Climat : ce que révèle un exercice du bac S 2015

Formation à la démarche scientifique ou propagande gouvernementale ?

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Bonnet d'âne - Photo : Sylvain Masson - Modèle : Clem - via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

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Climat : ce que révèle un exercice du bac S 2015

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 4 juillet 2015
- A +

Par Anton Suwalki.

Bonnet d'âne - Photo : Sylvain Masson - Modèle : Clem - via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)
Bonnet d’âne – Photo : Sylvain Masson – Modèle : Clem – via Flickr (CC BY-NC-ND 2.0)

Cette année, l’épreuve de Physique-Chimie du bac S était paraît-il beaucoup trop dure. Sur un échantillon de copies déjà corrigées, la moyenne est inférieure à 8/20.

Alors, les correcteurs ont reçu un barème modifié. L’Union des Professeurs de Physique et de Chimie a exprimé sa colère, sans doute en partie justifiée, devant cette initiative du ministère. « Cette année, les trois exercices du sujet d’enseignement spécifique, par leur accumulation de questions ouvertes et le nombre d’étapes non explicites requises, sollicitaient des capacités qui ne sont pas maîtrisées par l’élève moyen que nous avons dans nos classes. »

Si on comprend bien, le principal problème est le gros décalage entre la prétention des épreuves et ce qu’on peut exiger d’un élève lambda de Terminale S en 2015. Mais si l’élève lambda ne peut trouver la solution d’un problème sans être guidé pas à pas, se contentant d’appliquer quelques formules, c’est peut-être lui qui est inadapté à l’enseignement scientifique, plutôt que le contraire.

On modifie donc le barème pour gonfler les notes de façon artificielle, comme d’habitude et comme dans toutes les matières, précise-t-on au ministère. Et on se dit tout de même que les professeurs font preuve d’une certaine candeur, voire de beaucoup de contradiction, lorsqu’ils écrivent : « Comment ne pas se sentir dévalorisé dans son travail de correction lorsqu’on doit attribuer 2 points à l’emploi d’une simple formule, et 0,5 voire 0,25 point à une question nécessitant beaucoup de temps, de la réflexion et une prise de risque ! ». Il faudrait savoir si on veut des sujets à portée de l’élève « moyen » (doux euphémisme), ou bien si on veut valoriser l’effort, la réflexion et, même la prise de risque. Sachant le niveau, quelle que soit la matière, et pire encore la motivation de ces élèves « moyens » qui se traînent jusqu’en Terminale, le barème dénoncé par les enseignants est certes hypocrite, mais, finalement, assez logique.

Cela dit, l’exercice 3 pour les candidats passant le bac spécialité Physique-Chimie illustre bien le malaise.

Il est intitulé « un aspect du réchauffement climatique » et propose aux candidats de calculer la hausse possible du niveau des océans, d’ici à 2100, hausse liée à leur dilatation thermique et à la fonte des calottes glaciaires.

Sa résolution algébrique ne nécessite que des compétences à la portée d’un collégien pas trop mauvais : calculer le volume d’un parallélépipède, manipuler des puissances de 10, savoir faire une règle de 3, faire une interpolation linéaire. La seule petite astuce, pas bien méchante, c’est de ne pas oublier de tenir compte de la conservation de la masse lorsqu’on convertit le volume de glace en volume d’eau liquide.

Cet exercice, on doit pouvoir le faire en 5 minutes. Comptons 10-15 minutes pour rédiger correctement au propre : on se dit que ce sont 3 ou 4 points presque donnés, surtout pour une épreuve de 3h 30 !

On attend donc de connaître le pourcentage d’échecs dans la résolution de ce problème, qui pourrait constituer un bon baromètre du désastre scolaire.

Mais on attend aussi avec impatience les inévitables perles du bac à propos de la deuxième question de l’exercice : lister les causes possibles de l’écart par rapport à la valeur annoncée par le GIEC en 2013. Là on peut imaginer le désarroi, bien au-delà de l’élève « moyen ».

L’élève doit en effet trouver une élévation de 2,55 m du niveau des océans, dont 2,10 m causés par la dilatation thermique, et 0,45 m causés par la fonte des calottes glacières. Or, il lui était précisé dans l’énoncé :

« L’évolution de la température atmosphérique et la fonte des calottes polaires pourraient entraîner une hausse du niveau des océans atteignant près d’un mètre.

