L’idéologie postmoderne contre la science

Quand certains instrumentalisent les sciences sociales contre la science…

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L’idéologie postmoderne contre la science

Publié le 29 août 2015
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Par Marcel Kuntz.

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Dans la Lettre d’Athéna (jan. fév. 2015), Alliance Nationale des Sciences Humaines et Sociales (instance de coordination des SHS), Sandra Laugier (membre du comité de pilotage de la Mission Interdisciplinarité du CNRS) s’exprime dans une interview :

« [Les SHS] sont au cœur de formidables formations universitaires et elles sont par tradition soutenues au CNRS, pour un ensemble de champs de recherche spécifiques, dont certains n’auraient jamais connu leur développement international sans ce soutien : par exemple l’archéologie, l’anthropologie, la philologie classique…. ».

Jusque-là, pas de problème. La suite commence à devenir plus inquiétante :

« les SHS apparaissent désormais toutes, et partout, en tant que source de transformation ».

Et en réponse à la question « Avez-vous le sentiment que les autres disciplines acceptent facilement ce nouveau positionnement des SHS ? », S. Laugier répond :

« C’est là que cela se complique ! Mais elles n’ont pas vraiment le choix » […] il reste encore aux SHS à conquérir une forme d’égalité, à faire comprendre que le point de vue du chercheur en SHS, sur l’environnement, les nanotechnologies ou la biologie synthétique par exemple, est tout aussi pertinent et valable que celui du chercheur en physique ou en biologie. »

Nous touchons là précisément au problème que posent certaines SHS :

  • positionnement dans un rapport de pouvoir et non de complémentarité scientifique,
  • irruption dans des disciplines dont elles ignorent et nient les lois et méthodes,
  • volonté de s’imposer aux scientifiques qui n’auraient « pas vraiment le choix ».

Il devient urgent d’apprendre à décrypter ces chapelles qui n’englobent pas la totalité des SHS, mais qui tentent d’imposer leurs points de vue dans les champs de la recherche scientifique et technologique (en particulier publique).

Identification des Science and Technology Studies (STS)

Les pratiquants de cette « science humaine et sociale » très particulière déclinent des idées toujours enracinées dans la même idéologie, dite postmoderne. La pensée postmoderne se définit comme une réaction contre la modernité. Le postmodernisme est ainsi un mouvement viscéralement anti-Lumières. Lire le Dossier : où est l’héritage des Lumières ?

La pensée postmoderne, critique de la science, se caractérise par deux traits

  • le constructivisme social c’est-à-dire l’hypothèse que le réel scientifique est sociologiquement construit par les chercheurs :

« … À l’évidence, l’émergence d’un fait [scientifique] résulte d’un processus social de construction qui se déroule à l’intérieur de la communauté scientifique. Tout le problème du chercheur consiste donc à faire émerger des faits, qui vont lui permettre d’obtenir une certaine reconnaissance, un certain crédit. » (Bruno Latour, Le métier de chercheur)

« Bien qu’on me mette souvent en garde contre le danger de « se noyer dans le relativisme », je prétends au contraire qu’on doit apprendre à y nager… » (Bruno Latour, Changer de société, refaire de la sociologie, p.37)

Parmi les sous-disciplines de la pensée postmoderne, on trouve les gender studies (à coté de travaux scientifiques qu’il n’ y a pas lieu de critiquer ici, certains croient devoir justifier que « c’est de la science » en niant l’existence d’une idéologie du genre) et les science studies (aussi appelées science and technology studies ou STS) décryptées ici.

Quelques autres caractéristiques

1. Entre soi et hégémonisme

Cet « entre soi » est un excellent guide pour identifier les chapelles des SHS, notamment les STS. Dans l’écrasante majorité des cas, les personnes qui participent à un colloque organisé par les STS – ou à une de leur publication – appartiennent à la même chapelle (la transversalité ne semble pas concerner les SHS).

