Kung Fury et le gag de la « théorie des biens publics »

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Kung Fury et le gag de la « théorie des biens publics »

Publié le 8 juin 2015
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Par Jan Krepelka, depuis la Suisse

Kung Fury (affiche promotionnelle)

« If this kickstarter campain is successful, we will release this 30 minute film online, for free. We want everybody to be able to watch and enjoy this film. »Kung Fury
(Si cette campagne Kickstarter est un succès, nous publierons en ligne et gratuitement ce film de 30 mn. Nous voulons que chacun puisse voir et apprécier ce film.)

Après des mois d’attente, Kung Fury, le délirant court métrage du Suédois David Sandberg qui mélange flics, hackers, cyborgs, ninjas, nazis, vikings et dinosaures, dans une surenchère de virilité kitsch, a été diffusé comme promis sur Internet, après un passage remarqué à la Quinzaine des Réalisateurs du festival de Cannes.

La sortie du film Kung Fury a une particularité : ce film est impossible. D’après la pseudo-théorie économique enseignée comme parole d’Évangile, encore aujourd’hui, dans toutes les universités du monde, en effet, la production de ce film par le marché est impossible, et aurait nécessité l’intervention de la violence légale de l’État pour pouvoir être produit.

Ainsi Mankiw, de l’université de Harvard, dans un manuel très répandu :

« Les citoyens de Smalltown (USA) apprécient les feux d’artifice du 4 Juillet. Chacun des 500 habitants de la ville contribue à hauteur de 10$ pour cet événement… Le marché privé pourrait-il produire ce résultat avec efficacité ? Probablement pas. Imaginez Ellen, un entrepreneur de Smalltown, décidé à produire un feu d’artifice. Ellen aurait certainement du mal à vendre des billets pour cet événement parce que ses clients potentiels comprendraient rapidement qu’ils peuvent profiter du feu d’artifice, même sans billet. Le feu d’artifice est un bien non-exclusif, de sorte que les gens sont incités à resquiller. Un « passager clandestin » (free rider) est une personne qui profite d’un bien, sans payer pour cela. »

Et pourtant il fut tourné.

Vous noterez que nous sommes exactement dans le même cas, et que tout ce qu’il a fallu est un simple site web, kickstarter.com, issu du marché libre, donc, pour financer un « bien public » en quelques mois, et non une organisation bureaucratique massive menaçant la population afin de la contraindre à financer une production culturelle donnée.

Le constat de ce paradoxe n’est à vrai dire pas nouveau. Goldin écrivait, il y a 40 ans déjà :

« Les phares sont l’exemple typique préféré de biens publics, parce que la plupart des économistes ne peuvent pas imaginer une méthode d’exclusion. (Tout cela prouve que les économistes sont moins imaginatifs que les gardiens de phare.) »

Effectivement, les économistes utiles de l’État, pédants et bedonnants, sont incapables de concevoir une solution autre que la violence légale à un problème que quelques jeunes gens – pourtant fans de films d’action violents – résolvent par la coopération pacifique du marché libre en quelques clics de souris.

Dur.

La théorie des biens publics dans le bisounoursland…

Mais revenons donc à cette théorie farfelue, juste pour le fun. Quelles sont donc ses prémisses ? Ça donne à peu près ça :

Il était une fois, avant l’avènement de la théorie des biens publics, le monde en anarchie. Mais tous les jours, les gens, malheureux, se plaignaient : ils rêvaient tous de phares, de feux d’artifice, de radio-télévision et de défense militaire, mais personne n’arrivait à produire ces services fantastiques pourtant si ardemment désirés par tous. Un jour, heureusement, arrivèrent les Économistes. Après de longs travaux, ils découvrirent le problème : ces biens étaient publics, et donc impossibles à produire par le marché ! Eurêka et boule de gomme ! L’État fut donc immédiatement instauré, à l’unanimité de la population, pour pallier le problème. Et ainsi, tous les biens désirés par la population purent être produits, exactement de la qualité et dans les quantités voulues par elle, et ils vécurent tous heureux et eurent plein d’enfants citoyens-contribuables. The End.

