L’antilibéralisme radical du Pape François

« Laudato si' » constitue une inquiétante régression intellectuelle fondée sur une interprétation fantaisiste de l’économie.

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Pape François Credit Catho Alsace (Creative Commons)

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L’antilibéralisme radical du Pape François

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 19 juin 2015
- A +

Par Jean-Philippe Feldman.

Pape François Credit Catho Alsace (Creative Commons)
Pape François Credit Catho Alsace (Creative Commons)

 

On connaissait La petite maison dans la prairie, mais la lettre encyclique du Pape François Laudato si’ sur la sauvegarde de la maison commune ressemble bien plus à une suite de la maison qui brûle de Jacques Chirac qu’à une série télévisée sirupeuse…

Les commentateurs se concentreront sur la reprise par le Saint-Père de certaines opinions scientifiques parfois controversées. Même s’il finit par alléguer que « l’Église n’a pas la prétention de juger des questions scientifiques » (VI, III, 188), son encyclique témoigne du contraire puisqu’elle prend directement parti sur la question climatique (le « réchauffement » serait indiscutable) avec comme conséquence, entre autres, le fait que le principe de précaution doive être respecté (V, III, 186).

Mais l’essentiel concerne l’« écologie profonde » qui y est développée en réponse à la « détérioration globale de l’environnement ». Celle-ci devrait entraîner un changement « dans le comportement de l’humanité » pour mettre fin à la « culture du déchet » et aboutir au « développement durable ». En effet, le « modèle actuel de production et de consommation » (I, I, 26) doit être changé.

Le lecteur a l’impression d’être télé-transporté au tournant des années 1960-1970 et de relire les élucubrations du Club de Rome. C’est à se demander (respectueusement) si le Pape a jamais consulté un « bon » manuel d’économie et surtout s’il a jamais ouvert les yeux sur le monde qui l’entoure.

Rien ne sera épargné au lecteur dans ce long texte qui enfile les perles, sur fond de holisme (« Le tout est supérieur à la partie », IV, I, 141) et de catastrophisme permanent (la qualité de l’eau disponible se détériore constamment, I, II, 30 ; les personnes marginalisées sont toujours plus nombreuses, IV, IV, 158, etc.).

L’antilibéralisme du Pape est de tous les instants. Il n’étonnera pas ceux qui ont suivi avec attention ses diverses sorties depuis son élection et dont les maîtres mots sont la critique radicale de l’individualisme et le rejet obsessionnel de l’« argent ». Ainsi, le 16 mai 2013 dans un discours devant plusieurs ambassadeurs, il avait déclaré que la pauvreté devenait plus criante et qu’une des causes de cette situation se trouvait dans le rapport entretenu avec l’argent. Il rejetait le « fétichisme de l’argent » et la « dictature de l’économie sans visage ». Il constatait que si le revenu d’une minorité s’accroissait de manière exponentielle, celui de la majorité s’affaiblissait, et que ce déséquilibre provenait d’idéologies promotrices de l’autonomie absolue des marchés et de la spéculation financière ! Le 22 septembre suivant, il dénonçait l’idole qu’était l’argent et le chômage « conséquence d’un choix mondial » et d’un système économique dans lequel l’argent commandait ! Le 25 novembre 2014, dans un discours devant le Parlement européen, il critiquait l’individualisme et la revendication toujours plus grande de droits individuels au profit de la culture de l’opulence. Enfin, le 1er décembre suivant, il abhorrait une nouvelle fois le « Dieu argent ».

Dans son encyclique, le Pape repend ses thèmes de prédilection : critique de la « finance » – sans que l’on sache ce dont il s’agit précisément, mais un peu de démagogie ne fait pas de mal… – et du consumérisme (I, III, 34), de la spéculation (I, VI, 56), de l’individualisme et de l’égoïsme (IV, V, 162), du marché (VI, I, 203), etc.

Le Pape ne nie pas le progrès technique, mais il prétend que la « croissance de ces deux derniers siècles n’a pas signifié sous tous ses aspects un vrai progrès intégral ni une amélioration de la qualité de vie » (I, IV, 46). Quant à l’amélioration de la qualité de vie, il s’agit d’une tragique erreur : François s’est-il demandé quelle était la « qualité de vie » d’un paysan ou d’un ouvrier dans les divers pays européens au début du XIXe siècle ? Le moindre ouvrier français d’aujourd’hui présente une qualité de vie inconnue d’un « bourgeois » d’il y a deux siècles ! Et cela grâce au « modèle de développement » que le Pape vitupère. Quant au nombre de pauvres en proportion de la population mondiale, il est descendu à un niveau historiquement bas, toujours grâce au même modèle !

La grille de lecture que fait François de la civilisation occidentale paraît se calquer sur une vision gauchiste des années 1960-1970. Ainsi, lorsqu’il reprend l’interrogation des évêques de Nouvelle-Zélande qui se sont demandés ce que le commandement « tu ne tueras pas » signifie quand « vingt pour cent de la population mondiale consomme les ressources de telle manière qu’il vole aux nations pauvres, et aux futures générations, ce dont elles ont besoin pour survivre » (II, VI, 95), il reprend le schéma crypto-marxiste de la lutte des classes adaptée au Tiers-monde victime des méchants capitalistes occidentaux.

Quelles sont les solutions pratiques données par le Pape au-delà de la remise en question générale des « modèles de développement, de production et de consommation » (IV, I, 138) ? L’encyclique appelle à l’interventionnisme économique (III, III, 129), la priorité au transport public (IV, II, 153), la mise en place d’une « autorité politique mondiale » dans la lignée de certains de ses prédécesseurs (V, I, 175), enfin et surtout « une certaine décroissance dans quelques parties du monde » (V, IV, 193) ! À vrai dire, si les principes prônés par François étaient mis en application, la décroissance serait spontanée…

Lorsque le Pape entend critiquer les « mythes » de la modernité : « individualisme, progrès indéfini, concurrence, consumérisme, marché sans règle » (IV, II, 210), on lit le Syllabus du début du XXIe siècle. Plus généralement, il manque cruellement dans cette encyclique qui prétend défendre les pauvres – le leitmotiv du Pape – une analyse des causes du développement, donc des rapports entre richesse et pauvreté. Pourquoi et comment devient-on riche ? Pourquoi reste-t-on pauvre ? Il est manifeste que le Pape n’en a aucune idée. Or, c’est le développement qui est exceptionnel dans l’histoire de l’humanité et François serait bienvenu d’en prendre enfin conscience.