L’exemple de la collaboration entre STS et le Génopole : lors des quatre colloques successifs « Science de la vie en société » du Genopole, tous les orateurs invités du partenaire SHS (l’IFRIS), qu’ils soient sociologues, philosophes, historiens des sciences, provenaient du même courant.

2. Cadrage des travaux sur une base idéologique à laquelle on ne peut se soustraire si on souhaite publier, soutenir une thèse, obtenir un poste, etc.

Décryptage du livre « Plantes transgéniques : quelle évaluation éthique ? (qui fait suite à une thèse encadrée par Catherine Larrère).

3. Déconstruction de la science et jeux de mots

On peut citer ici, parmi d’autres, Brian Wynne (Professeur de « Science Studies » à l’Université de Lancaster) qui a théorisé, à propos de l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA), l’existence d’une « EFSA-science » et d’une « non-EFSA science ». Il s’agit de créer de toute pièce une « controverse, alors que bien sûr il n’y a qu’une seule science.

En réponse, lire : The postmodern assault on science.

4. Instrumentalisation de l’engouement pour les sciences

Ajout de l’adjectif « citoyennes » et détournement à des fins politiques d’une mission « Sciences Citoyennes » au CNRS.

5. Rejet de toute réponse critique des scientifiques, systématiquement qualifiés de « scientistes » (ou de positivistes) lorsqu’ils sont attachés au respect de la méthode scientifique et de la distinction entre le vrai et le faux.

Réponses : « Why the postmodern attitude towards science should be denounced »

Glossaire

Il suffit de quelques termes du vocabulaire STS pour permettre aux scientifiques, aux enseignants et à tous ceux qui le souhaitent, d’identifier cette idéologie.

Controverses : le processus qui relie la science, la technologie et la société peut se résumer à un paysage de controverses. D’où le programme de Bruno Latour à Sciences Po, intitulé « Mapping controversies ».

La controverse devient le moyen de dénigrer la science et, sur le plan sociétal, le moyen de positionner à égalité toutes les parties prenantes, qui deviennent aussi légitimes que les experts. Le relativisme est ainsi assuré.

En didactique des sciences, la controverse est également considérée comme un outil d’enseignement de la science par des didacticiens proches des STS :

Nombreux spécialistes STS considèrent que les controverses sont un outil de démocratie technique (voir ce terme).

Révélateur dans le livre de Callon, Lascoumes et Barthe (Agir dans un monde incertain) : « Il ne faut pas se contenter d’attendre que les controverses se déclarent. Il faut les aider à émerger, à se structurer, à s’organiser. »

Des sous-chapelles de la sociologie des controverses existent, qui développent par exemple des concepts comme la « balistique des controverses » de Francis Chateauraynaud. Ici aussi, ce qui est vrai ou faux n’est pas central, seules comptent la controverse (ou le conflit) et les évolutions tactiques des acteurs. Voir à ce sujet.

Co-production de connaissances : tentative de certains sociologues de la connaissance pour défendre et justifier leur présence au sein même des laboratoires de recherche.

L’idée, développée entre autres dans les ouvrages de Michel Callon (Centre de Sociologie de l’Innovation de l’École des Mines) est que les scientifiques ne posséderaient pas toutes les compétences pour « produire » une connaissance adéquate ; les experts des sciences humaines, mais aussi les « profanes » et leurs associations doivent pouvoir leur apporter une valeur ajoutée, en jouant qui plus est un rôle d’observateurs critiques sur les lieux de l’activité scientifique.

De nombreuses sous-chapelles de cette co-production des connaissances existent, en particulier une vaste activité de « sociologie des laboratoires ». Sous prétexte d’une analyse ethnographique des chercheurs, la sociologie prétend comprendre la manière dont émergent les concepts scientifiques, tous socialement construits suivant son cadre de pensée.

Deficit Model : concept en provenance des STS britanniques, en réaction critique à un rapport de la Royal Academy of Science publié en 1985, concernant le « public understanding of science ». La critique porte sur le fait que les auteurs du rapport donnent l’impression de penser – selon leurs contradicteurs – qu’il « suffit » que les scientifiques expliquent ce qu’ils font pour que la société se l’approprie avec enthousiasme.

