70ème anniversaire du bombardement d’Hiroshima et Nagasaki : bilan sanitaire

Quel bilan sanitaire après les bombardements sur Hiroshima et Nagasaki ?

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Atomic bomb dome-Hiroshima credits Neepster via Flickr ((CC BY-SA 2.0)

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70ème anniversaire du bombardement d’Hiroshima et Nagasaki : bilan sanitaire

Publié le 9 août 2015
- A +

Par Jean-Claude Artus.

Atomic bomb dome-Hiroshima credits Neepster via Flickr ((CC BY-SA 2.0)
Atomic bomb dome-Hiroshima credits Neepster via Flickr ((CC BY-SA 2.0)

Avertissement : l’objectif de ce document n’est surtout pas une quelconque prise de position sur l’utilisation des armes, alors appelées atomiques… les historiens sont là pour analyser, justifier, critiquer les raisons qui ont amené les « politiques » à prendre de telles décisions dans le contexte de guerre. Dans la mission de leurs compétences les scientifiques n’ont pas à juger mais à informer, prévenir et, éventuellement, à déduire…

Le bilan sanitaire après les bombardements du 6 août 1945 sur Hiroshima et du 9 août sur Nagasaki doit être resitué dans son contexte de pays en guerre. Les chiffres, forcément imprécis (ordre de grandeur) retenus sont que la population des deux villes réunies était probablement comprise entre 500 et 550 000 personnes ; population avec une forte prédominance d’enfants, de femmes, de « vieillards ». Le nombre de décès, un an après, a été estimé à 200 000 personnes. Ce qui ne veut pas dire que d’autres ne décédèrent pas dans les 2 à 3 ans qui suivirent, des séquelles des effets de ces bombardements, comme ailleurs, pour des bombardements non-atomiques, dans les pays en guerre…

Globalement on estime que 50% de ces décès étaient dus à l’effet de souffle, 35% aux brûlures dues à la température de plusieurs millions de degrés C° et 15% à l’exposition aux radiations ionisantes pour ceux qui, de par leur éloignement ou des protections (murs, bâtiments), avaient échappé au souffle et à l’importante chaleur. La communauté des radiobiologistes et radiopathologistes de l’époque avait déjà connaissance des effets pathologiques des rayonnements ionisants de la radioactivité (et des RX). On distinguait déjà les effets précoces, obligatoires (appelés déterministes) des expositions à de fortes doses, des effets plus tardifs, dits aléatoires (ou non-déterministes) qui pouvaient apparaître 2 à 3 ans après ces expositions mais aussi une, voire deux décennies après. Ces constatations furent faites lors d’expositions à caractère médical (radiologie, radiothérapie) mises en œuvre dès le début du XXème siècle. Ces effets précoces, obligatoires au-dessus d’un seuil de dose des rayonnements étaient assez comparables à des brûlures thermiques graves, rapidement accompagnées d’hémorragies, d’infections qui conduisaient à la mort en quelques semaines. De ces effets, certaines personnes pouvaient survivre avec des séquelles comparables à celles de « grands brûlés ».

Il fallut plus de recul pour s’apercevoir que des personnes exposées (notamment les radiologues) et qui n’avaient même pas manifesté d’effets précoces exprimaient plus « facilement » des cancers, notamment sanguins (leucémies). Dans les laboratoires, certains radiobiologistes tiraient la sonnette d’alarme : l’exposition des mouches drosophiles (mouches du vinaigre) conduisait, lors de leur reproduction, à de multiples et importantes anomalies congénitales qui pouvaient faire craindre le pire pour les mammifères (même si jusque là on n’en avait pas la preuve).