D’après un rapport du Groupe Intergouvernemental d’Experts du Climat (GIEC), publié en septembre 2013. »

Que vont répondre les élèves ? Que le GIEC s’est planté dans ses calculs ? On voit mal nos petits génies s’interroger sur la validité des hypothèses retenues dans l’exercice :

« D’ici 2100, dans le pire des scénarios [du GIEC], la température moyenne de l’atmosphère terrestre pourrait augmenter de 5,5°C (…). En faisant l’hypothèse que l’océan s’échauffe uniformément de 5,5°C, calculer alors la hausse du niveau des océans en distinguant la hausse due à la dilatation thermique des océans et celle due à la fonte partielle des calottes polaires. »

C’est bien sûr l’hypothèse que tout l’océan se réchaufferait de 5,5°C, soit autant que l’atmosphère terrestre, qui est délirante. Selon le GIEC lui-même, pour une atmosphère terrestre plus chaude d’environ 0,6°C depuis 1960, l’océan dans son ensemble s’est réchauffé de 0,04°C. Il ne faut évidemment pas s’attendre à ce que beaucoup de candidats aient en tête ces ordres de grandeurs. Mais les concepteurs de l’épreuve les connaissent-ils eux-mêmes ?

Entre un problème à résoudre d’une facilité (normalement) dérisoire pour un élève de Terminale S, et une question « ouverte » sans doute hors de portée pour 99% des candidats, on doit s’interroger sur l’objectif d’un tel exercice. Tester l’aptitude à la résolution de problèmes et à la réflexion critique ? Ou plutôt, s’attirer les bonnes grâces d’un ministre qui considère que « se mobiliser (SIC !) pour l’accueil, en décembre 2015, de la conférence des Nations unies sur le changement climatique « Paris Climat 2015-COP 21 » », fait partie des missions essentielles de l’Éducation nationale ? Le fait que le sujet soit illustré par cette « vue d’artiste » permet peut-être de répondre à la question.

Formation à la démarche scientifique et à l’esprit critique, ou propagande gouvernementale : les deux sont incompatibles.

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  • Il suffit que les élèves répondent en usant du conditionnel en disant que 97% de … sont d’accord, et c’est bon.

  • Manifestement, ils ont choisi un sujet « écolo » mal ficelé pour suivre le mouvement de grand n’importe quoi national. Et en toute logique et parfaite harmonie ils ont transformé le BAC 2015 en grand n’importe quoi.

    • Vous vous trompez, je crois. Avez-vous seulement lu l’énoncé [1] ? Il n’est pas très difficile de faire abstraction du contexte et le résultat attendu ne dépend nullement de l’opinion politique : il s’agit, essentiellement, d’une bête question de masse volumique. Que la question soit ancrée dans l’actu récente (et moins récente) ne me choque pas : c’était déjà le cas il y a 20 ans.

      [1] http://labolycee.org/2015/2015-Metropole-Spe-Exo3-Sujet-Climat.pdf

      • On n’a même pas besoin de la masse volumique.
        On trouve pratiquement la même chose (0.5m pour la fonte 2,10m pour la dilatation) par simple extrapolation des données du premier encart.
        C’est en soi un exo tout con, vaguement lié à la physique, dont la difficulté principale est de jongler avec les unités et les notations « scientifiques » (en puissances de 10).

        Le fait, par contre, que l’on choisisse ce contexte là pour un exercice du bac, qu’on l’illustre en outre par un « vue d’artiste » montrant une hausse du niveau des océans d’au moins 15m, n’est pas innocent.

        Surtout qu’on demande une estimation supérieure à celle du GIEC et qu’on pose une « question ouverte » impliquant la grande modération et la finesse du même GIEC. Cela c’est vraiment n’importe quoi. Un question ou on trouverait un truc similaire, pourquoi pas. Une question ou on trouverai nettement moins avec des hypothèses réalistes, peu probable mais engagé « contre », ici clairement un biais net « pour ».

      • C’est l’ensemble de l’épreuve qui était semble-t’il mal foutue (de l’avis des correcteurs) et non la question idiote de l’exercice 3 (où l’on donne au passage un graphe stupide « dans un domaine de température utile » alors que la température réelle est un gradiant de la surface au fond où elle est en surfusion à -2 degré – forcément la glace remonte.