Les adeptes des STS voient dans le déficit model et dans la prétendue demande d’ « acceptabilité » (des inventions des scientifiques) l’arrogance des scientifiques dont la supériorité supposée vient de ce qu’ils prétendent avoir un savoir que les autres n’ont pas. Les STS prônent donc des approches participatives (co-construction des technologies, etc.) dont on sait qu’elles ont échoué lorsqu’elles ont été mises en œuvre (Kuntz, Controverses autour de la transgénèse végétale : des visions du monde divergentes).

Démocratie technique : déclinaison « science et technologie » de la démocratie participative. À distinguer soigneusement de la démocratie locale (qui n’est pas incompatible avec la démocratie représentative).

La démocratie technique consiste à organiser l’implication d’une soi-disant « société civile » dans les choix de politiques scientifiques ainsi que dans les activités scientifiques et techniques. La société civile peut être représentée par des citoyens (cf. conférences de citoyens), mais dans les faits elle est prioritairement représentée par ceux qui s’autoproclament leurs représentants, c.à.d. principalement des associations/organisations critiques de la science, se définissant comme « parties prenantes » (voir ce terme) ou comme « lanceurs d’alerte ».

« Contrairement à une conviction largement répandue, il se pourrait que, tout compte fait, la science ne soit pas un bien public dont la production améliore la prospérité collective, mais un malheur public dont les effets néfastes doivent être contenus à tout prix. » (M. Callon)

Experts/profanes : par cette séparation il s’agit d’affirmer que certains – les experts – « prétendent » posséder un savoir supérieur (une compétence), et que l’expertise devrait s’étendre à l’ensemble des « citoyens ». Le but des forums et de la démocratie technique est donc de permettre aux différents avis de s’exprimer, puisqu’ils se valent tous (une compétence de plusieurs dizaines d’années d’un scientifique ne vaudra pas plus qu’une opinion d’un « citoyen »).

« … à l’heure où l’on évoque de plus en plus la notion de « démocratie technique », le traitement symétrique des savoirs experts et des savoirs profanes apparaît comme l’un des moyens de lui donner une forme concrète. » (Yannick Barthe)

Forums hybrides, conférences de citoyens, jury citoyen : outils de débat à vocation de « public engagement in science ». Leur niveau de civilité varie selon les pays. Dans de nombreux modèles, ils constituent un véritable procès de la science.

Pour Corinne Lepage (écologiste politique, avocate spécialisée dans l’environnement), « il est essentiel pour les décideurs d’avoir accès à une expertise impartiale et d’envisager tous les arguments sur tous leurs angles. Des procédures d’enquêtes approfondies devraient être systématiquement organisées pour récolter tous les avis, comme dans une salle d’audience. »

Cependant, « comme la querelle sur les OGM l’a montré, les scientifiques ne seront jamais en mesure de gagner lors de débats de type « salle d’audience » d’une cour de justice : manifestement, si toutes les « constructions sociales » de la science sont égales, certaines le sont plus que d’autres » (Kuntz, le postmodernisme contre la science, Revue Commentaire automne 2014).

Midstream Technological Assessment/Modulation : le concept par lequel les STS prétendent procéder à l’évaluation des technologies innovantes au sein même des laboratoires, le plus en amont possible. Il ne s’agit pas ici de faire en sorte que cette évaluation soit réalisée par des organes officiels (comme la CNIL ou le Comité scientifique du Haut Conseil des Biotechnologies), mais qu’elle soit opérée par des sociologues/anthropologues « de terrain ». Cela permet aux STS de se positionner « au-dessus » des chercheurs en termes de valeurs morales et sociétales.