C’est dans ce contexte de suspicions des risques tardifs, cancers, effets congénitaux et de fin de guerre que les scientifiques, notamment américains, envisagèrent une étude épidémiologique sur des survivants des deux bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, la LSS (Live Span Study). Elle a consisté au suivi sanitaire, jusqu’à leur décès, de plus de 70 000 personnes, ce qui, historiquement, devait être la plus importante enquête épidémiologique jamais réalisée ! Comme on le comprend cette population était surtout constituée de sujets jeunes. Globalement les objectifs de cette étude étaient d’observer si parmi cette population il existait un excès de cancers ou d’anomalies congénitales chez les enfants à naître de parents irradiés. Pour chacune des personnes suivies une estimation de la dose reçue lors des bombardements a été réalisée. Ce travail considérable mobilisa pas moins de 500 personnes qui pendant plusieurs années travaillèrent à ces calculs de doses. Le suivi médical nominatif de ces 70 000 patients, pour chacun desquels les doses reçues lors de ces bombardements a été estimée, a permis des milliers de publications scientifiques de qualité.

nagasaki by--(CC BY-NC-ND 2.0)
nagasaki by night by–(CC BY-NC-ND 2.0)

Cinquante ans après cette exposition, la synthèse obtenue de ces renseignements reste encore, à ce jour, une des références épidémiologiques des plus sérieuses sur la relation dose reçue/apparition de cancers. En 2005, une synthèse de ces communications scientifiques de qualité a été publiée par l’UNSCEAR (United National Scientific Comittee on the Effets of Atomic Radiation) et donnait les résultats suivants :

– Un excès de 421 cancers (et leucémies) sur les survivants ayant reçu des doses importantes : excès de 4,4% de cancers et de 35% de leucémies considérés comme radio-induits. Cette dose-seuil était « assez faible », en fonction de l’importance du débit de dose extraordinairement élevé. Pour les débits de doses accidentels cette dose-seuil est environ 3 fois plus grande. Trois décennies après, ce bilan a pu augmenter, mais de très peu. Les spécialistes estiment qu’à l’extinction de cette cohorte, cet excès ne devrait pas dépasser 1800 cas (sûrement moins). Valeur relativement faible si l’on considère à ce jour qu’en raison, notamment, de l’augmentation de l’espérance de vie, l’incidence (le risque) de cancers dans une population non exposée est de plus de 40% (50% pour les hommes et 35% pour les femmes). Pour la cohorte, non exposée, selon ces valeurs, le nombre de cancers aurait été de (70 000 x 40%) 28 000 cas.

– Sur les 1 100 femmes enceintes lors de l’explosion, a été constatée une indéniable augmentation de microcéphalies et de retard mentaux, soit une trentaine, ce qui est anormal car nettement au-dessus des valeurs habituelles

– Par contre sur plus de 22 000 grossesses de parents exposés et qui ont procréé ensuite, pas d’excès d’anomalies congénitales ; sur plus de 10 000 naissances de la 2ème génération on ne trouve pas d’excès d’anomalie congénitale, contrairement à l’image populaire que l’on entretient. Ces résultats ont toujours été confirmés dans d’autres circonstances d’expositions médicales ou professionnelles.

À elles seules ces données n’ont pas la prétention de résumer la catastrophe de cet important épisode de guerre mais à ramener à plus de décence certains propos apocalyptiques sur les effets des radiations. Si d’apocalypse il faut parler dans la circonstance c’est bien celle de la guerre et de la bêtise humaine qui l’a induite. Pour réflexion on pourrait mettre en exergue l’une des boutades d’Einstein qu’il a peut être prononcée à cette époque : « Deux choses sont infinies : l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers je n’en ai pas encore la certitude absolue !».

NB : ces informations ne sont pas confidentielles et difficiles à trouver à condition de bien vouloir distinguer, pour se renseigner, les sources de la communauté scientifique de celles qui privilégient la conviction, l’idéologie, à la connaissance…

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  • Oui, en fait il n’y a pas grand chose de faux dans l’absolu sur ce qu’on ra,conte sur les radiations, ce qui permet la promotion de la peur et l’angoisse, mais la quantification et la relativité qui devraient permettre aux gens de relativiser leur peur du nucléaire, ne changent pas vraiment les choses : .il s’agit d’émotion.
    Je comprends l’émotion bien sûr , trouve l’angoisse légitime, comprend que cela gouverne les choix individuels des gens, mais quand il s’agit d’autoriser ou d’interdire, la raison devrait primer.