        Au final, cet exercice n’a aucun intérêt pour appliquer des connaissances et est totalement ridicule dans la modélisation suggérée. (Mais en revanche, il y a une page de niaiseries pour 3 lignes de question). On ne m’ôtera donc pas de l’idée que l’ensemble de l’épreuve a été retenue pour être dans l’air du temps, au détriment d’une bonne étude de faisabilité et de représentativité des connaissances de l’élève. C’est pourquoi le la qualifie de « n’importe quoi ».

        Ma critique de l’intrusion de la politique dans l’épreuve (dans les commentaires qui suivent) se réfère à l’invitation à « lister des causes possibles » d’écart. En science, on considère l’enseignement comme parole d’évangile – car on enseigne normalement des résultats scientifiques consolidés. L’approximation qui rend le modèle totalement faux n’est même pas mentionnée. Ce n’est même pas une approximation mais une erreur de modélisation qu’on ne peut pas comprendre sans faire de thermodynamique. Franchement, j’aurais pour ma part hésité à donner une réponse sincère (car je n’aurais pas eu les connaissances – absentes de l’énoncé – pour donner une réponse indiscutable) de peur de tomber sur un correcteur un peu trop engagé – et en payer le prix sur l’ensemble de la notation de la copie. La politique n’a rien à faire en science – et je défie quiconque de dire que la COP21 n’est pas de la politique et que ce sujet ne se réfère pas à la COP21.

  • Au moins, il est parfaitement clair que l’Éducation Nationale est une entreprise de formatage.
    Se trouve-t-il encore des professeurs pour s’en rendre compte? Il semble qu’il ne se révoltent que parce que le sujet est inadapté aux compétences des élèves.
    Le pire est qu’un élève qui réfléchit un tant soit peu serait amené à répondre en disqualifiant la pensée unique climatique. En serait-il récompensé?

    • Tout à fait !

      Un élève qui réfléchit un peu devrait conclure que la modélisation est complètement pipée : on confond le réchauffement de l’atmosphère (l’interface qui reçoit et évacue la chaleur) avec le réchauffement (quasi nul) de la sphère terrestre (et de son immense réservoir d’eau).

      Alors qu’est sensé répondre un élève, sachant que sa note peut dépendre de l’opinion politique du correcteur et qu’une réponse hypocrite va se confondre avec une faiblesse de raisonnement ?

    • Je me demande d’ailleurs quelle pouvait bien être l’intention de celui qui à choisi le sujet : faire de la propagande climatique ou montrer que les choses sont moins simple qu’on veut nous le faire croire ?

      En tout cas, prendre les élèves qui jouent leur Bac et leur avenir en otage sur une question politique hyper médiatisée (cf l’illustration) est une très mauvaise idée et mériterait d’être sanctionnée jusqu’au plus haut niveau.

  • Pourtant cela aurait pu être amusant de faire une question ou le résultat du GIEC n’est pas le bon et pour réussir l’épreuve il faudrait conclure par « le Giec c’est trompé dans ses prévisions ». J’imagine déjà le chambard : des terminales S remettent en cause la justesse des calculs du GIEC ……

  • Bonjour
    Je trouve l’intitulé quasi climatosceptique.
    « la température moyenne de l’atmosphère terrestre pourrait augmenter de 5,5°C.  »
    La température ‘pourrait’ au conditionnel, alors que tout le monde sait que c’est une certitude.
    C’est un outrage à Normal I° lol

    • Tu oublies que les écolos tiennent les prédictions au conditionnel pour des certitudes.
      D’ailleurs, tout est basé sur l’usage du conditionnel.

  • « Mais si l’élève lambda ne peut trouver la solution d’un problème sans être guidé pas à pas, se contentant d’appliquer quelques formules, c’est peut-être lui qui est inadapté à l’enseignement scientifique, plutôt que le contraire. »

    Toujours facile de cracher sur l’étudiant.

    Pourtant, scientifiquement parlant, si tous les étudiants se plantent à un examen : il parait plus logique de conclure que soit l’enseignement était merdique soit l’examen inadapté à l’enseignement donné plutôt que d’estimer que tous les étudiants sont débiles.

    • Bonjour Agua
      Toujours ce déni de la réalité. 2/3 de la population n’a pas le niveau du bac tout simplement.