Le paragraphe le plus antilibéral d’une encyclique qui n’en manque pas, est certainement celui qui allègue de l’incompatibilité entre libéralisme et défense de l’environnement : « il faut toujours se rappeler que « la protection de l’environnement ne peut pas être assurée uniquement en fonction du calcul financier des coûts et des bénéfices. L’environnement fait partie de ces biens que les mécanismes du marché ne sont pas en mesure de défendre ou de promouvoir de façon adéquate ». Un fois de plus, il faut éviter une conception magique du marché qui fait penser que les problèmes se résoudront tout seuls par l’accroissement des bénéfices des entreprises ou des individus. Est-il réaliste d’espérer que celui qui a l’obsession du bénéfice maximum s’attarde à penser aux effets environnementaux qu’il laissera aux prochaines générations ? Dans le schéma du gain il n’y a pas de place pour penser aux rythmes de la nature, à ses périodes de dégradation et de régénération, ni à la complexité des écosystèmes qui peuvent être gravement altérés par l’intervention humaine. » (V, IV, 190)

Un certain obscurantisme interdit à François de comprendre que l’individualisme, attaché consubstantiellement à la personne humaine que le Pape prétend pourtant défendre, est synonyme de liberté. C’est la liberté, avec le respect strict du droit de propriété privée, que le Saint-Père, il est vrai, ne reconnaît pas comme un droit absolu, en continuité avec certains de ses prédécesseurs (II, VI, 93), qui permet de respecter l’environnement.

Centesimus annus avait été certainement l’encyclique la plus « libérale » qui soit ; Laudato si’ constitue à cet égard une inquiétante régression intellectuelle.

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  • Le pape est un parfait anti chrétien.

    Le libéralisme et le christianisme sont indissolublement liés.

    • De quelle manière ? Ils semblent plutôt se dissocier, surtout au niveau historique.

      C’est par l’affaiblissement du christianisme catholique et de ses fervents défenseurs, notamment les Habsbourgs avec la Réforme, le traité de Westphalie et les attaques de tous les côtés de par la France et l’Empire Ottoman, que le désir de liberté et d’indépendance des populations se sont accentués (Pays-bas, Prusse puis Allemagne).

      • @ V.H :

        Oui, si vous sous-entendez que le catholicisme équivaut au christianisme, ce qui est très discutable (je suis protestant).

        Il ne suffit pas de se revendiquer chrétien pour l’être.

      • @ V.H.

        De nombreux pères du libéralisme s’affirmaient chrétiens.

        D’autre part, la liberté et l’importance de l’individu est au centre des écrits bibliques. La Réforme était un retour à ces écrits et c’est ce changement intellectuel qui a accentué le désir de liberté et d’indépendance, bien plus que les guerres ou l’affaiblissement du catholicisme qui ont été légion pendant tout le Moyen-Âge.

        • « De nombreux pères du libéralisme s’affirmaient chrétiens. »

          Tu confonds concomitance et causalité. De nombreux dictateurs portaient la moustache, de là à dire que c’est un argument pour prétendre que l’un est lié à l’autre……

          C’est simplement dû au fait qu’à l’époque tout le monde était chrétien. Nombre de libéraux d’aujourd’hui ne le sont pas, moi le premier. C’est le même argument absurde qu’on entend chez les religieux avec la science, lorsqu’ils évoquent le nom de scientifique qui à l’époque de Newton étaient croyants. A peu près tout le monde était croyant à cette époque.

          Par ailleurs, si vous aviez raison, dès Constantin le christianisme érigé en religion d’état aurait dû produire le même type de libertés que les idées libérales. Il faudra nous expliquer pourquoi il a fallu attendre la fin du 18ème jusqu’à la moitié du 19ème pour les voir émerger clairement (soit 1400 ans environ); et surtout il faudra nous expliquer pourquoi il aura fallu des révolutions qui ont renversé le système dans lequel précisément le christianisme était l’idéologie dominante en matière d’organisation sociale pour voir apparaître les prémisses d’une société libérale.

      • De quelle manière libéralisme et christianisme sont indissolublement liés ?

        Car ils ont des valeurs communes qu’ils sont les seuls à défendre :

        – la liberté de l’individu et son libre arbitre,
        – l’égalité en droit entre tous les individus (entre hommes et femmes par ex),
        – la séparation de la religion et de l’état,
        – le rejet de la violence,

        etc …

      • « De quelle manière ? Ils semblent plutôt se dissocier, surtout au niveau historique. »
        Retournez votre lorgnette, il faut la prendre par le petit bout !
        Sérieusement: Pour constater l’effet du christianisme, il faut évidemment embrasser l’humanité entière et non la seule chrétienté. La filiation du christianisme au libéralisme est alors une évidence aveuglante.

        Si vous le considérez dans la durée, vous constaterez que puisque la doctrine chrétienne en infusant dans la culture occidentale l’a libéralisée (processus très graduel, puisque essentiellement non violent).

        De quelle manière ? Là encore c’est une évidence.
        Le libéralisme consiste à ne pas agresser (du moins ne pas être l’initiateur de la violence).
        Il limite donc l’État à sa stricte fonction régalienne.
        Il s’appuie sur un droit naturel antérieur à l’État, car ce qui le limite doit le précéder.
        Maintenant considérez le christianisme: Le Christ revendique la plus haute autorité possible, prétend changer le monde, mais ne gouverne pas, ne contraint jamais, n’enseigne rien qui puisse y conduire.
        Satan lui a offert le pouvoir, puis les hommes lui dont demandé d’être leur roi, en vain.
        Qu’en conclure, sinon le libéralisme ?
        Il faut servir le bien, et c’est incompatible avec l’usage de la contrainte.