Quelle était donc cette solution miraculeuse ? C’est à peu près la théorie de l’ouvre-boîte magique, de la célèbre blague1  :

« Un économiste, un chimiste et un physicien sont échoués sur une île déserte avec comme seul moyen de survie des boîtes de conserve, mais pas d’ouvre-boîtes… Le chimiste propose : il n’y a qu’à les mettre dans l’eau de mer et attendre que le sel ronge le métal . Le physicien propose : on les pose sous un cocotier et on attend que des noix de coco les brisent en tombant. L’économiste prend alors la parole : bon, posons notre première hypothèse : nous avons un ouvre-boîte »… 

Supposons donc que nous avons un ouvre-boîte ! Autrement dit, supposons que toute une population soit d’accord, à l’unanimité de 100%, de vouloir un bien exact donné dans une quantité et qualité donnée. Supposons qu’elle soit disposée pour cela à le payer le prix exact qu’il sera facturé. Supposons aussi que 100% des membres de cette population renonceraient à produire le bien donné, au moindre risque d’un infâme « passager clandestin ».

Supposons, en somme, que nous avons trouvé un problème réel, et supposons que nous nous sommes rendus utiles en le résolvant. Supposons, au final, que nous ne sommes pas des fumistes. Supposons, donc, que l’existence de ce « problème » fictif « nous » donne le droit d’user de violence à notre discrétion, contre les membres de cette population, ou même contre des tierces parties. Supposons, enfin, que nos théories font de nous des surhommes, nous procurant des droits sur autrui qu’autrui n’aurait pas sur nous. Après tout, quitte à ignorer les lois fondamentales de l’économie, autant ignorer aussi la loi de l’identité, et le principe de l’identité des droits de tous : on n’est plus à ça près.

… et dans la réalité

Dans la réalité, la théorie des biens publics fut développée ex post, bien après l’apparition des États (généralement par la conquête – en toute cohérence entre la fin et les moyens), bidouillée de toutes pièces sur des suppositions largement farfelues, illustrées par des exemples d’histoire alternative, et jamais vérifiée en pratique :

Kung Fury ? N’existe pas. Une radio financée par des dons volontaires d’une partie de ses auditeurs ? Impossible, aucune radio ne saurait se financer autrement que par la violence légale ! Des centaines de chaînes privées à travers le monde, qui ont trouvé des façons de se financer autres que la violence légale, que ce soit la publicité, les dons ou les cryptages ? De la propagande néo-libérale, c’est indéniable. Des milliards de sites Internet financés d’une façon ou d’une autre, mais de manière volontaire ? Une hallucination, sans doute : le seul site de la toile ne saurait être autre que rts.ch, financé par la Redevance, c’est évident.

Tout cela est bien entendu très rigolo, mais n’empêche malheureusement pas qu’on puisse, au jour d’aujourd’hui, en 2015 après J-C, nous proposer encore avec tout le sérieux du monde le financement par la violence d’une prétendue « redevance audiovisuelle ». « Redevance » qui en réalité, consiste déjà en un impôt sur le patrimoine (cf. la jurisprudence limpide de plusieurs ATAF), et qu’il s’agirait simplement de transformer en impôt fédéral sur les personnes physiques et « morales », venant se greffer à la liste pourtant exhaustive de ceux actuellement pratiqués contre la population suisse, et naturellement dès lors parfaitement anti-constitutionnel : tant qu’à faire, puisqu’on tient le peuple pour abruti, autant aller au fond des choses.

Autrement dit et pour conclure, il est donc risible de prétendre qu’un bien demandé ne serait pas fourni par les personnes intéressées à le fournir, et financé par les personnes prêtes à le financer. De deux choses l’une, dès lors : soit que le bien n’est pas demandé, soit que les personnes qui souhaitent le fournir se sont révélées incompétentes à trouver une solution adéquate pour le fournir, contrairement aux millions d’entrepreneurs, du gamin producteur de vidéos Youtube américain au vendeur de rue thaïlandais en passant par le chef de PME suisse, qui se débrouillent tous, chaque jour pour trouver une façon honnête et pacifique de gagner leur vie en rendant service à leur prochain. En tout cas, l’incompétence à résoudre un problème simple autrement que par la violence devrait être une source de honte, et certainement pas une prétendue source de droit (de prélèvement forcé) sur autrui.

Lequel de ces deux aveux révélateurs choisira-t-on donc de lire dans le spectacle (gratuit) actuellement offert au public suisse par les gesticulations grotesques des thuriféraires du « service public audiovisuel » ? En tous les cas, tout cela aura bien prouvé une chose : nul besoin d’un appareil de réception de programmes pour nous faire rire, les lois-gag du Conseil fédéral (diffusées par Feuille fédérale) suffisent amplement.