Parties prenantes ou Stakeholders : dans le cadre d’un débat ou d’une controverse « sociotechnique » l’ensemble de tous ceux qui se considèrent concernés. Les parties prenantes sont donc les chercheurs et les industriels, auxquels il convient d’ajouter le « public », mais comme celui-ci n’a généralement pas le temps, ni la motivation, ce sera ceux qui ont décidé de parler en son nom, c’est-à-dire des associations/organisations qui promeuvent le débat comme une fin en soi ou pour imposer une interdiction. Il est très rarement fait état des élus comme faisant partie des « parties prenantes », puisqu’il s’agit de supplanter la démocratie représentative.

Voir à ce sujet : Nathalie Berny, Le lobbying des ONG internationales d’environnement à Bruxelles

Sur le rôle des citoyens dans les choix scientifiques, voir cette pièce de Pierre-Benoit Joly et Arie Rip qui considèrent en 2007 que l’expérience de sociologie postmoderne appliquée, mise en œuvre à l’INRA de Colmar, est « highly productive », alors qu’elle s’est avérée 3 ans plus tard un fiasco complet.

Voir aussi une lettre de lecteur suite à l’article de Joly et Rip.

Technoscience : le mot a été inventé par un philosophe belge, Gilbert Hottois, pour signifier cet aspect de la recherche où les composantes scientifiques et techniques sont étroitement imbriquées. Il est devenu synonyme d’une sorte de machine « technoscientifique » emballée, sur laquelle plus personne n’aurait de maîtrise. Ce terme est donc souvent utilisé d’une manière critique à l’égard de la science et de la technologie, comme dans le titre de l’ouvrage de Bernadette Bensaude-Vincent « Les vertiges de la technoscience ». Souvent aussi, y compris chez Hottois, on retrouve la confusion entre « technologie » et « technocratie ».

Production de connaissances : cette expression a remplacé le mot « recherche » dans de nombreux contextes. La notion de « production » est ici d’origine marxiste, mais elle a pris une tournure économique « néo-libérale » (voir à ce sujet l’ouvrage de Gibbons et al. The new Production of knowledge). Dans la pensée postmoderne, le terme annonce la déconstruction de l’universalité de la science (appelé « Mode 1 ») ; pour les auteurs de cet ouvrage, le futur appartiendrait à un « Mode 2 » où la science deviendrait une activité locale prenant en compte les diversités culturelles.

Risque : notion qui provient du monde de l’assurance et qui a été portée dans le domaine des SHS principalement par l’ouvrage d’Ulrich Beck « La Société du Risque ». L’idée est que nous vivons dans une société qui n’arrête pas de subir les nombreux risques engendrés par la science et la technologie (amiante, vache folle, nucléaire, etc.). L’ouvrage de Beck traite principalement de risques industriels allemands, mais la généralisation a été faite vers l’ensemble des « crises » dont l’origine serait la science et la technologie.

Dans cette optique, le risque est toujours considéré en soi, indépendamment du bénéfice. Dans « Le principe Responsabilité » Hans Jonas prône ce qu’il appelle l’heuristique de la peur pour enseigner aux citoyens la crainte du risque.

Les SHS postmodernes se nourrissent de « risques » qui sont souvent politiquement construits par l’écologie politique – qui impose l’idée que « la planète » serait menacée et s’arroge le magistère moral de la sauver.

« L’écologie politique marque l’âge d’or des sciences sociales enfin délivrées du modernisme. » (Latour, Politiques de la nature, comment faire entrer les sciences en démocratie)

Pour finir de manière ludique :

QUIZ : combien de ces termes se trouvent dans ce projet de l’Institut Francilien Recherche Innovation Société (IFRIS) ?


Sur le web

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  • Si ça se concrétise, ce mouvement de prise de pouvoir du politique sur le scientifique va définitivement écraser le pauvre Atlas. Ce serait la fin de la raison. Accablant.

  • la premiere fois que j’ai vu un scientifique accompagné par un philosophe pour « appuyer » ses propos( ?) c’tait séralini.

  • Je ne sais pas pourquoi, mais le terme même de  » sciences sociales » heurte mon esprit sans doute un peu trop cartésien.
    D’ailleurs je ne pense pas que cette expression soit ancienne.