        Notez que c’est le contraire du postulat du socialisme, comme le soulignait Bastiat, ce qui explique la haine inextinguible qu’il voue au christianisme comme au libéralisme – autre point commun révélateur…

      • Premier point qui m’a toujours choqué: là où le christiannisme originel proné la charité, charité qui passe donc obligatoirement par une responsabilité individuelle, ainsi qu’une création de richesse, l’Eglise actuelle prone au contraire de réclamer la charité et de tuer la création de richesse.
        Je crois, et ce n’est que mon avis, que l’Eglise répond tout simplement au socialisme. L’idéologie collectiviste est batie sur le modèle d’une véritable religion. C’est, je pense, la raison de l’affaiblissement des religions au siècle dernier, au profit d’une idéologie politique. Et probablement aussi la raison de leur retour en force maintenant que l’idéologie politique en question tend à s’effondrer sur elle même.
        En vérité, tout cela ne ressemble qu’a une vaste opération marketing pour conquérir des adhérents. L’Eglise chasse désormais sur les terres du socialisme, comme le socialisme a chassé sur les terres de l’Eglise. Une alternance idéologique…

        Quant au Pape, depuis ses premiers mots en tant que Pape, j’ai été convaincu qu’il ne s’agissait que d’un vulgaire populiste, un politicien plus qu’un homme d’Eglise, un homme sans convictions, et pour qui la fin justifie les moyens. Il ne recule devant aucune contradiction ou foutaise, car il sait pertinemment qu’il s’adresse à une majorité idiote qui n’attende que leur lot d’idioties. Il me fait penser au professeur Ferris, dans Atlas Shrugged, quand il écrit son livre ridicule, en expliquant que de toute façon, il s’adresse à des imbéciles et non des gens intelligents, et que ces derniers sont part négligeable.

        Ce Pape ne cherche pas à soulager la misère du Monde, seulement à en capter l’attention.

        • En fait d’idiotie, vous vous posez un peu, là!

          Votre interprétation vous est dicté par vos a priori plutôt ridicule et un utilitarisme opportuniste que vous ne semblez que trop bien et top facilement reconnaitre: il ne vous est sans doute pas étranger!

          Et écrire:
          « un homme sans convictions, et pour qui la fin justifie les moyens. Il ne recule devant aucune contradiction ou foutaise, car il sait pertinemment qu’il s’adresse à une majorité idiote qui n’attende que leur lot d’idioties. »

          relève d’un défi intellectuel perdu d’avance!

          Un commentateur qui saisit l’occasion d’un sujet abordé pour verser le trop-plein de ses haines s’appelle un « Troll »!

      • le marché et le libéralisme sont nés en Italie entre le 13ième et le 14ième siècle avec les marchands de Venise et les banquiers de Florence. Je ne sache pas que ces régions étaient protestantes, surtout à ces époques !

    • Le libéralisme implique la violence légitime en cas de défense. Je ne suis pas certain que le christianisme la cautionne.

      • Allez dire ça à Jésus qui chasse les marchands du Temple à coups de fouet.

        • j’ai vu l’avis de brian

        • Mauvaise réponse. Le cas des marchands dans le temple n’a pas de portée générale.
          Je citerais plutôt Luc 22:35:
          « Jésus leur dit: Maintenant, que celui qui a une bourse la prenne et que celui qui a un sac le prenne également, que celui qui n’a point d’épée vende son vêtement et achète une épée.  »
          D’autre part si on peut considérer que le christianisme n’incite pas à se défendre soi-même, on ne peut pas dire qu’il incite à abandonner autrui.

          Mais l’essentiel est de comprendre ce qui pour un homme est paradoxal:
          1 – Le Christ entend changer le monde, et revendique une légitimité sans limite (être Dieu incarné)
          2 – Il ne contraint personne à quoi que ce soit
          Telle est la radicale originalité du christianisme, son apport irremplaçable à l’humanité, et la raison pour laquelle il est haï du socialisme.

          Et qu’est-ce que le libéralisme, sinon cette même conviction que rien ne peut justifier d’initier la contrainte ?

      • C’est mal connaître les évangiels et surtout mal comprendre « Si on te gifle la joue droite, il faut tendre la joue gauche ».

        Dans l’antiquité, quand on frappe de la main gauche, c’est un signe de mépris et de supériorité dûe à son rang social ou autre.

        Quand Jésus dit qu’il faut tendre la joue gauche, il dit tout simplement qu’il n’accepte pas d’être traité en être inférieur, c’est tout, il ne condamne pas la violence si elle est légitime (cf les marchands du temple)

      • Bien sûr que si, le christianisme accepte la violence légitime. La défense de sa propre vie ou de la vie d’une personne en danger de mort est très importante pour un catholique (puisqu’on parle du Pape, je me restreins aux catholiques), et il a le devoir de défendre sa vie, même si cela implique la mort de l’assaillant… en fait la légitime défense est tout à fait comparable à celle du droit. À ceci près que c’est Dieu le seul juge de la nécessité ou non de tuer dans chacun des cas et que cela passera entre la conscience de celui qui a tué et Lui.

        J’ajouterais que c’est un concept qui s’élargit à la défense « collective », puisque l’Eglise a aussi une définition de la guerre juste.

        Sinon, pour revenir au sujet : ce texte est en effet étatiste et ignorant de l’économie, et je suis d’accord avec Stéphane : c’est grave car contraire à la liberté et la responsabilité mis en avant par la foi catholique (je pourrais dire chrétienne, mais je préfère rester dans le cadre que je connais le mieux). Que les Etats prennent garde à ne pas créer de structures de péché sur l’essentiel, ok, mais là ça n’a rien à voir avec le schmilblick.

        C’est un comble quand même, me voilà d’accord avec un protestant.

      • @ ph11

        Le libéralisme justifie moralement la légitime défense, mais il n’oblige personne à en user… 

        Le christianisme prône une liberté absolue, que l’on peut résumer par « tout m’est permis, mais tout ne m’est pas utile ». Le chrétien est libre d’user de violence, mais dans la plupart des cas, cela ne lui sert à rien… 

        @ stéphane

        Le cas de la joue droite concerne surtout une altercation entre frères, et non l’attaque d’un ennemi. Et l’intervention de Jésus contre les marchands du temple s’inscrit encore dans le cadre de l’Ancienne Alliance, dans la Nouvelle Alliance, les disciples n’ont plus usé de violence physique.

        • Exactement.
          Condamner la violence comme telle est creux.
          Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’elle ne peut être le moyen de promouvoir un objectif vertueux.