      • ce qui me semble délirant c’est d’un part se fixer comme impératif que 80% d’une classe d’age aie le bac et de prétendre que le bac est un examen difficile.
        Dans un monde normal , le taux de réussite à un examen devrait apporter un éclairage sur soit la difficulté intrinsèque de l’épreuve ,soit de la qualité de l’enseignement, soit enfin sur la « capacité » des élèves.
        Le taux de réussite au bac empêche une critique de l’enseignement car il nous prive d’un des rares outils d’évaluation de l’enseignement. Malheureusement, après le bac il y a le monde du travail…

      • La faute à qui ?

        A la stupidité des étudiants ?
        A la nullité de l’enseignement ?

        • Arretez d’être caricatural, tout le monde ne peut pas être polytechnicien, tout le monde ne peut pas être prix Nobel.
          Je sais la doxa socialiste prétend que tous les enfants sont des génies et c’est la société aliénante qui les empêchent de se réaliser.
          En tenant ce discours vous empêchez les enfants réellement compétents de sortir du lot, mais cela vous est égal, ce qui vous intéresse c’est une posture boboîde.

          • Vous ne répondez pas aux interrogations du débat. Vous proposez des interventions hors propos.

            Votre seule posture est de traiter votre adversaire de socialiste. Je vous propose de lire mes interventions sur ce site, peut-être réaliserez vous le ridicule de vos pathétiques accusations. Je ne me fais, néanmoins, pas trop d’illusion à ce propos.

            Quel discours est-ce que je tiens ? Vous n’êtes même pas capable de comprendre les phrases, pourtant simples, d’un internaute et vous vous permettez de lancer des bons et des mauvais points ? Soyez sérieux deux secondes et regardez-vous dans une glace.

            Qu’est-ce que le niveau du bac ? On le trouve dans la nature ?
            Pourquoi les étudiants n’ont pas le niveau arbitrairement décrété ? Ils sont débiles ? Les profs sont à chier ? Les programmes complément idiots (ex: introduire les dérivés sans parler des limites) ? L’examen est-il représentatif du niveau demandé ? Des programmes ?

            On comprend aisément que vos capacités d’analyse sont très limités. Cela n’est pas, pour autant, une raison pour les faire subir à autrui.

            • Bonjour Agua

              On se calme, je pense que le ton de votre post est le résultat d’une heure tardive.

              Les choses sont simples, le but affiché des politiques c’est 80% d’une classe d’age (on est à 65%).
              La réalité c’est l’inégalité des lycéens (des bons et des moins bons).

              PS Si vous ne voulez de contradictions, ne postez pas sur internet.
              Cordialement

    • Quand la majorité des élèves en fin de Terminale S ne maîtrise pas le produit en croix et ne savent pas ce qu’est une densité ou une masse volumique je doute fort que le problème vienne des élèves.

      Mais c’est vrai qu’après tout on est peut être en droit de se demander pourquoi ses élèves, incapables de construire leur propre savoir, sont dans une filière scientifique.

      • Si c’est aux lycéens à construire leurs propres savoirs, pourquoi les emmerder à venir faire les singes 35 heures par semaine au lycée ?

        Quant à vos assertions, j’ai eu mon bac (S) il y a une dizaine d’année et je n’ai pas le souvenir de ce que vous décrivez.

        • C’est le délire des pédagogo style Mérieux que de considérer que c’est aux apprenants de construire leur propre savoir.

          Tant mieux pour vous si vous avez échappé à ce délire durant votre scolarité, mais en 10 ans les choses ont beaucoup changé et pas en bien et ça fait encore plus le malheur des élèves.

          • Le pédagogiste Philippe Meyrieu. Pas les laboratoire Mérieux spécialistes des vaccins

          • « Mais c’est vrai qu’après tout on est peut être en droit de se demander pourquoi ses élèves, incapables de construire leur propre savoir, sont dans une filière scientifique. »

            C’est vous qui en parliez.

            Si les étudiants ne sont pas capables d’appliquer les outils les plus simples et que cela n’est pas à eux de les apprendre par eux-mêmes, il y a trois possibilités majeurs :
            – soit ils sont débiles,
            – soit les profs sont nuls,
            – soit les programmes sont idiots.
            Quand la majorité n’y arrive pas sur une très grande population. Il est plus que probable que la première possibilité ne soit pas la bonne.

