L’essor des fontaines à vin

Depuis une dizaine d’années, le marché des boîtes à vin ne cesse de progresser, en France et en Europe.

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Vin - Credit : Alfred Brumm (CC BY 2.0)

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L’essor des fontaines à vin

Publié le 7 juillet 2015
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Par Jean-Baptiste Noé.

Vin - Credit : Alfred Brumm (CC BY 2.0)
Vin – Credit : Alfred Brumm (CC BY 2.0)

 

Le grand succès du vin en boîte

Pendant longtemps, le vin a été acheté en cubitainer ou bien à la tirette, et il était mis en bouteille ou en carafe à la maison, avant d’être servi à table. Les derniers vendeurs de vin en tirette ont disparu au cours des années 1990, assurant le triomphe du vin en bouteille. La technologie du Bag-in-Box, BIB, mise au point dès les années 1950 pour le conditionnement du lait et des jus de fruit, a pris une nouvelle dimension à partir des années 2000, assurant l’essor de ce type de consommation de vin. Depuis une dizaine d’années, le marché des boîtes à vin ne cesse de progresser, en France et en Europe.

Bag-in-Box est une marque déposée de Smurfit Kappa, entreprise qui propose ce type de technologie. En français on dit outre à vin, vin en boîte ou encore fontaine à vin, même si le langage courant a officialisé le terme de bib. Il est amené à remplacer le cubitainer. Adieu cubi, et bonjour le bib.

Premier concours international des vins en boîte

En mars 2015 s’est tenu à Toulouse le premier concours international des vins en boîte. Les résultats ont été officialisés le 14 juin au moment du salon Vinexpo. Ce concours est organisé par l’association La Buissonnière du vin, avec l’aide de nombreux acteurs de la filière viticole, comme Vitisphère et la faculté œnologique de l’université de Toulouse. Le concours s’est tenu dans les locaux de l’hôtel de région.

Ce premier concours a réuni une centaine de dégustateurs composant le jury nécessaire pour départager 250 échantillons venant de 12 pays différents.

Un concours de bib nécessite des ajustements techniques par rapport aux concours de bouteille. Comme on ne peut pas glisser une chaussette autour des boîtes, il a fallu reconditionner toutes les outres dans des boîtes neutres. Chaque participant envoie son échantillon en 3 exemplaires, dont l’un est conservé un an par la DGCCRF en cas de contestation. Cela représente donc un volume de vin considérable.

La liste des vainqueurs de ce premier concours est donnée en pièce jointe de l’article. Les Français sont majoritaires, suivis par les Italiens et les Espagnols. Un vin américain et néo-zélandais a également été primé.

Le marché du BIB

cave à vin grecque rené le honzecLes fontaines à vin ont délaissé les produits de qualité inférieure. On trouve désormais de très bons vins de table où de consommation courante dans ce type de format. Le facteur coût attire le consommateur : le conditionnement est moins cher que la bouteille, ce qui se traduit dans la facture finale. La simplicité et la facilité de conservation et de consommation également. La boîte à vin convient bien à la consommation fragmentée, car elle assure une plus longue conservation que la bouteille, le vin étant protégé de l’oxygène, ce qui limite son oxydation.

En France, les BIB représentent 35% des vins consommés. En 2020, on estime que ce sera 50%. En valeur, la part est toutefois inférieure puisqu’on est seulement à  22%, le vin en BIB étant moins cher que le vin en bouteille. Il représente donc 330 millions de litres, pour 850 millions d’euros. Le format le plus vendu est celui de 5 litres (61% des ventes) contre 27% pour celui de 3 litres. Le rouge est la couleur la plus vendue (50%), contre 40% pour le rosé qui ne cesse toutefois de progresser. (Source : France Agrimer)

Dans le reste de l’Europe, le BIB fait jeu égal avec le vin en bouteille. Aux États-Unis, la part des fontaines à vin est de 17,5% des volumes, nettement moins qu’en France donc, mais avec une augmentation constante.