      • L’Église justifie la violence en cas de légitime défense

  • Finalement…. la jonction s’est effectuée!
    Depuis 15 ans le moralisme culcul des écologistes, leur volonté d’emprises intimes sur les individus, leur messianisme millénaire, tout m’évoquaient singulièrement les bourgeois catholiques de ma jeunesse….

    • +10000. Mon évêque habituellement atone et gélatineux a mis moins de 24h à recommander la lecture de ce nouveau Syllabus. Mort aux cons. Je ne pense pas à lui bien sûr, tout pétri de piété filiale que je suis.

  • Apparemment, sa bible a été écrire par un certain Karl Marx…

    • Ça se discute. J’ai lu sur recommandation d’un collègue un texte concernant la doctrine sociale de l’église catholique. Doctrine qui s’oppose explicitement aussi bien au libéralisme qu’au collectivisme. Mais qui ne reste qu’une doctrine : elle n’évoque pas les moyens pour parvenir à son objectif. C’est ce que je reprochais au texte d’ailleurs. Définir une cause, c’est bien, mais si on ne définit pas les moyens ça peut donner tout et son contraire.
      Du coup, j’aurais plus tendance à dire que ces propos sont doctrinaires avant d’être collectivistes (même si certains passages semblent révéler un goût pour l’interventionnisme, pas forcément étatique d’ailleurs).

      Exemple : dans le dernier paragraphe le pape dit « la protection de l’environnement doit être prise en compte » ou « il faut que les nations pauvres aient de quoi survivre ». Soit, tout le monde est d’accord là dessus. Personne ne dira qu’il est pour une destruction bête et méchante de l’environnement ou pour l’appauvrissement d’une nation. La question c’est : comment? Les libéraux disent : « laissons faire le marché ». Les collectivistes disent « taxons les entreprises qui polluent et les riches pour redistribuer ». Le pape ne dit rien. C’est juste de la doctrine, c’est parfaitement inutile pour construire un mode opératoire. Mais ce n’est pas marxiste pour autant amha.

      C’est un peu comme réduire le socialisme à « on veut l’égalité ». Soit, ça c’est une doctrine à laquelle tout le monde peut dire « pourquoi pas ». Mais ça ne suffit pas à définir quelque chose de socialiste, il manque le moyen. Et pour les socialistes, le moyen c’est de couper tout ce qui dépasse. Mais ça fait moins vendeur alors ils disent juste qu’ils veulent l’égalité.

      • Rerum novarum est parfaitement conforme au libéralisme jusnaturaliste.

      • La religion, l’Église ou le pape n’ont justement pas à intervenir politiquement!

        Ni à juger qui que ce soit!

        Seul Celui qui peut sonder les coeurs sait ce qui inspire l’action de tel socialiste ou de tel libéral.

        La conviction motivante est la valeur relative de la personne, que complète son action.

        Par contre si le succès n’est pas au rendez-vous malgré de gros efforts, seul Dieu, sans doute, conservera intact tout son amour, de toute façon, mais aussi son égale considération, sans déception.

        Pourtant Il nous a donné la liberté et c’est donc bien nous qui sommes responsables de nos options et du choix des moyens pour atteindre notre but jusqu’au succès ou à l’échec, quoique l’un et l’autre peuvent aider ceux qui auront été attentifs, à répéter ou à corriger la première manière: tous auront été utiles.

  • Centesimus annus, encyclique libérale ? On ne doit pas avoir la même définition du libéralisme.

  • Dans « Centesimus annus » le mot LIBERTE apparait 51 fois sur 50 pages.
    Dans « Laudato si’ » le mot apparait 21 fois sur 91 pages
    CQFD

    • Ce n’est en rien un argument: une comparaison entre 2 textes écrits par des auteurs différents ne doivent pas forcément utiliser le même mot qui, pour vous, est essentiel, en tant qu’idéologiquement convaincu de votre bannière. Cela, au contraire, ne démontre rien du tout.

      De plus, le pape insiste plus, non pas sur la liberté mais bien sur son corollaire, dans un libéralisme bien compris qui pourrait devenir très attractif, je veux parler de la responsabilité.

      Le libéralisme n’a jamais été la liberté totale de faire n’importe quoi! Ce « libéralisme-là » est sans valeur, juste bon à jeter .

      La liberté du libéralisme est d’abord et surtout la liberté individuelle de ses choix et décisions, ce qui contient intrinsèquement le devoir d’assumer la responsabilité de ces choix et décisions et donc, des actions puis des conséquences qui en découlent.

      Et c’est bien en cela que « l’ultra-libéralisme » existe, forme « radicale » trahissant l’idée (la « doctrine »), en privatisant la propriété des bénéfices mais en mutualisant les pertes comme cela s’est bien vu avec les banques qui n’ont pas vraiment eu à assumer les conséquences de leurs choix et décisions téméraires.

      wEt cela n’a évidemment rien à voir avec ce qu’on trouve dans les évangiles.

      Il est donc question d’un minimum d’éthique, celle qui arrête ma liberté, là où commence celle de mon prochain, selon les lois du pays où nous sommes.

      C’est bien ce genre d’argument qui permet d’accepter qu’il ne soit pas autorisé d’utiliser, en France, un étranger, avec ou sans papier, à 3 € de l’heure, sans cotisations sociales et sans déclaration, donc, sans taxe sur salaire.

      Et c’est bien cela à quoi le pape pense, à cette radicalisation vicieuse du libéralisme qui crée le gap entre pauvre et puissant, financièrement mais aussi juridiquement! Ainsi qu’au seul bénéfice des possédants (dirigeants et actionnaires) au détriment des « producteurs » où qu’ils soient dans le monde. (On sait, par ailleurs, l’influence discrète des très riches sur la politique, ce qu’on appelle souvent la « connivence »).

      Il fallait être bien naïf pour penser que le pape « sanctifierait » le libéralisme, de préférence aux autres idéologies qu’il condamnerait! Cela n’est en rien sa mission. Il y a aussi peu de chance qu’il dise préférer clairement le « communisme », le « socialisme » ou autre « -isme ».