            Cracher sur les étudiants est toujours la posture la plus facile. Combien de fois ai-je entendu ce genre de complaintes d’enseignants absolument médiocres ? Vous savez le genre de tocard même pas foutu d’organiser son cours avec un plan. Ceux dont le cours est tellement minable que personne ne prend même la peine d’y perdre son temps et qu’on préfère lire un manuel correctement écrit.

            Précisément ce genre d’imbécile imbu de sa personne qui, statut de fonctionnaire oblige, sévit pendant des dizaines d’années en se plaignant continuellement de la nullité des étudiants. Comprendra-t-il un jour qu’il y a, a minima, une corrélation entre la médiocrité de son enseignement et la nullité des étudiants ? Trouvera-t-il une causalité ? Sans doute pas. Dieu merci, personne n’est éternelle, il partira à la retraite.

    • il fut un temps pas si lointain où 35% d’une classe d’age avait le bac (les gens nés dans la première moitié des 70s). Un temps un peu plus éloigné où moins de 10% obtenaient la précieux sésame ouvrant les portes du supérieur (gens nés juste après guerre).

      Il est peu crédible d’affirmer que les habilités intellectuelles et leur distribution aient tellement progressé depuis 1990 que l’on puisse passer de 35% à 80% sans changer le niveau permettant l’obtention du diplôme.
      Le niveau d’exigence à donc violemment baissé. Résultat si un sujet type celui de maths du bac C de 1990 était donné aujourd’hui les moyennes seraient certainement comprises entre 0 et 5. L’enseignement faiblard et le modèle pédagogique débile ainsi que la démagogie la plus crasse ont fait en sorte que les élèves ne sachent plus réfléchir, mobiliser leurs connaissances… et ont amoindri le stock d’icelles. Mais ceux qui ont bossé un peu, avaient des capacités intellectuelles supérieures à la moyenne ou des enseignants compétents ont tous trouvé les épreuves du bac 2015 « trop faciles! »

      Résultat, les élèves (pas étudiants encore, faut avoir le bac pour devenir étudiant) sont plus mauvais. Mais ce n’est pas uniquement leur faute. Le niveau des meilleurs baisse aussi, d’ailleurs…

  • Je me demande comment serait noté le candidat qui résoudrait le problème posé et ajouterait une note expliquant pourquoi les hypothèses sont stupides (notamment l’asservissement de la température océanique à celle de l’atmosphère).

    Un zéro pointé pour excès d’esprit critique?

    • A priori non, plutôt une bonne note, puisque c’est justement ce qui est demandé dans la question ouverte : expliquer pourquoi ce résultat est faux (puisque différent de celui du GIEC… hop petite louche de propagande, « le GIEC sait mieux » !).

    • D’ailleurs la variation de température avec la profondeur est complexe et non linéaire et il me semble que les mesures sont en contradiction (une de plus) avec les modèles du GIEC. Mais il serait effectivement dangereux pour un candidat au Bac de faire le malin sur le sujet …

  • Je m’en fous de l’aspect propagande.
    C’est le niveau du problème qui me sidère. Et ces élèves vont aller en première année de fac pour avoir réussi un problème du niveau entrée en seconde (seconde des années 60).
    Je n’ai jamais vu de sujets aussi nuls, aussi faibles, aussi médiocres.

    • C’est justement parce que ce n’était pas un exercice : tout était dans la page de laïus et la gentille « vue d’artiste » ! Et s’ils ont bien assimilé le message on leur donnera leur licence à la FAC.

      • Heu, non, quand même pas à ce niveau.
        Il y a beaucoup de gauchistes dans le corps professoral des universités, en France, mais ce sont des gauchistes qui restent des enseignants-chercheurs. Donc ils sont contents d’entendre la propagande répétée, mais attendent quand même un niveau plus ou moins satisfaisant. D’où les 30% de réussite à la licence…

        • La bêtise, c’est comme la chaleur, ça se propage par conduction, convection et rayonnement. Il n’existe pas d’isolant parfait et l’entropie est la mesure de la désorganisation qui en résulte.

        • Il y a des objectifs de réussite à la fac aussi, d’où le taux de 30 % de réussite en première année de licence.