    Le monde réél n’est pas de compter les morts chez les nettoyeurs de tchernobyl (à propos desquels je vous propose de rappeler les chiffres)il est de les comparer par exemple à la santé des gens qui travaillent dans des mines de charbon.
    quant à la médiatisation des explosions …elle est compréhensible mais aussi questionnable , quelle est son objet?
    entretenir la peur du « nucleaire »
    diaboliser les méchants usa qui envoient bombes en temps de guerre?

    Comme il est facile de juger truman! Comme il est facile de réécrire l’histoire, là encore, sans relativiser.
    Le menu que nous sert l’histoire c’est de choisir entre truman, hilter , staline et la folie nationaliste japonaise…

    assez curieusement, ce qui devrait révolter , soit le martyr des populations civiles en temps de guerre, on oublie et on bombarde AUJOUD’HUI en versant quelques larmes à l’occasion sur les victimes « collatérales »!
    On pourrait ajouter que les considérations sur les intentions de truman semblent dérisoires si on les compare aux mensonges de certains membres l’administration américaine en ce qui concerne les guerre en irak.
    La guerre il faut l’éviter mais quand elle est commencée, il faut choisir son camp, si possible le bon et la gagner.

    • et c’est reparti sur fallait-il ou ne fallait-il pas…pourtant l’auteur a été clair « Avertissement : l’objectif de ce document n’est surtout pas une quelconque prise de position sur l’utilisation des armes, alors appelées atomiques… » et vlan, on se paie aussitôt une sortie sur les vertus de Truman. Finalement chez les libéraux (je suis un nouveau venu qui découvre -avec joie- une autre approche) il y a comme chez les zozos marxistes un panthéon de héros indéboulonnables et des incontournables idéologiques…

      Bref, excellent article qui montre clairement combien tous les fantasmes apocalyptiques sur le nucléaire sont délirants. Hiroshima en lieu et place du désert inhabitable qu’il aurait dû être selon certains est une ville prospère et charmante

      • « et vlan, on se paie aussitôt une sortie sur les vertus de Truman. Finalement chez les libéraux (je suis un nouveau venu qui découvre -avec joie- une autre approche) il y a comme chez les zozos marxistes un panthéon de héros indéboulonnables et des incontournables idéologiques… »
        + 1
        Je suis gêné aussi par cette tendance un tantinet manichéenne.

        Et à propos de « tendance », je me demandais qui était cet énigmatique « Salma », un élève de l’école autrichienne ? avant que Google ne me révèle l’existence de cette charmante personne 🙂 (vous avez bon goût)

        • non j’ai dit relativisation, et je pose la question pourquoi commémore on Hiroshima?

          • ces articles chiffrés et rationnels n’ont aucun effet sur les idéologues, et les idéologues sont aussi beaucoup plus habiles à influencer l’opinion, surtout dans l’opposition.
            Pourquoi commémorer hiroshima?

            • Voir les dossiers récents de ARTE sur l’uranium et le nucléaire du 31 juillet. C’est délirant.

              • oui, et en ce moment on a affaire à une campagne de communication pre cop21 ayant pour but d’associer nucleaire et une façon de danger, on a eu , nagasaki et je ne sais plus quelle coin encore contaminé par tchernobyl.

                Alors bel article sauf que ça fait 15 ans qu’on répète ça..et ça ne sert à rien, plus horripilant si vous vous trouvez en face d’un anti..vous pouvez lui faire admettre que ce qu’il avance ne rime à rien, il l’admet…puis quelquse jour après il raconte les mêmes salades.
                Idéologie, la vérité des faits leur est accessoire car ils sont persuadés d’avoir raison.

                • tout à fait et ce midi sur FR3, la présentatrice d’évoquer « suite à un tremblement de terre et un tsunami le désastre de Fukushima et ses 15000 morts ». ???? Surprenant amalgame, si révélateur des mensonges et du climat intellectuel quasi-terroriste sur la question du nucléaire. Article également très crapuleux de Libération sur la relance de Sendai aujourd’hui. Je devrais arrêter de lire les torchons subventionnés !

                  • Eh oui les amalgames sont trop tentants. Autre exemple: mettre « Hiroshima » et « Fukushima » dans la même phrase.

                    Autre exemple de désinformation caractérisée:

                    – 5 ans après Fukushima, le Japon décide de redémarrer une centrale nucléaire. Articles dans la presse, inquiétude de la population.