      • Un grand +1, ça fait plaisir d’entendre parler de responsabilité, qui est indissociable de la notion de liberté.
        Etre libre de ses choix ne signifie rien si on n’assume pas ses choix ou si on laisse d’autres les assumer à notre place.

        • C’est pourquoi on peut définir le libéralisme par la non-agression.
          On ne peut être irresponsable qu’en imposant à autrui les conséquences de ses actes. Il n’y a pas d’irresponsabilité sans agression.

      • Et c’est bien cela à quoi le pape pense, à cette radicalisation vicieuse du libéralisme qui crée le gap entre pauvre et puissant, financièrement mais aussi juridiquement!

        Ou voyez vous du libéralisme en fRance ❓ ❓ ❓ ❓ ❓

        Si l’on parlait de radicalisation vicieuse du socialisme, on serait d’accord.

        Staline, revieeennnnnnnnnnnntttttttttttttt, ils deviennent fous 🙁

        • Je parle de libéralisme et de sa forme abusive (« radicale » comme on dit « islamISTES ») et viciée, car détournée, « d’ultra-libéralisme » (ce n’est pas la seule appellation) : ce ne sont pas les mêmes valeurs, pas les mêmes obligations conséquentes et pas du tout la même éthique!

          Et Laissez bien vos socialistes français, « façon café-crème », là où ils sont.

          Mais si votre libéralisme est identique à celui du groupe Goldman Sachs, tant pis pour vous!

      • « Le libéralisme n’a jamais été la liberté totale de faire n’importe quoi! Ce « libéralisme-là » est sans valeur, juste bon à jeter . »

        Et aucun libéralisme ne parle de la liberté totale de faire n’importe quoi.

        « Et c’est bien en cela que « l’ultra-libéralisme » existe, forme « radicale » trahissant l’idée (la « doctrine »), en privatisant la propriété des bénéfices mais en mutualisant les pertes comme cela s’est bien vu avec les banques qui n’ont pas vraiment eu à assumer les conséquences de leurs choix et décisions téméraires. »

        Non, il n’y a aucun libéralisme dedans. Ce n’est pas parce que cela concerne la finance que c’est du libéralisme.
        Le problème vient avant tout des politiques étatiques et de la connivence entre État et banques.

        • Non! Si les banques se moquent bien du sort de ses clients dans la tourmente non prévue, quand elles ont placé (et, en partie, perdu), bien trop de dépôts en bourse au lieu de les prêter à à des clients fiables, libéralement, elles auraient dû s’acquitter de leu dû, quitte à emprunter aux taux du marché. Ce qui s’est passé et qui n’est plus « répétable » c’est que les états ont renfloués les banques (avec intérêts) car ils étaient capables de trouver du crédit sur les marchés.

          Les états n’ont donc payé pour ne pas assumer des milliers de « nouveaux pauvres spoliés ».

          Il y a donc bien opposition de fait entre les a priori d’un M. Draghi qui ne s’inquiète que pour la santé des banques centrales des pays de la zone € et la trésorerie des banques commerciales (Ô combien!) mais pas du tout des particuliers que les états doivent donc prendre en charge!

          Là aussi M.Draghi a conservé son « (très) pseudo ibéralisme » appris chez Goldman Sachs: « les gens sont sans importance, seul leur argent nous intéresse »!

          Jurez-moi que les « libéraux » français ne s’intéressent pas, pour la plupart, à leurs finances actuelles et à venir et je ne vous croirai plus!

          17 ans dans votre pays m’ont appris que ceux qui avaient la franchise de parler de chiffres en parlant salaire ou dépenses, étaient d’une certaine classe, plus haut, dans l’échelle sociale, on trouve une masse de gens qui cachent absolument et revenus et dépenses et surtout tout montant, remarquable hypocrisie puisqu’ils ont tous cette même obsession du « blé », du « pognon », de « l’oseille », dont il est évidemment très malséant de parler! Au-dessus encore, on parle de budgets, de parts bénéficiaires de dividende, mais jamais du nombre et du montant de ses revenus ou du prix de la vente du château familial, « un vrai crève-coeur »(« en fait l’abandon d’une demi-ruine qui aurait coûté un pont à retaper et dont je n’avais rien foutre! »).

          Dans mon cas, jamais, à l’engagement, il n’a été question du montant de la rémunération! Comme si le fait de travailler dans le volet hospitalier de la grande nation française était en soi, un privilège tout juste mérité par un étranger (pourtant citoyen européen de l’U.E. valant bien des Français, avec les mêmes critères de compétence) eh bien non! C’était un honneur, la confiance qu’on me faisait de me prendre alors que j’ai dû franchir seul toutes les étapes administratives et que j’avais droit à occuper cette place, boudée par des Français (évidemment!), mais comme n’importe quel Français ou personne de l’Union Européenne avec le même diplôme!

          Cette impression de condescendance face à un « étranger », fût-il un concitoyen U. E. d’un pays voisin et parlant Français, à la fois également chauvine et xénophobe (mais suis-je responsable si un alter ego français ne viendra plus jamais s’installer dans ce genre de sous-préfecture de province, sauf si il est natif du coin, et encore?) m’a bien dégoûté, dès le départ, le fonctionnement lourdement hyper-administratif m’a ensuite convaincu de ne pas rester là, à co-assurer la survie de cette ineptie hospitalière mal gérée et à remplacer « asap » par une structure plus ambitieuse privée!

  • Article écrit par une personne n’ayant aucune notion de la nuance, et n’ayant rien compris hélas.

    Un catholique libéral

  • Le pape est devenu crypto-communiste ou néo-socialiste… ❗ Il a tout compris à la martingale. Ou comment augmenter le nombre de ses clients.

  • J’ai eu peur en lisant la première phrase que l’auteur attaquait ma série préférée. Ouf ! Car La petite maison se situe dans un monde bien libertarien.

    Cela dit, l’Eglise, qui est largement à l’origine de l’individualiste dans la pensée politique, et par là à l’origine d’un certain libéralisme, a toujours été opposée à l’individualisme radical. Et elle n’est certes pas libertarienne.

    Les difficultés entre la tradition catholique et le libéralisme dogmatique (adjectif en rien péjoratif) repose sur les fondements : loi naturelle (dans la tradition classique) pour elle et droits naturels pour lui (je ne parle pas des autres versions, comme l’utilitarisme). Bien commun d’une part, liberté individuelle absolue de l’autre.