    • Disons que les sciences sociales ne sont pas mauvaises en soit, mais comme le raisonnement juste et la méthode scientifique y sont moins vitales qu’en physique par exemple (je parle ici de ce qui concerne la survie du scientifique dans le milieu et de la carrière, tout ça reste important pour faire de la science correctement, mais un sociologue qui raconte n’importe quoi à plus de chances de tenir sur la durée qu’un physicien), et comme ces domaines sont également plus sujets à l’idéologie et à la manipulation politique, les conneries ont tendance à y apparaître et à y persister.

  • La science ne peut progresser que si le chercheur parvient à s’élever au dessus de l’humain ou du social. Sans cela, la chimie en serait encore à une conception basée sur les 4 éléments (l’eau, l’air, la terre, le feu). La relativité ou la mécanique quantique nécessitent la manipulation de concepts qui échappent à notre perception, à des analogies humaines.

    Ces scientistes « post-modernes » ne font que nous ramener au moins 3 siècles en arrière en prétendant créer des liens forts entre la science et la dialectique, alors que la difficulté en science est d’éliminer les à-priori pour éviter les raisonnements circulaires ou biaisés.

    S’ils pouvaient exprimer exprimer clairement une opinion sans leur logorrhée et leurs sophismes, ils se contenteraient de dire : « la science c’est idiot, la preuve c’est que je n’y comprends rien ».

    Avis aux scientifiques : fuyez car ils préparent les buchers …

  • Même incursion dans la justice !

    Que pensez de la reconnaissance tout récemment d’une personne électro-sensible par la justice ?
    Alors que si je m’en réfère à l’AFIS ( font M. Kuntz fait parti ), aucun test scientifique sérieux (==en double aveugle) ne confirme les faits actuellement.

    Est-ce le retour au Moyen-Age et à l’Inquisition ?

    • La justice avait deja fait le coup en accordant une relation de cause à effet à une infirmière atteinte de sclérose en plaques après un vaccin de l’hépatite B, alors que toutes les études concluent à l’absence de relation. (Malgré un recul de plus en plus important).

      Mais bon, c’est bien connu, la vérité judiciaire n’a rien à voir avec la vérité scientifique.

    • cette personne est réellement malade des ondes comme on peut être agoraphobe, c’est dans ce sens qu’il faut analyser ce jugement .

      • Si elle est réellement malade, elle ne l’est pas « malade des ondes » mais de l’idée obsessionnelle qu’elle s’en fait. Puisqu’elle a eu gain de cause, cette nouvelle retraitée de même pas 40 ans a eu raison d’essayer de gratter une rente de 800 euros par mois aux frais de la collectivité. Si ce jugement fait jurisprudence, tout Français soudainement doué d’électro-sensibilité, ou pourquoi pas d’agoraphobie ou mieux, de phobie administrative et fiscale aiguë, pourra réclamer sa rente-retraite au premier juge venu, ce qui ne manquera pas d’écraser définitivement la SS, donc le pays, sous la charge financière, démonstration par l’exemple de « la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde ».

    • La Justice a reconnu un syndrome d’électrosensibilité, ce syndrome qui est un fait reconnu par les scientifiques et en particulier ceux de l’OMS.
      Ce qui est contestable ce sont les causes de ce syndrome : effets réels des rayonnements électromagnétiques ou bien maladie psychosomatique. Scientifiquement jamais un début de preuve sérieuse de l’influence réelle des champs électromagnétiques sur ces syndromes n’a pu être mis en évidence.

      La décision du tribunal ne contredit en rien ce consensus scientifique, il constate le syndrome et les handicaps qu’il provoque mais ne ce prononce en rien sur les causes réelles qui ne sont pas de sa compétence.

