L’aide au développement, plus dangereuse que bénéfique ?

Aide au développement en Afrique (Crédits : MAECD-DFATD, Jean-François Leblanc, licence CC-BY-NC-ND 2.0), via Flickr.

Quoi de plus emblématique que le développement international pour illustrer la force de la liberté individuelle comme outil de lutte contre les déterminismes et la nocivité des actions politiques qui ne savent que les aggraver ?

Par Ferghane Azihari.

Aide mondiale au développement par pays en 2009 (Crédits OCDE, tous droits réservés)
Aide mondiale au développement par pays en 2009 (Crédits OCDE, tous droits réservés)

Les États riches se vantent d’être les vecteurs de la solidarité internationale via des politiques de redistribution volontaristes. De la main gauche, ils versent des milliards d’euros au titre de l’aide publique au développement et prétendent fournir une assistance efficace et désintéressée lors de crises qu’ils contribuent à entretenir. Cette « solidarité » internationale a hélas la même finalité que les régimes étatiques de protection sociale sur le plan interne : obtenir la docilité des bénéficiaires (les élites politiques des pays pauvres qui se caractérisent notamment par un degré élevé de corruption) pour conforter la domination des élites des pays riches sur le plan politique et économique.

Expropriation des locaux, corruption, pillage des ressources. L’aide publique au développement est un puissant levier géopolitique pour vassaliser les pays pauvres. En entretenant la dépendance des pays du Sud vis-à-vis des pays du Nord, la « redistribution » administrative internationale se met au service d’un néo-colonialisme dont souffrent les populations issues de ces pays. Un examen minutieux du fonctionnement de la politique de développement montre encore une fois que l’action politique n’est pas la solution et qu’elle constitue au contraire le principal problème. On l’a énoncé plus tôt, les États riches prétendent d’un côté faire oeuvre de solidarité mais oublient également de mentionner qu’ils adoptent une politique migratoire répressive à l’encontre de ceux qui cherchent à fuir la misère et la corruption dans leur pays.

Or la libre-circulation des personnes est l’outil de lutte contre la pauvreté le plus ancien et le plus efficace au monde. Les immigrés bénéficient en effet de rémunérations plus conséquentes pour une même tâche. L’immigration est donc un puissant outil d’égalité des chances et de lutte contre les déterminismes sociaux en permettant aux individus d’échapper à un destin éventuellement défavorable du seul fait de naître au mauvais endroit. De plus, la plupart des immigrés qui s’installent dans les pays riches s’attachent à faire profiter leur pays d’origine de l’expérience qu’ils n’auraient pas pu acquérir sans le quitter. C’est là une forme de solidarité plus efficace et plus juste que l’aide publique en ce qu’elle ne sollicite pas la fiscalité pour entretenir des administrations corrompues mais qu’elle s’exerce sur la base de la spontanéité tout en visant directement les populations en manque de ressources sans intermédiaire bureaucratique.

« En 2005, une étude de la Banque mondiale montra que si les 30 pays de l’OCDE acceptaient une augmentation de 3% de leur population active par l’immigration, les gains pour les pays pauvres seraient de 300 milliards de dollars, c’est-à-dire beaucoup plus que l’ensemble de l’aide au développement accordée par les pays riches. »1

Une fois encore, c’est bien le libre marché, conséquence logique de la liberté individuelle qui permet également à l’échelle mondiale de réduire les inégalités et de lutter contre les déterminismes sociaux quand les puissances publiques ne savent que les aggraver pour satisfaire les intérêts catégoriels des corporations politiquement bien placées.

Sur le web

  1.  Cité dans Louis Rouanet, « Plaidoyer libéral pour l’immigration libre », LThink Liberal Sciences-Po