    Le commentateur Stéphane a noté les valeurs communes, je pense qu’il a raison. Je dirais de plus, concernant la laïcité, que c’est dans la doctrine chrétienne, et plus encore dans la tradition catholique d’ailleurs, qu’est née l’idée d’indépendance des pouvoirs temporel et spirituel. Le libéralisme en fait a repris et développé les idées chrétiennes (en bien ou en mal).

    • « Libertarien » est un terme à bannir, vu qu’il n’est pas encore dans le Larousse, qu’il est manifestement un « extrémisme » et qui n’a pas le même sens utilisé en France, au Royaume-Uni ou aux États-Unis.

      Alors, bien sûr, se dire libertarien est assez snob dans ce pays où, pour le moment il est « dirigé » par des socialistes se disant comiquement « de gauche » (autre terme « fourre-tout » qui ne signifie rien de précis, à part leur place dans l’hémicycle).

  • C’est surtout d’un point de vu moral qu’il y a un problème.

    Un être moral ne peut l’être que s’il est libre et responsable.

    Le libéralisme est avant tout une philosophie basée sur la morale (avant même le droit et l’utilité). Au plus la pensée s’éloigne du libéralisme, au plus son contenu moral s’étiole.

    Comme toujours, le catholicisme est une auberge espagnole, on y trouve ce qu’on y apporte.

    Et le pape François, avec son projet de dictature mondiale (comment l’appeler autrement ?), nous en montre une face peu ragoutante.

    • Je crois le contraire.
      Observez plus attentivement les événements, je crois qu’ils vont vous démontrer que l’étatisme et le collectivisme ne peuvent pas être conciliés avec le christianisme.

    • C’est finalement le même projet que dans Populorum Progressio (1967), ils ont de la suite dans les idées
      http://w2.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html

    • Pas d’accord: l’Église « catholique » s’appelle ainsi car elle se donne une vocation universelle (racine étymologique grecque), y compris pour ceux qui ne sont pas ses « fidèles ». Il n’est donc pas absurde qu’elle puisse envisager les organisations mondiales comme nécessaires, avec des moyens pour éviter les conflits entre nations aussi bien que pour éviter les actes contraires à des conventions internationales.

      Maintenant, l’Église est une organisation humaine et donc imparfaite, qui n’a pas toujours eu un comportement exemplaire officiel.

      Mais si la France jugeait qu’une taxe abusivement appelée « Tobin » pénaliserait chaque transaction boursière, y compris par algorithmes informatisés (conviction que je partage car faussant le marché et capable de manipuler les cours, et pénalisant la spéculation à très court terme), elle ne pourra l’introduire seule sauf à voir la bourse parisienne fuie par tous les investisseurs. Ce n’est qu’un exemple. De à à imaginer un gouvernement mondial, forcément dictatorial, il y a un sacré pas qui n’a pas été franchi. mais « tout fait farine au moulin », c’est clair!

      • Cher Mikylux,

        Vus avez raison en écrivant que « Il n’est donc pas absurde qu’elle puisse envisager les organisations mondiales comme nécessaires », et, effectivement l’Eglise catholique est en principe favorable à une organisation mondiale. Mais si je ne me trompe pas, elle est en politique favorable à la prudence, vertu essentielle pour Aristote et St-Thomas d’Aquin, et, à ce titre, compte tenu de l’état de l’opinion, il n’est pas sûr qu’une telle organisation avec pouvoir de contrainte soit souhaitable. Moi je ne la souhaite pas, l’existence de plusieurs Etats assurant un minimum de liberté.

        • Bien d’accord avec vous! D’autres papes ont, que je sache, occupé le pupitre de l’O.N.U., en délivrant sans doute le même message pour des accords et sans confrontations violentes: c’est dans la droite ligne du message. Par contre, elle se refuse à tout commentaire « partisan », refusant de parler politique mais délivrant un message pour qu’en politique aussi, le droit à un traitement digne soit réservé à tous, même les pires handicapés ou les pires délinqunats etc … Et c’est bien son rôle: l’Église n’a pas à commenter le libéralisme!

    • Cher jesuisunhommelibre,

      C’est amusant, car lors de ma première lecture de « le catholicisme est une auberge espagnole » j’avais lu « le libéralisme est une auberge espagnole », ce que j’ai trouvé juste, tant il y a de définitions différentes de la liberté.

      Sinon, je suis d’accord lorsque vous dites que « Un être moral ne peut l’être que s’il est libre et responsable ». Mais cela n’empêche pas des lois comme l’interdiction du meurtre et du vol, n’est-ce pas ? Donc des restriction à la liberté de commettre certains maux à autrui, comme ceux qui viole sa liberté.

      En fait, cette question d’être libre pour être moral concerne le libre-arbitre, pas la liberté juridique de tout faire.

    • « Le libéralisme est avant tout une philosophie basée sur la morale  » – euh non, ca c’est la définition du socialisme : le libéralisme est une philosophie basée sur le respect de la morale ou plutôt des morales : de la sienne et de celles des autres, une philosophie qui ne définit pas une morale unique, mais une compréhension que la morale est par nature subjective et personnelle.

      La morale est le chemin que chacun construit pour rejoindre Dieu – Thomas d’Aquin

      Si vous n’avez pas compris cela, et pensez que la morale est une vérité universelle, une encyclopédie, vous ne pouvez ni comprendre le libéralisme, ni l’Eglise.

  • @ Julien & Mikylux en particulier,

    Je suis catholique & libéral & clairement le pape prend une pente nettement socialiste.

    De plus, après avoir inspiré bien des mouvements, l’Eglise – dans laquelle le Vatican prend une place énorme aujourd’hui – semble à la traîne. Jean XXIII & Paul VI auraient-ils été des suiveurs de la mode socialiste du milieu du XXe s. avant que Jean-Paul II, polonais & témoin de la chute de l’URSS, vienne mettre de l’eau dans le vin rouge? Maintenant, on en est réduit à faire une déclaration du genre « l’Église n’a pas la prétention de juger des questions scientifiques » pour se laver les mains des dégâts que pourraient faire les propos tenus.