                    – 5 ans après Fukushima, le Japon persiste à construire des villes au bord de l’océan. Zéro article dans la presse, circulez y’a rien à voir.

                  • Je rajouterai que LCP ,’est pas mal aussi dans ce domaine, et cela revient souvent. Il semblerait qu’une bonne partie des députés prennent des positions anti-nucléaire sans bien connaître le sujet.

    • Il y a quelque chose de totalement, indubitablement faux : l’effet sur le génome de l’humanité.

      C’est surtout là dessus qu’il faut attaquer les Caldicott et autres « ingénieurs en chef de Fairwind » (qui comme chacun sait est une société avec un seul ingénieur et même une seule personne).

  • « Pour les débits de doses accidentels cette dose-seuil est environ 3 fois plus grande. »

    Comprends pas la phrase !

    • En radiologie, la « dose-seuil » définit la quantité de rayonnement en dessous de laquelle on ne peut décrire aucun effet biologique statistiquement valable. Dans cette zone, il n’existe donc aucun effet biologique à une irradiation. En cas d’irradiation accidentelle de l’organisme entier, on considère que la DL50 (la moitié des irradiés vont mourir) est de 6 Gy. Dans ce cas, on a constaté que l’effet de seuil est de 0.3 Gy.
      Pour les bombes nucléaires, les doses étaient beaucoup plus massives, pouvant aller jusqu’à plusieurs centaines de Gy. Pour les survivants, les observateurs ont noté un effet de seuil à dose moindre, de l’ordre de 0.1 Gy, qui peut s’expliquer par l’importance du débit de dose.
      Cela répond-il à vos questions?

      • « plusieurs centaines de Gy »

        où ça?

        Là où les objets prenaient feu?

        • les unités de radio protections sont un peu chiantes, elles sont trop réductrices , l’irradiation d’une personne c’est du cas par cas..remarquée pas très utile, mais bon…

  • Le texte est parfois difficile à suivre.

    Pour le fond, on peut faire un rapprochement avec les constats faits pour Tchernobyl : les radiations ont tuées, mais il n’y a pas eu l’empoisonnement lent irrémédiable et absolu qu’on nous promettait.

    • En comparaison de bombardements massifs avec un pourcentage de défaillance significatif, avec des bombes qui peuvent s’enfoncer dans le sol et rester cachées, en comparaison des systèmes à sous-munitions qui augmentent mécaniquement ce phénomène, en terme de risque à long terme pour la population (en proportion de l’effet immédiat), je pense qu’il n’y a pas photo : ces deux bombes atomiques ont un bon rapport qualité/prix.

  • Article intéressant. Il permet à tout lecteur attentif de « recadrer » les affabulations de divers milieux d’idéologues et les distorsions mentales engendrées par des médias incompétents et l’industrie du film (!) qui tous s’en régalent pour mieux se vendre …
    Les analyses de la communauté scientifique doivent gommer la hantise publique engendrée par les premiers nommés !

  • Il est effectivement bien difficile de s’aventurer sur ce terrain sans s’attirer des foudres si faciles à manier !
    C’est pourtant de ce genre d’analyse et de chiffres que nous avons besoin pour forger notre opinion. Pas d’anathèmes ni d’incantations. Cet article apporte un éclairage fort utile.
    Aussi sordide que cela puisse paraitre à certains, il faut bien tenter de compter les morts de chaque technologie. Et le charbon ou l’hydraulique n’ont malheureusement rien à envier au nucléaire dans cette hiérarchie.
    Aussi contestable qu’ait pu être le bilan sanitaire de Fukushima, on peut notamment s’interroger sur la discrétion des médias à son sujet.
    http://www.contrepoints.org/2015/03/22/201991-fukushima-ce-rapport-sanitaire-que-les-medias-oublient

    • « C’est pourtant de ce genre d’analyse et de chiffres que nous avons besoin pour forger notre opinion. »

      Les radiations ionisantes sont aussi bien présentes dans l’environnement naturel (granite), dans les effets collatéraux des armes (jusqu’ici, on n’a pas employés ces armes pour leurs effets radiatifs), dans la manipulation des substances radioactives (pour leurs applications militaires, industrielles ou médicales … ou dans leurs applications médicales telles que la radiographie ou le traitement des tumeurs.