Sur le web.

  1. Blague souvent attribuée (à tort ou à raison ?) à Paul Samuelson, Prix Nobel d’Économie.
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  • Excellents arguments à mémoriser et à utiliser dans une discussion avec des collectivistes

  • Je ne remets pas en question la violence de l’Etat dans le financement de certains biens sous couvert de la notion de bien public. Toutefois, résumer la théorie du bien public à ce que l’on trouve dans le manuel de première année de Mankiw est un peu réducteur. Le message de Mankiw est que la fourniture d’un bien type public est problématique avec le modèle qu’il décrit dans ses premiers chapitres sur l’offre et la demande traditionnelles. La fourniture décentralisée d’un bien public est évidemment possible et relève du mechanism design. Kickstarter, crowdfunding, sont des mécanismes à la Clarke et Groves. Les trois prix Nobel d’économie de 2007 (Leonid Hurwicz, Eric Maskin et Roger Myerson) ont été récompensés pour leurs travaux en la matière. Bref, pour de nombreux économistes (non « utiles à l’Etat »), Kung Fury n’est pas une « anomalie » inexplicable.

    • L’article ne dit pas que tous les économistes sont des clowns serviles n’ayant comme seule utilité que de justifier ex-post les exactions de l’État.
      Mais il faut quand même admettre que les « économistes » de ce genre sont nombreux. De plus en plus nombreux, d’ailleurs… En proportion même de la capacité de l’État à contrôler leurs carrières et les à coté de la dite carrière.

    • Je ne critique pas les économistes en général, la théorie des biens publics a été développée par certains économistes et démontée par d’autres, il faut juste faire le tri. Ce que je dénonce surtout, c’est que cette théorie soit encore enseignée (au-delà d’un cours d’histoire de la pensée économique), et utilisée pour justifier des interventions de l’Etat, alors qu’en réalité elle n’a jamais dépassé le stade de l’exemple simpliste et théorique des feux d’artifice de Mankiw (ou d’autres économistes tels que Samuelson etc.), justement.

      L’exemple est simpliste, mais contient déjà tous les éléments essentiels de la théorie et de sa critique. C’est la définition même du concept (ses prémisses comme la non-rivalité, une définition objective de « bien », etc.) qui a été contestée dès le départ par d’autres économistes, à vrai dire. J’ai développé tout cela dans mon mémoire (pas spécialement original, encore une fois cette théorie a été démontée tout le long de son histoire par des économistes compétents) : http://laissez-faire.ch/en/articles/public-goods-and-private-preferences-are-they-reconcilable/

    • Ce que sous entend l’article c’est que c’est l’état qui via des économistes « affiliés » à pondu cette fameuse théorie justifiant sont action et comme l’état contrôle également l’enseignement (c’est pratique aussi) il diffuse largement cette théorie pour formater les esprits dans ce sens. Et la boucle est bouclé.
      On peut appliquer le même raisonnement au keynésianisme que les états partout dans le monde on embrassé et dont il font une promotion effrénée pour justifier leur politique spoliatrice.
      Le moralité c’est que le but de l’état n’a jamais été de servir les citoyens mais de se servir lui même sur le dos des citoyens. C’était vrai dans le passé lorsque celui ci utilisait des méthodes extrêmement violente et cela est toujours vrai aujourd’hui grace à l’emploie de stratégie beaucoup plus sournoise et complexes mais le résultat est le même : une minorité de voleurs vie sur le dos d’une large majorité de pigeons.

  • Ce n’est pas si simple. La théorie standard prédit une sous-production par rapport à un optimum, en cas de problème de « passager clandestin ». Sous-production ne veut pas forcément dire production nulle. Par conséquent, la simple existence du film ne saurait constituer en elle-même une réfutation de la théorie.

    • Sauf que « optimum » et « sous-production » ne veut rien dire : par rapport à quoi, pour qui ? De même qu’il y a des verbes transitifs et intransitifs, il y a aussi des concepts qui ne veulent rien dire sans complément, tels que valeur, utilité, efficacité, etc.

      Quelle est la quantité « optimale » de films parodiques sur le Kung Fu produits sur la planète Terre ?