    On peut débattre du caractère libéral du christianisme… Le christianisme, ce n’est certainement pas l’idolâtrie des Etats laïques & islamiques.

    • Relisez le texte, le pape ne donne aucun moyen, il ne cite que des éléments de doctrine.
      « Il faut prendre en compte l’écologie », « il faut que les plus pauvres puissent prospérer », « il faut cesser de déifier l’argent », « la culture du déchet est un problème », etc.
      OK, pourquoi pas, mais comment?

      C’est bien le moyen qui définit une politique socialiste, libérale, ou autre. Or, le pape n’avance aucun moyen, il n’est que sur des éléments de doctrine.
      Dire « il serait bien d’avoir plus d’égalité » ne fait pas un socialiste, c’est bien le moyen derrière ( = couper ce qui dépasse) qui est collectiviste.
      La problématique, c’est de ramener le débat sur les fins (qui sont toutes légitimes en soi) plutôt que les moyens. En ce sens, je dis que le pape n’est pas collectiviste, pas plus que libéral. Il est juste sur de la doctrine. Le jour ou j’entendrai le pape dire « il faut prendre au plus riches », « il faut taxer ceci », je dirai qu’il est collectiviste. Le jour ou j’entendrai le pape dire « il faut laisser faire le marché », « il faut que chacun assume ses choix », je dirai qu’il est libéral.

      • Le pape reste flou pour ne pas se couper complètement des vrais chrétiens & parce que ce socialisme de bistrot ne résiste pas à l’analyse.

      • Vous avez raison de distinguer fins et moyens, le libéralisme étant une théorie du Droit, il laisse une grande liberté quant aux fins… Cependant, si je dis, « il faut plus de socialisme » ou « ce serait bien que quelqu’un assassine Jean-Claude », c’est bien une fin anti-libérale, donc non, toutes les fins ne sont pas légitimes. Je peux très bien distribuer des tracts marxistes, appeler au boycott de certaines entreprises, me porter candidat en tant que dictateur du prolétariat, etc. Tout cela rentre sans doute dans le cadre de la liberté d’expression – mais n’est pas libéral pour autant. Ce n’est pas parce qu’un moyen n’est pas directement criminel (terrorisme etc) qu’il est pour autant libéral.

        Or, le pape (et les églises nationales qui lui sont affiliées, les précédents papes, etc) a choisi son moyen, et ce n’est pas la religion (prière, responsabilité morale, etc), mais bien *la politique*. Le souverain pontife s’exprime sur des sujets politiques et émet des recommandations politiques – et peut dès lors être critiqué à ce titre par les libéraux lorsque ses opinions politiques sont opposées aux nôtres.

        Pour le cas de l’environnement, il est clair que cette encyclique est un appel à une action politique, à de nouvelles lois – et non un simple appel à, disons, recycler :

        >Il devient indispensable de créer un système normatif qui implique des limites infranchissables et assure la protection des écosystèmes, avant que les nouvelles formes de pouvoir dérivées du paradigme techno-économique ne finissent par raser non seulement la politique mais aussi la liberté et la justice.[…]
        >La faiblesse de la réaction politique internationale est frappante. La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l’échec des Sommets mondiaux sur l’environnement. Il y a trop d’intérêts particuliers, et très facilement l’intérêt économique arrive à prévaloir sur le bien commun et à manipuler l’information pour ne pas voir affectés ses projets.

        De même que son exhortation apostolique http://w2.vatican.va/content/francesco/fr/apost_exhortations/documents/papa-francesco_esortazione-ap_20131124_evangelii-gaudium.html#%C3%89conomie_et_distribution_des_revenus

        >Nous ne pouvons plus avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du marché. La croissance dans l’équité exige quelque chose de plus que la croissance économique, bien qu’elle la suppose ; elle demande des décisions, des programmes, des mécanismes et des processus spécifiquement orientés vers une meilleure distribution des revenus, la création d’opportunités d’emplois, une promotion intégrale des pauvres qui dépasse le simple assistanat.

        Là aussi, c’est très clair. Que ce soit pour l’environnement ou les « inégalités socialses », le pape prône une solution *politique*, implicitement un Etat mondial, exactement comme son illustre prédecesseur Paul VI

        http://w2.vatican.va/content/paul-vi/fr/encyclicals/documents/hf_p-vi_enc_26031967_populorum.html

        Accessoirement, il n’est pas tout à fait innocent non plus de contribuer à la propagation des contre-vérités, qui servent quasi-exclusivement de prétexte à des actions politiques, même si on défend pas soi-même lesdites actions politiques. Lorsqu’il dit des inepties sur le rôle de la finance dans la crise, l’impact humain sur l’environnement, le « bien commun », le rôle du marché libre ou encore les prétendues inégalités salariales hommes-femmes (on lui demande pas de comprendre le paradoxe de Simpson, mais il n’est pas obligé d’avoir un avis sur des statistiques non plus), eh bien il prépare le terrain au socialisme, exactement comme l’Eglise a préparé le terrain au socialisme en se méfiant depuis toujours de l’accumulation individuelle de capital.

        • D’accord.

          Les inégalités salariales hommes-femmes? Sans blague! A quand la parité au Vatican alors?

          L’Eglise résiste encore à la mode de la confusion sexuelle, du mariage homosexuel… mais pour combien de temps?

          En paraphrasant Frank Zappa, je dirais que l’Eglise n’est pas morte mais qu’elle a une drôle d’odeur…

        • Oui, j’ai été un peu vite en disant que la fin ne définissait pas une politique (socialisme, liberalisme, communisme).
          C’est bien « moyen + fin » qui définissent une politique. Je crois que c’est chez Hayek que l’on retrouve cette idée. Je voulais juste souligner que se contenter de la fin, comme cela est très fréquent, est un piège.

          Et pour le coup, je n’arrive pas à ranger ce que dit le pape dans une forme politique déjà définie. La majorité de ses propos ne portent que sur les fins. Les quelques fois ou il commence à évoquer les moyens, il semble se prononcer autant anti-libéral qu’anti-collectiviste. C’est un peu un mix, et je ne ressens pas de ligne directrice pour les moyens.
          D’accord avec vous sur le fait que le pape semble proposer une solution politique, moyennant un état mondial. C’est logique de sa part vu que les fins qu’il propose se font à l’échelle mondiale (environnement, pauvreté, etc.) mais aussi idiot puisque tous les peuples ne défendent pas les mêmes valeurs.