      Par manque de rigueur, paresse, esprit moutonnier ou par idéologie, les journalistes professionnels (il y en a d’excellents mais ceux relégués sur ces sujets sont en général d’un grande médiocrité), bruits amplifiés par l’internet, ont traduit cette décision par : la Justice reconnaît que champs électromagnétiques peuvent entrainer des handicaps.

      Sinon un grand bravo pour cet article remarquable … mais inquiétant.

      • L’hypersensibilité aux ondes magnétiques n’est pas reconnue officiellement en France comme maladie et de nombreux experts nient son existence.
        L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a reconnu en 2005 que l’électrosensibilité était « caractérisée par divers symptômes non spécifiques qui diffèrent d’un individu à l’autre » et « ont une réalité certaine et peuvent être de gravité très variable ».
        Mais il n’existe ni critères diagnostiques clairs, ni base scientifique permettant de relier les symptômes à une exposition aux champs électromagnétiques, ajoutait-on dans l’étude de l’OMS.

      • L’oms est très généreuse dans sa reconnaissance des syndromes mais ne fait que reconnaitre que certaines personnes présentent des symptômes qu’ils (ces memes personnes et non pas la communauté médicale) attribuent aux rayonnements. Pour l’instant tout porte à croire que la cause est psychosomatique tout comme l’agoraphobie en effet.
        Le problème ici c’est que plutôt que de se soigner, ces malades veulent faire interdire les ondes (actions contre les antennes relais, les portables, etc…), un peu comme si les agoraphobes voulaient interdire les mouvements de foule…

      • Je lisais un article dans Lalibre (journal belge) sur le sujet qui interrogeait un médecin sur le sujet, celui ne comprenait pas la décision de justice pour lui était scientifiquement absurde.
        Il avait l’air de dire que l’électrosensibilité tenait plus de la psychologie qu’autre chose.

        • Cette affaire de handicap, quelque part assez banale, a été mise en scène par Robin des toits avec l’appui de l’AFP (!) pour en faire une tentative de reconnaissance de la « dangerosité des ondes ». Et presque tout le monde a repris la chose en cœur, à part Les Echos (site) et le site Numérama qui se montrent critiques.

          On a donc une personne malade (quand même membre de 3 asso militantes et secrétaire de l’une d’elle) et un tribunal qui désigne comme expert un….. médecin généraliste ! le Dr Pierre B. 67 ans, à la retraite, qui se définit lui-même comme médecin rural selon La Dépêche.

          l’UFC Que Choisir a publié un communiqué sur son site le « 28 08 2015 :  » la Maison du handicap de l’Ariège nous a confirmé par écrit qu’elle avait déjà « formé appel à l’encontre de la décision du tribunal du contentieux de l’incapacité de Toulouse ».

          • Dans la mesure où les champs électromagnétiques sont partout et que la victime, même de sa propre imagination donc d’un effet nocébo, ne peut y échapper dans une vie normale, je ne suis pas choqué qu’un tribunal reconnaisse le handicap.

            Quel a été le rôle du médecin désigné comme expert par le juge ? S’il s’agissait de constater les symptômes et le handicap, pourquoi pas. S’il s’agissait de confier à un petit médecin généraliste de décider de la réalité des effets sur la santé des champs électromagnétiques au mépris du consensus scientifique, alors ce juge est un sacré rigolo. Le médecin aussi mais c’est chose courante

            Le seul volet financier est en toute hypothèse insuffisant, ces malades réels d’une cause imaginaire ont besoin d’un traitement psychologique plutôt que de baigner dans les fadaises des Robins des bois et des médias obscurantistes (petites mains de l’AFP, service Planète du Monde , …)

