Ça bouge en école d’ingénieur

Quelles réformes prévues pour les écoles d’ingénieurs ?

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Etudiants de Polytechnique au défilé du 14 juillet 2014 (Crédits : Vince11111, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

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Ça bouge en école d’ingénieur

Publié le 12 juin 2015
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Par Jean-Baptiste Noé.

polytechnique credits vince11111 (licence creative commons)
Etudiants de Polytechnique au défilé du 14 juillet 2014 (Crédits : Vince11111, licence CC-BY 2.0), via Flickr.

Les grandes écoles d’ingénieurs évoluent à marche forcée. En quelques années le paysage traditionnel des écoles se trouve bouleversé. Fin 2014, la fusion entre Centrale Paris et Supélec a été validée par l’État, les deux établissements n’en forment d’ores et déjà plus qu’un. Et c’est loin d’être fini. Bernard Attali a rédigé un rapport sur les évolutions de l’école Polytechnique. Ce pourrait être un rapport de plus, destiné à dormir sur les étagères, sauf que le ministre de la Défense a donné ce rapport en exemple lors de sa visite de l’école le 6 juin 2015, et que le directeur de Polytechnique se félicite que celui-ci se mette en place (« Nous avons déjà mis en place 34 recommandations sur les 74 que contient le rapport de Bernard Attali », Jacques Biot, L’Opinion, mardi 9 juin 2015).

Le gouvernement comme l’école semblent donc décidés à mettre en place ces réformes. De quoi s’agit-il ? De bâtir un grand complexe de formation et de recherche sur le plateau de Saclay. Cela fait plus d’une dizaine d’années que des écoles d’ingénieurs quittent Paris pour s’installer à Saclay, et que l’État veut faire du plateau un vaste territoire de recherches et d’innovations.

Quelles conséquences ?

Tout d’abord, la fusion de nombreuses écoles d’ingénieurs comptant parmi les plus renommées de France : Polytechnique, Centrale Supélec, ENSTA, ParisTech, Telecom, Ensae, Agro Paris Tech, Institut d’Optique et ENS Cachan. L’objectif est de former une seule et unique école : l’École Polytechnique de Paris. Jacques Biot est favorable à ce regroupement, le gouvernement aussi, cela devrait donc se faire.

Autre idée évoquée dans le rapport 

Grandes écoles rené le honzecOrganiser le recrutement de l’école après le bac, et non plus après deux ans de classes préparatoires. Ce serait la fin des classes prépas qui, nous l’avons déjà expliqué sur ce site, est une volonté de tous les gouvernements et devrait arriver à terme prochainement.

Toujours dans L’Opinion, Jacques Biot se montre très prudent sur ce sujet : « Il faut faire très attention à ne prendre aucune décision qui soit contre les classes préparatoires. Nous devons donc agir avec doigté. » Ce n’est donc pas un refus, c’est même presque une acceptation prudente de cette évolution. Cela signifie revoir le cursus universitaire pour proposer deux ans de formation supplémentaire. Ce sont aussi deux années supplémentaires de rentrée d’argent, or les écoles cherchent du financement, et les étudiants en apportent. Cela se fera. Et les écoles de commerce réfléchissent également à ce dossier.

Dans une dizaine d’année, le monde des études supérieures aura beaucoup changé. Dix ans c’est beaucoup, mais cela passe aussi très vite. Ces évolutions majeures seront pleinement en application lorsque les actuels élèves de 6ème seront en Terminale.

En complément : Entretien avec Hervé Biausser sur la fusion Centrale Supélec


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  • N’est-on pas en train d’instaurer un système unique là où on avait la diversité (certaines écoles recrutant après le bac et d’autres après les classes préparatoires)? Il s’agit bien évidemment pour l’État de faire des économies…

    • Oui, les classes préparatoires (dans les lycées) coûtent cher, sans parler du concours aux grandes écoles qui doit bénéficier d’une organisation sans faille. Il s’agit peut-être de faire des économies. Mais ce système est-il nécessaire pour garantir la qualité de la formation ? Ce cursus peut peut-être être intégré systématiquement dans des grands pôles de formation post-bac. Après tout, la plupart des étudiants choisissent une filière de spécialisation après le bac (ce qui est déjà très tard), pourquoi ça ne serait pas la même chose pour les ingénieurs ?
      Les écoles d’ingénieur françaises sont reconnues pour la qualité de leur enseignement, et souffrent de leur taille microscopique à l’échelle mondiale. Une telle évolution n’est peut-être pas une mauvaise chose, si elle est bien menée.