          La notion de bien commun est loin d’être aussi idiote en revanche puisque l’eglise ne voit pas cela au sens communiste du terme. Dans le livre sur leur doctrine sociale que j’avais lu, l’idée était de dire que le bien commun, c’est un environnement dans lequel chacun peut exprimer son potentiel. Le problème étant donc lorsque tout le monde ne peut exprimer son potentiel (par exemple, lorsqu’il y a du chomage). Ce qui me parait d’ailleurs pleinement compatible avec le libéralisme au passage.

          (NB : rien à voir mais merci, je viens de découvrir grace à vous le paradoxe de simpson ^^)

  • Un auteur libéral dans un exercice de rhétorique péremptoire…dire « c’est un gauchiste », « il n’a pas ouvert un « bon » manuel », ou n’importe quel autre stigmatisation facile ne fait que souligner les faiblesses de votre argumentation.

    Quant à assimiler antilibéralisme et écologie à une « régression intellectuelle », c’est refuser d’admettre que l’impérieux dogme libéral recraché ici par cet homme sans doute bien-né n’est autre qu’un parti pris moral, et donc rajoute la prétention à la condescendance et à l’ignorance.

    Reste à déterminer qui entre l’auteur et sa victime n’a « pas ouvert les yeux sur le monde qui l’entoure ».

  • On avait oublié ou on ignorait simplement que François 1er s’était profondément imprégné de la théologie de la libération, idéologie anti-libérale qui est une sorte de réécriture du marxisme à l’encre religieux.
    Aujourd’hui qu’il est à la tête de l’église de Rome, il déploie son appétence pour la théologie de la libération sans de se faire taper sur les doigts par la Congrégation pour la doctrine de la foi. Il est pape donc infaillible, d’après un dogme de l’église catholique.
    Pourquoi donc se priverait-il de faire son coming-out ?

    • Pour l’Eglise catholique romaine, l’infaillibilité pontificale est un dogme selon lequel le pape ne peut se tromper lorsqu’il s’exprime ex cathedra en matière de foi et de morale.

      Il me semble que cette encyclique aura du mal à passer chez les catholiques européens – le cœur du catholicisme, qui sont plutôt pour la liberté des familles & des entreprises & méfiants vis-à-vis des machins mondialistes où magouillent des franc-maçons, des communistes, des islamistes…

      • Un p’tit tour directement chez le producteur vaut toujours mieux qu’une interprétation wikicopiée.

        Code de Droit Canonique, canon 749 :
        « Aucune doctrine n’est considérée comme infailliblement définie que si cela est manifestement établi. »
        http://www.vatican.va/archive/FRA0037/_P2F.HTM

        En l’absence de proclamation par un acte décisif, une encyclique n’engage pas l’infaillibilité pontificale. Si le Pape demande du sucre dans son café, non plus.

  • « les personnes marginalisées sont toujours plus nombreuses »

    Du coup elles ne le sont plus…

  • @Mykilux: « De plus, le pape insiste plus, non pas sur la liberté mais bien sur son corollaire, dans un libéralisme bien compris qui pourrait devenir très attractif, je veux parler de la responsabilité. »

    Je ne crois pas que le pape parle de la responsabilité, dans le sens de la conséquence de ses actes, le corolaire de sa liberté. Il doit plutôt penser à la fraternité.
    La fraternité contrairement à la responsabilité n’est pas limitée à ses propres actes.

    Je suis pessimiste : où est passé le « n’ayez pas peur » de JP2 ? Voila le vrai appel au libéralisme : ne pas avoir peur des risques pris, la confiance dans ses actes et celle des autres.

    • De fait, dans ce sens-là, la fraternité est un cran plus loin que la responsablité … elle donne confiance et réduit les craintes!

  • Faut pas généraliser sur l’église et la science, ils ont fait des pas énormes, et se confrontent aux nouvelles technologies (car ils donnent leur avis ! C’est qu’ils les ont étudiées°)
    A ne pas confondre avec une autre religion qui vous promet 193 coups de fouets si vous n’admettez pas que la terre est plate et qu’elle est le centre de l’univers.
    Par contre je ne supporte pas ces grands airs, quand il nous dit d’ouvrir nos portes : qu’il licencie les gardes suisses et ouvre d’abord celles du Vatican…
    Il nous reproche l’accumulation de richesse : mais on n’a rien ! ?? Qu’il donne ses trésors..Lui il est riche.
    Il parle trop et comme son avis sur tout et n’importe quoi, qu’il revienne à l’essentiel : la prière et nous encourager à plus de spiritualité.

  • Le libéralisme a bien des défauts et les hommes sont là pour y remedier tant bien que mal.
    Mais sans Etats de droit (droit des individus, droit du commerce….) pas de libéralisme. Les joies du collectivisme spirituel me semble (très) peu crédible.

  • Il y a surtout de la part du pape des propos sans nuances qui interrogent. A l’entendre, la terre serait un immense dépotoir (il oublie que c’est dans les pays développés qu’on a le plus le souci de la gestion des déchets), que la pauvreté se répand de façon catastrophique (alors que la faim dans le monde a reculé de façon spectaculaire)… Bref, un malaise qui résulte du fait qu’on a l’impression de lire par moments les propos d’extrémistes écologistes qui s’appuient sur une lecture biaisée de la réalité (quand elle n’est as volontairement faussée)
    Je pense depuis longtemps que l’écologisme sera au XXIe siècle ce que le communisme a été au XXe. Dommage que l’Église ne voie pas le coup venir…

  • François n’a aucune culture économique moderne…il est imprégné des valeurs de la gauche sud américaine, marquée au fer rouge du libéralisme américain du Nord.
    Il est, de plus, imprégné des valeurs socialistes des évêques de l’hemisphère Sud….quand on sait que 75% de la pollution au CO2 mondiale est le fait de trois pays majeurs dont aucun n’est cité dans son encyclique, on en comprend la vanité….

  • Benoît XVI n’a pas eu besoin d’aller bien loin pour installer un radar automatique. Pour le coup, il a chopé du très très lourd.

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