Macroéconomistes : à plat ventre devant le pouvoir ?

chien credits darin (licence creative commons)

Adopter l’analyse macroéconomique plutôt que microéconomique a des conséquences néfastes très concrètes sur nos libertés.

Par Ludovic Malot.

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Rappelons en grandes lignes la démarche des macroéconomistes et à quel niveau de raisonnement ils se positionnent. « Macro » à contrario de « micro » signifie qu’ils s’intéressent avant tout à la dimension globale des phénomènes économiques en utilisant notamment des abstractions subjectives comme le PIB (produit intérieur brut), la balance des paiements, les politiques monétaires et fiscales et d’autres indicateurs pour analyser, quantifier, interpréter et se donner une légitimité en formulant des recommandations sur les mesures à prendre pour, par exemple, « relancer la croissance ». Les macroéconomistes croient que les actions humaines peuvent être modélisées et interprétées en utilisant des indicateurs pertinents et en fournissant des explications qui, à priori, ont toutes les apparences d’une démarche scientifique. Cette approche globale « Keynésienne » ultra médiatisée depuis les années 50, et clairement la pensée dominante aujourd’hui dans les milieux économiques et universitaires, est extrêmement toxique. Non seulement elle endort les esprits en se focalisant sur les symptômes en ignorant les causes mais elle détruit la liberté, la prospérité, la responsabilité et les droits de propriété. Elle constitue la base idéologique de l’interventionnisme étatique et de la centralisation du pouvoir, c’est à dire du collectivisme. Tout ceci peut paraître un peu difficile à comprendre, en réalité cela ne l’est pas. Comment pourrions-nous corréler cette approche avec l’actualité ? Voici un exemple :

Michel Santi, macroéconomiste, a publié récemment dans le magazine Suisse Bilan un article « Le jour où le cash n’existera plus ». Analysons les sous-jacents :

 « Une banque peut invoquer de multiples prétextes dès lors qu’il s’agit pour elle d’empêcher son client de retirer des espèces »

Rappelons que le système monétaire est monopolistique et contrôlé par des banquiers centraux. Historiquement et en toute logique, dans une société libre, ce sont les acteurs échangistes du marché, c’est-à-dire vous et moi qui avons le droit de décider quel médium nous entendons utiliser comme réserve de valeur pour acheter et vendre et pour préserver notre pouvoir d’achat. Chacun devrait librement utiliser ce qu’il considère comme monnaie et en quoi il a le plus confiance (que cela soit de l’or ou de l’argent métallique, des bitcoins ou tout autre chose). Vous noterez que je n’ai pas mentionné de monnaie papier comme le dollar ou le franc Suisse. Et pour cause, car ce ne sont plus des monnaies (couvertes pas une valeur réelle) ! Si le monopole monétaire venait à être aboli, ces monnaies sans valeur intrinsèque disparaîtraient. Aucune monnaie papier n’a d’ailleurs émergé spontanément sur un marché. Elles donnent l’apparence de monnaies car elles bénéficient du cours légal, elles sont imposées par coercition. Les gouvernements se sont illégitimement appropriés cette prérogative et l’ont pour la plupart transféré aux banquiers centraux, c’est-à-dire entre les mains d’intérêts particuliers. La Banque centrale américaine est par exemple une société privée qui appartient à un pool de banques. Elle n’a de gouvernemental que son nom « Federal Reserve ».

macroéconomistes rené le honzecLa tentation d’imposer un cours légal et une monnaie à cours forcé présente plusieurs avantages pour les hommes d’État et les banques commerciales, comme éliminer toute concurrence et contrôle extérieur de la monnaie (les bonnes monnaies sont empêchées de chasser les mauvaises, c’est-à-dire celles qui ne reposent sur rien, en l’occurrence le papier monnaie), ce qui leur a permis de mettre un cadre légal de confiscation à travers les réserves fractionnaires et l’injection de liquidités par les banques centrales (fausse monnaie créée ex-nihilo) au profit des banques et des premiers utilisateurs de la nouvelle monnaie émise. (voir notre article « Fausse monnaie et réserves fractionnaires : la descente en enfer ») Ceci explique pourquoi toutes les principales monnaies à cours forcé ont perdu 99% de leur valeur depuis 1913. Cela permet aux gouvernements de s’endetter sur les marchés financiers de manière illimitée par le biais de l’inflation monétaire (c’est à dire de la dilution et perte de notre réserve de valeur, la monnaie que nous sommes obligés d’utiliser dans nos transactions puisqu’elle est imposée). Les réserves fractionnaires ne sont rien d’autre qu’une pyramide de Ponzi, c’est à dire une abominable violation des droits de propriété, raison pour laquelle Monsieur Santi reconnaît sans en être gêné le moins du monde : « … si tous les clients des banques exigeaient de convertir en même temps la totalité de leur comptes bancaires en espèces, l’ensemble du système financier serait condamner à s’effondrer ! »