      • Pour les classes préparatoires, il existe un moyen d’économie efficace : Les filières préparatoires par la fac, par la licence.
        J’en faisais parti, j’ai passé le concours Agro pour rentrer à SupAgro.
        Je me souviens qu’un jour, une réunion avait eu lieu avec un envoyé du ministère de l’éducation nationale. Il était apparemment directement envoyé par le ministre de l’époque (c’était en 2013) pour en savoir plus, pour savoir si une perspective de développement de cette filière au détriment des classes préparatoires serait pertinente.

      • Il ne faut pas considérer le coût des classes préparatoires mais leur retour sur investissement et à ce niveau là il n’y a pas photo avec la fac de nanterre en psycho-socio- branlo… qui fabrique des chômeurs . Par ailleurs, il est temps de faire payer les études à ceux qui en profitent: que ce soit en prépa ou en fac. L’autre solution est de donner le choix: ou bien leurs études sont gratuites mais ils doivent travailler pour le pays pendant X années ou bien ils payent ce qu’ils coûtent. Finissons en avec cette sale habitude de toujours vouloir faire payer les autres pour ce que l’on consomme.

      • Les écoles d’ingénieurs ne souffrent pas tant que ça de leur taille. Vous en connaissez beaucoup de centraliens, X, et autres Supelec au chômage ? Cet argument est utilisé pour forcer les réformes. Casser ce qui marche.

  • Etant habitant de Gif sur Yvette, commune hébergeant le plateau de Saclay, je ne peux que faire un constat accablant du retard que le projet prend d’années en années…

  • Le plus simple reste de fermer toutes ces écoles ou de les privatiser.

    • Oui, fermons toutes les écoles. ça ne sert à rien.

    • Vous connaissez une école d’ingé privée qui fasse mieux qu’une de nos 30 premières écoles publiques ?

      • question non pertinente : L’état fausse une éventuelle concurrence en proposant les études gratuites.

      • L’Ecole Centrale (ECP) est privée à ma connaissnce et c’est l’une des meilleures.

      • Une école « gratuite » (payées par les autres) est forcément beaucoup plus demandée qu’une école payante, toutes choses égale par ailleurs. L’offre de places étant limitée, ce sont les meilleurs élèves qui ont tendance à être acceptés dans ces écoles, toutes choses égales par ailleurs. D’où un niveau plus élevé.

        Autre élément qui explique le phénomène: les écoles les plus prestigieuses sont également les plus anciennes, certaines ayant été créées sous Napoléon. Les écoles privées étant plus récentes, elles ne bénéficient pas ce prestige historique.

  • Il est urgent de réformer ce qui marche bien comme les classes prepas et les écoles d’ingénieurs.
    Pour les formations bidons et sans autres débouchés que quelques emplois aidés et autres travailleurs « sociaux »: surtout ne pas toucher !

  • La fusion Centrale Supelec est en cours mais pas encore réalisée. Pour l’instant, les écoles sont distinctes au niveau du concours.
    La suppression des classes prépa est une énorme erreur. Je ne comprends pas comment ce Biot peut en être d’accord.
    Je ne comprends pas comment cela peut être une rentrée d’argent supplémentaire puisque ces écoles sont gratuites

  • Pourquoi prend-on un malin plaisir à casser en France ce qui fonctionne encore? On nous parle sans arrêt du très bon niveau des ingénieurs Français mais on va casser ça.
    On veut détruire la classe préparatoire car ça montre que certains sont meilleurs que d’autres : horreur dans ce pays!!! Vite, faisons comme la « réforme » du collège : cassons les genoux de ceux qui vont plus vite que les autres.

  • En tout cas, je peux savoir si quelqu’un a fait une classe préparatoire ou pas à sa façon de travailler.
    Quant au prix, j’aimerais bien voir le coût par rapport à une classe de 5ème en ZEP avec pléthore d’éducateurs divers et variés…

  • Cela fait des décennies qu’une énarchie conquérante multiplie les torpilles pour affaiblir l’X dont l’évidente supériorité continue à lui porter ombrage. La dernière en date, commandée à l’énarque Bernard Attali (frère de l’autre), ex-fossoyeur d’Air France, n’est qu’une tentative de mise à mort maladroitement déguisée: Quel rapport entre un gros « polytechnique de Paris » ouvert à tous au bac sans concours et la très sélective Polytechnique tout court?
    Bien entendu, Jacques Biot, X-Mines, président de l’X marche sur des oeufs, louvoie, joue la montre pour tenter de sauver son école parce qu’il ne peut pas s’opposer frontalement à un gouvernement qui n’a cessé dès le début de montrer sa détestation de toute forme d’excellence.

  • J’ai toujours considérer que le classes préparatoire associées aux concours d’entrées étaient la recette qui faisait l’excellence des écoles d’ingénieurs française. Alors casser cela est clairement risqué de mettre la France au niveau moyen international plutôt que de garder ce qui fait notre originalité payante.

  • Les commentaires sont fermés.

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