      • Bah, on peut bien critiquer la théorie sur ce terrain. Mais c’est une toute autre chose que d’avancer un homme de paille (selon la théorie, il y a zéro production donc le film ne peut pas exister).

        • L’exemple que je cite mentionne (plus loin dans le texte) bien que 1) les feux d’artifice ne seront *pas* produits (du tout) et que 2) l’Etat doit intervenir

          http://www.swlearning.com/economics/mankiw/principles2e/rep/dl/ch11.pdf

          Ce n’est donc pas un straw man, c’est une réponse simplifiée à une version simplifiée de la théorie (réelle, de ses partisans, pas de moi), de même qu’on peut faire une réponse plus sophistiquée à une version plus sophistiquée de la théorie, mais le résultat sera le même.

          • Après, si les partisans sophistiqués de la théorie se contentent d’avancer « il y a moins de films de kung fu qu’il ne devrait y en avoir », c’est une proposition improuvable et absurde en théorie économique (théorie des préférences démontrées etc… même si on sera tous d’accord : il n’y a jamais satiété de ce genre de films 😉 ) et qu’ils n’ont donc pas prouvée, et là effectivement ce n’est pas un film sorti de plus ou de moins qui va altérer l’absurdité de leur théorie.

          • Vous sous-estimez le cynisme du modèle de Mankiw. Tout d’abord, il s’agit d’un modèle, non de la réalité. Les hypothèses sont très importantes car ce sont elles qui conduisent à la conclusion. Si chaque habitant est prêt à payer 10 euros pour voir le feu d’artifice, sous-entendu, il s’agit d’un bien désirable et que l’on connaît la volonté de payer de chaque personne (qui sont tous des clones). La quantité optimale, efficace est connue et est d’un seul feu d’artifice annuel. Rationnellement, les habitants ne paieront pas pour en bénéficier gratuitement (de par la nature de bien public du feu d’artifice). Et on arrive à votre conclusion 1). Ensuite ce que dit Mankiw, ce n’est pas que l’Etat doit intervenir, mais peut potentiellement améliorer la situation en taxant et en fournissant la quantité efficace de ce « bien ». C’est très différent. Cyniquement, cela signifie que si tout le monde ne considère pas le bien comme un bien désirable, ou que certains ont des volontés de payer différentes, ou qu’il est impossible de déterminer la valeur personnelle de ce « bien », ni d’ailleurs de fournir « efficacement » ce bien (suite du chapitre), la conclusion est fauchée, elle n’est plus valable. On aurait sans doute souhaité que Mankiw évoque alors les autres possibilités, tel que Kickstarter, pour offrir le feu d’artifice, je vous l’accorde….

            • Oui, d’où la blague de l’ouvre-boîte : avec 15 suppositions allant complètement à l’encontre d’un siècle d’apports subjectivistes en économie, on peut « prouver » tout et son contraire…

  • Une synthèse de la théorie critiquée par l’article : http://www.creg.ac-versailles.fr/IMG/pdf/Effets_externes_et_biens_publics.pdf. Vers la fin de l’exposé, une situation de bien privé non exclusif de type « Kung Fury » est décrite.

    Le point de vue collectiviste justifie l’intervention publique notamment au prétexte de coûts de transaction non nuls. Il est intéressant de noter que les innovations (Internet) qui réduisent significativement les coûts de transaction retirent le pain de la bouche aux étatistes. C’est pourquoi ces derniers tentent de recréer artificiellement les coûts de transaction, en innovant à leur tour dans leur domaine de prédilection (non productif) : taxes, normes, interdictions… Une preuve de plus que la théorie étatiste est bien développée ex post.

    • L’autre dimension intéressante c’est que les tenant de l’étatisation des « biens publiques » (que ce soit au nom de la tragédie des communs, des couts de transaction, etc.) reprochent au libre marché des choses que toutes leurs « solutions » présentent aussi. Les couts de transactions « internalisés » dans l’action gouvernementale sont toujours là et souvent plus importants qu’entre contractants privés (c’est une des raisons du cout phénoménal et d’inefficacité abyssale de la sécu). De même ils opposent un modèle (détaillé et avec des biais humains) du marché à une perfection étatique schématique sans voir que les même biais humains persistent quand on sert l’État au lieu de se servir soi même, et sont même renforcés puisque la sanction est moins forte et la responsabilité plus distribuée.