« ..l’avènement des taux négatifs en 2015 a sonné le coup de grâce de l’utilisation des espèces qui sont désormais très réglementées par les banques, et surtout par la première d’entre elles, à savoir la banque centrale »

Les mesures prises par la Banque Nationale Suisse (BNS) avec les taux négatifs (il faut payer pour acquérir du franc Suisse ou si on le dépose sur des comptes bancaires) appliquées aux institutionnels pour l’instant semble-t-il, encourage les retraits massifs d’espèces. Si cette mesure a pour objectif de tuer dans l’œuf une plus grande appréciation du franc Suisse, on se demande pourquoi  « les autorités françaises viennent d’adopter des mesures très strictes consistant (entre autres à réduire de 3000 à 1000 euros tout paiement en espèces. » Donc les taux négatifs ne sont qu’un alibi, dans le cas de la France et d’autres pays (tous signataires du FMI, de la Banque mondiale et membres de la BRI) il ne s’agit ni plus ni moins d’une volonté du cartel des banquiers centraux de supprimer les espèces. Plusieurs objectifs sont visés : contrôler toutes les transactions, éradiquer toute possibilité d’émergence d’une monnaie parallèle qui serait une menace au cartel, confisquer à tout moment les avoirs des déposants (« Bail-in » comme à Chypre) et dont la législation existe déjà au niveau européen et enfin la mise en place logique d’une gouvernance mondiale et totalitaire. Car soyons très clairs : la dématérialisation monopolistique de la monnaie met de facto fin aux libertés individuelles. Une monnaie immatérielle empêche l’autonomie, d’échanger librement (acheter ou vendre de manière anonyme) de vivre hors du système si on le souhaite, de se déplacer librement etc.

« les espèces en circulation au sein du monde occidental empêchent donc son redressement économique »

Voici le summum de l’absurdité ! Cela revient à dire que la toison laineuse des moutons empêche de faire pousser l’herbe (donc il faudrait les tondre) d’où la préconisation « …alors que la masse des liquidités en circulation atteint des niveaux record, il devient impératif d’éradiquer le cash de nos sociétés » et « l’absence d’espèces permettrait de répercuter le manière optimale les taux négatifs sur les comptes bancaires ». Ce qui reviendrait à forcer les épargnants à dépenser leur argent d’une manière ou d’une autre faute de quoi ils seraient taxés par la banque avec un taux négatif !

Ces macroéconomistes feignent d’ignorer, soit par malhonnêteté intellectuelle ou par logique sectaire, que le redressement économique est aujourd’hui littéralement plombé par un système monétaire et bancaire illégitime qui viole les droits de propriété des individus, les détrousse à travers l’inflation et engendre des bulles, la spéculation, récessions et dépressions par la manipulation continue et systématique de la monnaie par les banques centrales.

Nous prônons avec force et détermination l’abolition des banques centrales, du monopole de la monnaie et du cours légal qui n’ont absolument aucune légitimité dans une société libérale authentique qui respecte les droits de l’homme. Cela permettrait enfin une libre circulation des monnaies naturelles et une saine concurrence entre elles (or, argent métal principalement) mais aussi de mettre fin à l’endettement débridé, aux déficits publics, de stopper la destruction du pouvoir d’achat et l’esclavagisme économique généralisé.

L’abolition du monopole de la monnaie doit mettre fin au développement incontrôlé et parasitaire d’un système de gouvernance collectiviste qui s’est octroyé un pouvoir considérable et ayant toutes les caractéristiques d’une pieuvre totalitaire qui s’autofinance par l’inflation monétaire. Un monstre sans frontières qui détruit peu à peu toutes les libertés individuelles, foule aux pieds les droits de propriété et entretient l’appauvrissement général.

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