La boîte à vin facilite la consommation de vin au verre en restauration. En revanche, pour les cavistes les marges sont moins importantes qu’avec les bouteilles. On risque donc de voir des BIB dans les rayons des supermarchés, mais assez peu chez les cavistes.
Les études de France Agrimer sur ce sujet montrent que ce sont les retraités qui consomment le plus de fontaines à vin.

Amélioration des techniques de conditionnement

Les techniques de conditionnement ont évolué ces dernières années. L’enjeu technique est de maîtriser la présence minimum d’oxygène, et éviter la présence des micro-organismes, qui risquent de gâter le vin. Pour cela, les entreprises font usage de matériaux moins poreux aux gaz et plus souples, et elles ont mis au point des robinets étanches, pour éviter la remontée d’air dans le sac.
Le moment délicat est bien évidemment celui du conditionnement. Là aussi, il a fallu mettre au point de nouvelles machines adaptées au conditionnement en BIB. Le vigneron peut ainsi conditionner le vin chez lui, avec ses propres outils, ou faire appel à un prestataire, exactement comme pour la mise en bouteille.

Mais peu de personnes savent vraiment comment fonctionne cette technologie. Nous sommes face à une innovation de rupture largement ignorée. Ce conditionnement a forgé sa réputation lui-même, sans campagne marketing.

Un marketing à amplifier

Une autre originalité de la fontaine à vin réside dans le fait que très peu de publicité a été faite pour vanter ce format. La boîte à vin s’est imposée d’elle-même auprès des consommateurs. D’ailleurs, si les vignerons font des efforts pour rendre leur bouteille et leur étiquette attrayante, ce n’est pas le cas des boîtes à vin, qui sont généralement très sobres, avec peu d’informations, et qui proposent une iconographie de piètre qualité. Est-ce là d’ailleurs un outil marketing ? En présentant des boîtes plutôt laides et sans fioriture, les vignerons veulent renforcer l’image de la fontaine à vin, celle d’un produit moins cher que les autres. Le domaine marketing est donc un secteur avec une grande marge de progression.

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  • Les BIB sont une excellente innovation. Conservés dans une poche sous vide, le vin se conserve beaucoup plus longtemps.
    Les volumes vont de 3 à 10 litres ce qui permet d’intéresser d’avantage de consommateurs, le particulier comme le restaurateur.
    Des Vins de table comme des vins AOC sont conditionnés en BIB. Il y a un vrai choix en qualité.
    Bien entendu, plus facile à ranger et jeter à la poubelle qu’une bouteille en verre.

    Mais connaitront nous un jour le petit BIB de 75cl ? Techniquement c’est faisable et il y a eu d’ailleurs déjà des tentatives de commercialisation mais qui n’ont pas encore convaincu le consommateur. Faudrait-il parier que nous y arriverons à remplacer une matière noble et ancienne par une autre matière aussi noble mais plus contemporaine ? Le vin c’est aussi culturel…

  • Plusieurs précisions :

    – Les vins en BIB se conservent beaucoup plus longtemps une fois ouverts…sinon beaucoup moins longtemps !
    – Les vins sont au contact d’une poche aluminium qui n’est pas idéale sur le plan gustatif (cf. les amateurs de bières)
    – Les tarifs sont souvent élevés si on recherche un minimum de qualité
    – Les vins mis en BIB sont très souvent ceux qui ne conviennent pas pour une mise en bouteille…
    – Les appellations « Vins de table » (d’ailleurs devenu « Vin de France »), ou les AOC, sont des appellations règlementaires qui n’ont pas forcément un rapport avec la qualité.
    – Si on souhaite un vin à consommer au delà de 2 mois, il faut absolument éviter le BIB
    – Contrairement aux idées reçues, le BIB demande aussi des précautions pour sa conservation (pas de chaleur…etc.)

    Le débat est ouvert !
    Belle journée à tous…

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