          • Alors ils doivent être bien cachés ou très récents.
            J’ai sévi 3 ans à la fac comme MCF après ma thèse et j’ai eu l’insigne malheur d’être convoqué pour présider un jury du bac (mais à la surprise générale, je n’ai pas été re-convoqué l’année d’après alors qu’ils gardent en général leur proie… mais mon refus d’accorder des points en plus et de donner le bac si la moyenne était inférieure à 10 à du déplaire…). Bref, pour le bac, il y a des consignes, des objectifs et on demande instamment de donner le diplôme à tout le monde (les membres du jury sont arrivés en disant « bon, alors comme d’habitude c’est ‘on donne au dessus de 9, entre 8.5 et 9 on discute mais c’est bien parti, entre 8 et 8.5 on négocie en fonction de critères sociaux, avis des profs du lycée etc… ‘ et si le taux de réussite sur le paquet de candidats est inférieur à 80% , on réévalue… Avec en plus une concurrence étrange et malsaine entre jurys pour savoir qui en a le plus.

            A la fac pour les peu de cours que j’ai donné en licence, aucun barème, aucune recommandation. Pour les jurys de diplôme, pareil. Au contraire il y a parfois une tendance à la compétition sur la base de « j’ai planté 70% de mes étudiants en juin, mon cours est plus mieux que le tien qui n’a que 60% de la promo qui revient en septembre ! » Tendance qui se combine avec le « ça c’est bien passé ton cours ? Oui, super, je les ai tous largué » et qui a largement contribué à mon choix de passer en grande école. Le but est d’avoir le plus de réussite possible et pas d’échec, mais si possible avec un niveau plus élevé que ce qui était défini initialement sur les syllabus de cours.

  • Le fond du problème est cette stupide « norme » de 80% de réussite au bac S. Ceux qui n’ont pas le niveau se prennent une claque à l’université, car là on ne plaisante pas avec les niveaux exigés.

    • 80% de réussite au BAC général est évidemment une idiotie.
      Le problème de base est la formation des élèves de la primaire (voire l’école maternelle) au lycée. Or les fondamentaux sont oubliés et le tape à l’œil à pignon sur rue. Les difficultés des élèves au BAC révèlent les problèmes de formation antérieure. Combien d’élèves arrivent au collège sans savoir lire et écrire correctement ? Combien d’élèves arrivent au lycée sans savoir rédiger avec une structure logique, un paragraphe de 5 lignes ou un raisonnement cohérent de données scientifiques ?

    • « à l’université, car là on ne plaisante pas »

      Si, un peu.

      Mais moins qu’au bac.

  • Bonjour,
    je vous laisse le soin de lire mon analyse du sujet de Mathématiques de la série S ainsi que celle du brevet (les futurs scientifiques…..) sur mon site. Je suis chercheur, docteur es Sciences ayant démissionné de la recherche, preuve de mon engagement pour créer un projet de formation en Mathématiques.
    La raison: Les Mathématiques ne sont pas enseignés!…..reste à savoir ce que souhaite la société française pour leurs enfants…..
    cordialement
    dc, cdmaths

  • Toutes disciplines dans toutes series subissent l’intrusion de la politique, le taux de réussite au BAC etant la partie émergée de l’iceberg.
    » La facilité de certains sujets est deconcertante (par exemple les sujets de la langue niveau seconde).
    » L’année dernière il y a eu le même problème avec le sujet des mathématiques, et déjà un bel arrangement de bareme. cela s’est su mais cette pratique est courante et aucune discipline n’est épargnée, ni aucune filière.
    » Tous les sujets au BAC ne peuvent pas être parfaits.

    Le BAC est mort, vive le BAC.

