Faut-il s’inquiéter de l’effondrement des matières premières ?

bourse - crise financière (Crédits : CC0 Pixabay, licence Creative Commons)

Que nous dit l’évolution du marché des matières premières concernant la situation réelle de l’économie ?

Par Bill Bonner

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Comme vous le savez, l’économie fonctionne avec le crédit, non le cash. Et sans les injections de crédit de la Fed US, elle se traîne.

Le Dow a chuté en fin de semaine dernière. Ce n’est pas significatif en soi… mais le graphique montre une grosse bosse prenant la direction de la baisse. L’or est peut-être plus remarquable : il s’échange désormais 100 $ sous ce que nous pensions être le plancher. Pourquoi ?

Il se peut que l’or signale une récession/dépression mondiale. Le journal chinois People’s Daily nous dit que la consommation d’électricité augmente à son rythme le plus lent de ces 30 dernières années. Nous savons tous que les chiffres du PIB ne sont pas dignes de confiance, mais les électrons ne mentent pas. Ils suivent l’économie. Et ils ne grimpent qu’au rythme paresseux de 1,3% par an, suggérant un ralentissement conséquent en Chine.

Parallèlement, c’est le carambolage sur l’autoroute des matières premières. Le krach du marché pétrolier a laissé une gigantesque marée noire. Dans leur ensemble, les ressources sont à un plus bas de 13 ans.

Le charbon en mauvais état…

Les minières de charbon ont glissé sur le pétrole et le gaz bon marché. Hier, nous montrions pourquoi l’énergie est si peu chère ; les autorités ont baissé le prix du capital à tel point que les fournisseurs peuvent en produire pour rien ou presque. Lorsque l’argent facile prendra fin, il en ira de même pour le pétrole bon marché, avons-nous supposé.

Ce n’est pas encore arrivé. Pour l’instant, le crédit facile a exacerbé et prolongé le marché baissier du pétrole. Des producteurs qui auraient dû fermer il y a des mois continuent de pomper l’or noir, maintenus en activité par le financement ultra-bas. Le charbon, qui était bon marché en avril, est encore meilleur marché aujourd’hui. Oilprice.com :

« Walter Energy, minière de charbon en Alabama, a annoncé le 15 juillet qu’il se mettait en faillite. Les prêteurs senior verront leur dette transformée en valeur, et si l’entreprise ne réussit pas à redresser le cap, elle vendra plus ou moins tous ses actifs. « Face à des conditions durablement déprimées sur le marché du charbon, nous devons faire ce qui est nécessaire pour nous adapter à la nouvelle réalité de notre secteur », a déclaré Walt Sheller, PDG de Walter Energy, dans un communiqué de presse.

Alpha Natural Resources, un grand producteur de charbon métallurgique (utilisé pour fabriquer de l’acier) s’est vu exclu du New York Stock Exchange parce que le cours de son titre était ‘anormalement bas’. L’entreprise envisage la possibilité de se mettre en faillite.

Arch Coal a vu le prix de sa valeur chuter à des plus bas similaires à ceux constatés par Alpha Natural Resources avant d’être exclu. Arch Coal a réussi un split inversé, à un pour dix, dans une tentative pour éviter le même sort que son confrère. Dans les faits, réduire le nombre de titres est destiné à stimuler le prix de la valeur ; cela prendra effet le 27 juillet. Mais des manipulations du papier ne changeront pas les fondamentaux sous-jacents.

Les prix du charbon ont baissé de 70% par rapport à il y a quatre ans »…

… Et le cuivre carrément déprimé

Selon le Dr Cuivre aussi, le deuxième semestre sera difficile. Le cuivre a gagné son titre de « Docteur » ; selon les vétérans, c’est « le seul métal ayant un diplôme d’économie ». Le cuivre est présent dans tout : les maisons, les bureaux, l’électronique, les automobiles et ainsi de suite. Lorsque les ventes de cuivre baissent, ça signifie que l’économie mondiale en fait de même.

Bloomberg :

« Goldman affirme que les prix chuteront de 16% supplémentaires d’ici la fin de l’année prochaine et s’attend à ce que la demande chinoise augmente à son rythme le plus lent depuis près de deux décennies. Le Bloomberg Commodity Index a chuté de 0,5%, à un plancher de 13 ans.

Les attentes de hausse des taux par le Réserve fédérale ont renforcé le dollar, rendant les matières premières valorisées en billets verts plus chères pour les acheteurs en autres devises. La jauge des matières premières de Bloomberg a plongé de 26% sur l’année passée suite à des inquiétudes sur le ralentissement de la demande de la part de la Chine, le plus grand utilisateur.

Mercredi dernier, Goldman a abaissé ses perspectives sur le prix du cuivre de 44% d’ici 2018, et s’attend à ce que le métal atteigne les 4 500 $ d’ici la fin 2016. L’économie chinoise croît à son rythme le plus lent en 25 ans, selon les estimations des économistes compilées par Bloomberg. »

Pourquoi un ralentissement aussi conséquent ? Pourquoi le monde s’effondre-t-il ?

Parce qu’on ne peut pas faire semblant. Au lieu de « stimuler » une vraie reprise… les autorités ont « simulé » une reprise. C’est-à-dire qu’elles ont mis en place le financement bon marché pour faire en sorte qu’il semble y avoir plus d’argent disponible. Les producteurs de matières premières ont mordu à l’hameçon. Ils ont emprunté de l’argent et augmenté la production.

Mais la demande ne pouvait pas suivre le rythme. Parce qu’on n’obtient pas de vraie demande à partir de crédit creux. On ne peut obtenir plus de pouvoir d’achat que par M. et Mme Tout-le-Monde, non par l’industrie financière. Et pour ça, il faut une vraie reprise, pas une reprise factice.


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