L’électronucléaire et l’EPR de Flamanville

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

Heureusement nos anciens ne connaissaient pas le « principe de précaution » lorsqu’ils ont créé nos 58 réacteurs nucléaires, qui nous fournissent l’un des courants électriques les moins chers du monde.

Par M. Reyne.

Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)
Centrale nucléaire du Tricastin (Crédits : Sancio83, Image libre de droits)

À grands coups d’approximations1, on peut estimer a priori que chaque REP (réacteur à eau pressurisée) produit un CA (chiffre d’affaires) de 1 million d’euros/jour ou 17 milliards d’euros/an pour le parc. Et si celui-ci est prolongé de 10 à 20 ans (comme les centrales US du même type), ceci représenterait 170 à 340 milliards de CA supplémentaires. Ce qui compenserait largement le coût du « grand carénage » (55 milliards d’euros), de l’enfouissement des déchets (10 milliards) et du démantèlement (5 milliards).

Le fera-t-on ?

L’EPR (European Pressurized Reactor) est, lui, estimé à 9 milliards d’euros, et, malgré ses déboires (éventuels), il devrait produire 600.000 milliards de KWh durant sa vie (60 ans), pour un coût de 13,3 euros/MWh (megawatt-heure). Même en triplant ce coût pour tenir compte de la maintenance, des déchets, et du démantèlement, on arrive à environ 40 euros/MWh, loin des 100 estimés.

On peut se demander pourquoi la cuve (526 tonnes) a attendu son montage sur site pour que soient vérifiées ses caractéristiques, ou, si l’on a entre-temps, changé les normes de sécurité ? La décision de poursuite ou non de l’opération appartient à l’ASN (Agence de Sureté Nucléaire), et tout se passe comme si l’on avait attendu un démarrage de l’EPR (possible) pour pouvoir procéder à l’arrêt de Fessenheim, promis aux écologistes par le gouvernement Hollande.

Quoi qu’il en soit, un nouveau retard de l’EPR de quelques années condamnerait la filière nucléaire française… et nos exportations potentielles.

De plus, les cuves des deux EPR chinois furent également réalisées par AREVA.

Quant aux EnR (Énergies renouvelables), il faut compter environ 180 euros/MWh pour l’éolien terrestre, 250 pour l’éolien en mer et le solaire. Auxquels il convient d’ajouter le coût d’un réseau supplémentaire et un investissement pour compenser les aléas d’une énergie intermittente.

Peut-on compter sur les EnR pour assurer notre avenir énergétique ? C’est l’optique des militants verts.

Les subventions aux EnR sont stoppées en Angleterre et en Espagne, 14.000 éoliennes ne fonctionnent plus aux USA, et le coût de la transition énergétique en Allemagne est évalué à 1.000 milliards d’euros (sans pouvoir arrêter les 8 REP restants et sans réduire le taux élevé de CO2 produit par les centrales à charbon ou à gaz).

En quoi sommes-nous perdants ?

Il n’y a eu aucun irradié à Fukushima (dont les réacteurs fonctionnaient à l’eau bouillante – non contenue dans une enceinte pressurisée – contrairement aux REP), et sans enceinte de confinement, comme à Tchernobyl (qui appartenait à la filière graphite-gaz, arrêtée en France) alors que ces enceintes existent dans les EPR.

Enfin, les mines de charbon provoquent annuellement un millier d’accidents et le barrage des Trois Rivières, en Chine, a induit le déplacement d’un million de personnes qui ne retrouveront plus leur lieu de naissance, englouti sous les eaux.

Heureusement, nos anciens, qui ont fait « les trente glorieuses », ne connaissaient pas le « principe de précaution » (ou plutôt d’irresponsabilité) lorsqu’ils ont créé, en moins de 20 ans, nos 58 réacteurs nucléaires, qui nous fournissent toujours l’un des courants électriques les moins chers du monde. Il est à craindre que, sous la présidence de Hollande, nous ayons perdu notre prédominance et que nous restions loin derrière les Chinois et les Russes.


Sur le web.

  1. Les données de l’ADEME, association étatique, sont contestables.