  • Un truc à remarquer sur l’exemple du feu d’artifice : on suppose que tous veulent le voir et tous seraient prêts à payer. Ce qui est certainement faux.
    Le vrai problème n’est pas la « sous production de feux d’artifice » (en général, et par rapport à quoi, on se le demande). Le problème est que les amateurs de feux d’artifice trouvent qu’il n’y en n’a pas assez (certainement par la faute de ceux qui n’aiment pas, en fait) et donc veulent un gouvernement pour forcer ceux qui n’aiment pas à payer pour ceux qui aiment. L’étape suivante étant la progressivité de l’impôt qui permet de faire payer plus ceux qui n’aiment pas que ceux qui aiment.

    Alors que si on y pense, tous étant suffisamment et identiquement amateurs d’après les hypothèses, il n’y aura pas de passagers clandestins, tous étant prêts à payer. Avec une mise à prix et un système de choix et payement bien conçu on a une application directe du dilemme du prisonniers et la certitude qu’il y a un équilibre de Nash quelque part là dedans, donc pas besoin de mettre en place des impôts (et un fonctionnaire pour les collecter, un autre pour tirer le feu d’artifice et donc plein de couts en plus)

    • « … la progressivité de l’impôt qui permet de faire payer plus ceux qui n’aiment pas que ceux qui aiment. »: ça, par exemple! Je croyais que le progressivité consistait à faire payer proportionnellement plus d’impôts aux riches par rapport aux pauvres.

      • Yep. Théoriquement. Enfin, aux riches non « connectés ».

        Le raccourci est peut-être abrupte, mais…

        Mais qui réclame qu’on finance des biens publics ? Pas les riches qui peuvent se les offrir en général. Typiquement le cadre moyen de la fonction publique est celui qui consomme tout ça et ne finance pas grand chose grâce à ce merveilleux principe : les pauvres ne s’y intéressent pas trop : ils payent peu et consomment encore moins, les riches ont leur équivalent et financent à plein sans consommer du tout. Restent nos amis les parasites majoritaires, les « intellectuels », les petits universitaires, les bobos… Ils ne payent pas beaucoup et consomment à plein.

    • Tout à fait, c’est bien ça qui fait que la théorie des « biens » « publics » est bidon ab initio : les termes même de « bien » et de « public » sont indéfinis.

      Un bien n’est un bien que pour ceux qui le considèrent comme tel, si M. Dupont déteste les feux d’artifice, parce qu’il est grincheux ou qu’il n’en supporte pas le bruit, alors les feux d’artifice sont un mal pour lui, et non un bien ; la théorie n’est valable que dans un cas purement théorique, supposant une unanimité de préférences telle que si elle était réalisée, la théorie serait ipso facto inutile…

      De même, le terme de « public » est aussi trompeur : http://laissez-faire.ch/en/articles/state-owned-doesn-t-mean-public/

      >Le problème est que les amateurs de feux d’artifice trouvent qu’il n’y en n’a pas assez (certainement par la faute de ceux qui n’aiment pas, en fait) et donc veulent un gouvernement pour forcer ceux qui n’aiment pas à payer pour ceux qui aiment.

      Exact, comme écrivait Montemartini en 1900 ( https://www.google.ch/search?tbm=bks&hl=en&q=giovanni+montemartini+1900+%22Le+basi+fondamentali+di+una+scienza+finanziaria+pura%22+giornale+degli+economisti#q=giovanni+montemartini+1900+%22Le+basi+fondamentali+di+una+scienza+finanziaria+pura%22+giornale+degli+economisti&safe=off&hl=en&tbm=bks ) : « la collectivisation de la satisfaction de certains besoins vise toujours à faire participer aux coûts des agents économiques qui n’auraient pas participé de leur plein gré »

  • Je ne suis pas économiste.

    Néanmoins, celui qui a envi de voir un feu d’artifice payera pour cela. S’il a une passion pour les feux d’artifices, il y a peu de chance qu’il accepte de passer sa vie sans en voir. Qu’importe, alors, les free riders.

    Cela s’appliquer à tout le reste. Imaginons que j’aime les films d’action. En payant, de mon propre argent, les producteurs pour en produire des comme ils me plaisent : je peux en voir. Qu’importe que d’autres puissent le faire gratuitement, puisque ce que je paie, finalement, n’est pas le fait de pouvoir en voir. Non, ce que je paie c’est le fait d’être SUR de pouvoir en voir.