  • Je viens de passer en revue l’ensemble des commentaires à cet article et je suis sidéré du nombre de personnes qui se prennent pour des analystes pitoyables derrières leur écran et qui ont la conviction de pouvoir à eux seul l’ensemble des problèmes de société. Je suis moi même un des candidats du Bac 2015 et je peux vous dire que malgré la simplicité apparente des épreuves je doute très sérieusement de la capacité de l’ensemble de ceux qui ont commenté sur cet article à les réussir. La réussite n’est pas juste lié à la quantité de travail ou aux capacités intellectuelle ou réflective d’un individus. En contexte d’examen l’échec est à la portée même du plus grand des génie par des simples facteurs comme le stress, la pression etc. Vous ne faites pas de fin analystes… Bien que pour moi et du haut de mes 3 pommes les statistiques ne sont pas nécessairement représentatif de rigueur, même si certes le niveau du Bac à drastiquement baissé depuis la fin des années 80, je tiens à signaler que le taux de réussite en première année d’université publique à toujours été et restera (si vous voulez pas être soigné par des médecins amateurs par exemple) de 50% et 20% pour les filières sur-sélective et ce n’est pas le niveau du Bac qui y changera quoi que ce soit. Cesser donc de vous prendre pour l’élite de la société avec votre vocabulaire ampoulé et vos nombres mal utilisé. C’est un garçon de 17 ans bachelier et tout à fait conscient des évolutions sociétales qui vous le dis. On est pas débiles loin de là et je réfute quiconque le croit fermement.

    • bonjour Pathos

      Vos avez mal lu l’article, mais ce n’est pas grave.

      On ne dit pas que les ‘jeunes’ sont débiles ,quoique (rires), on dit tout simplement que le niveau d’exigence du bac a baissé.
      Sans doute les 5% des meilleurs lycéens d’aujourd’hui ont le même niveau que ceux d’il y a 30 ans, mais il y a 30 ans ceux la avaient un bac C tandis que les mêmes sont noyés dans le marais du bac S.
      Pour un résultat perdant-perdant, perte de référence, allongement des études au delà du raisonnable (puisque le bac n’a plus de valeur).
      En 1970 un bachelier était sûr d’être cadre dans une entreprise, maintenant les jeunes font bac+5 sans débouché.
      C’est le résultat de 40 ans de socialisme, de déni de l’hétérogénéité du niveau des lycéens par pur dogmatisme. Politique anti-inégalitaire qui aboutit au résultat inverse, le niveau s’effondre sauf pour les familles ‘favorisées’ connaissant les moyens de contourner le mammouth.

      Cordialement.

      • J’adore le fait de mettre « cordialement » après avoir balancé trois tonnes de mépris. C’est délicieux.

        • Bonjour picétou
          Je trouve que j’ai été cordial, donc le cordialement ne me gène pas.
          Cordialement itou.

        • Il n’y a pas de mépris à regarder la vérité en face.

          Dire « bravo » à quelqu’un qui a été mal formé et a trouvé difficiles des épreuves qui (pour la Terminale S au moins) ont à peu près le niveau d’une seconde moyenne d’il y a vingt ans, ça c’est méprisant, c’est penser qu’il ne vaut pas mieux que ça, que son bac a été « difficile » parce qu’il est fondamentalement nul.

    • Le problème de la réussite à la fac est indépendant… et d’autant plus effrayant. En effet les « bons » vont de moins en moins à la fac, il y a de plus en plus de places dans les formations sélectives, (prépas, IUT, BTS, bachelors) et de plus en plus d’étudiants partant dans d’autres pays poursuivre leurs études.

      Par ailleurs les étudiants sont moins bien formés mais guère plus idiots que nous ne l’étions (un poil plus idiots quand même, puisqu’il y a interaction limité mais sensible entre les capacités et l’entrainement d’icelles). Donc le supérieur pédale, fort, très fort (trop fort ?) pour remonter les étudiants et les garder au niveau qui était celui attendu il y a encore quelques années. Ca ne marche pas complètement malgré les protestations des présidents d’universités, directeurs de grandes écoles etc. Mes étudiants à bac+5 d’aujourd’hui sont moins bon, nettement, que les bac+4 que j’avais dans le tout premier TD que j’ai donné, il y a 15 ans. Et pourtant aujourd’hui j’officie dans une grande école bien classée tant au plan national qu’au plan international et le dit TD était dans une fac pas mauvaise mais pas d’élite pour autant…

      Vous n’êtes pas débiles, mais dramatiquement mal formés, et l’esprit bourré d’idioties politiquement correctes, habitués à ne pas faire d’efforts et à ne rien rencontrer de difficile, et convaincus par dessus le marché de savoir des choses et d’être compétents.

      C’est la recette précise du drame qui se trame… CPEF !

  • « on doit s’interroger sur l’objectif d’un tel exercice. »

    Et si justement il s’agissait d’une provocation?

    Ou d’un appel à l’aide d’un concepteur de sujet retenu dans les geôles de l’ednat?

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