive est dangereuse; elle conduit à la névrose dans le meilleur des cas et à la psychose dans le pire.

  • Le discours du ministre était du foutage de gueule: aucune vrai annonce sur son action à venir.
    Triste de voir les patrons se laisser berner et applaudir ce démagogue.

  • Faut pas rêver, on aura pas de libéralisme en France façon Thatcher dans les au moins 10/15 ans…. Macron avec plus de pouvoir pourrait se reveler un type interessant pour le pays… C’est de loin , un des moins pire de l’offre en politique actuellement.

  • Le parti socialiste a à peu de chose près la même attitude envers les entreprises que Tsipras avec l’Europe : « vous êtes des mauvais, des méchants, des parasites et on n’a pas besoin de vous : vous devez donc nous sortir de la merde et négocions ce que nous avons décidé … »

    On sait où cela a mené la Grèce …

  • si j’avais deux reproches à faire à Macron :
    1 pas très doué pour le discours en politique
    2 un souci de carrière confinant à une certaine forme de pleutrerie et son cortège de palinodies.

    Dommage, car à défaut d’être une panacée, sa vision des choses mériterait d’être discutée…encore faudrait-il qu’il nous la livre toute entière, car deviser de remise en cause des 35 heures hebdomadaires en occultant celle – qui est aussi sienne – du salaire minimum horaire a bien trop peu de chance d’aboutir dans un contexte où pour tant de personnes véritablement à la recherche d’un emploi, trouver un plein temps relève de plus en plus d’un fantasme jamais réalisé.

    • Les hommes qu’ on voudrait voir au pouvoir ni son jamais mon cher

    • Autrement dit Macron est un pur produit de l’Enarchie, il a les moyens de son ambition et manœuvre parfaitement. De là à voir en lui le sauveur providentiel de la France, faut pas rêver en couleur

  • Excellent article Nathalie qui remet les points sur les « i » : Macron est bien plus malin que les frondeurs et les tocards genre Lienemann qui ne comprendra jamais pourquoi l’URSS n’a pas marché mais ça reste un rastignac au fond de bas étage. Ce n’est toujours pas avec lui ou Valls voire même un Pascal Lamy – au demeurant assez fin sur le capitalisme et la mondialisation – que la gauche s’arrimera enfin au réel à la démocratie libérale débarrassée du capitalisme de connivence.

  • « brouillonne et touche-à-tout qui est bien loin de constituer la révolution libérale qu’il faudrait appliquer à la France ». Critique creuse est typique des idéologues qui n’ attendent que l’application de leurs idées pour être satisfait autant dire que votre insatisfaction sera permanente n. Sans doute pour ça que les libéraux français ont tout le temps fait des scores minables par rapport aux autres partis: la réalité politique c’ est du consensus que vous le vouliez ou non. Vous voulez changer les choses et bah faîtes en sorte d’ accéder au pouvoir et on reparlera de votre pseudo-révolution libérale.

  • « Ce n’est surtout pas la faute des politiques si certains des engagements que vous avez pris ne sont pas tenus : réduire le coût du travail, c’était notre engagement et il est tenu. Signer des accords de branche en contrepartie, c’est votre responsabilité, et c’est trop lent ! »

    Chantage habituel du politique irresponsable invectivant ses boucs émissaires favoris, leur rappelant des engagements pris le flingue sur la tempe. Les socialistes ne peuvent s’empêcher de recourir aux manoeuvres dolosives ou violentes, parce qu’ils savent que personne n’accepte de bonne foi leurs agressions fiscales ou normatives. Macron, comme les autres séides de Culbuto, n’est qu’un terroriste.

    • Encore un argument ridicule qu’ on peut retourner à l’ensemble de la classe politique française ayant exercé le pouvoir depuis la nuit des temps, sauf les partis libéraux français qui ne l’ayant jamais exercé ne peuvent que critiquer mais critiquer c’est bien, proposer c’est mieux et proposer de manière réaliste c’ est encore mieux. Le monde avancera sans vous mon cher, on retrouvera vos commentaires identiques dans 10 ans, d ‘ ici la j’espère qu’on sera débarrassé des gens comme vous qui au final empêchent le libéralisme d’éclore dans le paysage politique français et de se faire une place auprès des citoyens. Vous faîtes parti des fossoyeurs du libéralisme tout simplement, ça m’étonnerai pas que vous appliquiez un régime similaire à la terreur comme sous Robespierre: celui qui ne partage pas ma conception du libéralisme est un suspect. Au final vous finiriez à la guillotine pendu par un énergumène qui considère à son tour que vôtre vision des choses ne cadre pas assez avec la vérité et la morale libérale.

  • Le medef, les ministres, parfait. La pièce de théâtre était réussie, chacun a bien joué son rôle, et les spectateurs que vous êtes n’ont plus qu’à payer le billet.

  • Vous savez Nathalie à quel point la pensée libérale a mauvaise presse dans ce pays. Et que les hommes politiques , je ne parle même pas des partis organisés (il n’en existent pas), qui s’en réclament, philosophiquement, passent plus de temps, dans leurs pratiques, à s’en excuser, qu’à la promouvoir… Dans un de mes post sur ce sujet, (http://contre-regard.com/la-liberte-de-parole-demmanuel-macron-carbonise-la-langue-de-bois-de-ses-critiques/) je me suis cependant attaché à montrer que cette parole de Macron, même instrumentalisée, voir aussi mon commentaire en réponse à Yannick Bénézech, produisait des effets idéologiques déstructurants dans le référentiel de la gauche classique. Et de manière plutôt “libérale” au sens très large du terme. En ce sens…

  • Excellent portrait que celui fait par vous, Nathalie MP d’Emmanuel Macron, portrait plein de finesse et de justesse. On sent en effet le Rastignac percer sous le vernis mais Balzac avait su donner à son personnage un côté flamboyant que n’a pas notre petit homme, qu’on sent tout obnubilé par sa seule réussite personnelle. A ce titre, votre conclusion est la seule envisageable pour ce type d’homme.

  • Une étude CSA réalisée pour Les Echos, Radio Classique et l’Institut Montaigne, révèle ainsi que 71% des Français se disent favorables à ce que les entreprises puissent «fixer librement le temps de travail, par accord avec leurs salariés». En clair, près des trois quarts des sondés (1003 sondés interrogés début septembre) envisagent de renoncer aux 35 heures.
    Le plus cruel pour les partisans de la réduction du temps de travail issue des «lois Aubry» de 1998 et 2000, est que cette remise en cause s’exprime quelle que soit la couleur politique des sondés. Si les sympathisants de droite soutiennent sans surprise, à 83%, la possibilité d’un relâchement du temps de travail, la mesure recueille l’assentiment de 69% des sympathisants socialistes. L’idée passe même à un cheveu de recueillir la majorité (49%) chez les personnes se déclarant proches du Front de gauche. Même constat si l’on analyse les résultats en fonction de la catégorie socioprofessionnelles des personnes interrogées. 72% des employés et 73% des professions intermédiaires sont pour la remise en cause. Seuls les cadres sont un peu plus réticents, cette catégorie ayant finalement profité de la législation grâce aux «RTT» apportées par les lois Aubry. 58% d’entre eux se disent néanmoins pour une libéralisation du temps de travail.

    • Alors tout espoir est permis : les Français ont encore du bon sens. Contrairement à leur dirigeants, qui en manquent, et qui manquent aussi d' »autres attributs » pour simplement appliquer les réformes de bon sens.

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législatives Macron
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Par Franck Arnaud Ndorukwigira.

 

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