      • Oui mais le syndrome est tout de même rattaché à une « électro sensibilité » dont vous dites très bien qu’elle n’est pas causale. On qualifie le syndrome, donc, avec une expression qui n’est qu’allusive et en fait « prétendue », car sa victime, elle, affirme la causalité. C’est là le point: il suffit que la causalité soit attribuée par une victime pour qu’elle suffise à qualifier quelquechose qui n’existe absolument pas: ni dans la cause (rien n’est causal dans cette histoire) ni dans l’effet, (les manifestations, pure expressions d’opinions ne sont pas corrélées avec quelquechose d’extérieur.
        Nous avons là emergence d’un pur « relatif/construit »: prétendre crée le réel, qui se trouve qualifié juridiquement. Le juridique se trouve donc en position, du fait d’affirmations hystériques, d’interdire une activité scientifique ou technique.
        Ces types de dérives, en fait extrêmement graves, deviennent dangereuses. Il faut s’y opposer et peut être faudra il forger des contre feux aggressifs, comme par exemple assimiler les témoignages hystériques à des transes religieuses qu’une nouvelle forme de laïcité devrait pouvoir exclure.

        • Ce syndrome est probablement à rapprocher du SBM, le Syndrome du bâtiment malsain (un euphémisme destiné a éviter de prononcer l’infamant terme « d’Hystérie collective » devant les patients). On en a beaucoup parlé à l’époque de l’affaire Coca Cola et de la BNF en 2000. Croire que quelque chose est empoisonné peut rendre malades, c’est assez fréquents dans les groupes d’enfants. Un gamin est malade, il évoque la cantine, puis apidement la moitié du groupe se met à vomir et finit aux urgences, plus tard les analyses toxicologiques me montrent rien.

          Une étude récente renforce la thèse du SBM. l’étude du Pr Michael Witthoft de l’université Gutenberg, Mainz, 2013 : Un documentaire alarmiste de la BBC a été montré à la moitié d’un groupe de 147 personnes. On a ensuite annoncé à l’ensemble du groupe qu’on l’exposait à des rayonnements (factice) de Wifi. Résultats : 54% des sujets ont ressenti des malaises, des picotements etc. deux sujets ont quitté l’étude précipitamment tellement leur malaise étaient sévère !

  • C’est depuis 500 ans une première : la haine-peur de la science.
    Cela va de pair avec le retour des terreurs millénaristes (fin du monde-réchauffement climatique….) et, naturellement, des partis politiques en charge de sauver le monde…..
    Terrifiant.

  • Le relativisme est essentielle aux gauchistes car cela leur permet de nier le réel.
    Cela m’a tjs fasciné la capacité des gauchistes à refuser le réel. Malgré leurs échecs, ils veulent tjs et encore mettre en place des mesures vouées à l’échec. Un âne ne trébuche jamais deux fois sur la même pierre mais pour un gauchiste, soit la pierre n’existe pas soit il s’agit d’un complot américanosioniste qui met des pierres sur la route pour empêcher le camp du Bien de triompher

    • 🙂

      Le gauchiste a toujours une bonne raison pour expliquer le réel et tenter de prendre le contrôle dessus : pendant le XIX° et le XX°, ca a été la science bien cartésienne : matérialiste, athée voir déterministe … devant le désastre total des dirigismes et du nihilisme découlant de cette approche industrielle, ils se rabattent sur ce qu’ils pensent être la raison de leur échec : la nature humaine qu’ils vont essayer de décortiquer pour la contrôler…

  • très bon article, il oublie d’aborder un point: l’idéologie post moderne est clairement d’extrême gauche.
    La gauche radicale a tjs eu des tendances fascistes, rien d’étonnant qu’ils veulent contrôler les sciences.
    Les gauchistes sont persuadés d’être le bien et de détenir la vérité et devoir imposer leurs valeurs au reste de la société, ils veulent imposer leur idéologie au reste du monde.
    Les gauchistes (en particulier les intellectuels) sont tellement arrogeants qu’ils croient qu’ils peuvent décider à la place des autres. La plupart ne savent même pas éduqués leurs gosses et après, ils pensent savoir gérer la vie des autres.
    D’ailleurs, de manière générale, la sociologie est complètement sous le contrôle de gens d’extrême gauche (particulièrement en France mais c’est aussi le cas des autres pays occidentaux). Les sociologues ne sont en rien des scientifiques mais des idéologues d’extrême gauche.
    Je me méfie de la plupart des sciences humaines mais particulièrement de la sociologie.
    La plupart des sociologues sont incapable de se sortir de leur schémas marxistes complètement dépassés.
    En France, certains sociologues et autres (Todd, Jourion,…) interrogés sur l’économie (me demandez pas pourquoi les médias les interrogent sur un domaine sur lesquels ils sont incompétents) par les médias sont présentés comme économistes alors qu’ils n’ont aucun diplome en économie (l’autre caractéristique commune c’est qu’ils sont tous d’extrême gauche)