      D’où l’importance d’avoir des études précises et non biaisées sur les effets. Ceux qui rejettent par principe toute radioactivité devraient avoir conscience que :
      – d’une part les thérapeutes prennent des risques (même s’ils sont minimes et maitrisés) en manipulant les substances et générateurs pour les soigner.
      – qu’il n’y a pas de traitement médical ni de travail (ou même de loisir) qui ne comporte des risques.

      L’important est de connaitre les risques liés aux seuils d’exposition et il est stupide voire criminel de manipuler les chiffres par idéologie. Que ceux qui s’adonnent à cette pratique renoncent à tout traitement médical (cela fera des économies pour la sécu). A commencer par le troll de service qui a traité l’auteur de charlatan lors du précédant article parce qu’il n’aimait pas son contenu.

      • Si j’ai bien compris, Il y a toute une différence entre la recherche d’un coupable politique et celle d’une solution scientifique. Pourtant, la première est a la portée de chacun et demande moins de travail que la seconde ?.

      • C’est surtout le personnel des compagnies aériennes qui est massivement irradié, sans que personne ne se préoccupe de leur coller des dosimètres.

  • Très intéressant, merci à Jean-Claude Artus. Puisque ces infos sont « faciles » à trouver, ce serait sympa de fournir quelques références.

  • Il y a une grande confusion dans les médias concernant les effets des radiations. En fait le mode d’exposition est extrêmement important.

    Dans le cas de Hiroshima et Nagasaki, les radiations ont été essentiellement des rayons gamma (photons de très haute énergie) produits lors de l’explosion. Il s’agit donc d’une exposition violente de très courte durée et de très forte intensité (selon la distance). Les deux bombes ayant explosé en altitude, les matériaux radioactifs (uranium et plutonium) ont été dispersées dans l’atmosphère tout autour de la terre et leurs effets sont négligeables.

    Les effets peuvent très différents lorsque des matériaux radioactifs sont déposés au sol et qu’ils contaminent l’eau ou les aliments. Dans ce cas ils peuvent se trouver en contact prolongé avec l’organisme et provoquer des effets à long terme. La redoutable Dr Caldicott n’hésite pas à affirmer que la moindre parcelle de césium absorbée provoque des dégâts redoutables, ce qui semble largement exagéré.

    Certaines populations (Iran, Colorado, Bretagne) vivent dans des environnements où la radioactivité naturelle est beaucoup plus élevée que dans les parages de Tchernobyl ou Fukushima et se portent à merveille. Les effets de la radioactivité à faible dose sont mal connus. Et tout ce qui est mal connu est facile à manier pour faire peur aux populations…

    • Les effets de la radioactivité à faible dose ont été étudiés – c’est un dès facteur sur la santé le plus étudié, sinon le plus.

      De nombreuses études prétendent avoir trouvé un lien avec le cancer et à chaque fois :

      – ou bien le lien est postulé (pétition de principe) et non réfuté par l’étude (puissance insuffisante pour le réfuter)
      – ou bien on est dans la confusion manifeste entre causalité et causalité inverse, comme le fait que les examens de radiologie sont associés au cancer (le fait de passer du temps dans un hôpital aussi est fortement associé au cancer)

      Et concernant Caldicott, pour ceux qui ne la connaissent pas, rappelons qu’elle est pédiatre, sans aucune compétence en physique nucléaire ou en physique en générale ou en radioprotection.

      • J’ai oublié de préciser que Caldicott pense que l’énergie de fission est E=mc² ou m est la masse de l’atome et qu’elle y voit un rapport avec le PENIS.

        True story.

      • de toutes façon l’extrapolation aux faibles doses , et ça ne concerne pas que la radioactivité, atteint presque au ridicule, c’est il me semble une conséquence d’un abus délibéré de précaution qui normalement met en évidence un risque minime indétectable en pratique mais que les opposants utilisent en disant que le risque n’est pas nul….

  • Quand un chirurgien met des gants, vous ne vous dites pas :

    – il doit avoir les mains sales,
    – c’est donc qu’il ne se lave jamais les mains,
    – c’est un porc,
    – je vais chercher un autre chirurgien qui ne met pas de gants!