    C’est en quelque sorte du yield management : les premiers paient chers pour être sûrs d’avoir le bien convoité tandis que les derniers ne paient pas parce que, globalement, ils s’en foutent d’être sûrs d’en avoir ou pas. A quand le développement de ce modèle économique ?

  • « soit que le bien n’est pas demandé, soit que les personnes qui souhaitent le fournir se sont révélées incompétentes à trouver une solution adéquate pour le fournir »

    Il y a au moins une autre possibilite: les personnes qui pourraient le fournir ont autre chose de plus utile a faire.

    Il y aura toujours plus de problemes a resoudre/choses a faire que de gens qui trouvent des solutions/font quelque chose. Et pour allouer ces « ressources » le mieux possible, on n’a rien trouve de mieux jusqu’ici que des prix libres sur un marche libre.
    Quand l’Etat decide qu’il faut allouer autant pour « resoudre » un probleme, c’est un autre probleme qui n’est pas resolu (en plus eventuellement d’un autre probleme cree par l’action de l’etat)

  • Supprimez les ministère de l’emploi, de l’économie..ou supprimez l’état..

  • Pour ajouter une couche sur les dommages da la théorie des biens publics, à la fois infondée et toujours enseignée et prise au sérieux, on peut mentionner :

    – le pourtant libéral Vaclav Klaus qui promulgua le manuel de Samuelson, avec la théorie des biens publics et l’exemple bidon classique du phare
    http://www.libinst.cz/Files/KqLFy4r2/profile/2415/jls.pdf

    – le pourtant libéral Pierre Lemieux qui s’est aussi appuyé dessus pour défendre l’Etat
    http://www.contrepoints.org/2013/05/27/125712-liberalisme-ou-anarcho-capitalisme-reponse-a-pierre-lemieux

    • Il importe de comprendre les causes exactes justifiant l’Etat minimal régalien, les mêmes qui expliquent pourquoi l’idéal anarchique n’a rien à envier au pire des Obèses. Ces raisons n’ont évidemment aucun rapport avec la classification de Samuelson. Ceci dit, on doit excuser ceux qui y ont recours car la thèse est diablement séduisante.

      Une critique fondamentale permet le rejet immédiat de la théorie collectiviste : le mélange des genres. La théorie confond en effet les biens produits et les ressources inutilisées existant à l’état naturel. Ce n’est pas sérieux : une ressource non produite, non valorisée à destination du consommateur, n’est pas (encore) un bien. Il suit qu’un bien est forcément exclusif. Par définition, aucun bien ne peut être non exclusif. Par exemple, elle confond l’eau (naturelle) et l’eau rendue potable à force de travail (produite sauf rares exceptions). Autre exemple : la ressource présente dans le sol (naturelle) et la ressource extraite du sol à force de travail (produite). Certains prétendent que le pétrole appartiendrait indistinctement à tous parce qu’il serait présent naturellement dans le sol. Que ceux qui croient à cette fadaise se débrouillent eux-mêmes pour l’extraire et le transporter sur son lieu de raffinage et de consommation !

      Les ressources « naturelles » n’appartiennent pas à la collectivité, indéfinissable machin mis au service de ceux qui vivent grâce aux Obèses. Elles appartiennent aux propriétaires des terrains, peu importe qu’elles soient en-dessous ou au-dessus des propriétaires, sans autre limite que celles du centre de la Terre et de l’atmosphère respectivement. Le concept de propriété collective n’est qu’une expropriation des légitimes propriétaires des ressources, une injustifiable et immorale spoliation.

      Grâce à cette confusion coupable, les étatistes s’introduisent subrepticement dans le raisonnement économique au prétexte d’une propriété collective fictive de biens collectifs imaginaires. C’est ainsi qu’on a droit aux légendes des vils capitalistes assoiffés de profits volant les peuples de leur ressources naturelles ou encore de la fameuses pollution des biens communs par la méchante firme toute puissante face au pauvre petit consommateur éploré. Et hop, des taxes et des normes miracles pour réparer l’injustice de pacotille fondée sur des mensonges ! Voilà comment les collectivistes justifient péniblement leurs interventions étatistes désordonnées qui, pourtant, sont éminemment destructrices (cf les effroyables pollutions en URSS et satellites).

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