    • Pas d’être le bien : d’être investi d’une mission, celle de sauver l’humanité du mal ! Le gauchiste est un mystique qui croit qu’en comprenant le monde, il pourra le sauver.

      • Qui croit qu’en pensant comprendre le monde il peut le sauver, nuance. Ils ne font aucun effort pour le comprendre, ils ne savent que répéter les trucs qu’ils entendent et qui les réconfortent sur leurs préjugés. Des imbéciles qui n’ont aucune réelle connaissance qui se vérifie en pratique.

  • En plus, ces gens ne sont même pas cohérents (parce d’une part, ils veulent imposer « leur vérité », leur idéologie mais d’autre part, sont relativistes, d’une part, ils dénigrent les experts mais d’autre part, sont extrêmment arrogants et sont persuadés d’être seuls détenteurs de la vérité, ils se croient supérieurs aux autres,………)

    • Un égoïste c’est quelqu’un qui pense pas à moi.

      Un matérialiste c’est quelqu’un qui s’occupe de son confort personnel avant tout et surtout avant le mien.

      Les scientifiques sont cons : ils croient mieux connaitre la vérité que moi!

  • « […]tentative de certains sociologues de la connaissance pour défendre et justifier leur présence au sein même des laboratoires de recherche. »
    Et on les appellera « commissaires », comme au bon vieux temps en URSS.

    Ce qui me fait le plus peur chez ces cinglés, c’est leur puissance de feu médiatique.

  • La sociologie française ne guérit pas de ses bubons marxistes.
    Il faut lire, relire et surtout faire lire l’oeuvre du regretté Raymond Boudon. L’iconoclaste d’une discipline ternie par ses scories bourdivines nous a quittés trop vite, sur la pointe des pieds, et vomi par les dames patronnesses du camp du bien et du déni des réalités réunis, dont la malhonnêteté intellectuelle n’a d’égale que la couardise grégaire.

  • oui…
    sauf qu’on doit aussi se poser la question du financement …
    si vous êtes financé par le public…c’est périlleux car forcement très politique…donc souvent démagogique…

  • S’il n’y avait que les gauchistes à prétendre sauver le monde, il le serait !

  • Difficile de ne pas être d accord.
    L air du temps, Zeitgeist, d aujourdhui est l émancipation sans retenue, qui s impose sans que la rigueur de l analyse ne soit respectée ni recherchée.
    Les medias ne font meme pas l effort d acquerir la connaissance pour trier dans toutes ces impostures

  • Il n’y a pas de « sciences » humaine et sociales, c’est un détournement de langage pour essayer de donner de l’importance au sujet. Ces « enseignements » sont des discussions d’opinions, des jugements au doigt mouillé,ou des alignements de poncifs perçus de façon intuitive. Tant qu’on ne connaitra pas les bases moléculaires de la production de la pensée et des représentations du cerveau humain, ces discussions sans fin relevant surtout de la politique n’ont pas d’intérêt.

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Par Jonathan Razorback.

À quelques exceptions près, les différentes manifestations des idéologies libérales et socialistes s’inscrivent dans le prolongement de la philosophie des Lumières. Inversement, le mouvement des Lumières ne semble pas avoir produit beaucoup d’autres courants politiques, sinon les tendances républicaines et démocratiques modernes, le sécularisme, ou encore certaines doctrines productivistes comme le saint-simonisme. Libéralisme et socialisme sont donc les deux faces de la modernité politique.

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