    Si des instruments chirurgicaux sont stérilisés, vous ne vous dites pas : c’est donc que le patient précédant devait avoir une maladie très contagieuse.

    Mais quand on prend des précautions pour réduire une contamination radioactive, c’est interprété comme une preuve que c’est épouvantable!

    https://www.youtube.com/watch?v=DSz1wGc1PcU

    Toute précaution est interprétée comme une preuve de danger avéré.

    • très vrai, j’ai connu un type qui me disait que le fait que les type mettent des gants en latex pour faire des prélèvement d’eau aux alentours de la Hague était une preuve du danger radioactif … et aucun argument logique n’a pu avoir raison de sa conviction.

  • M. Artus :
    « Globalement on estime que 50% de ces décès étaient dus à l’effet de souffle, 35% aux brûlures dues à la température de plusieurs millions de degrés C°… ».
    Plusieurs milliers de degrés suffiront.
    A la température de plusieurs millions de degrés on est pas brûlé, mais vaporisé; reste plus rien, nada.

    • et c’est ce qui s’est passé, bcp de gens ont été vaporisés, ne laissant derrière eux qu’une empreinte sur les murs…

  • Atomic Bomb Health Benefits
    T. D. Luckey

    Conclusions from these studies of atomic bomb survivors are:

    One burst of low dose irradiation elicits a lifetime of improved health.
    Improved health from low dose irradiation negates the LNT paradigm.
    Effective triage should include radiation hormesis for survivor treatment.

    http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC2592990/#b14-drp-06-0369

  • http://ecolo.org/documents/documents_in_french/faiblesDosesRevoRadioprotec.htm

    Sur quelle base scientifique en est-on arrivé à craindre les effets sanitaires des faibles doses ? En 1955, alors que l’on ne disposait pas des études épidémiologiques rassurantes citées ci-dessus, les normes de la CIPR reposaient sur l’hypothèse que de faibles doses pourraient provoquer, de façon aléatoire, un surplus de cancer chez les populations qui y sont soumises. C’était une mesure de précaution sage basée sur l’hypothèse dite  » linéaire sans seuil  » : la relation entre la dose et l’effet étant linéaire aux fortes doses, supérieure à 200 mSv, on extrapolait en supposant qu’elle l’était également aux faibles doses. La CIPR avait pris soin de préciser que cet effet incertain n’était qu’une hypothèse de travail prise pour établir un système de normes très sûres et qu’il serait illégitime de prétendre calculer par des modèles un nombre de cancers réellement dus à une irradiation donnée, puisque l’existence de ce risque n’a jamais été démontrée. C’est malheureusement ce que s’empressèrent de faire certains organismes et c’est avec ce type de calculs que l’on a, par exemple, prévu la  » centaine de milliers de morts  » par cancer suite à l’accident de Tchernobyl.

    Les organismes de radioprotection utilisent depuis quelques années les notions de  » dose collective  » et d’  » engagement de dose collective « . Ces notions avaient été introduites par les anglo-nordiques avec l’idée de  » hiérarchiser  » les expositions de la population aux rayonnements. En réalité, ces notions n’ont aucun sens médical et ne peuvent être d’aucune utilité en matière de gestion de risque. Au contraire, elles peuvent se révéler néfastes, comme dans le cas de Tchernobyl, où l’on a évacué des personnes qui n’auraient jamais dû l’être et où l’on a créé d’innombrables drames humains parfaitement inutiles (paysans arrachés à leur village et à leur terre, etc.).

    Lisez ce brulot!

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Né en 1905, disparu en 1983, Raymond Aron a méthodiquement analysé les mutations des sociétés modernes en leur consacrant plus de trente livres. Pendant plus de trente ans il est descendu presque quotidiennement dans l’arène pour participer aux grands combats qui dans le bruit et la fureur de l’histoire ont divisé le monde au temps de la guerre froide.

Éditorialiste commentant à chaud l’actualité (au Figaro puis à l’Express) en même temps qu’universitaire, il a toujours veillé à intégrer ses jugements ponctuels dans une vision du monde... Poursuivre la lecture

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